Film de 1947. Brignon, un vieux producteur harceleur tourne autour de la chanteuse et femme du pianiste,Bernard Blier, (Weinstein ne date pas d’hier). Alors que celui-ci décide de le tuer il découvre Brignon mort dans sa villa de Passy. Aucun personnage n’est innocent, malgré sa grande humanité avec l’adoption d’un enfant venu des colonies sur lequel il veille, l’inspecteur finit par abuser de sa position pour obtenir les faveurs d’une femme. Savoureuses répliques de l’inspecteur incarné par Louis Jouvet. Utilisation du miroir. Des passages contre la délation rappellent les heures sombres de l’épuration à laquelle Clouzot fut confronté : un personnage qui refuse de livrer son témoignage à la police et, comme l’a noté Sylvie Lindeperg, une adresse notée sur un vieil exemplaire des Lettres françaises, organe culturel du PCF qui fut un instrument de délation contre Clouzot à la Libération.
Un très bon film de très bons acteurs une intrigue intéressante bref du très grand cinéma qui n à pas pris une ride et que l on ne sait plus faire.....
Lorsqu'un long-métrage ambitionne à ce point le chef d'œuvre, ses faux-pas paraissent d'autant plus décevant. Et "Quai des Orfèvres" ne fait que confirmer cela. Toutefois, Clouzot parvient à livrer un film d'un grande qualité, tout en provoquant une frustration certaine.
En effet, dans ce récit, celui d'un meurtre menant à une succession d'accusations, est marqué par la maitrise de son auteur. Film sur la culpabilité, il surprend tout d'abord grâce à sa galerie de personnages, quatuor infernal pourtant dépeint avec une grande tendresse, notamment l'inspecteur Antoine (immense Louis Jouvet) apparaissant comme une figure policière classique dans un premier temps, avant de dévoiler une douceur et une portée mélancolique bien plus forte.
Clouzot met en scène cette enquête avec dynamisme et tension, à l'image de la fuite du music-hall, jouée par deux fois, mais dont le renouvellement - peur d'être attrapé d'abord, puis que la fuite soit découverte ensuite - fait de cette scène miroir un double pivot dramatique. Ensuite, le cinéaste parvient à donner vie à des microcosmes évoluant simultanément : celui de la troupe évidemment, mais aussi du fameux quai des Orfèvres, deux lieux d'effervescence et de communauté que Clouzot parvient à capter afin de les inscrire au sein de l'œuvre, pourtant intimiste, en faisant le théâtre de tragédies du quotidien.
Les rebondissements s'enchainent, les protagonistes se dévoilent davantage et les thématiques se complexifient, le tout jusqu'à un point d'orgue tragiquespoiler: : Maurice, pourtant innocent, se suicide en prison pour sauver sa femme . Cependant, ce que l'on pensait comme étant la conclusion, en accord avec la douce noirceur du film, est rattrapée par un dernier retournement de situation qui, si il n'est pas non plus grotesque, vient se poser en contradiction avec une évolution dramatique menée avec brio. Le long-métrage déçoit donc par son final, faisant de "Quai des Orfèvres" une œuvre immense, tant d'un point de vue formel que thématique, mais inaboutie.
Toujours un film merveilleux, tant par l'intrigue remarquablement mise en scène par Clouzot, que par la performance des acteurs, du chef opérateur, de la musique et des décors qui font tout renaître avec nostalgie le Paris d'avant-guerre. Bref, un chef d'oeuvre.
Tout est bon dans ce film : la réalisation, les acteurs - Jouvet toujours formidable et surprenant -, un solide scénario. Mais au final il n'y a pas ce petit plus qui permet de dire que c'est mieux que bien, peut-être parce que l'ensemble manque un peu de tonus et de rugosité.
Un superbe film noir du cinéma français. Louis Jouvet, le policier déterminé, et Bernard Blier, l'assassin, dominent ce film avec excellence. La version avec Daniel Auteuil et Gérard Depardieu est une pâle copie à côté de ce chef-d'œuvre. Les acteurs principaux sont sublimes et impriment toute leur force à cette solide intrigue. Ce métrage est un pur chef-d’œuvre du grand cinéaste qu'était Henri-Georges Clouzot.
Une des œuvres les plus marquantes de H.G. Clouzot, Quai des Orfèvres mélange monde du spectacle et enquête policière autour d'un meurtre avec brio. Il bénéficie surtout d'une écriture fantastique qui rend le film particulièrement jouissif malgré son grand âge. L'excellence atteinte par les différents aspects du film en fait un incontournable du cinéma français : ses qualités intemporelles et sa liberté de ton devraient en surprendre plus d'un !
Est-ce en raison du nom de son réalisateur que ce film bénéficie de tant d'éloges? Car honnêtement, le grand Clouzot nous a habitués à beaucoup mieux. Ce "thriller" d'époque est certes passablement bien mené. Mais la fin aurait pu être ô combien plus recherchée et retorse. Surtout de la part d'un génie comme Clouzot. De la loin pas le meilleur film de ce dernier en tout cas.
Signé Henri-Georges Clouzot, Quai des orfèvres est un grand classique du film noir, toujours absolument magnifique. La mise en scène est géniale, les dialogues éblouissants. Louis Jouvet, dans un rôle de flic loquace et un brin fantasque, Bernard Blier, dans celui d'un mari jaloux et naïf, et Suzy Delair, qui interprète une ambitieuse et imprudente chanteuse de cabaret, nous offrent des prestations mémorables. Une merveille.
A l'époque où il réalise ce film, Henri-Georges Clouzot venait de voir la levée de suspension. Ce dernier avait été banni à vie du milieu du cinéma suite à son film « Le Corbeau » qui déclencha une vive polémique au point de s'attirer les foudres de la presse communiste et de la Résistance et de se voir interdit de diffusion. Fort heureusement, la sanction fut annulée. Si cela n'avait pas été le cas, nous aurions été privés de ces chefs-d'oeuvres que sont « Le salaire de la peur » et « Les diaboliques ». « Quai des Orfèvres » signe donc le retour aux affaires du père Clouzot. Un retour un peu mitigé pour ma part car il ne s'agit pas du meilleur polar du cinéaste. D'ailleurs, ça commence pas bien. Le début est assez long et entrecoupé de scènes de chant assez désagréables. En fait, concrètement, il faut attendre l'entrée en scène de Louis Jouvet pour que le film bascule dans une autre « dimension ». A titre personnel, j'ai toujours été épaté par ces acteurs qui, par leur seule présence, modifiaient du tout au tout l'apparence d'un film. Et ceux qui sont capables de faire ça se comptent sur les doigts d'une main. D'ailleurs, si le film se regarde agréablement, c'est en grande partie grâce à Jouvet, tout bonnement brillant dans son rôle de flic je m'en foutiste mais rusé. Personne n'est en mesure de lui tenir la dragée haute. Pas même le grand Bernard Blier, encore jeune à l'époque. La mise en scène vive et les dialogues incisifs masquent certaines faiblesses, comme une enquête conventionnelle menée et résolue d'une manière un peu simplette pour ne pas dire un peu fantaisiste sur la fin. Le niveau global est correct, mais Clouzot a fait bien mieux. Il se rattrapera dans les années suivantes.
Pour le Paris des années 40, pour l'ambiance délicieuse, les acteurs mythiques, Jouvet toujours extraordinaire et une enquête minutieuse avec un couple qui a peur mais qui ne sait rien de l'autre. C'est vraiment bien. "Cela fait 2 heures que je suis devant cette table à répondre à des questions idiotes..... Et moi ça fait 10 ans que je suis là à les poser!!!!!"
Tavernier disait au cours d'une interview qu'il tenait ce film pour un chef d'oeuvre et que c'était le meilleur de Clouzot. Je ne partage pas cet avis. Je ne suis pas sûr du tout qu'aujourd'hui il ferait encore plus de 5 millions d'entrées en salle. Certes, deux ans après la guerre, les gens étaient avides de se distraire et il n'y avait pas encore beaucoup de choix. La télévision n'existait pas encore, et tout le monde n'avait pas la TSF ! Et puis, les anciennes stars d'avant-guerre arrivaient encore, mais pour plus longtemps, à faire recette avant d'être envoyées à la retraite par le public et la jeune vague d'acteurs montante. Je n'ai pas été tenu en haleine par ce film d'autant que le rythme en est interrompu par des chansons comme "son tralala" devenues aujourd'hui des "scies musicales" et sans intérêt pour l'action si tant est qu'elle existe ici ! Cette exhumation permet néanmoins de revoir d'anciens acteurs renommés et le retour de Clouzot après une mise en quarantaine au lendemain de la guerre pour sa conduite durant celle-ci...Quant à Louis Jouvet, on aime ou on déteste ! willycopresto
Quai des orfèvres de H.G. CLouzot qui ne cesse de m'éblouir avec le temps. Remarquable scénario et brillants dialogues, excellence du jeu des acteurs, Jouvet en tête. Bernard Blier y est bouleversant, mais aussi Suzy Delair dont les chansons nous font frémir, Simone Renant, remarquable en amoureuse transie de Jenny, et, dans les seconds rôles, Pierre Larquey, Charles Dullin, Robert Dalban, Raymond Bussières, tous d'une confondante justesse. Ce film brille de par son intelligence et sa lucidité. Je n'échangerai aucun film américain, aussi bien fait soit-il, contre ce modèle du genre empreint d'une poésie tragique n'excluant pas l'humour et que l'on peut revoir inlassablement...
Un film rondement mené, léger dans son interprétation et dans son écriture, excellent de bout en bout. Clouzot, le maître du film noir français fait dans l'histoire un peu badine et nous offre un film assez brillant dans sa forme mais aussi dans l'écriture de ses personnages. La mise en scène est dynamique, moderne et magnifiquement rythmée par une bande musicale au diapason. Cette belle réalisation s'accompagne d'une histoire très agréable servie par des personnages complexes,attachants tour à tour vils ou sympathiques. Blier joue un suspect très convaincant et Jouvet s'offre une prestation tout en malice et en légèreté. Suzy Delair est également brillante dans le rôle de la femme follement amoureuse mais pas toute blanche. Bref, une vraie réussite et un très beau moment de cinéma.