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CrystalEagle
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3,5
Publiée le 22 mai 2026
Clouzot revient après quatre ans de mise à l'écart et on sent qu'il a des comptes à régler. Son polar n'en est pas vraiment un, c'est plutôt un triangle où la jalousie tient le rôle de l'amant. Blier est bouleversant en homme médiocre qui aime au-dessus de ses moyens, Delair apporte une énergie folle avec son « tralala » et sa gouaille, et puis il y a Jouvet. Immense, cynique et tendre à la fois, il embarque le film dès qu'il apparaît. Clouzot filme un Paris d'après-guerre où chacun se bat pour sa place, entre arrivisme et débrouille, et son noir et blanc pose une atmosphère poisseuse qui colle à la peau. Il ose des choses rares pour l'époque (l'attirance de Dora pour Jenny, l'enfant métis du flic bourru) amenées avec une finesse et un tact qui forcent le respect. Chaque personnage est creusé bien au-delà de sa fonction, personne n'est tout blanc, personne n'est tout noir, et les dialogues Clouzot-Ferry font mouche à chaque réplique. Le rythme connaît quelques creux et la fin est un peu expédiée, mais l'ensemble tient largement. Le film a traversé les décennies sans faiblir, et ce qu'on en retient, ce n'est pas l'intrigue mais l'humanité de chacun de ses personnages.
Avec Quai des Orfèvres, Henri-Georges Clouzot dépasse le simple polar pour composer une étude humaine traversée par la jalousie, le désir et la culpabilité. La mise en scène, d’une remarquable fluidité, fait circuler la tension entre les personnages avec une précision presque invisible. Clouzot filme le milieu du spectacle et celui de la police comme deux espaces de représentation où chacun joue un rôle pour survivre. Louis Jouvet impose une présence fascinante, mêlant ironie, lassitude et lucidité dans un personnage d’enquêteur profondément humain. Un film noir subtil et dense, où l’intrigue criminelle devient le révélateur des failles intimes.
Une merveille que ce film: Le film en lui m^me les dialogues époustouflants les acteurs Les différentes thématiques en filigranes à voir revoir et à chaque fois le redécouvrir
La mise en route est longue. Le scenario style Columbo (avec twist) était probablement très original à l'époque, mais je trouve qu'il n'a pas très bien vieilli. Les chansons qui émaillent le film n'apportent pas grand chose... voir le corbeau ou la vérité !
C est l archétype du film français des années 30 et 40 que je revois avec une sensation délicieuse de revenir lorsque j étais gamin, devant la télé lors d un après midi cotonneux pendant les fêtes de fin d'année...ce serait pareil pour" l assassinat du père Noël, les disparus de St Agil, hôtel du nord, la fin du jour ou les enfants du paradis"...ma fille aura peut être la même émotion en regardant à 60 ans passés"un long dimanche de fiançailles"...on retrouve dans quai des Orfèvres ces acteurs disparus dont on avait oublié qu ils avaient été jeunes, toute cette ambiance du noir et blanc, des 2nds rôles inspirés avec Raymond bussieres, pierre Larquey ou robert Dalban, le charme très d "époque " de suzy Delair et plus discret de Simone Renand, le talent de Bernard Blier et l extraordinaire présence de Louis Jouvet...comme par exemple pour "au revoir les enfants" de Louis Malle, en le voyant plusieurs fois on en saisit plus les subtilités...l intrigue policière est habile, le rendu de la vie de cette période d après guerre est intéressant, quelques longueurs vers la fin et des situations un peu naïves qu on pardonnera plus aisément si on est un spectateur âgé ...2 réflexions purement personnelles : le mot surprise partie existait déjà...et la prostituée enfermée dans son cagibi parle de s offrir une pipe parce que c est Noël, est ce un clin d œil salace...après ce nième visionnage je me suis replongé avec bonheur dans le mensuel cinéma l avant scène...fred Ghewy.
Ce film transporte le spectateur dans l’ambiance envoûtante des music-halls d’après-guerre, tout en menant une intrigue policière captivante sur le meurtre d’un personnage antipathique. Le casting est tout simplement exceptionnel. Suzy Delair et Bernard Blier forment un duo étincelant : elle, en chanteuse fantasque et pleine d’esprit, lui, en mari jaloux et bougon. Ils sont entourés d’un Louis Jouvet magistral, incarnant un inspecteur de police aussi intimidant que charismatique, et de Simone Renant, photographe éprise de son amie et prête à tout pour la protéger. Le scénario, finement écrit, réserve son lot de surprises jusqu’à la dernière minute. Impossible d’anticiper le dénouement, ce qui rend l’expérience encore plus savoureuse. Un grand classique, intemporel, qui n’a rien perdu de sa superbe et surpasse sans peine bien des productions récentes.
Henri-Georges Clouzot dirige de main de maître ce film policier au scénario banal qui exploite parfaitement bien le couple Bernard Blier/Suzy Delair. Louis Jouvet est fabuleux dans le rôle d’un inspecteur de police désabusé entouré de très bons seconds rôles.
Scénario impeccable, acteurs merveilleux, lumière sublime, milieu du spectacle merveilleusement dépeint, dialogues superbes, humour, justesse, modernité, du travail d'orfèvre, un film parfait, un chef-d'œuvre.
Une pépite agréable à suivre ; un scénario aux petits oignons ; et que dire de Louis Jouvet, cette "gueule", et son personnage d'inspecteur humain et efficace, à la répartie farouche... Clouzot nous livre là une nouvelle oeuvre magistrale qu'il ne faut surtout pas rater.
Un riche vieux et dégueulasse est assassiné. Une chanteuse arriviste, qui usait de ses charmes auprès de lui, risque d'être inquiétée. Son mari jaloux, qui avait proféré des menaces de mort, est également ciblé par la police... Evidemment, "Quai des Orfèvres" n'a pas le rythme d'un policier moderne. Il faut d'ailleurs attendre un moment avant l'occurrence du crime. Néanmoins, il offre une plongée amusante dans le Paris d'après-guerre. Amusante, et surtout malicieuse. Car Henri-Georges Clouzot n'a pas perdu la main. Malgré l'accueil post-Libération très violent envers "Le Corbeau", qui lui interdira de travailler pendant quelques temps, on retrouve ici son style incisif. Qu'il s'agisse des répliques cinglantes, ou des allusions osées ouvertement sexualisées (cette casserole dont le lait déborde sur le feu !). Malgré cet aspect parfois vache, le film présente finalement tendrement le couple Bernard Blier / Suzy Delair, qui avait pourtant tout pour exploser en vol. C'est cette épreuve et ce crime qui leur donnera en fait une occasion de se rapprocher. Tandis que la vraie star, c'est Louis Jouvet, l'ancien professeur de Bernard Blier. Excellent en inspecteur blasé, à l'allure nonchalante, et qui s'avère en fait un limier méticuleux, et un interrogateur retord qui n'hésite pas à user des méthodes peu orthodoxes. Le scénario a eu la bonne idée de lui donner un arrière-plan, en le présentant comme ancien des colonie et à la charge d'un enfant métis qu'il chérie, ajoutant un décalage sympathique. Du bon polar à la française.
Voilà un type d'enquête policière qui mène son spectateur par le bout du nez, emmené par une série d'acteur au top de leur art. On croit se qu'on voit, et on a bien tort. Pourtant, tout les éléments sont amenés (enfin, sauf un) et on y voit que du feu. On y côtoie également les mauvais rôles des policiers, mais aussi leur bon. A savourer sans vergogne. A voir par les amateurs d'enquête policière et de grands acteurs
Un très grand Clouzot, tourné en 1947. C'est une démonstration brillante de ce cinéaste : - Jouvet y trouve un de ses meilleurs rôles - Blier, Delair et Renant n'ont jamais été meilleurs - La photographie est sublime - Le scénario est très travaillé Une oeuvre admirable.
Tout accuse Martineau du meurtre du vieux et libidineux Brignon: sa jalousie à l'egard de sa femme -légère il est vrai- les menaces proférées à Brignon juste avant la mort brutale de celui-ci et surtout sa présence sur les lieux du crime. "Quai des orfèvres" est un drame criminel sombre, conforme à la vision sociale de son auteur et à la noirceur qu'il prête à l'âme humaine. A l'arrivée -tardive- de l'inspecteur de police Antoine, Clouzot semble d'ailleurs affirmer que nul n'est mieux placé qu'un policier pour assister au triste spectacle des turpitudes humaines. De fait, l'enquête que mène Antoine (Louis Jouvet), vieux de la vieille désabusé, stigmatise les mensonges autant que les rapports sociaux brutaux. Ainsi rencontre-t-on, dans cette intrigue policière dont la nature de l'énigme n'est pas l'argument le plus déterminant, des personnages qui dépasse le cadre strict du cinéma policier de l'époque: le vicieux Brignon (Dullin), Dora, la bonne "amie" de Madame Martineau et d'autres, parmi lesquels l'assassin présumé, le trop tendre Martineau (superbement interprété par Bernard Blier), fait figure de victime expiatoire d'une humanité sordide. Cependant , le film ne reflète pas complètement la noirceur que revendique Clouzot. En effet, l'ironie et les sentences malicieuses, et même la bienveillance, du bourru inspecteur Antoine -admirable Jouvet- introduisent de savoureuses scènes d'humour à froid.