Un beau et bon policier de plus de 60 ans, une distribution de premier ordre avec un Louis Jouvet toujours aussi cinglant dans ses répliques avec sa rythmique si particulière. Un classique du polar noir français. A voir et revoir...
L'un des plus grands films de l'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma francais, Henri-Georges Clouzot ! Avec un casting superbe, Bernard Blier, génial comme toujours, Louis Jouvet, légendaire comme toujours et la sublime Suzy Delair, qui interprètent tous avec justesse leurs personnages plus fascinants les uns que les autres ! Une photographie magnifique, et un scenario parfaitement écrit ... ca c'est ce qui s'appelle du cinéma ! Un grand moment de plaisir, un vrai chef d'oeuvre ! Sans oublier une bande-originale envoutante, avec quelques chansons tres entrainantes ...
Ayant été mis sur liste noire pour collaboration avec l'ennemi pendant la Seconde Guerre Mondiale pour avoir réalisé le film Le Corbeau (1943) pour la firme Allemande Continental, Henri-Georges Clouzot revient après quatre années d’absence avec l’adaptation d’un des romans de Stanislas-André Steeman. Une adaptation qui ne sera pas du goût du romancier puisque le réalisateur s’est inspiré de tout autre chose et même s’il s’est acquitté des droits du roman, le film n’a aucun rapport avec le livre en question. Quelques années avant le célèbre Le Salaire de la peur (1953), il réalise avec Quai des orfèvres (1947) un somptueux drame, un polar passionnant de bout en bout grâce à des personnages énigmatiques et sarcastiques. Un scénario intelligent et une intrigue palpitante dotés d’un twist-ending tout à fait approprié et réjouissant. Quant au trio d’acteurs (Louis Jouvet, Bernard Blier & Suzy Delair) ils excellent tout au long du film. Pour son grand retour derrière la caméra, celui qui fût mis de côté lors de la libération, fait un retour en force et obtient par la même occasion, le Prix de la Mise en Scène au Festival de Venise !
Il y a beaucoup de choses à dire de ce film, certainement parce qu'il fait l'objet de nombreuses sources d'inspiration et qu'il représente la revanche de Clouzot après l'occupation, le film remporta en effet le prix du meilleur réalisateur au festival de Venise et jouit d'un casting éblouissant et d'un scénario hors-pair. Je commencerai par faire analyser le personnage du commissaire Antoine joué par l'innimitable Louis Jouvet, on pourrait se permettre les ressemblances frappantes avec Colombo, cela serait fort possible que les américains aient puisé l'inspiration de leur enquêteur fétiche de ce film, je remarque 3 points communs: 1- son allure: L.Jouvet revêt en effet un vieux costume poussiéreux et trompeur sur sa profession : Delair - "Oh vous êtes policier ?" Jouvet - "Oui m'dame." Delair - "Oh mais entrez donc, je vous avez pris pour un passeur d'aspirateur !" 2- Les deux enquêteurs génèrent la même approche directe et soudaine du sujet. 3- Le troisièmement renvoi au premièrement, c'est que les 2 hommes imposent la même image innofensif au premier regard pour les autres personnages. Pour finir sur ce point, je vais préciser que comme toutes ressemblances, il y a forcément différences, quant à ces dernières, il y en a deux majeures : 1- Le fait que Louis Jouvet soit plus brutal et dur que Colombo comme le prouve l'histoire du permis de conduire ou la mise en garde à vue de Bernard Blier. 2- A la différence de Jouvet qui se trompe plusieurs fois de pistes, Colombo, lui, réussi toujours du premier coup. Il est cependant possible que Quai des Orfèvres n'ait pas inspiré Colombo, je ne fais que remarquer et retranscrir mes observations. Par ailleurs, je vous offre une seconde de mes analyses, mais cette fois j'en suis certains, ce film a inspiré Claude Miller et Michel Audiard pour le cultissime Garde à Vue : On remarque que Michel Serrault porte le même nom que Bernard Blier, alias Martinaux, et qu'il est soumis à la même situation, une garde à vue où il est fortement suspecté, et cela même le jour de l'an ! (Dans Quai des Orfèvres, c'est Noël, mais bon, c'est la période des fêtes). Il y a bien aucun doutes là dessus !
Outre ceci, il est bon de faire remarquer que le film de Clouzot est en avance sur son époque pour deux raisons, la première c'est qu'il présente un enfant noir adopté et aimé par Louis Jouvet, et la seconde, très évidente, c'est la relation de femme à femme explicite à l'image. Le personnage de Simone Renant est en effet très amoureux de Jenny Lamour (Suzy Delair), on le remarque bien à la séance photo où elle caresse rapidement la jambe de la star du cabaret ou lorsqu'elle essaie de la disuader de rencontrer le vieux vicieux Brignon, ou encore lorsqu'elle voit Blier et Delair s'embrasser dans leur chambre, mais tout est confirmé par Louis Jouvet, seul à s'être aperçu de cette attirance particulière : "Vous m'êtes particulièrement sympathique mlle Dora, vous savez pourquoi ?... Vous êtes un type dans mon genre, avec les femmes vous n'aurez jamais de chance."
Et maintenant, finis mes petites analyses ! Elles suffisent à me convaincre que Quai des Orfèvres est un véritable chef d'oeuvre du cinéma français, Louis Jouvet est IMPRESSIONANT, Suzy Delair est FANTASTIQUE, Bernard Blier est PARFAIT, et Simone Renant est EXCELLENTE. Les dialogues de Clouzot et Ferry sont irrésistibles et quelques fois cinglants au possible, la réalisation est MERVEILLEUSE, les musiques sont totalements entraînantes, et on a q'une hâte, le revoir ! Encore une fois merci, MONSIEUR le MAÎTRE Henry-Georges Clouzot pour ce plaisir exquis de cinéma.
Quai Des Orfèvres est le troisième film de Clouzot en tant que réalisateur. Il confirme ici son talent déjà montré dans L'Assassin Habite Au 21 (que j'ai préféré). Si Quai Des Orfèvres est un film policier plutôt classique il parvient tout de même à nous surprendre avec un joli twist-ending. Ce qui ma frappé c'est la maîtrise des effets de lumière, des contrastes noir/blanc qui nous offrent un tas de très beau plans. Ma critique va au début du film que je trouve lent, l'histoire peine à trouver son rythme mais ensuite on passe un bon moment avec notre ami Bernard Blier qui joue déjà très bien.
C’est un peu poussif au début. Clouzot a du mal à planter le décor, à nous convaincre notamment que la provocante Jenny Lamour (Delair) adore son jaloux de mari (Blier). Et puis une fois que l’enquête policière commence, le grand Jouvet entre en scène et là le film décolle enfin et on reste dans les hauteurs, à tous les niveaux… On notera que les dialogues sont parfaits : quand le réalisateur s’y colle (comme dans L’assassin habite au 21 ou Le corbeau) ça fuse et ça sonne délicieusement façon Audiard…
Un bon polar, une réalisation soignée et une belle distribution, Blier est excellent. Rien d'extraordinaire mais c'est du solide avec une atmosphère bien particulière.
La légereté du ton aurait pu jouer en défaveur d'un film finalement sans grande ambition ; c'était sans compter sur une magnifique galerie de personnages et une forme soignée.
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5,0
Publiée le 6 mars 2025
Un règal! H.G Clouzot a rèpètè qu'il considèrait "Quai des Orfèvres" comme son meilleur film. On s'accordera aisèment avec lui. Vous prenez l'èblouissant Louis Jouvet qui atteignait là le plus haut sommet de son art, vous lui faites rencontrer le très jaloux Bernard Blier, la volcanique Suzy Delair et son petit « tralala », vous ajoutez l'ambigüe Simone Renant, le salace Charles Dullin, et vous pimentez l'intrigue policière de pittoresque et de dialogues aux petits oignons. A l'arrivèe, un classique absolu du cinèma policier français d'après guerre...
Je l’ai vu au cinéma lors d’une diffusion spéciale. Le film semble d’actualité, originale et plein d’humour. L’un des rares film d’après guerre pas du tout ennuyeux.
Au casting de grands noms du cinéma hexagonal dont Louis Jouvet et Bernard Blier marié à la pulpeuse Suzy Delair. Le film se scinde en deux parties, la première présente les protagonistes dans leur milieu professionnel et intime, la seconde partie débute après le meurtre et donc quand débute l'enquête. La réussite du film repose sur une galerie de personnages plus ou moins pittoresques du Paris d'après-guerre mais réside surtout dans un suspense qui se situe à plusieurs niveau. Clouzot signe un policier où les faux-semblants sont légions. Chef d'oeuvre. Site : Selenie