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Un visiteur
2,0
Publiée le 14 janvier 2014
Plutôt déçu par ce film, compte tenu des commentaires dithyrambiques que j'avais lus et entendus à son sujet... En dépit du jeu remarquable des deux principaux acteurs, ce film manque singulièrement de souffle. Par exemple, il n'y a aucune étude ni analyse des sources d'inspiration d'Yves Saint Laurent (à part peut-être la scène "Mondrian")... On se demande même comment une personne aussi perturbée/névrosée a pu être aussi créative. Tout est centré sur le caractère ombrageux et "borderline" de l'artiste et de sa relation, forte mais assez compliquée, avec Pierre Berger. A la fin, à force de voir le "héros" s'enfoncer toujours un peu plus, on éprouve une certaine lassitude et on commence à regarder sa montre. Bref, pas terrible, ce biopic.
Le biopic d'Yves Saint Laurent de Jalil Lespert est une grande réussite. Je ne peux pas juger sur la véracité des faits, je ne suis pas un grand connaisseur d'Yves Saint Laurent, mais au delà du biopic le film est très fort. Il montre parfaitement d'une part le génie d'un créateur tourmenté et d'autres part l'histoire de deux hommes qui n'auraient pas tant réussi l'un sans l'autre. Pierre Niney est métamorphosé pour le rôle, on peut voir l'immense travail qui a été réalisé. Guillaume Gallienne, que je n'aime pas beaucoup d'habitude, est lui aussi excellent, très juste dans la retenue. Une belle oeuvre.
Désolant cette non histoire d'amour homosexuelle bercée de destruction, de drogue et d'infidélité. Très petite part à la création , au génie , à l'histoire avec pourtant deux acteurs brillants ! quel gachis...
Yves Saint Laurent aurait pu s'appeler Saint Laurent - Berger. En effet, l'un n'existe pas sans l'autre, surtout dans ce film. Nous suivons l'ascension de Yves, accompagné de Pierre. Les deux sont présents à l'écran de manière omniprésente et quand l'un n'est pas dans une scène, la suivante lui est dédiée. C'est la première fois que j'apprécie une film de Jalil Lespert. La réalisation est académique (comme pour la plus part des biopics), mais les plans sont soignés avec une belle lumière et une teinte légèrement sépia. Jalil Lespert nous épargne d'une durée de plus de 2h (comme la plus part des biopics) pour se concentrer sur les grands moments de Yves, surtout dans sa jeunesse, allant du petit enfant coeur, à la vie mouvementée des caves parisiennes... En 1h40, et c'est suffisant ! Bien sûr, nous voyons des créations, le travail de styliste. Mais ce n'est pas le plus important. Heureusement. Le choix du duo d'acteurs est parfait. Pierre Niney montre qu'il est sur le chemin pour devenir un grand nom sur lequel on peut parier. Ses manières, sa diction, son regard nous imposent Saint Laurent et efface Niney. Guillaume Gallienne est, comme toujours, là où on ne l'attend pas. Homme d'affaire terriblement amoureux, on le déteste et l'adore à la fois. La symbiose entre les deux est magique. La complicité est bien là et nous donne la sensation d'un couple réellement amoureux. Charlotte Le Bon est faite pour les années 60. Elle y est scandaleusement belle et douée. Gros bémol: l'utilisation d'une voix off pour expliquer ce que l'image ne peut, soi-disant, pas expliquer accompagnée, parfois, de flash-forward... On s'en passerait. Un bon film.
Une interprétation magistrale de Pierre Niney, qui se fond dans un YSL génial et complexe tandis que Guillaume Galienne fait le pendant posé, dominé et dominant. Deux rôles à César, un film et des interprétations qui donnent envie de retourner plus au cinéma.
Un incroyable destin du "Double-face" de la mode, tantôt virtuose créateur, tantôt sujet à des traits caractériels violents; des scènes de modes magnifiques spoiler: notamment le final somptueux sur l'air de la Wally de Catalini ; un Pierre Niney hallucinant; une très forte description de cette histoire d'amour fusionnel : tel est le menu de Yves Saint Laurent. Hormis de trop nombreuses scènes d'amours, rien n'est à jeter dans ce biopic dévoilant clairement les 2 faces du styliste ayant révolutionné la mode à mes yeux. A recommander...
S’il est emblématique du génie de la haute couture française, Yves Saint Laurent personnalité taciturne et complexe demeure assez méconnu du grand public n’ayant pas envahi loin de là les médias notamment la télévision comme ont pu le faire Paco Rabanne, Gianni Versace ou Karl Lagerfeld d’autres couturiers de sa génération. Huit ans après sa mort en 2008 et en pleine frénésie du biopic, maladie cinématographique importée d’Hollywood, il n’est pas très étonnant de voir la destinée de ce génie créatif torturé portée à l’écran. Mais quand on dit Yves Saint Laurent immanquablement apparait l’ombre tutélaire de Pierre Bergé le compagnon du couturier garant à travers sa fondation de l’intégrité de son œuvre et de sa mémoire. Deux projets s’étant fait jour simultanément, le businessman devenu mécène a choisi d’accorder son imprimatur à celui le plus apte à lui permettre d’orienter le récit selon l’image que lui-même entend donner de son compagnon défunt et de leur relation amoureuse. Bertrand Bonello cinéaste à l’autorité artistique affirmée et reconnue était sans doute moins enclin à subir une quelconque influence au contraire de Jalil Lespert acteur tentant timidement une reconversion dans la réalisation. Cette concession a sans aucun doute donné des moyens inespérés à l’entreprise de Lespert notamment dans l'exposition magnifiée du travail de Saint Laurent qui éclate ici au grand jour. Certains y verront un effacement du réalisateur qui ne servirait que de prête-nom à un Pierre Bergé en quête de reconnaissance. D’un autre côté personne mieux que ce dernier ne connaissait tous les pans de la personnalité contradictoire de Saint Laurent. Reconnaissons à Jalil Lespert d’avoir su tirer de cette mine d’informations une biographie filmée très informative qui certes donne la part belle à Pierre Bergé mais de manière assez objective et sans jamais omettre de rappeler que la part du génie se situait du côté du natif d’Oran débarqué comme un ouragan dans le monde assez conformiste de la mode des années 1950 pour devenir l’assistant de Christian Dior. Le film montre très bien l'univers compassé qu’était alors ce milieu très fermé où les défilés se déroulaient sous les lourdes tentures des salons haussmanniens des grands bourgeois parisiens. Evincé de chez Dior après la disparition brutale de ce dernier, Saint Laurent à la timidité maladive formera une association très productive avec son nouvel amant Pierre Bergé qui lui apportera son intuition et son entregent affairistes. L’homosexualité jamais pleinement assumée par Saint Laurent est sans doute à la base de sa cyclothymie qui l’amènera à alterner à partir des années 60 les phases de réclusion avec celles de débauche. Cette propension à l’auto destruction deviendra rapidement la préoccupation essentielle de Bergé qui s’active en coulisses pour développer tout d’abord puis sauvegarder l’entreprise montée en 1962. L’omniprésence de Pierre Bergé qui est un parti pris compréhensible vu la structure du projet met sans doute en sourdine des aspects de la vie de Saint Laurent hors la présence de son amant mentor. Il aurait sans doute était préférable d’assumer pleinement ce choix de la narration exclusive de la relation passionnée entre les deux hommes en donnant un autre titre au film. Il faudra attendre le film de Bertrand Bonello pour savoir s’il était possible d’éclairer autrement la personnalité de Saint Laurent. Si la visée artistique de Lespert se perd un peu entre les mains de Pierre Bergé, sa direction d’acteurs se révèle particulièrement efficace notamment dans la mise en avant du talent de Pierre Ninet particulièrement troublant dans sa composition du personnage de Saint Laurent qu’il amène complètement à lui. Guillaume Gallienne de son côté se montre parfait malgré une dissonance physique assez marquée avec Pierre Bergé. A regarder ce « Yves Saint Laurent » de bonne facture mais sans grand génie on se dit que le cinéma français a désormais parfaitement intégré les recettes des bons faiseurs hollywoodiens toujours prompts à extraire par le menu les aspérités et faiblesses des célébrités pour les monter en mayonnaise à l’écran. Nous n’en sommes certainement qu’au début d'une longue série.
Un biopic sans tabou magnifiquement mis en images par Jalil Lespert. Il nous propose avec " Yves Saint-Laurent" une réalisation délicate soutenue par une BO très classe et la trompette magique d'Ibrahim Maalouf. Le film nous conte l'évolution de carrière du grand créateur de mode et nous fait découvrir le milieu de la Haute Couture. Un milieu difficile en perpétuel renouvellement, un environnement très concurrentiel ou la critique ne fait pas de cadeaux. Outre les belles images de Marrakech, le succès de cette réalisation tient probablement pour beaucoup aux fabuleuses performances d'acteurs qu'accomplissent Guillaume Gallienne et Pierre Niney
Prestation absolument remarquable de Pierre Niney! Le film est d'une rare émotion, une histoire d'amour très poignante, une souffrance qu'on ressent à chaque moment. Le seul bémol est qu'on reste un peu sur notre faim. Il manque un petit "je ne sais quoi", comme si le réalisateur n'était pas assez allé au fond des choses, en survolant certains aspects (notamment la relation entre Pierre Bergé et YSL, ou encore la chute de YSL dans la déchéance). Un très beau et bon film tout de même!
Film tiré à 4 épingles. L'esthétique est parfaite. Les décors et les costumes (évidemment) sont irréprochables. Les acteurs sont merveilleux... mais on n'apprend rien et on s'ennuie. C'est très répétitif. Je n'ai pas été emballée du tout !
Grosse déception. Beaucoup de tapage pour un non-évènement. On s'attendait à une fresque ambitieuse mais au final, il ne s'agit que d'un simple documentaire cousu de fil blanc et souffrant d'un manque de moyens évident. En résumé: une banale succession de prises de tête sur les moeurs très particuliers de deux tailleurs nombrilistes, étrangement filmés la plupart du temps dans la pénombre. Plate réalisation sans véritables têtes d'affiche mais uniquement de médiocres interprètes au phrasé agaçant. Mais ne sommes-nous pas en période de soldes...?
L'amour pas si fou ! Cette grosse production française, servie par deux acteurs talentueux, se révèle hélas incapable de les mettre en valeur et de raconter une histoire. C'est dommage à plusieurs égards, car le personnage est très intéressant, mais à trop vouloir en faire, Jalil Lespert semble s'être un peu perdu en route. Pour en savoir plus, lisez notre critique complète NoPopCorn !
Pierre Niney et Guillaume Galienne incarnent remarquablement ce couple célèbre et portent littéralement ce film un peu trop sage qui même s'il n'hésite pas à lever le voile sur les côtés plus sombres des deux hommes, effleure souvent le sujet sans vraiment nous bouleverser comme cela aurait pu être le cas.
Un bon biopic à la réalisation sobre et honnête (si on oublie certaines ellipses assez mal venues) qui arrive à captiver même si on est pas spécialement fan de YSL (c'est exactement mon cas). Mais la plus grande surprise du film est qu'il est avant tout une formidable histoire d'amour entre un homme malin mais effacé qui a tout de même souffert d'aimer un génie lunatique sans jamais l'abandonner (cela m'a d'ailleurs fait beaucoup pensé à la la forte relation entre Hoover et Tolson dans le "J. Edgar" de Clint Eastwood). Le gros point fort du film : la prestation forte et touchante de Pierre Niney ainsi que celle charismatique de Guillaume Gallienne qui nous prouve définitivement qu'il est l'un des meilleurs acteurs français du moment.