Au début du XXe siècle un clown afro-cubain a connu le succès à Paris. Roschdy Zem raconte son histoire.
Le sujet est passionnant. Comme "La Vénus noire" qui évoquait la soudaine célébrité acquise par une femme hottentote à Londres au début du XIXe, "Chocolat" interroge le regard porté sur les Noirs par les sociétés coloniales. Un regard effrayé sur le Noir cannibale que joue Omar Sy au début du film. Puis un regard paternaliste sur l'inoffensif Chocolat qu'il est devenu au contact de son partenaire de spectacle, le clown Footit. Dans les deux cas un regard méprisant même si la facilité avec laquelle Chocolat multiplie les conquêtes féminines montre que les Françaises ne partageaient pas les a priori racistes de leurs compatriotes masculins.
Si le sujet du film est captivant, son traitement pèche par son classicisme. L'histoire de Chocolat est platement racontée depuis sa découverte dans un cirque de province, en passant par sa montée à Paris, sa gloire éphémère et sa chute misérable. Le choix d'Omar Sy pour jouer son rôle est une fausse bonne idee. Si Sy (lol) a probablement le sourire le plus photogénique du cinéma français, sa célébrité écrase le rôle. On ne voit pas Chocolat mais le héros de "Intouchables". La révélation du film, c'est James Thierrée, parfait de bout en bout dans le rôle du clown triste. On savait que le petit-fils de Charlie Chaplin était un comédien de théâtre surdoué ; on découvre qu'il a toute sa place devant la caméra.
Abdellatif Kechiche avait réussi à filmer avec fièvre la Vénus hottentote. En montrant avec une sensualité malsaine ses spectacles, il nous avait fait toucher du doigt la fascination voyeuriste qu'ils pouvaient exercer sur l'auditoire de l'époque. Roschdy Zem, lui, ne nous met jamais mal à l'aise. C'est le principal défaut de son film trop lisse.
Le nouveau film de De Roschdy Zem semble égal à une de ses préoccupations, celle de narrer des histoires vraies sur fond de reconnaissance sociale, historique ou de racisme. La première qualité de ce film est la reconstitution de Paris de la fin du 19 ième siècle comme celle de la campagne du nord de la Fance. Une reconstitution belle, photogénique même un peu trop "propre". L'autre qualité est celle de faire entrevoir, sinon partager l'esprit "colonial" plus que raciste de la société d'alors. Fondée sur l'idée que la France comme l'Europe au travers de leurs conquêtes et découvertes apportait la civilisation aux pays de l'Afrique .Et encore cette partie là, intéfrante de la société de la fin du 19 ième siècle aurait pu etre montrée avec plus de véracité, plus de vérité. Quand au reste? Un casting bien garni . Avec un Omar SY vraiement exceptionnel , très inspiré par son rôle. Peut être son meilleur film (à ce jour). James THIÉRRÉE excellent. Sans oublier Clotilde HESME, Olivier GOURMET, Olivier RABOURDIN.Donc si on résume, Plutôt une belle reconstitution et une belle distribution. Mais alors que manque t'il pour que ce soit - Ce qu'il n'est pas!- Un Chef d'Oeuvre ? Ce petit quelque chose qui transcende toute histoire vraie, la passion par exemple! Car si le film est très bien réalisé, beau et bien interprété avec un très bon O SY... Le film reste académique, sans envolée lyrique et ça c'est dommage!
C est un véritable chef d œuvre. Comment pourrait on ne pas être insensible a cette émotion jouée si justement, face au racisme de cette époque, face aux travers du monde de l argent. On est embarqué dans cette histoire, on passe du rire aux larmes, c est intense, l interprétation de ce duo est parfaite. Je recommande fortement
2 acteurs au top sous la superbe direction de R.Zem. Un film original sur le cirque, le racisme de l époque qui a une certaine résonance d aujourd'hui et enfin rendre la place de Rafael Padilla à un statut honoré.
Magnifique jeu d'acteurs dans cette histoire vraie où se mêlent amitié, plaisirs et décadence ainsi qu'un combat juste et noble malheureusement livré trop tôt... Un film dont on ne ressort pas indemne et qui nous habite durablement après la tombée du rideau.
Tiré de l'histoire vraie du clown Rafael Padilla, chocolat nous conte plus particulièrement la période qu'il passa en duo avec le clown Footit. Des caractères bien différents mais tout aussi complexes très bien interprétés par les 2 acteurs sur fond de racisme dans ce très beau Paris des années 1900. De l'esclavage à la gloire, une histoire de forme classique et convenue pour un contenu intéressant et prenant sur ce duo qui est le premier a avoir associé le Clown Blanc et l'Auguste.
Omar Sy change de registre et s'illustre parfaitement dans ce rôle - issue de l' histoire vraie d'il y a un siècle ! Malgré quelques longueurs, le thème est judicieusement rendu entre le "blanc" et le "noir" par Roschdy Zem. Mention spéciale aux décors et photographie... avec un peu plus de dynamisme, les suffrages étaient assurés... !! **
Un super biopic. Omar Sy et James font un excellent duo. Une triste histoire du talent gâché par le racisme et le comportement autodestructeur liée à la célébrité. Bravo à R.ZEM pour le film
Les deux étoiles sont mises pour le jeu de James Thierrée. Pour le reste, film largement surévalué. Scénario un peu basique, pas super bien traité. Zem s'est égaré et est passé d'un biopic qui pourrait être intéressant à un manifeste antiraciste déplacé, caricatural, qui sonne faux, lasse et est contreproductif. Omar Sy fait le job, sans plus. Bref, décevant au possible. Comme d'habitude la promo télévisée de copinage fait les entrées. Pas plus
Les décors, la lumière, les costumes sont magnifiques.Les acteurs sont à la hauteur. J ai découvert l histoire de Chocolat et ai reçu une leçon d 'histoire. Toujours compliqué de se mettre dans la tête de nos ancêtres ! Une question qui était le compagnon de Raphaël en prison ? Merci et bravo !
Un film magnifique. Des acteurs superbe et une émotion intense. Un bel hommage au premier duo clownesque français , et surtout un beau film sur la vie des nègres de l'époque. A la fois tragique et comique ce film est vraiment bluffant.
Un bon film que je recommande, surtout pour la superbe prestation d'Omar Sy. Il montre tout au long du film une palette d'émotions impressionnante. Il est tantôt drôle, tantôt séducteur, tantôt émouvant ... et quand, vers la fin du film, il libère toute la souffrance et toute la rage accumulées, on y croit. Même si vous n'aimez pas son registre habituel, allez-y quand même, vous ne serez pas déçus : c'est dans ses silences ou ses répliques les plus sobres ( "Donnez-moi un visage humain." ) qu'il brille. James Thierrée offre une prestation également très intéressante, en âme tourmentée, tout en montrant un vrai talent de mime, dont son grand-père serait fier - le film rappelle d'ailleurs un des plus beaux films de Chaplin, "Les Feux de la rampe", et Foofit n'est pas sans évoquer Calvero. Les deux personnages sont complexes, pas toujours irréprochables ni l'un ni l'autre, ce qui permet au film d'éviter l'écueil de l'excès de bons sentiments. Il évite aussi celui du prêchi-prêcha qui aurait pu le plomber : le racisme est montré, sous toutes ses formes plus ou moins involontaires, plus que dénoncé, ce qui a d'autant plus d'impact : le simple geste d'un enfant qui passe son doigt sur le visage d'Omar ou d'un Africain devenu attraction coloniale qui interpelle Omar en semblant lui demander pourquoi leur sort est différent marquent plus que n'importe quel sermon. Que dire de plus, sinon que la réalisation est assez belle, et que la reconstitution du début du XXe siècle est convaincante ?