Un serpent s'approche d'un flac de lait gaspillé et il en boit. L'homme qui a souffert l'accident regarde hypnotisé l'animal se nourrir, fait curieux qui racontera à ses proches des heures plus tard. "Un serpent nous a fait expulser du paradis" réponde un entre eux. "Oui, mais ce serpent a décidé de nous suivre" répond l'autre.
Kusturica se met devant sa caméra pour jour un crémier qui croisse le front de guerre des Balkans aux épaules d'un âne pour livrer son produit, suivant la nommée Voie Lactée. La tranquillité du village, intacte malgré la guerre aux portes, sera interrompue par l'arrivée d'une mystérieuse femme d’origines italiens poursuivie par des soldats.
On the milky road est un film qui se métamorphose à fur et mesure. Il se présent comme une comédie de mœurs avec des touches slapstick. Le réalisateur enregistre une série de réactions en chaîne qui créent le ton comique de cette première partie. Le parcours d'un aigle qui provoque un accident pourrait être considérée la meilleure scène du film. Juste après, un autre accident, cette fois-ci avec un grand horloge fera rire les spectateurs avec l'entrée sur scène du personnage le plus surréaliste de l'oeuvre: une ancienne championne de la sélection yougoslave de gymnastique rythmique. Également, on voit le crémier esquiver les bombes pendant qu'il trotte sur les champs. Tout cela, coupé une infinité des fois par un plan d'une poule qui doit sauter devant le miroir à chaque fois qu'elle pond un œuf.
Une légère sensation de déjà-vu: les chansons, l’alcool, le bruit, le folklore et la fête déchaînée qui caractérisent les comédies du cinéaste, qui très souvent, sans tort, accusé de copier Fellini d'une façon réductrice. Cependant, à moitié du film, la prophétie se réalise. Le serpent qui buvait le lait se réincarne en Monica Bellucci, animal et Ève au même temps, qui décide d'accompagner Adam, expulsé du bucolique paradis que Kusturica venait de nous montrer.
Voici le début du deuxième épisode, celui de la lutte pour la survie, comme s'il était un autre film. La comédie laisse sa place à l'action et à l'intrigue avec un poids dramatique plus perceptible. Tout l'ensemble du film se voit réduit à deux personnages qui se rendent compte que l'accueillant territoire qui les hébergeait, désormais est devenu hostile. Il se peut que cette partie nous semble trop longue, mais malgré tout, elle est efficace. Le cinéaste se donne même le plaisir de reposer son rythme accéléré pour nous offrir la scène sur la cime de l'arbre, une des plus belles du film.
Par contre, l'impeccable réalisation se trouble à cause d'un font révisionniste assez inconfortable. Utiliser une guerre récente comme fond a ses risques: non seulement d'y aller trop loin, mais aussi de ne pas assez approfondir, montrant comme conséquence une version déformée des faits. Ces derniers mois, en plus, Kusturica a surpris toute l'élite culturelle européenne après ses louanges à Putin. Motif, selon le réalisateur lui-même, pour lequel On the milky road n'a pas été admis au festival de Cannes. Tout ceci a crée un bouillon de culture qui empêche comme spectateur se rapprocher du film, car une des questions cruciales ne nous donne pas de réponse: Où délimite Kusturica les deux côtés de cette guerre?
///Encore plus de fautes et d'erreurs sur le lien ci-dessous.
hommecinema.blogspot.fr