Ce qui est consternant chez les personnages de cette histoire, c'est leur extrême soumission à un aboyeur, un caïd tout en prestance et obnubilé par sa haine et son attrait pour l'argent. Tout cela en se réclamant du prophète ! Comme l'islam peut-il fédérer tant de charge haineuse, d'inhumanité, d'absence totale de morale, de culpabilité ? Le poncif du juif forcément riche et profiteur constitue le moteur de ce drame, qui a conduit à la mort d'un jeune homme séquestré, torturé, humilié et finalement brûlé et abandonné nu, rasé et laissé pour mort le long d'une voie ferrée. C'est le second film sur cette affaire terrible, que je vois. Le précédent; celui d'Alexandre Arcady, "24 jours, la vérité sur l'affaire Halimi" donnait plus d'importance à la présence de la mère d'Ilan. Je ne suis par contre pas allé voir "Eperdument", qui mettait en scène l'histoire d'amour entre le directeur de la prison (Guillaume Gallienne) et Emma, celle qui avait servi d'appât pour les ravisseurs d'Ilan Halimi (Adèle Exarchopoulos). Ce film, sorti le 2 mars 2016, est adapté du livre "Défense d’aimer", écrit par Florent Gonçalves, l’ex-directeur de la maison d’arrêt, qui déclarait : « Les regrets, c’est pour une certaine catégorie de personnes qui vont se retourner, se lamenter. Moi je regarde devant, j’avance ». Guillaume Gallienne a lui-même banalisé le lien avec l'affaire Halimi, sauf que le film sortait dans l'actualité de la date anniversaire de la mort d'Ilan. Mauvais timing, manque de tact et de respect. Tant pis pour ce film. Le gang des barbares, c'est une armée de bras cassés sous l'emprise d'un paranoïaque. Tant mieux que leur médiocrité soit portée à l'écran. Mais, en quoi le film de Richard Berry nous aide-t-il à penser l'horreur, à construire des outils permettant d'éviter qu'une telle haine puisse se déployer ? Je ne saurais le dire. Dommage, car ce serait sa mission première.