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Un visiteur
3,5
Publiée le 19 juillet 2014
L’homme qu’on aimait trop, film d’acteurs Au mitan des années 70, la guerre des casinos fait rage sur la Côte d’Azur. Patronne du Palais de la Méditerranée à Nice, Renée Le Roux est évincée de son siège après que Fratoni ait acheté le vote de sa fille Agnès contre sa mère. Celle-ci se sépare de son homme de confiance, Maurice Agnelet. Un avocat arriviste qui en profite pour conquérir le cœur et les économies d’Agnès. Après une première tentative de suicide, Agnès Le Roux disparaît pour de bon en 1977... L’une des grandes énigmes policières de ces dernières années commence. Le film a été achevé avant la condamnation en avril 2014 d’Agnelet à 20 ans de prison après un troisième procès pour un assassinat sans preuve, mais lesté de lourdes présomptions. Mais qu’importe, l’adaptation qu’en fait Téchiné est une fiction ou la peinture du milieu et le drame psychologique comptent davantage que la reconstitution judiciaire. La guerre des casinos reste dans l’ombre, le traitement est classique et le scénario sans grande originalité. Comme si, au fond, la seule chose qui intéressait le réalisateur c’était son trio d’acteurs derrière lequel s’efface l’histoire. Il est vrai qu’ils sont tous magnifiques. Catherine Deneuve aussi convaincante en impératrice des jeux qu’en mère résolue à laver l’honneur de sa fille. Adèle Haenel, héritière grognon et pleurnicharde à souhait. Et Guillaume Canet, parfait en fourbe ambigu et dragueur sans scrupule. Téchiné, l’homme qui aimait trop les acteurs…
Quand Téchiné s'attaque à un fait divers, il ne le fait pas à la manière d'un procureur, rejetant le film à thèse, mais s'attachant davantage aux liens familiaux et au contexte social (voir La fille du RER). L'homme qu'on aimait trop penche sans doute un peu plus du côté de la mère (Deneuve, parfaite) que de l'amant de sa fille (Canet, excellent) mais l'énigme meurtrière reste inexplicable et ce n'est pas le film qui entend donner des clés. Peut-être l'une de ses faiblesses d'ailleurs tant L'homme qu'on aimait trop est trop prudent et d'un classicisme absolu pour la forme. Heureusement qu'Adèle Haenel, une fois de plus encore remarquable, donne un aspect moins empesé à un ensemble sage qui, de plus, n'arrive pas à nous plonger dans l'univers frelaté et fiévreux des casinos de la Côte d'Azur des années 70. Quant à la reconstitution du procès, elle n'a guère d'intérêt d'autant que le verdict a été contredit récemment.
Adèle Haenel est extraordinaire de force et de sensualité (...). Le film réussit à tenir sur un fil tendu jusqu'à une dernière partie ratée, reconstitution lamentable du procès, trente ans plus tard. On se serait passé de cette fin didactique pour rester dans le trouble d'une jeune femme brûlée vive par la passion.
Pas mal, mais la psychologie des personnages est à mon gout pas encore assez travaillée, cela aurait mérité d'être approfondi pour l'atmosphère du film.. Le jeu des 3 acteurs est à souligner ...
La mise en scène est datée, et même si Guillaume Canet s'en sort plutôt bien, les autres acteurs sont décevants, parfois même, pour certains seconds rôles, très mauvais. Tout est très attendu, et on ne croit pas aux relations qu'entretiennent les personnages. Impossible de savoir si le film raconte l'histoire d'un homme ambitieux et opportuniste, ou celle d'une jeune femme passionnée, ou encore celle d'une mère blessée. On met le doigt sur ce qui pêche beaucoup dans cette histoire : impossible de savoir de quel point de vue elle est racontée. Celui d'Agnelet ? Celui de Madame Leroux ? Ou celui de sa fille, Agnès ? C'est un malheureux mélange de tout cela, une sorte de reconstitution malhabile et clichée d'un fait divers médiatique. Téchiné manque de plus en plus d'inspiration. Et ça se voit de plus en plus.
Adèle haenel est incroyable pour ce film je découvre une excellente actrice. Guillaume Canet et Catherine Deneuve sont eux aussi excellents, d ailleurs je trouve que après tant de film et sans avoir rien a prouvé Catherine Deneuve est juste exceptionnelle au sommet de son art. Le film est très bien, il raconte une histoire que les moins de 30 ans connaissent peu et qui continue en rebondissement il y a encore quelques mois. Très bon film, très beau cadre, très bons acteurs.
Film très classique certes, mais tout à fait intéressant et plaisant non seulement grâce aux deux actrices comme lu et entendu : Guillaume Canet décrit pâle, "difficile à cerner" ? mais cela semble tout à fait cohérent vu ce que l'on sait de l'indéchiffrable Maurice Agnelet. On glisse très volontiers de la sympathie du départ vers la perplexité à son égard, mais non vers une franche antipathie. Certes pour la fin on aurait pu se contenter d'un autre procédé que ce procès alourdi par les maquillages (pourtant bien faits du pt de vue technique, car là Canet apparait très proche de l'Agnelet réel)
On suit avec intérêt cette histoire tirée d'un fait divers dont on parle encore ! Les acteurs sont excellents : Guillaume Canet nous rend Agnelet plutôt sympathique, Catherine Deneuve parfaite dans un rôle peu sympathique et Adèle Haenel très bien dans le rôle de cette jeune femme, mal dans sa peau qui vient de divorcer, qui est en conflit avec sa mère et éprise d'un homme qui ne l'aime pas. On ne saura jamais la vérité malheureusement et à la fin du film on est indécis, ça pourrait être lui mais elle pourrait aussi avoir choisi de disparaître. Ce corps qui n'a jamais été retrouvé ..... et l'argent, toujours et encore, l'argent !
Voilà un film porté par ses acteurs. Chacun des trois personnages est incarné avec brio. Lorsque le dernier procès, auquel nous assistons, a lieu, le vieillissement des personnages est impressionnant. Adèle Haenel trouve ici l'occasion de prendre un rôle plus important que lorsqu'elle jouait la soeur de Suzanne (autre magnifique film dans lequel elle jouait aux côtés de Sara Forestier). Son personnage un peu buté, au regard percutant et sans concession démontre comment opère l'emprise exercée par un Guillaume Canet excellent dans son rôle. On découvre aussi les ravages que peuvent engendrer la mort d'un frère, lorsque les parents sont absents pour protéger l'enfant qui survit. On comprend comment Maurice Agnelet décide que plus jamais, il ne souffrira des sentiments, que d'autres lui feraient éprouver, il a du charme, il s'en sert, mais devient implacable, si on en appelle à ses affects. Catherine Deneuve, Renée Le Roux, en mère distante, mais néanmoins parfois attentive, incarne une certaine froideur rigoriste : elle ne sucombe pas au charme d'Agnelet, qui le lui fera payer en séduisant sa fille ou plus exactement, en créant le trouble chez elle -ce qui s'appelle intriguer! On entend en passant évoquer le maire de Nice, Jacques Médecin, que Guy Bedos avait en son temps tant raillé. Bref, un film à voir, qui nous renseigne sur une affaire, qui a fait les gorges chaudes de la presse d'alors. Le personnage d'Agnelet est-il une belle incarnation de ce qu'on désigne par "pervers narcisssique"? C'est probable, en tout cas, le génie maléfique trouve ses limites dans l'attrait pour le danger et la prise de risque, qui a conduit Agnelet à revenir du Panama, où il profitait de sa fortune accumulée grâce à la fille Le Roux, Agnès (Adèle Haenel).
La mise en scène très classique s'adapte parfaitement à ce triste et célèbre fait divers criminel. André Téchiné précise : "Nous adaptions le scénario au fur et à mesure des confidences, d'Agnelet, un homme fascinant qui s’emmêle les pinceaux dans ses propres mensonges".
Les décors d'Olivier Radot, les costumes de Pascaline Chavanne, et la photographie de Julien Hirsch sont une grande réussite pour ce retour dans les années 75, au milieu de ces tons mordorés et ce luxe clinquant d'une époque révolue.
Depuis des années, la justice est intervenue sur ce dossier en apportant des décisions divergentes, d'où l'impossibilité pour le réalisateur, de chercher une quelconque vérité sur la finalité de cette affaire. Il s'appuie sur un autre angle. Celui de la guerre des casinos et la violence qui va avec.
Concernant Maurice Agnelet le film démontre le vide total, intérieur et culturel, de ce séducteur, arriviste, sans scrupules, perdu derrière les faux-semblants au milieu desquels il tente d'imposer une image différente de l'être vil qu'il est profondément. Comme démontré par le décor, à la fois pathétique et prétentieux, de son cabinet d'avocat, sans clients, avec une bibliothèque et des rangées de livres de La Pléiade accumulés et visiblement posés là pour tenter de faire croire que .... Tout est faux chez cet homme, il incarne parfaitement la lâcheté caractérisée. C'est lui qui est au cœur du film. Franc maçon, tout comme Fratoni "Mais pas dans la même loge" précisera-t-il, comme pour renier cet engagement quand cette appartenance ne peut plus lui être d'aucune utilité. Il n'hésitera pas malgré tout de s'acoquiner avec le mafieux pour arriver à ses fins.
Guillaume Canet endosse le costume de cet homme avec un certain talent tout en s'appuyant sur les confidences reçues par Maurice Agnelet, lui même. Un salaud, certes, mais le type de héros parfait pour le grand écran. À ses côtés, la toujours excellente Judith Chemla et la jeune et déjà remarquée Adèle Haenel dans le rôle d'Agnès le Roux. Plusieurs passages appuient sur la grande faiblesse de cette jeune femme et son cruel besoin d'amour. À tout prix ! Une scène devrait rester dans les annales. Celle dans laquelle elle se livre à une incroyable danse africaine pour mieux tenter de séduire celui qui finira par la perdre.
Une mère trahie, dépossédée, perdue, rageuse et déterminée à la fois, offre à Catherine Deneuve un rôle dans lequel, une fois encore, elle excelle. On retiendra le passage dans lequel elle fredonne sur le Pregherò d’Adriano Celentano. Ou plus encore, son allure de femme vieillie à tout jamais blessée et ruinée, et son regard poignant pendant la scène du procès.
Qu'il fait chaud dehors! L'air est presque irrespirable et tout le monde cherche un petit coin d'ombre pour se reposer de cette tendresse caniculaire. Buvant mon petit thé vert bouillant dans sa minuscule tasse, je me rend compte que André Téchiné sort son nouveau film et qu'il est dans les salles dès aujourd'hui! Je me presse donc au cinéma le plus proche et commande ma place pour la séance de 17H20, et m'offre ainsi un fondant au chocolat (gourmandise oblige). Cette dégustation (rapide) terminée, je me presse dans la salle. Nous ne sommes que quatre, je me retrouve ainsi avec trois vieilles dames. Il faut bien le signaler : Téchiné a gardé, de ses années d'expérience, un certain don pour la mise en scène. Et quelle magnifique idée d'avoir choisi la très grande actrice qu'est Catherine Deneuve pour interpréter Renée Leroux, la mère qui veut absolument connaître la vraie histoire! Adèle Haenel est saisissante et pas assez reconnue dans le métier, mais ça viendra, surtout avec "Les combattants", véritable ode à la vie puissante et vivifiante! Guillaume fait du Canet, à ceci près : il interprète très bien le jeune homme qui courtise les femmes fragiles. Je le savais très bien : un Téchiné habile dans sa réalisation fait passer un bon moment, malheureusement troublé par des longueurs inactives et qui gâchent le plaisir d'une passion retrouvée. Un film trop inégal et injuste pour recevoir la (stricte) moyenne d'Allociné, mais une histoire passionnante à ne vivre qu'au cinéma! Que Diable!
J'y suis allé sans rien connaitre du sujet mais par rapport au réalisateur et aux acteurs, toujours à la hauteur. Particulièrement Adèle Haenel, superbe dans son jeu. L'histoire, j'en avais brièvement entendu parlé, et au bout de ces 2 heures de scénario , même si quelquefois il peut y avoir quelques longueurs, on a envie d'en savoir plus, puisqu'il manque des personnages par rapport à la réalité. Puis ce jugement. Qui en réalité, s'est déroulé sur plusieurs années, par rebondissement, avec l' acharnement et la détermination de cette mère pour arriver à connaitre et faire reconnaître le sort de sa fille. Téchiné a du certainement faire des choix par rapport à la justice qui n'a encore pas finit de donner son verdict final! C'est aussi pour tout cela que le film est intéressant. Le vieillissement des personnages est étonnant, et si ressemblant par rapport à Maurice Agnelet. Ce film permet donc de voir un belle brochette d'acteurs et de s'interroger sur une affaire sensible.
On confond souvent classicisme et académisme : L'homme qu'on aimait trop donne à voir toute la virtuosité de la mise en scène de Téchiné qui inscrit personnages et décors dans une véritable tragédie antique. Les trois personnages principaux ont leur part de monstruosité et d'humanité, le cinéaste évitant ainsi de sombrer dans le film à thèse qui juge et condamne tel ou tel personnage. Canet délivre ici sa meilleure composition, Deneuve se montre déchirante et Adèle H. naît littéralement sous nos yeux de spectateurs. Duel au soleil ou Une femme disparaît, tels auraient pu être les titres de ce film qui marche sur les pas du western et d'Hitchcock : rivalité, justice et affrontements pour le premier, la Riviera, le soupçon et le crime pour le second. Ou encore L'histoire d'Adèle H avec ces plans où le personnage se livre et délivre par la parole épistolaire comme dans le film de Truffaut. Un très grand Téchiné qui revisite le cinéma pour mieux explorer l'âme humaine.
Téchiné est sans aucun doute l'un des plus grands cinéastes français. Une nouvelle fois on est emporté par ce flot romanesque, porté à bout de bras par une Deneuve somptueuse.