Mr. Turner
Note moyenne
3,1
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145 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 décembre 2014
Le début du XIXe siècle a été une période riche en évolutions technologiques, avec notamment le développement des machines à vapeur, la découverte de l'électricité, mais également la percée progressive de la photographie grâce aux daguerréotypes. Dans une Angleterre en pleine révolution industrielle, Joseph Mallord William "Bill" Turner est un peintre modeste dans son existence mais à la réputation déjà bien assise. Il vit à Londres avec son père et une servante.

Ce film est un pur biopic dont l'intrigue n'a guère de mystères si vous vous êtes déjà intéressé à l'existence de Mr Turner. On découvre un personnage assez taciturne et solitaire, qui aime partir dans la nature en quête de nouveaux paysages à découvrir et à peindre. Toutefois, son lieu de prédilection reste le port de Londres, car Mr Turner a un goût prononcé pour la représentation de paysages côtiers et maritimes. Étant un précurseur du mouvement impressionniste, qui a notamment fait, entre autres, le succès d'un certain Claude Monet, Bill Turner joue avant tout sur les lumières et les couleurs. Les reflets de l'eau, notamment lors des levers et couchers de soleil sont propices à l'expression de son style de peinture.

Pour en revenir au personnage, Bill Turner est un personnage très atypique. Il ne s'attache pas, que ce soit aux gens, hormis pour son père pour lequel il a une grande affection et avec lequel il a une forte complicité, qu'à son travail pour lequel il ne semble avoir une très grande estime. Toutefois, il ne souhaite pas non plus en faire de simples objets à vendre, et veut leur accorder une postérité pour qu'ils ne tombent pas dans l'oubli. Turner est surtout un peintre modeste, qui se contente d'exprimer son art et son style tel qu'il le souhaite, sans se soucier des conventions. En effet, on ne sent pas que son travail le passionne, pourtant c'est généralement l'occasion pour lui de s'isoler et de se plonger dans ses pensées. Tout au long du film, on cherche un réel moment de sympathie, mais on sent que Mr Turner est un personnage relativement fermé sur lui-même. A quelques occasions, et au fil de certaines rencontres, il parviendra tout de même à s'ouvrir aux autres.

La réussite de ce film dépend notamment de deux éléments. Le premier, c'est Timothy Spall. Connu du grand public pour son interprétation du rôle ingrat de Peter Pettigrow, alias Queudver, dans la saga Harry Potter, le voici dans un rôle qui lui sied à merveille. Spall est vraiment habité par ce personnage historique, et on a vraiment l'impression d'être plongés dans la vraie histoire de Turner. Le second élément, c'est la photographie et l'ambiance générale du film. On nous envoie découvrir de superbes paysages, notamment dès la première scène, avec des couleurs et des jeux de lumière saisissants, à l'image des tableaux du peintre. Les personnages sont authentiques, et le voir en VO permet d'encore plus apprécier cette ambiance british londonienne.

Le tout propose un biopic généralement dramatique, nous faisant découvrir l'existence de Mr Turner, peintre énigmatique, travailleur mais pourtant d'apparence assez détaché, et qui vit sans se poser de questions. Un voyage intéressant dans la vie d'un peintre à l'aube d'un nouveau mouvement artistique, dans un monde en pleine révolution technologique, et où la peinture, encore dominante, faisait ses premières rencontres avec la toute jeune photographie.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 juillet 2025
je suis impartial quand il s'agit de Turner que j'adore. Ai trouvé donc beaucoup d'interêt dans cette biographie partielle de sa fin de vie. Ce n'est pas une vraie création cinématographique, manque d'ampleur, de décors convaincants, de magie. L'interprétation de T Spall sauve ( un peu) la mise. La scène avec le jeune aristocrate J. Ruskin est plus vraie que nature pour qui connait l'Angleterre.
schemaman
schemaman

24 abonnés 289 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 décembre 2014
Film pénible à regarder : les râles incessants de M Turner, gros, adipeux, libidineux, s'exprimant par grognements l'essentiel du temps ou un parlé inarticulé incompréhensible. Son attitude constamment déplaisante envers les uns et les autres, capricieuse, rustre, provocatrice et sans empathie rendent le film extrêmement lourd sans qu'on sache où le réalisateur veut en venir (pas de fil vraiment conducteur à l'histoire). Seule la beauté des images, décors et costumes me font donner 3 étoiles à ce film dont on ne retire ni une connaissance de l’œuvre de Turner ni une conclusion sur le génie ou l'art de la peinture.
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 245 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 octobre 2018
Voici exactement ce qui est important dans l'oeuvre d'un peintre : sa manière de peindre. Pourquoi veut-il la mer, pourquoi va-t-il peindre prés de la mer à Margate à l’estuaire de la Tamise, son rapport au dessin (un grand dessinateur), son rapport aux couleurs (comment il les prépare avec son père), à la dimension des toiles, l'influence de Claude Lorrain et de Constable, son rapport conflictuel ou amical avec Reynolds, l'importance des lieux, la passion de la peinture qui dévore sa vie privée. Tout cela Mike Leigh ne nous l'explique pas: il nous le montre. Les réponses ne sont pas rationalisées par le jeu de Tim Spall (encore un ancien de la Royal Shakespeare Company qui innervent le cinéma anglais de vrais acteurs capables d'incarner un personnage et pas seulement d'exposer leurs ego sans limites comme en France) mais chacun de ses gestes, de ces paroles nous le montre concrètement. Entouré de deux femmes extraordinaires (Dorthy Atkinson et Marion Bailey) Spall se plonge dans le personnage sans sous d'en faire trop ou pas assez, sans souci de paraître, avec la seule préoccupation de nous offrir un vrai peintre. Un grand film, et aussi une leçon pour les acteurs et les metteurs en scènes (et les producteurs) français de lugubres "biopics" (Rodin, Van Gogh, Lautrec, Cézanne et moi, Artemisia Gentileschi etc etc). Après avoir vu ce très beau film passer une journée au musée Tate Britain de Londres où sont conservés une centaine de Turner et mais aussi des Constable extraordinaires (aller-retour possible de Paris dans la journée publicité gratuite)!!
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2014
Quel beau film pourtant, esthétiquement magnifique et sur le fond très interessant. Avec un Turner avec une pincée de singerie en moins et une fin écourtée on aurait eu droit à un très grand film. Dommage, même si ça reste d'un niveau épatant.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2014
On ne peut pas dire que je sois un grand fan du Mike Leigh british, à la mode Another year.

Aussi ai-je été plutôt agréablement surpris par ce biopic, qui est plus qu'un biopic.

Pourtant le film commence assez faiblement : l'acte de peindre est survolé, les personnages sont ennuyeux, la photo carrément kitsch. Timothy Spall (prix d'interprétation masculine à Cannes) surjoue dans un mode porcin, avec force grommellements et ahanements.

Tout cela ne présage rien de bon, jusqu'à ce que la folie dévorante pour la peinture n'envahisse progressivement l'écran, écrasant famille, amour, santé. Turner, homme du passé par son éducation et sa constitution, devient un homme d'avenir par son art. Il invente (presque) l'abstraction, observe avec gourmandise un nouveau monde naître avec ses daguerréotypes, ses trains et ses machines à vapeur.

La grandeur du film se situe exactement dans cette contradiction : alors que tous meurent autour de lui (père, fille, soeur, M Booth, enfant de Haydon, Noirs sur le bateau, noyée...) la modernité surgit partout, et seul Turner semble la distinguer. Le peintre est un visionnaire qui perçoit seul ce que les autres ne sont pas encore capable de voir.

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moket

660 abonnés 4 675 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 janvier 2016
L'histoire d'un personnage pour le moins singulier parfaitement interprété par Timothy Spall. La photo est superbe, le film très académique et souffre de quelques longueurs.
Gentilbordelais

402 abonnés 3 540 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 mars 2016
Turner était un peintre génial. dans cette évocation classique (sur le fond comme la forme), on en apprend peu sur la personnalité complexe de l'artiste. malheureusement l'ensemble s'étire en longueur, bavard, théâtral, ne donnant guère de relief au biopic.
Dik ap Prale
Dik ap Prale

296 abonnés 3 072 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 juillet 2025
Si le personnage peut paraître prétendument détaché de l'homme, il épouse des formes d'humanisme à mesure du récit, laissant ses œuvres comme seules représentantes de ce qu'il fût, un véritable reclu artistique. La lumière et les décors reflètent parfaitement ses toiles et on s'en prend plein les yeux en extérieur ce qui contraste pleinement avec les intérieurs qu'il se refusait. L'interprétation est solide et il ne lui manque qu'une vibration de dernière minute pour laisser l'artiste vivre à travers celle-ci. La conclusion n'est que trop linéaire.
dai72
dai72

190 abonnés 2 133 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 janvier 2016
Je ne suis pas un spécialiste en peinture, ni même en cinéma. Néanmoins, je ne peux qu'avouer que ce film est beau. Beau visuellement, musicalement. Timothy Spall, l'un des acteurs favoris, excelle et nous offre une interprétation magistrale, collant bien à ce personnage bourru, torturé, "déformé". Le film, dans son ensemble, est agréable, parfois long ou ennuyeux certes !!
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 décembre 2014
Le chef op Dick Pope recrée une lumière incroyable, fidèle à celle de Turner et à son goût pour la couleur et ses contrastes. Mike Leigh nous avait cependant habitués à un cinéma plus rugueux que ce film au final très académique, en dépit de ses qualités plastiques. (...) Les 2h30 passent très lentement, suscitant d'abord l'ennui puis l'impatience devant ce film qui tourne en rond.

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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 décembre 2014
Beau sujet, une autobiographie ou un biopic comme on dit dans le cinéma. pas étonnant le prix d'interprétation masculine à Cannes ça change des Tom Cruise et cie, c'est sûr, je n'ai pas appris grand chose sur l'art pictural de Turner, mais ça c'est dans un musée ou dans un livre, sauf qu'il voulait peindre les éléments déchaînés et la lumière dans la naviguation de révolution industrielle avec une vision fantasmagorique libérée des canons usuels. J'ai appris beaucoup sur l'atmosphère de l'époque, les influences de Turner, la photographie du film est superbe et calée sur les peintures. Historiquement, on y est, pari réussi. Un peu trop long, 30 mn de moins et le tour était joué. Un film à voir, vraiment, pour ceux qui aiment les peintres du 19ème.Et quel peintre!
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 août 2020
En voilà ujn film qu'il est étonnant. Un biopic d'un ton particulier puisqu'il s'agit plutôt d'une série de tranches de vie sur les dernières années de ce peintre fabuleux. Le film se concentre sur le bonhomme, un type complexe comme beaucoup de monde, aimant la vie, curieux et sensible, mais bourru et grognon. L'interprétation de Timothy Spall est magistrale tout comme d'ailleurs celles de la gouvernante et de sa maîtresse. Quant à la photo elle est magnifique. On ne s'ennuie pas une seconde malgré le fait qu'il n'y ait pas vraiment d'histoire à proprement parler. Nonobstant quelques ellipses malheureuses et quelques outrances vers la fin (le petit théâtre, le rire des critiques) nous tenions là un chef-d'œuvre, ce n'est donc pas parfait, mais quel beau film !
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 décembre 2014
Pour ma part j'ai adoré...le film est un portrait plein d'humour (que de clins d'?il,notamment autour des tableaux retouchés ou décortiqués par l'?il du maitre)......on suit les dernières années du génie , ses relations avec d'autres peintres, ses exhibitions, ses promenades dans des paysages bucoliques et grandioses...le regard est intimiste et pétillant, les teintes sont; croiraient on d'époque.....l'homme est amoureux, devient idiot devant l'amour ou plutôt devant une servante aux grands yeux éteints .....Le portrait devient caustique......Pérégrinations en tous lieux, costumes et décors admirablement justes, le portrait du peintre et à la hauteur du peintre......Calme et profondeur, un ton léger pour se moquer du génie, de soi même, voila un film à ne pas rater, d'ailleurs chose rarissime pour une séquence d'après midi dans ce cinéma, il y a avait bien une centaine de personnes à 14H....
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 décembre 2014
"Un pareil homme, et je l'entends dans sa totalité : sa vie, ses mœurs, sa bassesse, et son aspect, avoir écrit les vers qu'il a écrits, avoir eu en lui un tel don de poésie.(...) Un tel homme, répugnant, même au physique – je me le rappelle fort bien, - avoir été ce poète ! Quel prodige." Ces lignes, écrites par Paul Léautaud dans son "Journal littéraire" à propos de Verlaine, pourraient servir à décrire le peintre William Turner (1775-1851) tel que le montre Mike Leigh dans ce film. Il suffirait de remplacer les termes ressortissant au domaine de la poésie par d'autres empruntés à celui de la peinture.
Les artistes, y compris les plus grands, n'ont parfois rien d'aimable: ni leur physique, ni leur caractère ni leurs moeurs n'autorisent à les décrire de manière sympathique. Dans le film de Mike Leigh, William Turner (formidablement interprété par Timothy Spall) semble n'être qu'un grognon et laid personnage qui, de plus, n'éprouve que mépris pour ses semblables. Rien d'attirant donc, chez un tel être, si ce n'est qu'il s'agit d'un très grand artiste, d'un peintre qui sut marquer de son génie l'art pictural anglais du XIXe siècle, bien davantage que ses contemporains, tel Constable pour qui il n'éprouvait d'ailleurs que du mépris.
Un tel portrait (celui de l'artiste, laid extérieurement, mais recelant au profond de lui des trésors de beauté) pourrait évidemment manquer singulièrement de subtilité et apparaître à la fois grossier et caricatural. Mais Mike Leigh a su échapper à ces travers: avec finesse, par petites touches, il montre que les apparences sont trompeuses et que le peintre bourru est habité par un coeur d'homme, que, sous ses airs hautains, est dissimulé une âme sensible, si sensible que, quand l'occasion s'y prête, les grognements font place aux larmes et aux sanglots d'un enfant.
Sans trop s'attarder sur les scènes spectaculaires (Turner se faisant attacher au mât d'un navire pour mieux être au coeur d'une tempête), le réalisateur nous montre un artiste voyageant, toujours à la recherche de paysages, de couleurs, de lumière, d'impressions, de beauté. Un artiste de plus en plus incompris certes (mais par des critiques, tel John Ruskin, tellement imbus d'eux-mêmes qu'ils en sont ridicules) tout en étant conscient que son oeuvre restera (c'est pourquoi il vaut mieux qu'elle demeure visible par tous plutôt que d'être vendue à un particulier).
Sous ses airs de film classique, voire académique, c'est une oeuvre tout en finesse et en subtilités que nous livre Mike Leigh. Servi par un prodigieux acteur, par des décors superbes, par des paysages, par une lumière et par une photographie qui fascinent tant ils sont en corrélation avec les toiles du peintre, ce film passionnant laisse une profonde impression d'humanité. Et l'on finit presque par éprouver de la tendresse pour ce grognon de William Turner! 8,5/10
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