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Un visiteur
1,0
Publiée le 29 avril 2015
Film lent pas d'intrigue et la fin est décevante. On parle d'un viol d'enfant et on en sait pas plus. La mort de la servante du voisin ????? Ils partent où ????
Le film de B.Jacquot a ce mérite qu'il me donne envie de lire le livre de Mirbeau dont il est tiré. Sans savoir ce que Jacquot en a retenu, ce qu'il a jugé bon d'essayer de traduire en images ou de retenir de l'intrigue pour son scénario, sans pouvoir juger si le découpage en scènes et le montage du film sont fidèles à l'esprit du livre inspirateur, j'ai apprécié la peinture de moeurs, la froide étude naturaliste de deux milieux sociaux antinomiques, et surtout la plastique remarquable de l'imagerie, magnifique. J'ai regretté par contre que les répliques des deux personnages principaux soient si souvent difficiles à comprendre. Quand elles ne sont pas délibérément marmonnées pour qu'on ne les comprenne pas (comme c'est le cas quand Célestine bougonne une insolence à sa patronne trop tyrannique) les phrases que prononcent Léa Seydoux et Vincent Lindon sont trop souvent bafouillées à la va-vite, on peine à les comprendre même en mobilisant son attention. Certes, le personnage du domestique qu'incarne Lindon est taiseux et fourbe, celui de sa complice ne manque pas non plus de rouerie ou d'hypocrisie, mais j'ai trouvé que pour le coup V.Lindon en faisait trop dans ce registre, au point qu'il semble parfois contaminer L.Seydoux. L'intérêt en pâtit, et c'est dommage, on frôlerait parfois presque l'ennui si les qualités esthétiques et l'intérêt historique du film n'étaient là pour le sauver .
Le choix de Léa Seydoux pour interpréter Célestine est parfait, et il est impossible d’imaginer une autre actrice de sa génération incarner aussi bien la hauteur et la fronde rentrée, mais toujours prêtes à convertir une moue boudeuse et insolente en révolution. Elle fait parfaitement ressentir la solitude immense de cette jeune femme projetée dans un monde cruel, brutal, sordide et ignoble. La satire généralisée est toutefois la tonalité dominante, et le ridicule des bourgeois provinciaux chez qui Célestine est envoyée est tout à fait drolatique et convaincant. Les deux comédiens jouent clairement la partition de la caricature théâtrale, dont l’outrance est contrebalancée par la sobriété de celle de Léa Seydoux et Vincent Lindon.
La limite du film est alors de rester figé entre deux eaux, ou en eau tiède. Jamais la satire ne décolle dans une surenchère assumée, tout en refusant à l’inverse l’hyperréalisme. La reconstitution de l’intérieur bourgeois des premières heures du XXème siècle est certes très réussie, grâce à cet effort fait sur les objets, bibelots, et l’influence de l’Art nouveau dans les arts décoratifs. La mise en scène, tout en mouvements de caméra trop visibles - la caméra zoome et dézoome à l’excès - dans un montage sans grande cohérence, peine à surprendre vraiment. Appliquée mais pas sublime, l’esthétique n'est pas inoubliable.
Pas terrible malgré les talents indéniables de Léa Seydoux. Ce film est un bon documentaire sur la vie des femmes de chambre au début du 20ème siècle mais la personnalité des deux personnages principaux, la femme de chambre et le jardinier, n'est pas clairement dévoilée et de ce fait on a du mal à entrer dans le film. A ce point de vue on est très loin de l'excellent film de Luis Bunuel. Un bon point cependant pour les décors d'époque remarquablement reconstitués. A déplorer la bande son, seul un quart des dialogues est audible.
De son précédent film totalement envoûtant, Benoit Jacquot nous arrive avec celui-ci qui me semble totalement plat et creux, malgré un scénario qui avait de quoi nous donner des tensions, les dialogues plutôt vide auraient dû être relevé par des images fortes, ce qui n'est pas du tout le cas,, seul la musique inspirée arrive à donner une atmosphère intéressante, ce qui n'est pas le cas du jeu d'acteur assez fade. Sans grand intérêt.
Un film à la réalisation et l'esthétique d'un téléfilm moyen. Le jeu catastrophique et en contre emploi de Léa Seydoux et le manque d'application de Vincent Lindon torpillent magistralement cette très mauvaise copie du superbe film de Luis Buñuel (qui avait bien traduit l'esprit d'Octave Mirbeau). Des esprits mondains sont trop loin de la condition sociale des petites gens pour pouvoir la retranscrire.
Le livre d'Octave Mirbeau est un chef d'œuvre, malgré les libertés qu'il prend avec le style et le contenu de ce qu'aurait écrit un diariste, et sa lecture est d'autant plus informative s'il s'agit d'une édition commentée, permettant de comprendre mieux le contexte historique et social de la France de la fin du XIXème siècle.
Hélas, cette adaptation, en plus de prendre des libertés avec l'œuvre spoiler: (Célestine ne vole pas l'argenterie des lanlaires par exemple! Elle ne couche pas non plus avec Joseph le jardinier.) ne rend pas à l'écran la profusion de détails du livre, d'abord parce que sa durée (1h30) ne le permet pas, mais également car le jeu des acteurs n'est pas à la hauteur des attentes que peuvent espérer les lecteurs. Lisez le livre, et votre imagination réalisera la meilleure des adaptations qui soient.
Un roman, deux adaptations, deux films très différents que j'ai vus à la suite. Le film de Buñuel est très daté (sorti en 1964) mais il profite d'une belle distribution avec une Jeanne Moreau impériale à sa tête. Un classique à revoir avec toujours le même plaisir. La version de Benoit Jacquot de cette année est bien sûr très différente sur tous les plans. L’histoire est la même mais la fin est totalement changée. Certaines scènes ou dialogues sont identiques, mais il se laisse regarder, je m'attendais à pire. On préfèrera tout de même la version du maître espagnol.
Une interprétation classique très élégante mais une femme de chambre qui n'a pas la sévérité d'une Jeanne Moreau. L'ensemble est intéressant mais même le rôle de Lindon est presque transparent. Petite déception
Adaptation du roman de Mirabeau, une chronique provinciale qui dresse une peinture grinçante de la condition sociale et féminine au début du XXe siècle, portée par l’interprétation rayonnante de l’insolente et (in)soumise Léa Seydoux. 3,25
Bonne adaptation du roman de Mirbeau fustigeant autant la domesticité que la bourgeoisie. Le fillm est incontestablement réussi – réalisation, photographie, décors, dialogues – tout en manquant de mordant et de punch dans la direction des acteurs. C’est peut-être très personnel, mais Léa Seydoux, certes mignonne, est troujours aussi exaspérante dans son jeu minaudant et son élocution murmurante et Vincent Lindon totalement en roue libre ! Donc un film intéressant mais qui m’a trop souvent ennuyé et agacé. Mauvais signe, j’étais content quand il fut fini !
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2,0
Publiée le 19 août 2015
L’interprétation de Lea Seydoux est solide et son personnage est beaucoup moins lisse que je ne le pensais d'ailleurs, on n'est pas loin de changer de registre pour quelque chose d'encore plus dramatique vu son comportement et les regards qu'elle jette à ses maîtres, mais bon ce n'était pas le propos. C'est un film qui se laisse regarder, mais qui manque cruellement de rythme et encore plus d'enjeux, car devant ce portrait que nous dresse le réalisateur, on reste un peu en retrait et je ne suis réellement jamais rentré dans l'histoire qui n'a pas vraiment d’intérêt puisque sans réel but.
Une bien pale adaptation du roman de Mirbeau, très fade , un peu soupe lait. Le côté sociale et rebelle de Célesitne est amoindri. Et surtout on ne retrouve pas le charme sulfureux et érotique qu'avait sut insuflé Buneul grâce à l'envoutante Jeanne Moreau, beaucoup plus perverse et maligne que Léa Seydoux , qui est pourtant plutôt bien. Mais Benoît Jacquot ne fait pas la même lecture de Mirbeau.
Sans atteindre la profondeur de la version de Buñuel, cette adaptation est de bonne facture et vaut par son montage suggestif et des seconds rôles bien croqués, de Vincent Lindon à Joséphine Derenne.