Quelle expérience étrange fût ce film. Alors bien évidemment, les productions hollywoodiennes et Universal Pictures ont diffusé une bande-annonces à gros sons de basses et d'images dantesques qui m'ont donné envie de voir Everest, mais je ne m'attendais pas spécialement à un chef-d'oeuvre, mais plutôt à un divertissement bien mené.
Autant dire que j'ai pesté pendant la première demi-heure. Bien sûr, avec un casting d'envergure et un thème d'envergure, il fallait des plans d'envergure. Et on en a, des plans du pied de l'Everest, des Alpes, parfois filmés à partir de points tout à fait insoupçonnés ! On en a tellement que les premières trente minutes ne consistent qu'à faire quasiment que de l'exposition !
C'est un choix artistique, que je ne partage pas, mais que je ne blâme pas non plus, car s'il y a une chose que l'on ne pourra reprocher à Everest, c'est sa beauté et sa faculté à impressionner et à remettre en cause nos confortables exploits quotidiens à côté de ces gars qui ont décidé de se frotter à la représentation la plus féroce de la nature.
Nous voilà donc plongés dans l'enfer (haha) et comme le dit un protagoniste dans le long-métrage :"La montagne a toujours le dernier mot".
Et nous arrivons à la force de l'oeuvre. Everest sera capable de vous surprendre jusqu'à la toute-fin, jusqu'au tout dernier plan, remettant en cause les à-prioris que vous vous serez fait de tous les personnages avant l'ascension finale, car on s'aperçoit bien vite que le tempérament de chacun n'existe plus à 8000 mètres d'altitude, bien vite devancé par un instinct de survie primaire nécessaire au bien de tous.
Là où je suis également étonné, c'est par la qualité du jeu d'acteurs. Jake Gyllenhaal ne me surprends évidemment plus, et Sam Worthington, Keira Knightley ou Josh Brolin sont fidèles à eux-mêmes, certains allant un peu trop dans le pathos, dans le larmoyant, tout en jouant les forts, mais bref. Les plus étonnants sont Jason Clarke et John Hawkes. Le premier est étonnant de finesse (cf Terminator) et dégage une telle empathie chez le spectateur qu'on sors de la salle déboussolé. Le second est juste incroyable, et on s'attache à lui dès ses premiers monologues lorsque le cauchemar n'a pas encore commencé.
Un film un peu long à démarrer donc, avec beaucoup de bons sentiments par moment, mais qui aura l'avantage d'innover de par son réalisme en comparaison des films catastrophes habituels qu'on nous parachute à la face tous les dimanches après-midi à la télévision.