Les petites Cardinal
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

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3,0
Publiée le 28 décembre 2024
Les petites Cardinal sont deux petits rats de l'opéra, prêtes à se marier, l'une, romantique, par amour pour un modeste ébéniste, l'autre, ambitieuse, jetant son dévolu sur un vieil aristocrate.
Leur histoire se déroule au moment de la Commune et, possiblement, l'auteur -Ludovic Halévy- voit dans les deux jeunes filles le choix symbolique vers la République nouvelle ou vers l'ancien régime monarchique. C'est le sentiment qui nous vient au dénouement. Peu importe en fait. Le film se regarde comme un vaudeville plaisant aux dialogues parfois caustiques, une comédie où dominent la personnalité du père Cardinal, concierge farouchement communard au début du film, et celle de l'acteur Saturnin Fabre qui, par sa haute stature et sa composition de cabot shakespearien, fait un sacré numéro.
L'adaptation de Gilles Grangier repose essentiellement sur ce personnage de fanfaron et de girouette, comme père et comme "militant politique", et sur l'interprétation baroque de Fabre. Ce dernier incarne dans la bonne humeur le sacrifice des idéaux au pragmatisme et à l'arrivisme.
Je n'oublierai pas de citer le rôle important de l'indispensable Jean Tissier en marquis italien avec l'accent ni le sourire charmant de la très méconnue Véra Norman.
AlloNabillo
AlloNabillo

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4,0
Publiée le 5 octobre 2026
Cette adaptation du roman de Ludovic Halévy, égratigne avec une ironie mordante les travers de la bourgeoisie et de l'opportunisme politique. Dans le roman, Virginie et Pauline Cardinal, "petits rats" de l’Opéra, doivent se marier avant vingt-et-un ans pour hériter de la fortune de leur grand-père. Cette contrainte n'existe pas chez Gilles Grangier, chez qui Pauline est en quête de l’amour véritable tandis que les aspirations de Virginie sont purement aristocratiques. L’ascension sociale et la satire politique sont bien présentes dans les deux œuvres. M. et Mme Cardinal sont tous deux férus de respectabilité mais terriblement sensibles à l’appât du gain, surtout le père, magistralement incarné par Saturnin Fabre, qui oriente le ton vers le vaudeville politique, en faisant du personnage paternel du concierge-politologue, en retrait dans le roman, le centre de gravité comique du film, avec des répliques truculentes : spoiler: « — Vous étiez communard. — C'était la Commune. — Vous étiez bonapartiste. — Sous l'Empire seulement. — Vous étiez royaliste. — Le roi l’était bien. — Maintenant, vous êtes républicain. — J'en ai bien le droit : nous sommes en république. »

La mise en scène fluide et élégante de Grangier capture avec légèreté l'esprit d'une époque charnière. Il est impossible de ne pas lire dans cette œuvre réjouissante, située durant le douloureux accouchement de la IIIe République, période de guerre civile et de fractures idéologiques intenses, une habile métaphore de la transition politique de la France d’après-guerre. Profondément lucide sous le rire, cette vision de la comédie humaine et politique de la fin du XIXe siècle garde toute sa pertinence au milieu du XXe. Ce plaisant vaudeville au rythme mené tambour battant est donc loin d'être une simple farce ou un simple divertissement. La ferveur politique du concierge farouchement communard fond comme neige sous le soleil des opportunités d'ascension sociale s'offrant à ses filles, dans le microcosme politique de l’Opéra de Paris, où se croisent vieille aristocratie, nouvelle bourgeoisie d'affaires et bourgeoisie montante avant de s’accoupler. Malgré les révolutions et les barricades, la structure sociale reste dictée par les mêmes règles immuables de l'argent et du statut social.
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