Le réalisateur turc et ancien ingénieur Nuri Bilge Ceylan est régulièrement présent dans la compétition cannoise depuis 1995, année où son premier court métrage, "Koza", a été le premier court-métrage turc sélectionné à Cannes. En 2003, son 3ème long métrage, "Uzak", s'est vu attribuer le Grand Prix du Jury et le Prix d'interprétation masculine. Après 2 films de très qualité mais non récompensés, "Les Climats" et "Les trois singes", il a fait partie du Jury cannois en 2009, avant d'obtenir un nouveau Grand Prix du Jury en 2011 pour "Il était une fois en Anatolie", un film absolument magnifique, à la fois très beau et très profond. 2014 le voit, à 55 ans, atteindre les sommets du cinéma avec une Palme d'Or amplement méritée et, surtout, un film qui va marquer durablement l'histoire du cinéma. A propos de "Winter Sleep", on a évoqué Bergman, on a évoqué Tchekhov. Pourquoi pas, même si on peut penser que, dorénavant, Nuri Bilge Ceylan se suffit à lui-même. Par ailleurs, on a déjà beaucoup parlé de la longueur de cette Palme d'Or et ce n'est sûrement pas terminé : 3 h 16 minutes. Et alors, si on se régale pendant 3 heures et 16 minutes, si, à la limite, on aimerait que le film dure encore davantage ! La Palme d'Or de l'an dernier durait 3 heures et on est en droit de penser qu'il y avait 90 minutes de trop. Celle ci dure 3 h 16 minutes et il n'y a pas une seconde de trop. "Winter Sleep" est un film magnifique et d'une très, très grande richesse, intellectuelle et morale. Il n'y a aucune raison que sa durée rebute quiconque aime, tout simplement, le Cinéma !