Winter Sleep
Note moyenne
3,8
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246 critiques spectateurs

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Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 janvier 2026
Palme d'or 2014 et consécration pour ce cinéaste majeur du septième art contemporain qu'est celui du turc Nuri Bilge Ceylan.

Description de la personnalité toxique d'un ancien comédien qui tient un hôtel en Cappadoce.

C'est par petites touches, que le metteur en scène nous dévoile l'intériorité de ce personnage narcissique qui utilise sa position sociale ( acquise par héritage ), sa culture et son intelligence pour user et abuser de violence émotionnelle et symbolique sur son entourage dont il pourrit, corrompt la vie.

NBC à l'image de Tchekhov nous donne à voir ce qui se cache derrière les oripeaux des apparences au travers de suites de dialogues étirés qui dévoilent un individu arrogant, qui ne connait que les relations humaines sous la forme de dominant à dominé.

Lui bien sûr s'attache à montrer aux autres, mais de façon subtile, indirecte ( il faut bien entendu que les apparences soient sauvées et entretenues ) qu'il est le maître.

Les paysages enneigés traduisent sans doute l'univers intime de ce personnage congelé de l'intérieur, incapable de ressentir ce que sont la vie et les rapports sains, de réciprocité, de respect, de bienveillance et d'honnêteté.

Certains des autres personnages ne sont pas épargnés ( la soeur, l'épouse, l'instituteur) dans leur rôle de victimes qui ne font pas respecter leurs limites.

Il faudrait alors faire revenir le feu dans leur âme ( la symbolique de la destruction de la liasse de billets ?) pour qu'ils acceptent de perdre leurs avantages économiques et fassent renaître leur dignité et par conséquent, la vie en eux.

" Winter sleep " nous montre un type intégré socialement, mais dépourvu d'intérêt humain qui ne peut pas changer, car toute remise en question lui est structurellement impossible. Son passé et les relations avec son père, suggérés, sont ( sans doute ) là où se trouve les origines de sa personnalité.

Un très grand film, que je ne me lasse pas de voir et de revoir ( comme d'ailleurs, la plupart des opus du cinéaste )
Nitnelav
Nitnelav

15 abonnés 150 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 janvier 2026
Trois heures de paysages sublimes et de dialogues interminables. Winter Sleep est un film qui adore s’écouter parler. Beaucoup. Trop. Les personnages passent leur temps à disserter, analyser, intellectualiser, jusqu’à l’épuisement.

La mise en scène est élégante, la photographie superbe, mais cela ne suffit pas à masquer un récit plombé par des échanges verbeux qui donnent parfois l’impression d’assister à un séminaire philosophique filmé. On admire, on soupire, on décroche.

Un film très sérieux, très bavard, très long. Majestueux sur la forme, éprouvant sur le fond.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 août 2025
Film fleuve qui atteint une forme de quintessence du dialogue où le réalisateur ausculte avec une précision chirurgicale les liens familiaux ainsi que les rapports dans un couple. Les silences, les regards sont aussi éloquents que les mots prononcés par des protagonistes dont l’interprétation tout en justesse et retenue impressionne.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juin 2025
Il est des œuvres qui captivent sans envoûter totalement, qui fascinent sans pour autant posséder. Winter sleep appartient à cette catégorie rare : un film d'une précision admirable, d'une ambition maîtrisée, mais dont le souffle semble parfois s'effacer dans le silence de sa propre élégance.

Nuri Bilge Ceylan orchestre ici un huis clos à ciel ouvert, où les paysages lunaires de la Cappadoce servent d’écrin à un théâtre intérieur feutré, austère, presque immobile. L’esthétique, impeccable, confine à la peinture. Le moindre plan semble pesé, réfléchi, figé dans une beauté glacée. La caméra n’observe pas, elle scrute — elle attend. Cette patience formelle impose le respect, mais elle met aussi à l’épreuve.

Aydın, protagoniste principal, figure d’un intellectuel désengagé, d’un homme cultivé et pourtant perdu, est incarné avec finesse par Haluk Bilginer. Il y a dans son regard quelque chose de las, de supérieur et de désabusé à la fois, qui incarne à merveille le centre névralgique du film : cette apathie savante qui se dissimule sous la posture du sage. Face à lui, Melisa Sözen, dans le rôle de Nihal, impose une grâce froide, une tension contenue. Elle est la faille, la friction, celle qui tente de rompre un cercle stérile. Demet Akbağ, en sœur à la fois acerbe et résignée, complète ce triangle avec une justesse troublante.

Le film pose une question essentielle, presque philosophique : que vaut la lucidité si elle ne mène à aucune action ? Les personnages, tous plus brillants que bienveillants, s’épient, se jugent, s’accusent à demi-mot, chacun enfermé dans sa solitude bien pensée. Les dialogues — nombreux, parfois vertigineux — révèlent peu à peu que l’intelligence peut devenir une prison, et que la morale n’est souvent qu’un miroir tourné vers les autres.

Mais Winter sleep porte aussi le poids de ses ambitions. À force de contempler, il se fige. À force de parler, il s’alourdit. Certaines séquences s’étendent au-delà de leur nécessité dramatique, comme si le film refusait de conclure ce qu’il amorce. L’absence de mouvement — physique, narratif, émotionnel — finit par créer une distance. On admire beaucoup, on ressent moins.

La relation entre les classes, thème central et traité avec subtilité, apporte un contrepoint précieux. Les personnages secondaires — Hidayet, l’imam Hamdi, le frère İsmail — enrichissent le tableau social sans jamais sombrer dans la caricature. Leur présence donne au récit une profondeur humaine qui équilibre les longues joutes intellectuelles de la bourgeoisie oisive.

Techniquement, la photographie est irréprochable, presque trop belle pour ne pas dominer. L’image capte la lumière hivernale comme un scalpel glisse sur la peau : avec précision, mais sans chaleur. La musique, rare, laisse toute la place au silence et aux mots — un choix cohérent, mais parfois pesant.

Winter sleep est un film impressionnant, exigeant, sincère. C’est une œuvre qui interroge, qui questionne l’inaction, la morale de salon, le pouvoir dévastateur de la lucidité sans courage. Mais c’est aussi un film qui, en voulant trop maîtriser son effet, finit par perdre une partie de sa puissance émotionnelle. On y revient avec l’esprit, plus qu’avec le cœur.

Ce n’est ni une révélation fulgurante ni un échec : c’est un sommet discret, aux contours irréguliers. Une œuvre qui s’impose par sa tenue, mais dont l’écho se dilue parfois dans le silence du paysage. Un hiver splendide, mais trop long pour ne pas laisser passer un peu de fatigue dans la contemplation.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 janvier 2025
Une fresque psychologique bergmanienne qui sonde avec finesse, la complexité de la nature humaine à travers le récit d’un couple qui se déchire.
Iloonoyeil
Iloonoyeil

88 abonnés 367 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 septembre 2024
Bonjour tout le monde, Voici une œuvre cinématographique particulièrement fouillée, précise et atypique en un lieu que Nuri Bilge Ceylan connait très bien. Nous sommes étonnés par la qualité du scénario et la profondeur quasi- psychologique et philosophique des dialogues enrichit d' une mise en scène impeccable et d'une mise en image à l' unisson des propos perspicaces ! Amicalement Gérard Michel
SAVONAC
SAVONAC

4 abonnés 93 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mai 2024
Bien sûr, la longueur du film peut rebuter... Mais, comment dire?, oubliez cet aspect, ce détail... Ici, tout est passionnant. Le réalisateur se réclame de Tchekov et de Bergman. il en a le droit, il est à la hauteur. comme dit la chanson de William Sheller: ce sont des choses humaines.
Scrutant les visages et les sentiments, Winter Sleep nous parle du vieillissement, de la solitude, de la différence d'âge, de la jalousie, de la méchanceté, de l'altruisme, de l'art, de la frustration, des vies ratées... Tout ça joué par des acteurs tout simplement sublimes. Des paysages formidables (la Cappadoce, il me semble) donnent un peu d'oxygène et de beauté dans un film qui en manque, volontairement, bien sûr. Car tout est touffu, étouffant dans cette histoire.
Quel talent pour Nuri Bilge Ceylan, réalisateur turc, Palme d'Or ô combien méritée à Cannes.
Michel C.

369 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 janvier 2024
Publiée le 9 septembre 2014 ( par Michel Crotti )
Film .. j'allais dire Fresque.... un peu long (3H 1/4) en Anatolie. De ce fait les images de ces maisons troglo sont de pures merveilles, un peu moins les aménagements intérieurs qui trahissent la pauvreté et la dureté. Le VO dans cette langue Turque implique beaucoup de "lecture" dommage. je n'aurais pas attribué la palme d'or à ce film, mais je ne faisais pas partie du jury. Les dialogues sont un tantinet fatiguants et ne sont pas hautement philosophiques comme j'ai pu lire ici ou là. Simplement un comportement des plus machos - bien courant dans ce pays (au moins) à la limite du supportable. J'ai bien failli quitter la salle (bien d'autres l'ont fait) mais la très belle Melisa Sözen (Nihal) est admirable de constance et d'abnégation a su retenir mon attention !! **
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

184 abonnés 2 626 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 février 2023
De vains dialogues émaillent les trois heures quinze de ce film aux personnages agaçants mais à la réalisation envoûtante.
Elisabethfoo73
Elisabethfoo73

31 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 décembre 2021
Je n'ai pas aimé du tout ce film. Je n'ai ai pas été touchée par les paysages ( que l'on ne voit pratiquement pas) ,ni par les personnages( qui ne tiennent que des propos oiseux et sans intérêt qui m'ont énervée ou endormie) Pourtant, j'aime la capadocce et les Turcs, mais là, aucun intérêt !!! J'ai donné le DVD !
Didier C.
Didier C.

28 abonnés 106 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 novembre 2021
Les illusions perdues des êtres humains sont concentrées ici, dans ce long-métrage (dont je n'ai pas vu passer les 3h) au cœur d'une Anatolie superbe. Ayant regardé ce film à la télé, je n'ai pas eu d'autre choix que de le voir en VF. Mais je ne le regrette pas finalement, car c'est un film aux dialogues d'une rare intensité dont la lecture des sous-titres pendant plus de 3h m'aurait été pénible je pense. Donc n'ayez pas peur de la VF, au contraire.
Clem Mp
Clem Mp

1 abonné 45 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 septembre 2021
J'ai cru mourir devant ce film nous vomissant à la figure, sans retenue aucune, des dialogues assommants de pseudo philosophie et prises de tête. Winter sleep nous plonge dans un cadre austère, en dépit des très beaux jeux de clair-obscur. Désolation et tristesse me semblent, dès lors, les maitres mots pour décrire cette abomination de 3 heures.

On ne peut reprocher à ce film de disposer de dialogues dévoilant peu à peu les personnalités et les vices de ses protagonistes. Mais, ils font clairement trop trainer le tout en longueur, en plus d'être difficilement soutenables en eux-mêmes. Dix, quinze minutes de plans fixes, resserrés sur les visages, à passer d'un opposant à l'autre, à les suivre partir dans des élucubrations ou chamailleries. C'est à se sentir agoniser et rappelle ces repas de famille qu'on fuit à tout prix parce qu'on ne supporte pas ce genre de situation. Seul celui de la femme d'Aydin avec le frère du locataire m'aura fait ressentir autre chose que de l'ennui profond et une irrépressible envie de zapper.

Loin de moi l'idée de vouloir passer sous silence les indéniables qualités de ce film. A savoir une image splendide tant en intérieur que dans les rares excursions au-dehors toutes plus inspirantes les unes que les autres. Ce serait aussi de la mauvaise foi que d'omettre ses qualités scénaristiques. Les personnages disposent tous d'une consistance certaine se révélant peu à peu au fil des dialogues et (rares) évènements. Afin de dépeindre une certaine critique de la société, je suppose, farcie d'hypocrites et de monsieur je-sais-tout alors que je sais rien.

A commencer le réalisateur de ce truc, qui, somme toute, a plus la tronche d'une pièce de théâtre interminable que d'un film. Il a voulu nous pondre quelque chose de grand, sans doute voulait-il s'éloigner des codes classiques du genre cinématographique. Il s'agirait, dès lors, de doser et se mettre un minimum à la place du spectateur. Car à moins d'être déjà friand de séries cancans à la mord moi le nœud, ces histoires de famille et voisinage se montrent tant barbantes que lassantes.
Alex Motamots
Alex Motamots

10 abonnés 387 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 août 2021
Un propriétaire terrien et sa jeune épouse peu conscients des réalités sociales de leur pays. Ils habitent pourtant une région pauvre.
Un questionnement sur le mal et commente le faire disparaître. Ne pas s’opposer au mal pour que le fautif regrette.
Des jeux de miroir pour ne pas se parler en face.
Chacun sa route sous un même toit mais mari et femme dilapident l’argent de la même façon (un cheval pour lui, un don pour elle). Pas de conscience des riches ?
Trois pièces de Tchekhov magnifiquement adapté dans un paysage de carte postale où la neige tombe peu à peu, isolant les habitants.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 31 juillet 2021
Ah...Images et lumières superbes, jeu d'acteurs ciselé et très (trop) maitrisé.....mais alors pour le reste...
-des dialogues totalement décalés par rapport à la réalité de ce que pourrait se dire un couple, une brillante dialectique de psy dans la bouche de Mr et Mme tout le monde, le Top étant le 'dialogue" hyper-long entre le frère et sa soeur, en changeant à peine des mots dignes d'une psychanalyse pour redire X fois la même chose...Que je ne m'avise pas de parler avec de telles tournures à ma femme, elle se poserait des questions...Brillant , mais çà brasse du vide en nous laissant sur du stérile dans une belle lassitude.
-Tout çà sans vraie histoire , juste pour nous dépeindre un intello raté utilisant son éloquence pour justifier son arrogance, son égoîsme profond, et surtout son désengagement de tout (mais il faut s'accrocher pour suivre...) Je note aussi le subtil mépris pour son personnel de maison, Monsieur claque doucereusement du doigt avec une belle condescendance.
Face à une soeur qui tient le même langage mais pour refléter une totale passivité une fois les arguments assénés (et tellement répétés),
Face à une épouse plus "engagée"...pour au final une veste monumentale avec son enveloppe pleine de billets et de confondante naïveté, et qui coupera les ponts malgré un mari asexué qui revient la queue basse sans prouver vraiment ses intentions de changer., Quelques scènes animales rajoutées sans vraie relation avec l"l'histoire, juste un petit parfum de "sauvage"...Voilà, le film est fini...Ah bon , c'est bien!

Bon la forme vise le "tchékovien" , le fond passe largement à côté......mais quand des gogos juristes en mal "d'intello" sont subjugués par la forme , eh ben ils donnent une palme . Je suis dur....mais j'assume.
Kadec
Kadec

1 abonné 129 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 mai 2021
Quelle est la magie de ce film ?
Je sais seulement que j'ai été totalement absorbé pendant plus de 3 heures sans qu'il ne se passe rien.
Les dialogues sont absolument parfaits : rien n'est en trop, tout est convainquant.
C'est probablement un chef d'oeuvre mais il manque tellement de choses que je ne mets que 4,5.
La Cappadoce n'est pas assez mise en valeur car il s'agit peut-être de l'endroit le plus extraordinaire sur terre mais elle l'est quand même avec efficacité.
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