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Un visiteur
3,5
Publiée le 30 septembre 2014
Trois heures, c'est long. Mais c'est le temps qu'il faut pour dénouer la personnalité de ce trio turc oisif. Une étude de caractère très poussée et intéressante sur un fond de Capadocce par tous temps : automne et hiver particulièrement. Un moment à passer comme une virée dans la vie de gens dont on perçoit les incertitudes, les défauts, les certitudes et les qualités.
L'incarnation parfaite des personnages par les acteurs, la force des visages, les dialogues existentiels, les paysages romanesques, le tout magnifié par une photographie sublime. On dirait effectivement du Tchekhov. Il a même la neige... On se laisse transporter sans bouder son plaisir.
Très très bon film. D'excellents acteurs, très bon autant sur le fond que sur la forme. On ne s'ennuie pas durant les 3h15 ouf ! Mais méritait-il vraiment la Palme d'or ? Pas sur.
Sortir d'une séance de plus de 3h à regret, avec le sentiment d'en avoir été arraché trop tôt, est incontestablement le signe d'une oeuvre magistrale. C'est ce qui m'est arrivé en allant voir WINTER SLEEP qui est définitivement un grand et beau film, prenant et envoûtant. La beauté des paysages de Cappadoce et le rythme de la langue, si étrangers à nos sens, ont bien sûr leur part dans notre dépaysement et notre fascination, mais ce serait réduire considérablement le film que de n'envisager sa réussite que sous cet angle de l'exotisme, un peu comme de juger de la qualité d'un cadeau sur la brillance de son papier d'emballage. Car, justement, et c'est bien cela qui est extraordinaire, ce film qui met à nu les âmes de trois personnages dont les préoccupations et mentalités sont si lointaines des nôtres a, en même temps, une portée universelle. En cela, nous sommes plus qu'impliqués : nous sommes touchés dans notre être profond. L'analyse des relations humaines entre Aydin, comédien à la retraite qui tient un petit hôtel, sa soeur encore traumatisée par son divorce et sa jeune et jolie épouse malheureuse est d'une grande finesse psychologique, soutenue par des dialogues que l'on sent très travaillés, au bon sens du terme. Si la neige de l'hiver contraint les hommes à rester enfermés chez eux, à se frotter les uns aux autres, elle révèle aussi douloureusement les non-dits et les blessures intimes. Chacun apparaît tel qu'on ne le soupçonnait pas. Surtout, qui est cet homme, qui, c'est vrai, détient un pouvoir sur les autres du fait se son argent ? mérite-t-il vraiment ce flot d'accusations dont sa soeur l'accable brusquement, lui crachant soudain la rancoeur qu'elle semble ne plus pouvoir retenir (remarquable la scène où elle parle alors qu'il lui tourne le dos)? est-il vraiment si égoïste et arrogant que sa jeune épouse veut bien le dire ? Ou n'est-il pas plutôt la victime de diatribes injustes (mon avis personnel) ? Quoi qu'il en soit, WINTER SLEEP laisse le spectateur avec une tristesse infinie et le sentiment que la faculté d'être heureux est un luxe qui n'est pas donné à tous. Une Palme d'or bien méritée !
J'ai passe un bon moment. Le temps passe facilement. Les thèmes abordes dans le film n'ont pas de frontière. Ça touche tout le monde. Les paysages sont attirants et en même temps triste. Je ne regrete pas d'avoir passe 3h30 sur mon fauteuil
C'est un beau voyage une fois qu'on admet le décor bien réel (et non en carton-pâte) grandiose et pourtant avec un propos terre-à-terre aussi, pas seulement métaphysique, le genre d'histoire qui nous parle. L'identification à tous les personnages fait qu'on reste accroché même quand c'est redondant, que ça patine un peu parce qu'on a compris et que le réalisateur continue d'appuyer, d'en rajouter encore une couche pour se faire plaisir. Composition des plus fines, mais en tout 3h16 d'attention requise ! Les pics de très grande intensité rachètent les creux de vague, on tient. Ensuite il vient à l'esprit que la même chose pouvait être formulée à l'aise avec une heure de moins !
Un peu lassée de ces films qui se veulent intellectuels et dont on ne saisit pas l'essentiel. Le film est incroyablement long alors que je ne retiens que 10 ou 15 mns au plus, le reste n'est que philosophie ...
Il y a des films remplies de promesses, d'attente. "Winter Sleep" faisait parti de ces films. D'autant plus que l'excitation était au rendez-vous : Palme d'Or 2014 quand même... Dans la précédente oeuvre de Ceylan : "Il était une fois en Anatolie" où l'ambiance était intuitive, sensitive et extatique avec très peu de dialogues, ce qui captivait et permettait d'apprécier les paysages de l'Anatolie avec une certaine contemplation. Il y avait beaucoup de non dits qui laissaient le spectateur libre de toute éventualité. Dans" Winter Sleep" les non dits vont justement chambouler toute l'histoire. Cela pouvait être excitant malgré le synopsis "plus film d'auteur que ça tu meurs". Mais hélas le film stagne dans des dialogues d'une longueur incroyable et une mise en scène trop pauvre. Sauf quand le réalisateur turc filme les paysages de l'Anatolie enneigée, ce qui renforce les traits des personnages plus que les têtes à têtes ennuyeux. Je retiens de ce film surtout une scène que j'ai particulièrement trouvé sublime ; la scène où le personnage principal capture un cheval qui se noie presque dans un fossé rempli d'eau. Mais ces scènes sont trop courtes et pas assez exploités. "Drôle de Palme d'Or" comme a dit un spectateur à la fin du film.
bon drame psychologique, il faut juste être au point sur le faitsu'il n'y a pas trop d'action du fait même que ce récit cela retrace des profils psychologiques, et au fait que ce film dure 3 heures! ca fait un peu long sur la fin si vous avez faim :) Intéressant de voir cette brochette de personnalités, engoncée chacune dans leur cadre de référence, chacune sure d'avoir raison sur l'autre, et qui mettent à jour les défauts des autres sans se préoccuper des leurs propres... c'est le drame de toute l'humanité ! ...
Grosse déception pour cette Palme d’Or 2014. Malgré la beauté des paysages et le côté « cosy » du film, la magie ne prend pas. Ce quasi huis-clos se résume à une enfilade de dialogues pleins de vanité et dépourvus d’empathie, où l’égoïsme et le narcissisme des personnages finissent par nous plonger dans un ennui profond. On peut aisément se permettre des micro-siestes et de multiples pauses-pipi durant ces 3h et quelques de film, sans rater de scènes intéressantes. Ce flot verbal abjecte dénature une mise en scène pourtant digne des plus grands. Dommage.
Beaucoup de bonnes choses. Film très bien joué. Un rien dépaysant. Une bonne progression dramatique. Un huis clos ou les personnages se déchirent soudainement. Mais pourquoi 3h 15 ? Résultat le film est interminablement long, alors que monté avec plus de rigueur sur 1h 30 il flirtait avec le chefs d'oeuvre. La palme d'or est incompréhensible et souligne si besoin était la distance entre une élite parisienne auto-proclamée et le public.
Un film , intelligent, fort, d'une finesse psychologique inégalée, pas de réponses absolues ! Le paysage , les visages merveilleusement filmés nous font pénétrer au coeur du monde et de l'âme humaine , sans faire le moindre effort on se laisse emporter pendant plus de trois heures grâce à une construction parfaite de la narration.
My god, que sauver ? La musique de Schubert ? très belle, mais qui plombe l'ambiance un peu plus, vu qu'aucun lyrisme à l'image n'est à souligner.... Quoi d'autre : un joli paysage au début, joli lieu de tournage - et puis, c'est tout ! une caméra quasi fixe, ne permettant pas d'accéder à une forme d'intériorité des personnages, ni même à l'évoquer vaguement. Quel est le gros problème : c'est long, long, long et vide, vide, vide : 0 sentiment, pas de souci de l'image, sauf à la considérer comme un joli décor d'arrière plan. Et pourtant, ce vide n'est pas au service d'une esthétique de l'ébauche, du fragment : on pourrait imaginer que quelques plans longs puissent suggérer des choses au spectateur, l'inviter à rêver mais pas du tout ! Tout est dit ! tout ! Pendant 1h05, on sent qu'on va traiter d'un problème de morale : le propriétaire de l'hôtel, bien que bonne plume, est-il une grosse enflûre ? on essaie de nous distiller la réponse avec une première scène où on ne sait pas, on nous met le doute vaguement car il écrit bien dans son journal, et en fait oui avec la scène de l'imam - et au cas où on n'aurait pas compris, on vient le resouligner dans un dialogue avec sa femme qui traite directement (!) du problème de morale de la participation au mal par inaction, de manière théorique et on vient le reresouligner au petit-déj, avec un verbiage assommant, un débat théorique d'un ennui mortel, avant de nous illustrer la conversation par une deuxième scène de l'imam plein de bonnes intentions... Donc, dans un film vide d'émotions (hormis musicale, mais ni émotions de jeu d'acteurs ni de mise en scène), où l'acteur principal parle avec une diction de mec sous lexomil, le spectateur ne parvient même pas à se faire une place dans ce vide car on lui donne, par les dialogues pesants, soit sous formes de débats théoriques, soit sous formes de scènes de dialogues illustratives, lui remplir le cerveau en traitant 30 fois le problème sous toutes ces formes, au cas où on n'aurait pas bien compris et très lentement, avec des trous de vide. Le réalisateur se réfère à Tchékhov ! peut-être car on dit que Tchékhov met en scène des scènes de vie quotidienne, mais Tchékhov en saisit tout le piquant et traite avec tendresse ses personnages : il pensait à ses pièces comme à des comédies. Je n'ai rien vu dans le film qui fasse penser à du Tchékhov..., ou alors de très très loin et vu avec le petit bout de la lorgnette. Sleep, certes mais pour le spectateur et toutes saisons confondues... ce n'est pas juste un jeu de mots pourri : un spectateur (soit un cinquième de la salle) s'est endormi bruyamment au bout d'à peine 10 minutes. J'ai réussi à m'occuper avec mon pop-corn 30 minutes et fait rarissime dans ma vie de spectatrice, je suis partie au bout d'1h05 (la dernière fois que j'ai quitté une salle de ciné, j'avais 13 ans devant un film avec Patrick Bruel et Mathilda May). Peut être que ça décollait au bout de 1h10 mais j'ai estimé que la probabilité que ça continue dans cette veine était trop forte et le risque de m'ennuyer ferme en étant très très agacée par la palme d'or 2014 était extrêmement forte. Xavier Dolan, I love you
Alors que l'issue de "Winter Sleep" est proche, l'un des personnages, passablement éméché, prononce cette phrase sentencieuse : "Est-ce la vie ou une mauvaise pièce ?" Ni l'un ni l'autre, juste un mauvais film, un long cauchemar blanc se déroulant dans cet hôtel d'Anatolie. La pesante vanité qui se dégage de l'ensemble est tout bonnement ahurissante, et insupportable. Jamais le temps au cinéma n'aura passé aussi lentement que pendant cette vaste et complaisante entreprise de pure destruction [...]
Suite et fin de la critique sur le blog de Pours-Culture.