Avant tout Wanda c'est une mollassonne, un boulet traîné par ceux qu'elle rencontre. Ensuite comme film c'est une fuite aux longs plans silencieux, aux dialogues furtifs et peu développés dans un décor d'une tristesse sans nom dans un style à la Bill Douglas. Enfin c'est une rencontre avec un homme franchement peu fréquentable qui lui assène: "quand on a rien, on est zéro, mieux vaut être mort". Une philosophie plutôt déprimante pour un film qui l'est aussi.
Plus proche du chef d'oeuvre que du ratage, Wanda est un film aux allures de bricole, misérable et pathétique. Il se dégage de ce road-movie un sentiment équivoque : d'une part, on se sent tout puissant en assistant à l'errance de cette femme sans caractère, qui inspire plus la pitié qu'autre chose. D'une autre part, on se sent terriblement petit face à l'humilité de Barbara Loden et à cette simplicité qui frise l'insolence ( pas la moindre trace d'un artifice quelconque ). Filmé comme un documentaire, Wanda est une oeuvre abrupte à la photographie charbonneuse, véhiculant quelque chose de trop rarement sublime : l'homme ( et en l'occurence la femme ) est bien peu de choses en ce monde écrasant, pesant et impitoyable ( je retiendrai l'image de Wanda se fondant dans la profondeur de champ d'un paysage grisonnant ). Wanda est une anonyme, l'archétype même du guignol tragique vivant par procuration, une étrangère au monde qui l'entoure. A ses côtés, Mr Dennis ( Michael Higgins est extraordinaire ) est un homme faible qui, sous des dehors antipathiques, se révèle être un personnage immature et fort peu pragmatique : un gosse en somme. Un film riche et loin d'être simpliste, assumé et touchant. Barbara Loden signe avec cette unique fiction un film atypique, véritable OVNI dans le cinéma indépendant américain des années 1970. A découvrir d'urgence.
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3,5
Publiée le 7 août 2021
Unique film de Barbara Loden, à la hauteur du culte que les cinèphiles lui voue depuis près d'un demi siècle! Une impression de dèche dans le filmage, il faut dire que "Wanda" a ètè filmè en 16 mm au dèbut des seventies avec une camèra souvent tortueuse et imprèvisible! Des instantanès inoubliables de cette femme paumèe qui part dans une errance sans but prècis, personnage qui s'arrache à quelque chose, qui se donne physiquement, un peu comme l'avait fait Anna Thomson dans le magnifique "Sue" (1998). Portrait de femme atypique, "Wanda" prend habilement les chemins dètournès du dèsespoir pour rèvèler une femme forte et insaisissable qui se soumet à certaines conventions en allant d'un endroit à un autre! On ne sait pas ce que Wanda veut au fond d'elle et en même temps on se demande si son personnage a un dèsir particulier dans la vie! Ni rebelle, ni marginale, Loden trouvait là son meilleur rôle avec une rèalisation qui a su magnifier son visage triste! Pour les initiès des errements et des faux road-movies...
Wanda est un film qui est quasiment tombé dans l'oubli, à part chez les cinéphiles, mais ça reste un film tellement difficile à se procurer (malgré les efforts d'Isabelle Huppert, on sait) qu'il est très peu vu. J'ai eu la chance de le voir et je comprends qu'ils puissent être cultes pour certains, et je pense que plein de gens aimeraient ce film. Mais pas moi. Alors bon, je l'ai trouvé pas mal, je l'ai pas détesté, loin de là. Mais ça reste vraiment pas du tout mon cinéma. Je vois bien que la réalisatrice nous montre cette jeune femme dont la vie est absolument déprimante et dont le futur s'annonce aussi peu souriant, et surtout qui n'a absolument aucune opportunité, aucun espoir de s'enfuir, et qui tout d'un coup tombe sous l'emprise d'un criminel et qui voit là sa meilleure chance de s'évader d'un quotidien absolument déprimant et sans envergure, mais moi ça ne me prend jamais, ça ne m'intéresse pas, je reste vraiment hermétique. Le film plaira à certains, mais pas à moi.
Barbara Loden, actrice, scénariste et réalisatrice, s'est investie corps et âme dans ce portrait de femme en marge de l'american way of life, en plein amoindrissement d'elle-même, en pleine désespérance, en pleine dérive psychologique. Avec peu de moyens, elle propose un film fort et douloureux, à la Cassavetes. Réalisme décadent, tableau social implacable... Une tranche de misère humaine et de solitude amère, saisie avec talent et sans concession.
Le seul film en tant que réalisatrice de Barbara Loden, alors l'épouse de l'immense cinéaste Elia Kazan et qui avait joué sous sa direction dans les deux plus beaux films de ce dernier, "Le Fleuve sauvage" et "La Fièvre dans le sang". C'est le titre de gloire que je préfère retenir d'elle... Généralement être le seul film d'un réalisateur ou d'une réalisatrice donne automatiquement de grandes chances d'être catalogué comme chef d'oeuvre même si ce n'est pas le cas (ça peut l'être aussi bien sûr, "La Nuit du chasseur" en est un superbe exemple !!!), ensuite si on choisit la photo la plus pourrie en 16 mm, la direction d'acteurs la plus approximative qui soit, l'environnement le plus sinistre pour donner l'impression d'une critique sociale, le scénario le plus vide, des personnages absolument pas creusés, là c'est sûr on a vraiment affaire un chef d'oeuvre... ou alors à un film mortellement chiant ; c'est au choix...
Wanda est un film réellement particulier car c'est sans doute le film le plus ennuyeux de l'histoire du cinéma certes ce n'est pas le plus raté mais ayant lu beaucoup de belles choses dessus j'ai été extrêmement déçu par Wanda qui dés la première seconde est ennuyeux. Du vide total mais apparemment certains croient que c'est du grand cinéma.
Wanda est une femme non conforme. Rejetée par son mari qui l'a déjà remplacée par une autre femme pour élever ses enfants, refusée à l'embauche par son employeur qui l'a trouve trop lente suite à une période d'essai. Wanda est une femme seule, résignée qui ne sait où aller. Après avoir été abusée et volée, elle tombe malencontreusement ou heureusement sur un certain Joé Dennis, vieux rustre en cavale qui se sert d'elle comme couverture et avec qui elle va faire un bout de chemin. Loin du duo clinquant de Bonnie and Clyde souvent représenté violent, téméraire et passionné ; Barbara Loden est arrivée à créer des personnages très attachants en montrant leurs faiblesses et leurs richesses. Elle fait également le constat d'une époque, pas pour autant révolue, en suivant le parcours de Wanda et en décrivant les conditions de vie d'une femme. Un road movie sensible et tout en nuances.
Un très beau film, sur l'impuissance mais aussi la liberté. La vie n'est pas simple pour Wanda, et quand nous la quittons (à regret) à la fin du film, on devine sa chute future, dans l'alcool, la prostitution (tout comme on quitte Gervaise dans le film éponyme de René Clément. Ce film est une magnifique étude psychologique, non seulement du personnage féminin joué par la réalisatrice Barbara Loden, mais aussi du petit bandit migraineux avec lequel elle fait un bout de chemin. Leur parcours commun, très loin des fantasmatiques Bonnie and Clyde, est pourtant loin d'être pathétique. On touche à l'essence de la condition humaine dans ce qu'elle a de plus beau, de plus vrai et de plus touchant.
Joyau de film indépendant. Perle unique. Blah blah, j'ai lu plein de trucs à propos de Wanda et m'attendais à quelque chose de plus... scotchant. Rien de tout cela. Le côté "aquoiboniste" de cette femme qui part en vrille totale m'a quelque peu exaspéré pour ne pas dire ennuyé et irrité. Le film a, certes, une valeur indéniable dans le paysage du cinéma tant il fait figure d'ovni mais là s'arrête mon indulgence. Peut-être suis-je passé complétement à côté?
C’est l’histoire misérabiliste de Wanda, mariée à un mineur de Pennsylvanie, dont elle a 2 enfants et qu’elle quitte pour suivre un escroc minable et macho. Pourquoi ce film, typique du film indépendant américain et à la photographie digne d’un téléfilm est-allemand ? Dans quel but ? Quel masochisme a poussé Barbara Loden à jouer Wanda, godiche et gourde qui subit les choses et se comporte comme un chien battu qui revient chez son maitre ? Un personnage difficile à défendre dans un film où personne n’est sympathique. Sans oublier la fin prévisible. D’où vient l’aura de ce film surestimé ? N’est pas Charles Laughton [avec son chef-d’œuvre, « La nuit du chasseur » (1955)] qui veut ! On est loin aussi de « Bonny et Clyde » (1967) d’Arthur Penn.
Actrice exceptionnelle, Barbara Loden (Mme Élia Kazan à la ville) signe le portrait triste et inoubliable d’une femme fragile et paumée, une exclue du rêve américain, à qui elle prête son talent et son extraordinaire sensibilité.
Petit bijou unique, fabriqué avec trois bouts de ficelles, de Barbara Loden dont la filmographie est étrangement mince... Savant mélange d'une narration à la limite du road movie et d'un fond à mon avis féministe. Pas larmoyant pour un sou, dur, amusant parfois, sans lourdeur. A voir! A restaurer aussi...
Réalisé par Barbara Loden qui fut à la ville pendant dix ans la compagne d'Elia Kazan. Ce film a la réputation d'un film maudit, pour plusieurs raisons. Il fût l'unique réalisation de son metteur en scène qui décédera de maladie à 48 ans, le film prit 6 ans avant de réunir les fonds très modeste. Réalisé avec peu de moyens, son auteur n'eut qu'une modeste carrière au cinéma. Le film est très proche dans l'univers qu'il décrit des films de Cassevetes ( une femme sous influence, notamment) et de certains films des années 70 de john Huston. C'est le portrait d'une femme perdue qui cherche désespérément l'amour et la stabilité. Elle finit par s'attacher à un gangster solitaire et peu sympathique avec elle. Leur virée dans le Middle west américain, dont le film est un peu aussi le portrait, se terminera mal. Le film trouve son acmé dans le dernier quart d'heure. Tres émouvant, tragique, mais uniquement réservé aux cinéphiles intéressés par l'introspection. Le film fût redécouvert dans les années 80 , est un peu autobiographique.