Themroc
Note moyenne
2,4
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31 critiques spectateurs

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Luuuuuuuuc
Luuuuuuuuc

26 abonnés 853 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 août 2023
« Rocthem ! »

Si le Café de la Gare, vaguement café-théâtre, essentiellement théâtre né dans les vapeurs libératrices de mai ’68, a vu plusieurs de ses membres accéder au statut de star des planches et du cinéma (Miou-Miou, Coluche, Patrick Dewaere, Gérard Depardieu, Henri Guybet, plus discrètement Romain Bouteille et, plus tard, Gérard Lanvin, Renaud ou Rufus), ce Themroc, œuvre collective dudit théâtre et portée par un Michel Piccoli, acteur éclectique auréolé de succès certains (Le Doulos, Melville, 1962 ; Le Mépris, Godard, 1963 ; Belle de Jour, Buñuel, 1967 ; L’Etau, Hitchcock, 1969 ; Les Choses de la Vie, Sautet, 1970) est avant tout un film expérimental, sans dialogue verbal mais pas muet pour autant. Les bruits du quotidien sont permanents et les personnages s’expriment, tantôt par interjections, tantôt en un sabir à peine articulé, ce qui ne freine en rien la compréhension des échanges. L’absence de musique (à l’exception de l’Internationale sifflée par un maçon/Patrick Dewaere), ajoute encore à l’hyperréalisme de l’oeuvre.

Les scènes qui se succèdent au début décrivent, comme une absurde litanie de gestes répétés jour après jour, le quotidien de Themroc, ouvrier peintre, obsédé, voyeur, incestueux, parmi de « gentils prolétaires », entourés de « gentils gardiens », de « gentils sous-directeurs », etc. Voilà pour la situation initiale (les 20 premières minutes). L’élément perturbateur concerne une injustice dont Themroc va se retrouver victime, dans un scénario qui sera vu comme fantastique mais qui tient plus de l’absurde, où le héros va pouvoir passer de la frustration à la révolte, exprimée par le passage d’une toux qui va crescendo à des cris gutturaux préhistoriques, comme une libération.

Les clichés très en vogue dans les années ’70 dans les milieux anars de gauche (Hara-Kiri, Charlie Hebdo… notons que le film sort la même année que L’An 01 d’après Gébé) sont bien présents (militaire frustré qui se défoule sur un jeune chevelu innocent, CRS imbéciles, sous-directeurs arbitraires, policier qui cogne sur sa femme, d’autres qui cognent sur un Arabe à vélo… d’ailleurs) auxquels le film répond par la transgression de toute une série de tabous civilisationnels spoiler: (l’inceste frère-sœur, le mari cocu mais content, le militaire qui se fait gifler par le rebelle, la nudité publique et le sexe décomplexé, la destruction des meubles et des lieux de vie, le cannibalisme), ce qui n’est pas sans rappeler jusqu’aux chansons de Brassens, les mots en moins, l’éloge du retour aux âges préhistoriques, décivilisés, en plus.


Si Michel Piccoli est absolument remarquable, on notera aussi la prestation de Béatrice Romand (habituée des film d’Eric Rohmer) et celle de Jeanne Herviale, éternelle petite vieille du cinéma français, dans le rôle de la maman qui traîne son sanglot intérieur et qu’on a envie de consoler. Coluche, Miou-Miou, Henri Guybet, Romain Bouteille, Patrick Dewaere, Marilù Tolo (qui, apprend-on, a inspiré Gainsbourg), Francesca Romana Coluzzi et de nombreux autres interprètes habitué·es aux rôles de figurants récurrents complètent la distribution dans des interprétations parfois multiples (ce qui déconcerte pas mal).

La réalisation de Claude Faraldo, enfin, caméra à l’épaule et plans serrés, voire décadrés, avec un scénario unilinéaire (sur un plan classique : une intrigue, un lieu, un temps) préfigure des courants artistiques plus proches de nous dont Dogma (j’ignore si Lars von Trier et Thomas Vinterberg ont jamais vu Themroc, même si le film a obtenu le prix spécial du jury et le prix d’interprétation pour Michel Piccoli au premier festival d’Avoriaz).

Enfin, film au message politique et sociétal évident, film dérangeant aussi, Themroc est également truffé d’humour et de poésie. Un film inclassable, unique en son genre, un chef d’oeuvre toujours d’actualité.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 août 2011
Alors certes, le film est naïf dans sa radicalité, il y a des longueurs, l'aspect technique est parfois torché... Mais que ça fait plaisir de voir un tel film ! Antisocial, anarchiste, refusant toute forme d'autorité, le personnage campé avec maestria par le grand Piccoli vrille totalement après avoir vécu la brimade de trop. Un film descendant directement de mai 68, touchant à des tabous plutôt copieux (inceste, anthropophagie) de manière sauvage. Une réussite, à remettre dans son contexte et à regarder avec curiosité...
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 3 avril 2008
Themroc est une étrangeté de la nature, où l'on croise un Michel Piccoli beugleur, un Coluche cannibale, ou un Patrick Dewaere partouzeur. Un délire provocateur et sale. Aussi sale que le peuvent être les films des années 70.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 31 octobre 2012
Très lent à mourir d'ennui au début pendant les 17 premières minutes.Puis, la comédie s'installe.Un peu faible.On a l’impression d'un "gentil" délire collectif avec des dialogues inexistants et c'est original.Sauf qu'on peut très vite s'en lasser.C'est mon cas.Si je le revois: ce sera certainement sous la torture !!! Presque débile à mon goût.S'ils se sont amusés à tourner ce film, je n'ai pris presque aucun plaisir à le regarder.Dans le genre zinzin ou décalé, il y a beaucoup mieux !!! Au bout d'1H11 de ce super navet, malgré un casting d'enfer, j'ai déclaré forfait.
McClane04
McClane04

6 abonnés 23 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 décembre 2024
Voila un film extrêmement particulier qui sort le spectateur de sa zone de confort et dieu que c'est agréable.
Aucun dialogue dans le film n'est intelligible, les situations se suffisent à elles-mêmes car nous comprenons parfaitement ce qui défile sous nos yeux.
Michel Piccoli livre une très belle interprétation, il nous entraine petit a petit avec lui dans sa folie et sa rage contre la société.
La 1er partie du film est pour moi la plus effrayante car elle dépeint une société mécanique, sans affects, sans un once d'humanité.
Les ouvriers semble se diriger vers l'abattoir dans le plus grand calme.
Themroc n'est clairement pas fait pour tout le monde, certaine scènes peuvent être dérangeante pour les non avertis, le film est volontairement provocateur spoiler: inceste , viol et cannibalisme sont au rendez vous.

THEMROC n'est assurément pas un grand film, et souffre de quelques longueurs mais je conseille de le voir au moins une fois afin de se faire son propre avis.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 18 février 2020
Contestataire et absurde jusqu'à l'extrême Thermoc, tourne assez rapidement en rond et fini par nous ennuyer.
Pseudofile
Pseudofile

14 abonnés 507 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 janvier 2023
Il y a des films qui ne seront jamais tout public, même sans une quelconque censure. trop expérimentaux, vindicatifs ou même trop personnels. Exemple typique avec ce 'Themroc' qui ne parlera sans doute pas à notre génération totalement aseptisée et domestiquée mais qui à l'époque de sa réalisation pouvait être compris comme une métaphore de la rébellion face au système oppressif d'une société toujours plus carcérale et pré-déterminée (on témoigne de l'avenir annoncé). Il faut faire un travail de conscience et se projeter hors des carcans pour discerner un sens aux actions de ce film hors du commun et pour ne pas juste trouver ridicule tout ce qui s'y passe. J'aime ce qui n'est pas formaté pour me déranger et qui m'interpelle sur le fond. Et bien que la fin m'ait un peu laissée sur ma faim, je ne saurais trop conseiller de le visionner au moins une fois... ne serait ce que pour se faire secouer. Et y retrouver quelques têtes bien connues au cinéma.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 octobre 2018
Ovni contestataire mais qui contrairement à ses films voisins (que sont l'an 01 ou bien les valseuses) ne connaîtra pas le succès. Et pourtant il y a à redire sur ce film ! Fait uniquement d'onomatopées et de grognements le film nous montre l'aberration de nos conditions sociales et de notre obligation à respecter les ordres.on y bouffe du flics (au sens propre du terme) et on y baise sa sœur... Et puis une pléiades de comédiens célèbres : Piccoli, Coluche, Dewaere, miou-miou.... Curieux mais intrigant et finalement assez plaisant !
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 16 février 2024
Dans le sillage protestataire de 68, Claude Faraldo signe une comédie antisociale dont le personnage central, un ouvrier d'usine abonné au métro-boulot-dodo (Michel Piccoli) refuse désormais l'aliénation au travail puis la soumission à l'Etat-policier. Quitant l'usine, présentée comme une prison avec mâtons, Themroc détruit son appartement pour en faire une tanière donnant sur une cour d'immeuble, dès lors encombrée de curieux et de CRS.
"Themroc" est un film insolite, sans dialogues autre que des borborygmes et des mugissements de bêtes qui sont un procédé stigmatisant la vacuité et l'inutilité du dialogue social ordinaire. Le personnage de Piccoli illustre, lui, une volonté régressive en réaction à un sytème social honni; il invoque, dans son antre, un retour à la primitivité. Ses attitudes, comme celles de son voisinage, sont inspirées du comportement animal.
La cour de l'immeuble, spoiler: devenue le seul décor du film,
est un théatre de mimes qu'on trouverait cocasse s'il en émanait des situations et des intentions burlesques. Malheureusement, notre curiosité pour cette dialectique étrange se dissipe vite en raison d'un scénario qui s'enlise dans la démonstration et la redondance. L'exercice de style, malgré un montage qui donne du rythme, tourne à vide, faute de variété et de relief. La présence de quelques unes des figures du Café de la Gare reste anecdotique. Leurs petits rôles fugitifs -les comédiens en tiennent plusieurs- sont plutôt ternes.
Xavier VIRELY
Xavier VIRELY

8 abonnés 108 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 février 2024
Petit film anarchiste (ou quelque chose de cet ordre), rafraîchissant dans sa naIveté et sa radicalité.

Le casting 3 étoiles est excellent. J'ai adoré les "dialogues".

Expérience à conseiller, vous saurez vite si ça peut être pour vous ou non !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 21 octobre 2016
Très lent à mourir d'ennui au début pendant les 17 premières minutes.Puis, la comédie s'installe.Un peu faible.On a l’impression d'un "gentil" délire collectif avec des dialogues inexistants et c'est original.Sauf qu'on peut très vite s'en lasser.C'est mon cas.Si je le revois: ce sera certainement sous la torture !!! Presque débile à mon goût.S'ils se sont amusés à tourner ce film, je n'ai pris presque aucun plaisir à le regarder.Dans le genre zinzin ou décalé, il y a beaucoup mieux !!!
Stéphane L.
Stéphane L.

4 abonnés 25 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 février 2025
Un film que les césariens, cléricaux et autres réactionnaires de tout poil (que l'on entend un peu trop en ce moment) ne comprendront pas. Un film anticapitaliste, anti société de consommation (on balance tout par la fenêtre), anti morale et anti bourgeoise, bien dans la lignée mai 68. Un film à la Rousseau, rappelant (mais sans convaincre) le mythe du bon sauvage. Ce n'est qu'une fable, car on se demande comment on pourrait vivre ainsi, en animal affranchi de tout. Mais cette vie de sauvage fait durement ressortir, par contraste, notre vie actuelle : celle des banlieues moches, loin de la nature et de notre nature, celle d'une vie embrigadée et soumise, grise, qui ressemble à une prison à ciel ouvert. Avec bien sur, en background, les chiens aux képis bleus qui surveillent et qui aboient (mais il suffit d'aboyer plus fort pour les faire taire aussi!). Le portrait de l'homme redevenu loup sauvage est là, non pour nous convaincre, mais pour démontrer notre vie d'homme animal convertit en chien docile. Le film ne donne pas de réponse. Il dresse le constat alarmant de notre embrigadement, encore plus fort 50 ans après.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 1 avril 2008
Un film-gag sans parole intelligible et sans musique et qui peut servir d'emblème de la contestation soixante-huitarde même si l'alternative proposée au "progrès" est celle d'une régression sauvage et cannibale.Bref,un humour réjouissant pour un vrai film de cinéma.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 12 mars 2013
Je trouve personnellement certaines critiques dures et j'invite une personne qui a mis 5 étoiles à voter une fois supplémentaire puisqu'un des critiques a mis deux fois 0,5 et son texte également est en double.
Bref, cela m'a emmené à réagir car on ne peut traiter Themroc comme La Vengeance d'une Blonde par exemple et donner la note la plus faible à ce film alors qu'il présente un intérêt sur plusieurs points.
Il est vrai que la fin est nettement insupportable et je vous avoue que j'ai été heureux de trouver le générique à ce moment là, mais n'est ce pas la force d'un grand film que de se terminer au moment où il n'intéresse plus le spectateur?
Tout d'abord, la distribution est impressionnante et permet de découvrir nombre de futurs talents (Coluche, Miou-Miou et Patrick Dewaere pour ne citer qu'eux).
Ensuite, l'aspect subversif est exploité à merveille sans jamais sombrer dans le vulgaire, et toujours sous forme de sous-entendu.
Enfin, le jeu des acteurs est tout à fait remarquable.
Il est vrai que ce film laisse un mauvais goût dans la bouche, mais n'est-ce pas le but?
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 8 octobre 2012
Très lent à mourir d'ennui au début pendant les 17 premières minutes.Puis, la comédie s'installe.Un peu faible.On a l’impression d'un "gentil" délire collectif avec des dialogues inexistants et c'est original.Sauf qu'on peut très vite s'en lasser.C'est mon cas.Si je le revois: ce sera certainement sous la torture !!!
Presque débile à mon goût.S'ils se sont amusés à tourner ce film, je n'ai pris presque aucun plaisir à le regarder.Dans le genre zinzin ou décalé, il y a beaucoup mieux !!! Au bout d'1H11 de ce super navet, malgré un casting d'enfer, j'ai déclaré forfait.
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