Plongée intimiste dans le quotidien terne et monotone d’une mère veuve au foyer, entre taches ménagères répétitives et prostitution à domicile pour subvenir à ses besoins, avant le dérèglement final glaçant. Difficile de comprendre la hype de ce film féministe et avant-gardiste certes, mais d’un ennui somnolant. 1,25
Un film radical dans son projet et extrêmement minutieux dans son exécution. Des qualités qui se retourneront facilement en défauts pour ceux qui sont allergiques aux "films-où-il-ne-se-passe-rien". Je tire mon chapeau à cette capacité de rendre, par les moyens du cinéma, les dérèglements et l’aliénation de la routine et de la solitude. Les questions muettes de l’héroïne deviennent effectivement les nôtres : quel jour est-on? Ai-je déjà vécu ce moment? Depuis quand les patates cuisent-elles? Ai-je bien refermé le couvercle? Qu’est-ce que je faisais juste avant d’être interrompu? Etc. Mais en même temps, me sentant assez familier de ce genre de légers vertiges ou pertes passagères du sens de la chronologie et de la réalité, je n’ai pas eu l’impression de vivre une expérience inédite, mais bien de regarder un film-où-il-ne-se-passe-rien. Sauf la fin bien sûr, mais elle était quand même un peu prévisible.
Je suis passé à côté. Je me suis jamais autant ennuyer devant un film. Étant un adepte de cinéma je me devais d'aller au bout mais quel supplice. C'est vraiment de la propagande d'intellectuels de chez Télérama qui y trouveront je ne sais quel critique du monde actuel et de la condition de la femme veuve des années 70 . Mais je prend une caméra et je filme pendant 48h chez des connaissances et j'obtiens la même chose. C'est n'importe quoi, comme disait Gabin premièrement une bonne histoire, deuxièmement une bonne histoire et troisièmement...
Grrrrr.... Pour quelle raison le spectateur doit subir ce supplice de Tantale : L'un des charmes de Madame Delphine Seyrig, si ce n'est le principal, était était son timbre de voix magnifié par une diction particulière. Là on a droit à pas plus d'une dizaine de phrases sortie de sa bouche. Mais s'il n'y avait que ça ! Qu'est-ce qui justifie le superlatif de "meilleur film de tous les temps" ? Ah oui, on a oublié de lui attribuer le César et l'Oscar du film le plus triste, désespéré, pessimiste, et si je peux me permettre, ennuyant. Pourquoi l'élongation sans fin de scènes de la vie courante, répétées au cas où on ne les aurait pas comprises (lavage de vaisselle interminable, nettoyage des chaussures du fils de l'héroïne). À noter une erreur de mise en scène : la brosse à vaisselle accrochée à côté de l'évier, quelle catastrophe pour cette femme si parfaitement propre et ordonnée, si la dite brosse s'égoutte par terre ! Cette démonstration de la ménagère parfaite telle qu'édictée dans un manuel des années 50 pouvait être intéressante avec 45 minutes de moins. Heureusement cela n'a pas détruit mon affection pour Delphine Seyrig, je pense à Peau d'âne ou à Les lêvres rouges pour me consoler.
Ce film est bien plus qu'un enchaînement de plans fixes sur de l'épluchage de pommes de terre ou de repas silencieux. C'est un chef d'œuvre sur la condition d'une femme dans sa banalité et sa gravité la plus profonde, avec des scènes remplies d'émotions parfois les plus indicibles et qui maintiennent le spectateur en tension tout au long du film. La fin est magistrale.
Faut être franchement maso pour regarder ce film jusqu'au bout. Un chef d'œuvre d'ennui certainement. Personnellement, je n'y ai vu aucun intérêt. J'ai vu et aidé ma mère à éplucher les légumes, j'ai vu et aider ma mère à faire les courses, la vaisselle mais elle avait d'autres occupations en dehors du travail à la maison, un très grand jardin. Pas besoin de nous répéter les mêmes scènes pendant 3 h . J'ai craqué et zappé.
Exercice de style difficile, plans longs, film long (3h18!), dialogues réduits au minimum, sobriété des images... On est en droit de s'attendre au pire. Mais "Jeanne Dielman..." est considéré comme le chef-d'oeuvre de Chantal Akerman, alors... Assez rapidement, pour peu qu'on ne soit pas totalement hermétique à une oeuvre de cinéma peignant l'immuable quotidien d'une femme et son fils dans le Bruxelles des années soixante, on est saisi, captivé, fasciné même, par cette histoire ; le charme de Delphine Seyrig y est bien sûr pour beaucoup... Hélas, trois fois hélas, la fin du film rappelle qu'il s'agit d'un film féministe et qu'en toute bonne logique, il faut éliminer l'ennemi, l'homme, bien sûr, le tuer, pour trouver la tranquillité. Cette cruauté inutile et idéologique sabote stupidement un film qui aurait pu être une oeuvre majeure et annonce le sadisme d'un "Basic instinct", vingt ans plus tard!
Un des films les plus faibles que j'aie vu. La réalisatrice veut filmer l'ennui, la monotonie de la vie d'une femme dépressive, et elle y parvient très bien. 3h20 de plans fixes, quasiment sans dialogue. Il ne se passe rien. Juste des jours qui se suivent et se ressemblent. À ce compte, elle aurait pu filmer en temps réel : une journée de 16 heures du lever au coucher, en plan séquence. Pourquoi s'arrêter à 3h20 quand on peut faire 16 heures ? Si vous trouvez que chez Bresson, il y a trop d'action, regardez donc Jeanne Dielman, d'Akerman ! Après ça, ouvrez la fenêtre, regardez la beauté du monde, et laissez la tristesse aux grincheux : la vie est belle !
Les meilleures trois heures et dix-huit minutes de ma vie. Chantal Akerman a créé un film très puissant et Delphine Seyrig est l'actrice parfaite pour incarner le personnage de Jeanne.
je mets cette note car je ne sais pas trop quoi en penser. je peux comprendre l'importance de ce film qui est proche d'un documentaire, d'un état des lieux de la condition féminine à un instant T, mais l'objet cinématographique est insupportable, d'ailleurs cela veut dire que le rejet de cette vie présentée, est bien réel!
Voilà un film pas banal et je peux comprendre qu’il en ait déconcerté certains… Pour ma part je suis assez friande de ces ambiances 70’ que j’ai forcément connu mais avec un regard très jeune à l’époque. Maman, veuve au foyer, tient son intérieur à la perfection, fait les courses, à manger, fait les lits, tricote un pull-over, s’occupe du linge et son fils (probablement lycéen) n’y trouve rien à redire. Les après-midis, suite à une visite dans la chambre tout au fond du couloir, l’argent récolté est mis dans la soupière de la salle à manger. On ne manque de rien. Le soir atmosphère sage et studieuse lors du repas puis écoute de la radio, musiques et chansons d'amour, banal en somme. Mais quel est ce "bip" étrange à la nuit tombée, à quoi correspond-il et quid de ces virées nocturnes dont on ne perçoit presque rien… mais auxquelles on repense à la fin du film en vue de chercher/trouver une explication. De plus, le fils quasi mutique pendant le repas a le besoin d’avoir une conversation juste au moment du coucher… Comme (effectivement) il semble se passer peu de choses, le moindre détail a son importance et nous incite à continuer à scruter cette intimité en vue de réunir les pièces du puzzle. Les occupations et tâches ménagères si bien exécutées deviennent peu à peu compulsives, voire chaotiques jusqu’au dénouement final. Quelle interprétation donner ? Y en a t’il plusieurs ? Mère dévouée ou abusive ? Veuve éplorée ou libérée ? Dominatrice ou abusée ? Aliénante ou aliénée ?
C'est un objet filmique assez unique, vraiment passionnant par sa façon de traduire la mise en scène du présent. Une femme etudié de facon anthropologique dans trois journée de sa vie, entre mystere et prosaisme. Le film traite de l'aliénation du quotidien, empechant de sentir et d'éprouver. Il y a toujours quelque chose derrière les images qu'on nous montre dans des beaux cadres soignées et emprisonnants, une forme de mystere persistant. Delphine Seyrig est belle, a un charisme fou, les variations de son jeu sont passionnants. Elle représente la femme a bien des égards, ramené a ses taches domestiques et vibrante a l'intérieur. Je ne m'y suis pas ennuyé un seul instant tout au long de ces 3 heures 13. il est toutefois parasité par quelques volontés arty, dans sa gestion des dialogues, une durée qui ne s'imposait pas et je n'aime pas le final
J'étais refroidit par les trois heures que dure ce film. J'ai donc mis longtemps avant de me lancer . Et puis j'ai lu qu'il fait partit des 10 films qu'il faut avoir vu d'âpres n une centaine de critique dans le monde.
Je confirme : c'est la grammaire du cinema d'auteur et sans rien dévoiler : une claque nous attend à la fin du film. Une claque qui résonne tellement avec 2024 alors que ce film à cinquante ans ...
Un film étrange de plus de 3 heures avec peu de dialogues. Quasiment sans paroles dans les vingt premières minutes. Chantal Ackerman filme assez pudiquement la vie d'une femme qui entre diverses activités ménagères, reçoit des messieurs contre rétribution mais sans plaisir. Il y a un côté provocateur à la filmer épluchant des pommes de terre ou essuyant sa vaisselle. Tâches ordinaires, répétitives et sans guère d'intérêt. Alors oui, regarder cela fait comprendre que c'est justement le projet de la réalisatrice que de faire sentir l'aspect routinier et sans attrait d'une ménagère élevant seule son fils adolescent.
En fait, ce film est un peu comme une installation d'art contemporain, avec son exigence formelle pas forcément accessible à tout le monde. Chantal Ackerman y propose sa vision de la femme au foyer. Vision absorbante et quasi hypnotique de l'aliénation domestique avec un personnage presque mutique, enfermé dans ses taches quotidiennes. Delphine Seyrig est entièrement au service de cette vision. Elle est formidable. Pour autant, est-ce vraiment une vision féministe ? Par son caractère épuré et minimaliste, ses plans fixes rigoureux, sa lumière un peu glauque, le film aurait presque des accents fantastiques, comme s'il redoutait quelque chose qui fait peur : la solitude. Après, mon seul problème, c'est cette durée prétentieusement longue qui clive le film comme une épreuve réellement physique. Sinon, que "Sight & Sound" désigne cette oeuvre comme "meilleur film de tous les temps", faut pas exagérer, enfin pourquoi pas... En réalité, avec cette qualification ça devient surtout : "meilleur promo de tous les temps pour un film belge". C'est déjà ça.