Jeanne Dielman 23, Quai Du Commerce, 1080 Bruxelles
Note moyenne
3,6
543 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

71 critiques spectateurs

5
17 critiques
4
14 critiques
3
11 critiques
2
10 critiques
1
7 critiques
0
12 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
SB88
SB88

35 abonnés 1 575 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 décembre 2024
Film particulièrement long où le spectateur doit être un peu endormi pour suivre. Multiples séances d’ASMR qui vont de l’attente paiement client à la confection d’un plat à base de steak. Le film n’apporte rien sinon d’être face à des banalités alors que le métier de la dame ne l’est pas.
La fin du film est tout aussi suspendue que le reste...
3/5
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 septembre 2025
Qui est le film ?
Réalisé en 1975 par Chantal Akerman, Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles s’inscrit dans une filmographie qui, dès ses débuts, a cherché à inventer de nouvelles manières de filmer le quotidien. Tourné avec un budget modeste, dans un appartement bruxellois, le film suit trois jours de la vie d’une veuve, mère d’un adolescent, qui organise sa vie autour des tâches ménagères et de rendez-vous sexuels tarifés. Mais derrière cette surface banale, le film promet une mise à nu radicale de la condition féminine.

Que cherche-t-il à dire ?
Le projet d’Akerman n’est pas de raconter une intrigue mais d’interroger un système. Que signifie « être femme » dans un espace domestique ? Comment filmer le travail invisible qui ne laisse d’ordinaire aucune trace ? En refusant la dramaturgie classique, le film déplace notre attention : il ne s’agit pas de savoir ce qui va se passer, mais d’apprendre à regarder ce qui d’ordinaire n’intéresse personne. Le film veut faire sentir que l’oppression n’est pas seulement une histoire de grands drames, mais aussi d’accumulation lente, de temps qui s’use.

Par quels moyens ?
Akerman politise le temps en refusant la compression dramatique. Là où le cinéma courant prélève le « moment significatif », Jeanne Dielman installe la lenteur comme méthode. Les longues prises neutralisent l’effet d’événement et rendent visible la somme des menues répétitions, ce que j’appelle ici la politique de la durée : montrer que l’oppression peut être lentement accumulative, non spectaculaire. Cette durée oblige à penser la violence sociale comme usure chronique plutôt que comme rupture spectaculaire.

En isolant ces gestes (plier une serviette, allumer une lampe, préparer le repas), Akerman en fait des phénomènes en soi, une matière signifiante. Ce n’est pas Jeanne qui est « expliquée » par ses gestes : ce sont les gestes qui révèlent l’ordonnancement social qui pèse sur elle.

Les cadrages fixes, frontaux, symétriques, construisent un ordre rigide. La caméra ne cherche pas à pénétrer l’intimité psychologique de Jeanne, mais à montrer l’appareil normatif qui structure son existence. La forme même du film devient instrument de dévoilement.

Tout le film est traversé par la question du travail reproductif. Jeanne accomplit une masse de tâches invisibles qui assurent la survie du foyer. Le film comptabilise ce temps, en montre la lourdeur, et met en évidence son absence de reconnaissance sociale.

Les rendez-vous sexuels, filmés sans emphase, sont intégrés dans la même routine que la cuisine ou le ménage. Pas de rupture de ton : ce qui est socialement caché est présenté comme un travail parmi d’autres. Le corps de Jeanne devient surface de transaction où survie économique et respectabilité publique se heurtent.

Akerman construit une bande-son dominée par les bruits diegétiques : l’eau qui bout, les pas dans le couloir, l’horloge qui bat. Ces sons deviennent des mesures, un métronome de la contrainte sociale. Écouter Jeanne, c’est entendre la mécanique de son enfermement. Le son, loin d’être décor, est un outil d’analyse.

Où me situer ?
Je reçois Jeanne Dielman comme une expérience à la fois fascinante et éprouvante. J’admire la radicalité avec laquelle Akerman a transformé le cinéma en machine à penser le quotidien. Peu de films parviennent à rendre visible l’invisible avec une telle rigueur. Mais cette rigueur est aussi une épreuve : le film m’a parfois placé dans une position inconfortable, par ennui et par confrontation à ma propre impatience. Ce n’est pas un défaut du film mais une partie intégrante de son projet.

Quelle lecture en tirer ?
Jeanne Dielman n’est pas un film qui se regarde pour « l’histoire » qu’il raconte, mais pour l’expérience qu’il impose. Akerman a inventé un langage cinématographique capable de transformer des minutes banales en révélateur politique. Le film nous apprend que le travail domestique, les répétitions quotidiennes, les gestes invisibles sont des lieux où se joue le social. Sa puissance réside dans cette exigence : nous forcer à regarder autrement, à accepter que la politique se niche dans la cuisine, dans la vaisselle, dans le temps qui s’étire.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 janvier 2025
La première demi-heure m’a laissé augurer d’un film important. Dans un style très personnel (utilisation exclusive du plan fixe, absence de musique d’accompagnement, ponctuation des scènes par les éclairages des pièces par le seul actionnement des interrupteurs), austère, « Bressonien », Chantal Akerman fait ressentir profondément au spectateur le quotidien de Jeanne, femme seule qui organise sa vie autour de son fils Sylvain. Avec son côté terrible, montré avec distance et pudeur. Les scènes qui s’étirent ont une justification, comme celle de la toilette puis du nettoyage de la baignoire, tant il est important pour elle d’effacer certaines traces, ou celle du repas quotidien, plombé par le vide de communication. Malheureusement, dans le même rythme et le même style, la suite devient ennuyeuse, car la répétition de scènes très longues et identiques n’apporte plus rien à la perception ou à la compréhension du spectateur. Le film en devient éprouvant, et nombreux doivent être ceux qui, comme moi, pour tromper l’ennui et faire passer le temps, en viennent à compter les assiettes dans la scène ou, de dos, Jeanne fait sa vaisselle. Le parti-pris jusqu’au boutiste de la cinéaste, qui touche à l’expérimental, atteint sa limite. De surcroît le dénouement arrive comme un cheveu sur la soupe, n’étant pas compatible avec la préoccupation constante et le dévouement total porté par Jeanne à son fils. Le film a été désigné en 2022 « meilleur film de tous les temps » par la revue de cinéma Anglaise « Sight and Sound » ce qui paraît extrêmement étonnant. On peut y voir une décision « dans l’air du temps », puisque, tourné en 1975, il en était bien loin, voire absent, dans les classements précédents (qui interviennent tous les 10 ans).
bbd 0
bbd 0

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 novembre 2024
Ce film est vertigineux,
par la vacuité terrifiante du quotidien qui se télescope à une fugace lueur d'absolu.
Un bon résumé de la condition humaine.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 6 décembre 2021
Un film très particulier, expérimental, où nous est détaillée à l’aide de plans fixes et quasiment en temps réel (20 minutes pour faire le café) la vie d’une ménagère-veuve apparemment plan-plan, mais obligée de se prostituer pour survivre et nourrir son fils. Et on attend trois heures que quelque chose arrive… Et ce quelque chose arrive et explique beaucoup d’autres choses. Un film trop long mais pas sans intérêt… et une expérience à ne pas renouveler trop souvent!
guillebotis
guillebotis

4 abonnés 87 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2024
Attention, le visionnage de ce film risque de hanter longtemps le spectateur piégé dans la poisse de ce drame presque ordinaire des années 70. Oeuvre maudite et hypnotisante de Chantal Akerman
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 février 2025
C’est très très très lent avec une monotone suite de scènes de la vie quotidienne. Le fils un peu neuneu et ingrat n’arrange rien. La chute est évidemment spectaculaire et contraste avec le reste du film. Mais on aurait pu couper une heure de film.
Sand
Sand

1 abonné 34 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 novembre 2024
Franchement je ne sais trop quoi en penser. Pourquoi rédiger une critique, alors, me direz-vous ? Et bien ne pas savoir quoi en penser et déjà en soit un avis...
Je me dis qu'il faudrait peut-être le voir sur 3 jours 樂
En quelque sorte on tient là les prémisses du "Loft", intrusion avec voyeurisme dans cette morne vie.
Le côté fascinant quelque part me fait mettre un 3.
Mais meilleur film du monde ??
ewan_carlier
ewan_carlier

68 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 février 2026
3h20. Durée d'un film qui pousse dans un degré jamais atteint le réalisme du quotidien d'une personne, dépassée par le temps qui passe et la redondance de sa solitude. Pas un seul plan en mouvement. Seulement de la fixité, du silence, et le poids lourd d'un mental en chute libre parfaitement retranscrit. 
Grand, grand film.
Liam Terrisse
Liam Terrisse

5 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 décembre 2024
Je comprends pourquoi ce film est considéré comme un chef d'œuvre. Le thème est fort, et l'ambiance pesante, mais c'est exactement ce qu'il faut pour transmettre avec justesse la monotonie de la vie de Jeanne Dielman, qui malheureusement n'est pas fictive pour certaines femmes. C'est une représentation du conditionnement sociétal de la femme dans les années 70, (moins d'actualité aujourd'hui certes, mais pas encore tout à fait absent) un conditionnement qui amène à faire les même tâches en boucle sans réfléchir, à satisfaire ses convives, se taire et se plier aux attentes de la société, tout en observant au loin le vide et la tristesse de sa vie. L'image est fade à l'image de la vie de Dielman, et l'atmosphère est très lourde, voir étouffante, avec très peu de dialogues et d'actions ce ne sont les taches repetitive quotidiennes.

Bon...j'aime beaucoup le message du film mais j'avoue avoir été ennuyé au bout de 1h de visionnage. Ce qui en soit est le but, car le film veut montrer l'ennui et la tristesse de la vie de la protagoniste. Mais même si c'est le but, c'est une sensation vraiment lourde qui, pour moi, est un peu désagréable. Je dirais que ce film est expérience plus qu'un film, une expérience qui n'est pas facile a vivre autant pour le spectateur que pour l'héroïne. Surement que c'est ce que veut le film, auquel cas il est tres efficace. J'ai beaucoup aimé les 5 dernières minutes du film, malgré le retournement de situation certes intéressant mais plutôt prévisible.

Au final, je mets 3 étoiles, bien que j'aurais aimé mettre plus ; le concept en vaut 5 pour être honnête, mais mon ressenti personnel durant le film, en terme d'appréciation et d'investissement, en vaut 3.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mai 2026
Assurément Chantal Akerman réussit à nous faire ressentir la monotonie démoralisante de la vie terne de son héroïne, vouée aux discussions creuses avec les commerçants, à une vie de ménagère réglée avec rigorisme, à des relations dépourvues d'affect, qu'il s'agisse de ses clients ou même de son fils dont les tentatives de communication se heurtent aux impératifs de régularité de sa mère éteinte. Ainsi, la mise en scène par son âpreté renforce la froideur de la vie de Jeanne, dans un temps réel dont la radicalité renvoie au dernier geste de la protagoniste - désormais consciente de la vacuité de son existence ou de son incapacité à s'en extraire? Cependant, ce choix renie l'essence même du septième art qui doit savoir retranscrire les sentiments ou les pensées en se permettant des ellipses, des résumés, des effets. Ainsi, on subit davantage une expérience (fort désagréable) qu'on ne visionne du cinéma. Eprouvant.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse