Jeanne Dielman 23, Quai Du Commerce, 1080 Bruxelles
Note moyenne
3,6
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73 critiques spectateurs

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HASTENEP
HASTENEP

14 abonnés 86 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 novembre 2024
J'étais refroidit par les trois heures que dure ce film.
J'ai donc mis longtemps avant de me lancer . Et puis j'ai lu qu'il fait partit des 10 films qu'il faut avoir vu d'âpres n une centaine de critique dans le monde.

Je confirme : c'est la grammaire du cinema d'auteur et sans rien dévoiler : une claque nous attend à la fin du film. Une claque qui résonne tellement avec 2024 alors que ce film à cinquante ans ...
Michel Helouin
Michel Helouin

2 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 novembre 2024
Grrrrr....
Pour quelle raison le spectateur doit subir ce supplice de Tantale : L'un des charmes de Madame Delphine Seyrig, si ce n'est le principal,  était était son timbre de voix magnifié par une diction particulière. Là on a droit à pas plus d'une dizaine de phrases sortie de sa bouche.
Mais s'il n'y avait que ça ! Qu'est-ce qui justifie le superlatif de "meilleur film de tous les temps" ? Ah oui, on a oublié de lui attribuer le César et l'Oscar du film le plus triste, désespéré, pessimiste, et si je peux me permettre, ennuyant.
Pourquoi l'élongation sans fin de scènes de la vie courante, répétées au cas où on ne les aurait pas comprises (lavage de vaisselle interminable, nettoyage des chaussures du fils de l'héroïne). À noter une erreur de mise en scène : la brosse à vaisselle accrochée à côté de l'évier, quelle catastrophe pour cette femme si parfaitement propre et ordonnée, si la dite brosse s'égoutte par terre !
Cette démonstration de la ménagère parfaite telle qu'édictée dans un manuel des années 50 pouvait être intéressante avec 45 minutes de moins.
Heureusement cela n'a pas détruit mon affection pour Delphine Seyrig, je pense à Peau d'âne ou à Les lêvres rouges pour me consoler.
labadens
labadens

28 abonnés 253 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 28 novembre 2024
J ' attribuerai un César de la meilleure bande-son à l' équipe de post-synchro pour ce film : ils ont du avoir fort à faire pour le bruitage du quotidien de Jeanne !
" Jeanne etç..." s' inscrit dans le cinéma dit " hyperréaliste " dont la figure de proue reste " La maman et la putain." , les dialogues en moins . Ce genre a fait florès au début des années 70.
J' y vois un avantage : vous pouvez vaquer à d ' autres activités, celles d ' une vie normale, durant sa diffusion : vous brosser les dents , occuper les W-C , etç ... sans pour autant perdre le fil du récit.
Je ne m' attendais pas à un film de divertissement, entendons-nous bien ! Toutefois, je suis allé au delà de la deuxième heure , après la séance d' épluchage des patates.
Ce qui s'est passé ensuite pour Jeanne ? Mais je m' en contrefiche !
Tout ça pour ça ? Oui, tout ça pour ça !
Les cinéphiles peuvent se délecter de ce type d' oeuvre , et grand bien leurs fassent !
Mais je ne dois pas être cinéphile alors ...
Yetcha

1 095 abonnés 4 772 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 28 novembre 2024
Bon... Je ne dois pas être le cinéphile averti que je me targue d'être de temps à autre. Là franchement on s'ennuie à mourir. J'ai saisi la volonté des tâches répétitives qui veulent emporter le spectateurs dans l'ennui qui caractérise la vie de cette femme. La soumission qu'elle subit dans son quotidien en ayant visiblement accepté de la subir. Mais bon... C'est tout de même très long et c'est ce qui fait le point très noir de cette oeuvre encensée dans le milieu professionnel. Je pense que cela aurait gagné en force sur un format deux fois plus court et ne m'aurait pas autant ennuyé. A moins que cela ne soit l'objectif premier de la réalisatrice, ce que je pense. Mais bon... Je n'ai pas vraiment accroché. Je reste circonspect. Meilleur film de tout les temps devant Vertigo et Citizen Kane... Mouais, je vais plutôt revoir les deux autres.
Philippe Delbos 83
Philippe Delbos 83

6 abonnés 28 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 novembre 2024
Il existe plusieurs sortes de films datant de 50 ans : ceux qui ont mal vieilli, ceux qui n'ont pas pris une ride, et, comme ici, et c'est rare, ceux qui se sont bonifiés. J'adore cette façon de tourner de l'époque : de long plans fixes, des paroles rares, et un bruitage souvent sans musique. 3 journées consécutives dans la vie de Jeanne Dielman (Delphine Seyrig), veuve depuis 10 ans, vivant avec son fils devenant adulte, mais dont elle s'occupe comme on s'occupe d'un enfant : elle lui met le couvert, cuisine, lui cire les chaussures, l'aide à faire son lit, etc... Bref, comme elle dit à une connaissance, "heureusement que je l'ai", ce qui sonne volontairement totalement faux. Elle lui donne aussi de l'argent de poche, chaque matin, et plus que prévu s'il en veut plus. Pour cela, elle a un petit secret : elle se prostitue une fois par jour en semaine, chez elle, avec un client attitré par jour pour les 5 jours. 3 jours (3h15 de film) pour nous montrer que sa vie est réglée comme du papier à musique. Vie plate, sans rire, sans sourire, et, à priori, même si l'on ne voit pas les 2 premières séances avec ses clients, sans plaisir. Journées filmées 3 fois, avec quelques petites différences, comme le goût du café qui n'est plus bon le second jour. Et puis, en fin de troisième journée, le client. Cette fois, on entre dans la chambre. Voici comment j'interprète ce que la réalisatrice, Chantal Akerman a voulu montrer : l'impensable se produit : Jeanne sent du désir monter. Elle tente alors de repousser cet homme sans y parvenir et effectivement, éprouve du plaisir. C'est pour elle impossible, elle ne le supporte pas. Ce n'est pas le but. Je ne vous raconte pas ce qui se passe alors, on ne va pas spolier 3h15 de film ! "Un corps humain ne s'achète pas" affiche aujourd'hui le mouvement du nid de Toulon sur sa page facebook.
Ce qui est vraiment passionnant, c'est de voir l'évolution des gestes de la vie quotidienne en 50 ans : je vous laisse imaginer ce qu'est devenu le "on ne lit pas à table", la façon de faire le café, par quoi est remplacée la radio, comment on achète les affaires, en particulier l'alimentation... un film sobre, pudique, très réussit. Certains parle de meilleur film de tous les temps... Un film de femmes, précurseur, annonciateur.
Alano3
Alano3

9 abonnés 22 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 novembre 2024
Vu ce soir, en 2024, la démarche d’Akermann est positive. Néanmoins le film a pris un gros coup de vieux. Ça n’empêche pas le propos et le jeu de Delphine Séring magnifique
Y Leca
Y Leca

47 abonnés 1 185 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 30 janvier 2025
Du Bresson en deux fois plus long. C'est dire...Film vide sur la vacuité d'une vie de solitude rythmée par les tâches ménagères et la prostitution domestique. Plans fixes, quasi absence de dialogues, scénario d'une minceur de papier à cigarette. Le "meilleur film de tous les temps" pour Sight and Sounds ! Pour intellectuels snobs peut-être...Seuls surnagent la beauté et le mystère de Delphine Seyrig. Bien peu pour ce film qui prend 3h15 pour accabler le spectateur d'ennui et aboutir à une scène grossièrement symbolique de la mante religieuse.
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 novembre 2024
c'est une incontestable réussite que d'avoir donné chair et émotion à une histoire pareille. La répétition des même gestes pendant 2h et demi, la rapports minimum avec ce fils laisse augurer un drame qui intervient effectivement. Tout cela crée une tension qui nous attaché à ce film. Une réussite qui sur un tel sujet constitue un exploit.
Alaska
Alaska

4 abonnés 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 novembre 2024
Excellent film évidemment pas fait pour ceux qui ne supportent pas les plans longs ou il faut un peu réfléchir et patienter... l'attente où il ne se passe"rien" vaut toute votre attention tant la fin est formidable et bouleversante.
QuelquesFilms.fr

366 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 octobre 2024
Une expérience unique, radicale, à la limite de l’expérimental. Chantal Akerman, dont c’était le troisième long-métrage après Hôtel Monterey et Je, tu, il, elle, montre dans les menus détails le quotidien d’une ménagère, capté en plans fixes, souvent en silence (il y a peu de dialogues dans le film) et en longueur de temps (3 h 20 !). Un quotidien ordonné et ritualisé de manière obsessionnelle, montré dans ce qu’il a d’ordinaire (ranger, nettoyer, faire les courses, préparer les repas…) et d’extraordinaire apparemment (se prostituer). Mais l’extraordinaire est ici complètement intégré à l’ordinaire, à l’ordre des choses, avec une maîtrise égale, placide et absolue de l’espace et du temps domestiques.
La mise en scène de Chantal Akerman et l’interprétation de Delphine Seyrig (Jeanne Dielman) sont d’une minutie incroyables, donnant naissance à un ballet domestique, petit joyau d’horlogerie gestuelle du quotidien, réglé comme du papier à musique et rythmé par les sons de la vie, amplifiés, métronomiques. Alors, bien sûr, habitués que nous sommes aux ellipses de la banalité au cinéma, il arrive que l’on se lasse au sein de séquences qui s’étirent en longueur. Mais l’acceptation de ce principe de réalité et de cette expérience du temps vaut la peine, car tout l’intérêt du film va résider, de façon minimaliste et infiniment subtile, dans la comparaison entre le premier jour du récit et les deuxième et troisième jours, et dans l’observation d’un dérèglement progressif. Une coiffure légèrement ébouriffée, une démarche moins assurée, des pommes de terre trop cuites, une robe de chambre partiellement boutonnée, de petites maladresses, des oublis, des airs rêveurs, un manque de réactivité… Le temps semble passer différemment. Le contrôle de Jeanne Dielman sur son quotidien semble se dissoudre peu à peu. Ce petit jeu de comparaison d’un jour sur l’autre, offert au regard et aux oreilles du spectateur, est assez fascinant. Et mystérieux. Que s’est-il passé dans l’intimité de la chambre, avec le client du deuxième jour, pour que tout se dérègle ensuite ? Comment expliquer le geste de Jeanne après la passe du troisième jour ?
La richesse du film est dans le trouble puissant qu’il génère et dans le champ d’interprétations qu’il ouvre. On pourrait voir dans cette histoire la révolte intime d’une femme face à des formes d’aliénation domestique et de domination masculine, la révolte féministe d’une ménagère-prostituée épuisée d’ennui routinier, de vide existentiel, de dépossession d’elle-même. Mais ça ne colle pas totalement à la réalité de ce qui est montré. Car, si la vie de Jeanne Dielman fonctionne en vase clos, si cette femme apparaît comme une prisonnière de ses habitudes, c’est une prisonnière volontaire et apparemment satisfaite de sa routine. Elle a choisi cette organisation de vie à sa convenance ; elle a choisi la prostitution plutôt que de se remarier et de devoir se « réhabituer » à quelqu’un après son veuvage. Elle ne semble pas contrainte, encore moins victime, et fait d’ailleurs son possible, dans les deuxième et troisième jours du récit, pour rétablir l’ordre qui lui échappe.
La clé, pour donner du sens au dénouement, est dans l’interprétation que l’on fait de la scène de sexe avec le client du troisième jour, mélange de sidération, de violence et de jouissance étouffées. Mélange qui laisse Jeanne hagarde et qui fait penser, comme cela a été confirmé par Chantal Akerman dans plusieurs interviews, qu’elle a connu la même situation avec le client du deuxième jour (scène non montrée à l’écran). C’est donc l’éveil violent de son plaisir sexuel qui a déstabilisé cette femme, elle qui n’avait du sexe qu’une approche anecdotique (dans le cadre conjugal) ou utilitaire (se prostituer pour assurer ensuite les besoins du foyer). En conséquence, dans le sillage de l’excellente analyse d’Alexandre Moussa sur le site Critikat, on pourrait considérer que cette « révélation » sexuelle constitue un insupportable désordre pour celle qui a fait de l’ordre son principe de vie, une terrible remise en question (ouvrant la vision de ce qu’aurait pu être sa vie en dehors du balisage aseptisé et rassurant qui a annihilé toute conscience de sa condition) et une insurmontable perte de contrôle à laquelle elle ne peut plus répondre que pulsionnellement, par un geste fatal, destructeur et autodestructeur. Au final, ce film est ainsi l’une des illustrations les plus singulières et saisissantes de la jouissance vécue comme une petite mort. Littéralement.
Iloonoyeil
Iloonoyeil

93 abonnés 367 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 septembre 2024
Bonjour tout le monde,

Chantal Ackerman enfante une œuvre cinématographique tranquillement radicale sur la condition féminine.

Jeanne Dielman vit seule avec son fils lycéen.

En ayant vu ce film , voilà ce qu'il me vient à l' esprit et que je couche sur l ' écran électronique :

- Deux cent une minutes de plans séquences, tous fixes, enchassent Jeanne Dielman dans une prison sans barreau qui est son appartement.

- Le ton sobre des rares comédiens peut évoquer le style de Robert Bresson.

- L' ' avalanche ritualisée des gestes du quotidien de Jeanne Dielman nous donne des frissons face aux aliénations quotidiennes et aux gestes répétitifs et effrayants de banalité de Jeanne Dielman.

- Delphine Seyrig, qui incarne Jeanne Dielman, est totalement juste et impressionnante de force fragile.

-Probablement , un néon vacillant bleuté donne une impression rythmée, un peu comme du " morse", sur une armoire du salon du petit meublé de Jeanne Dielman lors des plans séquences fixes nocturnes,

-201 minutes décrivent trois journées de la vie de Jeanne Dielman.

- Dehors , Jeanne Dielman ne se promène point car elle accomplit des tâches précises.

- Le métier de Jeanne Dielman se réalise et elle le subit dans ce petit appartement évidemment.

- Aucune musique ne vient polluer les sons qui découlent des gestes quotidiens de Jeanne Dielman dans son logis sobre, terne et froid.

- Les rares dialogues sont ceux, banaux, de la vie quotidienne entre sa mère et son fils, ou bien ceux de Jeanne Dielman avec ses clients qui viennent et partent , anonymes et familiers ce qui procurent une inquiétante étrangeté en voyant cela dans la salle de cinéma et avec ce "maître film"nous nous interrogeons sur nos gestes quotidiens, chez nous, ainsi que sur leurs sens réels ...........

- La" chorégraphie" des gestes de ménagère du quotidien de Jeanne Dielman nous saisit abruptement et on peut penser que Chantal Ackerman dénonce avec une simplicité intense l' aliénation, convenable et pesante, des ménagères des années 1960 / 1970 environ. Et maintenant est-ce que cela dure et perdure ?

- "Jeanne Dielman 23 , quai du commerce 1080 Bruxelles" se veut film sur la solitude subit et sordide dans sa banalité inique.

- Pour ce qui a trait à l' essentiel, les relations entre les hommes et les femmes ont- elles si fortement évoluées en une cinquantaine d' années ?

- Les bruits des gestes de Jeanne Dielman,dans son appartement - prison mentale, sont comme les bruits des machines en usine et nous pensons au film " Les temps modernes" de Charles Chaplin plus particulièrement.

- La reproduction des gestes du quotidien , jour après jour, comme une antidote résistible au temps qui s'écoule irrésistiblement , seconde après seconde...........

- Il y a un avant et un après , pour tout spectateur, après avoir vu , plus exactement reçu , ce film labyrinthe où tourne Jeanne Dielman entourée des sons familiers de son appartement.

- Les modulations et les inflections de la voix mystérieuse et singulière de Delphine Seyrig amplifient le mal être tranquille de Jeanne Dielman jusqu'à ce que ..............

- Les plans séquences en ville , où Jeanne Dielman va, sont à l' unisson des bruits secs et obsédants de ceux de son appartement.

- Presqu' aucune place pour des sons vivifiants sauf, pour une dizaine de secondes, où on entend un chant d ' oiseaux un matin ........


En somme , l' imprévu inquiétant peut naître d' une avalanche d' habitude ordinaire !

Puis nous voyons ce terrifiant plan séquence fixe où Jeanne Dielman est figée , assise chez elle et elle pense , immobile ou presque et elle .............

Chantal Ackerman signe un chef d'œuvre au rythme singulier qui touche toute personne et pose sobrement des questions essentielles et intemporelles ................

Évidemment , mon point de vue est partiel et incomplet car quelques fois des œuvres cinématographiques sont irréductibles, incroyables et incernables par des mots et cela est heureux je trouve .............Je suis très intéressé de connaître votre point de vue sur ce film essentiel de l' histoire du cinématographe.Qu' en pensez- vous ?

Amicalement.

Gérard Michel
LNKRDRN
LNKRDRN

15 abonnés 765 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 juin 2024
Un film un peu trop long pour ce qu'il est.

La mise en scène de ce film est très intéressante et la longueur des plans justifient bien son message.

Mais le film est trahit par sa longueur! Dès que nous avons comprit où il veux en venir, il devient inintéressant!

Malgré les quelques nouveauté qui s'ajoutent au fil des plans, ça reste très minime...

À voir.
Alolfer
Alolfer

191 abonnés 1 845 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juin 2024
Chantal Akerman, en un seul film, a révolutionné son genre. Sans aucun doute, ce film est parfait ! Fascinant dans par sa mise en scène unique et radicale. Durant près de 3h20, Akerman nous plonge dans une vie banale d'une femme au foyer, marquée par une profonde solitude. Il est difficile d'en dire davantage au risque de dévoiler les surprises. Au mieux, je pourrais dire que vous trouvez ce film ennuyeux, c est votre vie qu'il faut remettre en question mais pas seulement : Également, c'est la société qui nous entoure, qu'il faudrait remettre en question. Chantal Akerman, avec l'aide de son personnage principale, denonce tellement de choses, sans pour autant passer par l'excès. C est brillant en termes de mise en scène ; même révolutionnaire ! Je n'ai jamais vu un film réalisé comme ceci. Je pense sincèrement, que ce film a inspiré de grands cinéastes. Également, sa construction scenaristique est brillantissime ! Par le biais de petits détails, Le scénario de "Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles" amplifie ce côté "immersif" de la VIE. Honnêtement, on ressort de ce film bouleversé. Par le ressentiment de longueur du personnage, de la vie de cette femme. La Realisatrice laisse planer le doute à nous, spectateurs, se demandant, ce que l'on vient de regarder.Et plus on avance dans l'histoire, plus l'émotion apparaît, plus la sympathie envers ce personnage, plus on se sent comme chez soi. Un film révolutionnaire ! Et tout ce vient, non pas d'un réalisateur mais d'une realisatrice !
Anne CC
Anne CC

14 abonnés 82 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2024
Vu dans le cadre d'un ciné-club.
Une femme au foyer, veuve et son fils dans un petit appartement à Bruxelles. En huis-clos, sa routine, son rdv avec un homme au quotidien, ses gestes contrôlés puis désordonnés.
Femme qui maîtrise totalement son quotidien, sa relation avec les autres, spoiler: jusqu'à la scène finale où la perte de contrôle sur sa sexualité va la dépasser et la rendre intolérable.

Film très lent et long avec peu de dialogues qui permet de porter une attention particulière aux objets du quotidien et de s'interroger sur leur espace.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

134 abonnés 423 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 juillet 2023
La perspective de voir un film de 3h20, avec peu de dialogues et composé exclusivement de longs plans fixes sur des actions du quotidien a nécessité une certaine forme de préparation mentale, je l'avoue. Peur de trouver le temps trop long, de ne pas rentrer dedans, ou pire encore de m’endormir, mais également de voir mes attentes déçues devant une oeuvre de 1976 qui a tout de même été élue meilleur film de tous les temps par Sight & Sound, il y a peu.

Autant ne pas faire durer le suspense : je me suis pris une claque de cinéma monumentale.

Pas de sentiment d’ennui donc, j’ai au contraire été captivé de bout en bout. Avec ses faux airs de prémices de télé-réalité, c’est au contraire un film très mis en scène et qui ne se veut pas naturaliste. C’est grâce au génie de sa réalisation ultra pensée que Chantal Akerman parvient à créer une tension, un suspense, presque Hitchockien, à partir de rien, d’actions aussi banales que préparer du café, paner des escalopes de veau ou cirer des chaussures.

Totalement fasciné, comme hypnotisé par la répétition de ces actions familières, j’ai observé et détaillé chacun des gestes, essayant de comprendre à quelles lois obéissait cette routine millimétrée et de guetter le moment où elle allait nécessairement s’enrayer.

Je n'ai pu détacher mes yeux de l'écran une seule seconde, le charisme et la performance de Delphine Seyrig y étant également pour beaucoup. Elle incarne cette femme qui s'interdit tout plaisir, en s'enfermant avec aliénation dans ce modèle patriarcal, où tout doit rester sous contrôle. Jusqu’à ce que, justement, ce plaisir surgisse de manière imprévue et vienne tout dérégler, le personnage perdant alors petit à petit le contrôle. Le jeu de l’actrice devient alors vertigineux (scène d’épluchage de pommes de terre inoubliable), jusqu'à un final sidérant.

Jeanne Dielman est un film immense dont je me sens encore imprégné plusieurs jours après.

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