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Jonathan M
166 abonnés
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2,5
Publiée le 25 octobre 2014
Bande de filles se trouve des similarités avec Papa was not à Rolling Stone sorti 3 semaines plus tôt. On parle d'une même sensibilité, la cité comme terrain à part, renversant tout codes pour infliger sa loi. Le comparatif entre les deux films est intéressant dans le mesure où il l'action du "Papa was.." se passe 30ans avant le film de Céline Sciamma. On observe une quasi stagnation de la vie quotidienne, pratiquement inchangé. C'est çà la vérité du destin croisé de ces deux films. Pour Bande de filles, il faut mettre en avant une bande originale de qualité. En revanche, j'estime qu'il y a tromperie sur la marchandise au niveau du titre, étant donné qu'on se concentre sur un rôle féminin en particulier, les trois autres étant des faires-valoirs.
La réalisatrice prend un plaisir évident à accompagner son héroïne dans un préambule qui n’en finit pas. Comme si le dilemme sur le choix de sa vie, lui interdisait toute autre forme de narration. Une fois le déclic assuré, « Bande de filles » prend enfin une dimension cinématographique raisonnable, où le portrait de la jeune Marieme est magnifiquement porté par Karidja Touré, très très bien. Son histoire prend alors la juste mesure d’un environnement social habituellement « marqué » quand on parle de la banlieue. Ici la caméra s’en détache assez facilement pour mieux retenir la personnalité d’une jeune femme en quête d’espérance. Pour en savoir plus
Vraiment étrange ce film ! Habituellement j'adore ce genre de fictions très réalistes, très crues sur la jeunesse et ses égarements...et habituellement j'aime beaucoup Céline Sciamma mais là la mayonnaise ne prend pas ! Je ne saurais dire pourquoi mais je me suis ennuyé à mourir ! C'est long, lent et sans profondeur ! On ne s'attache pas aux personnages, on ne voit pas les choses basculer...on subit l'histoire et on ressort déçu ! Vraiment dommage car cela me tentait beaucoup ! Un raté !
Franchement niveau prouesse technique et bande son c'est beau et mouvementé. Puis niveau social il y a des hauts et des bas, parfois on rentre un peu dans le cliché. Les actrices sont justes dans leurs rôles mais ne sont pas extraordinaires a en crever l'écran. Et c'est peut-être ça le pbl de ce film c'est qu'il n'y a aucune fascination mis a part celle de la réalisatrice. Puis il y a un manque de rythme qui créer quelque chose de lourd et de répétitif. Malgré ses arguments assez dénigrant le film reste bon et intéressant, montrant une banlieue et des jeunes dont on ne connait pas forcément leurs trains de vie. Je finirai juste par dire que ce n'est pas du Kechiche, il n'y a pas la fascination qu'on apportait tous a Adèle.
Comme on le sait, Bande de filles encensé par les critiques marche fort aussi. Moi j'ai pas compris pourquoi on n'avait pas donné de scénario à cette joyeuse bande de ravissantes noires, et très sympas. Y a pas d'histoire, mais le film plaît beaucoup, et c'est le principal.
Détonnant, déroutant, une œuvre sur la place des femmes et Jeunes Filles en Banlieue. Mais aussi sur l'avenir que l'on transmets à ces nouvelles générations. On en sort désorienté !!! A voir .
Tout a commencé à l'UGC des halles. J'ai vu les actrices à la sortie d'une projection, je faisais la queue pour un autre film et leur bonne humeur et leur énergie sautaient aux yeux. Je me suis approché pour dire à l'une d'entre elles que, bien que n'ayant pas vu le film, leur énergie rayonnante me donnait envie d'y aller prochainement. C'est fait! Bande de filles nous montre que d'autres issues sont possibles lorsqu'on est une fille pour exister en banlieue et qu'il est possible de résister à la pression masculine. D'ailleurs, que les filles choisissent le parvis de La "Défense" n'est peut-être pas un hasard. Oui, il ne doit pas y avoir une fatalité conduisant à la soumission des filles à la loi des garçons. Non, une fille qui couche avec un garçon dont elle est amoureuse, pour lequel elle éprouve du désir, ne devient pas pour autant "une pute". Cette loi-là est ignoble et inexacte. Il y a un second versant dans ce film, c'est celui des filles entre elles, de ces puissants éclats de rires, de ces moqueries qu'elles s'infligent entre elles, mais qui, une fois les conduites de prestance exploitées, en reviennent à des manifestations de tendresse entre elles. Je n'ai pas aimé le procédé de l'écran est sans images, qui survient à plusieurs reprises. Cela donne le sentiment que l'histoire pourrait s'arrêter là. Peut-être est-ce une manière de montrer comment dans ces cités, mais ailleurs aussi, tout peut s'arrêter d'un instant à l'autre. Enfin, le collège montre clairement ses limites en refusant l'entrée au lycée pour une élève demandeuse. Quel est donc ce système scolaire, qui en fonction des résultats obtenus exclut, oriente? Un modèle intégratif, qui permettrait à qui le désire et le demande, de poursuivre même sans avoir le niveau requis gagnerait à être pensé. Evidemment, cela demanderait des moyens, de l'énergie et une volonté affirmée de donner à qui réclame de prendre... Car comment apprendre à penser,n'est-ce pas le système scolaire qui a pour mission de cultiver cette faculté? Ces jeunes filles respirent l'intelligence, mais l'apparence, la fierté de tenir tête les occupe beaucoup. Si toute cette énergie basculait dans la réflexion, elles deviendraient hautement subversives et créatrices.
Encore une fois la jeune réalisatrice nous montre l'étendu de son talent. Des plans sublimes, des actrices impeccables, des scènes bouleversantes. On regrettera cependant certaines transitions mal menées dans les tranches de vie du personnage principal.
Cela étant dit, il serait plus que dommage de rater un si bon film! Courrez vite dans les salles obscures !
J'étais assez sceptique avant d'aller voir ce film. J'avais peur que la "Thug attitude" soit surjouée, pour alimenter les fantasmes et assurer le spectacle... Il y a malheureusement 2 ou 3 scènes de ce genre au début du film pour installer les personnages (l'embrouille dans le métro, l'agression de la vendeuse, le racket de la collégienne).
En revanche une fois que la bande est constituée, on dépasse les clichés. Drôles, durs ou tristes, leurs aventures sont crédibles, m'ont rappelé certaines de mes propres expériences ou celles de copines de l'époque... Les personnages deviennent attachantes et touchantes. L'héroïne (magnifiquement interprété) est énigmatique : intelligente, elle voudrait s'en sortir, mais semble résignée à jouer avec les règles en vigueur dans le quartier. En ça elle m'a rappelé le héro du film Fresh (mais avec moins de succès).
L'apparente lenteur du film donne une certaine gravité au déroulement. Sans chercher à la justifier, on comprend l'engrenage de la violence (par exemple, le seul moment ou le grand frère est sympa avec l'héroïne, c'est lorsqu'elle fracasse la fille d'un autre quartier).
La fin est en mode "No futur", à la Boyz N the hood, on ne ressort pas spécialement optimiste ! A voir si vous êtes capable de regarder en face et sans préjugés une certaine réalité, celle du ghetto français.
Je ne peux plus... Je ne peux plus supporter ça. Cette façon de parler, fort avec ces intonations forcées ridicules, ces démarches, ce comportement agressif, tout le temps, pour rien, ces insultes gratuites alors qu'ils ne cessent de parler de respect, cette misogynie... Tout ça... Je n'en peux plus. Je ne voulais pas voir ce film car je m'attendais à cet état de fait, mais accompagnant des amis, je n'ai pas eu trop le choix. Clichés ? Oui et non car on voit tout de même tous les jours ces comportements dans la rue, insultes, démarches, parler en criant... Déjà au quotidien il faut le supporter, mais si en plus je dois le supporter dans mes loisirs cinématographiques, là rien ne va plus.
Un film de genre, de plus en plus fréquent dans le cinéma français. Le quotidien des banlieues, la place des jeunes filles dans la cité, le décrochage scolaire (quand ce n'est pas le décrochage éducatif), les trafics, la violence verbale et physique... côté filles. Surtout, aucun message d'espoir ou de futur meilleur. En ce sens ce film est tout le contraire de "Papa was not a Rolling Stone", sorti récemment sur un registre similaire. Autant ce précédent film était une ode à la promotion sociale, autant cette "Bande de filles" est une mise en scène de la planche savonneuse de la vie qui a vite fait de vous envoyer par terre si vous ne vous accrochez pas. Pour le morceau de vérité qu'il contient sans aucun doute, c'est inquiétant. Des filles originales quoique assez peu sympathiques et surtout exubérantes et affligeantes. Je parle des rôles et non pas des actrices. Un film qui peut surtout faire du mal en poussant à la généralisation trop hâtive. Par manque de contenu et de démonstration sociale poussée, le résultat cinématographique est limité et ne marquera sans doute pas son époque.
J’ai bien aimé cette façon de filmer la banlieue, c’est sans trop de chichis ou de clichés, et la mise en scène est franchement réussie également, rien que cette intro où le groupe de filles qui jacte entre dans la cité et fait silence à peine la frontière franchie, en une séquence on comprend l’intérêt du film, celui de la place de la femme dans cet environnement masculin intraitable où une jeune ado va tenter de s’y affranchir et de s’émanciper. Il y a de jolis moments, le passage sur "Diamonds" de Rihanna est superbe, tout comme d’autres qui ne cachent pas une sensibilité à fleur de peau, la photographie est également à souligner. La dernière partie du film où Marième est littéralement extirpée de toute part est cruelle et émouvante, pourtant le personnage n’est pas vraiment construit pour qu’on s’y attache, et c’est là que je trouve le film fort, on arrive à avoir de la compassion pour cette petite gangsta-girl avec sa bande de copines cabotines, au final ça reste juste des jeunes filles qui tentent d’exister dans un monde qu’elles n’ont pas voulu, c’est beau. Et les hommes ne sont pas diabolisés non plus, la réalisatrice sait faire la part des choses dans tout ce qu’elle veut raconter donc ça marche, même si après le film n’évite malheureusement pas deux-trois longueurs, enfin globalement j’ai vraiment aimé.
Comme pour Saint Laurent, le film de Céline Sciamma a été largement encensé par la critique institutionnelle, et même si je l'ai vu presque un mois avant sa sortie en salles (lors de la projection d'un film surprise du Ciné Brunch du Comoedia), j'en avais déjà pas mal entendu parler lors de sa projection à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, où il avait quand même enthousiasmé une grande majorité des festivaliers.
En fait, je me suis retrouvé avec le même problème non seulement qu'avec Saint Laurent, mais surtout qu'avec Tomboy, le précédent film de Céline Sciamma qui avait également énormément plu à la critique, et un peu moins à moi. Comme pour TomBoy, Céline Sciamma démontre dans son dernier long métrage un vrai talent de filmeur sur presque tous les plans, et cela se manifeste dès la première scène de football américain, stylisé et formidablement cadré qui fait penser au meilleur du cinéma américain.
Le film s'éloigne ainsi des carcans du naturalisme inhérent aux films de banlieue, avec une forme en totale inadéquation avec ce que l’on a l’habitude de voir pour ce type de long-métrage, par le biais d'une hyper stylisation très souvent réussie (on pense notamment à cette scène de danse sur Diamonds dont tout le monde a beaucoup parlé et qui effectivement est un vrai plaisir de spectateur).
Mais comme pour Tomboy, Bandes de filles s'avère être, à mes yeux tout du moins, plus comme un film de mise en scène que de scénario, et les belle qualités formelles et visuelles évidentes se font détriment d'un vrai scénario et de vrais personnages auxquels j'ai pu m'attacher. Le problème de Bandes de filles est que le scénario n'arrive jamais vraiment à s'affranchir des poncifs et stéréotypes des films de banlieue ( les grand frères violents et tyrans, le racket, les vols dans les supermarchés, les caids qui règnent sur le marché de la drogue), et contrairement à la Haine ou l'esquive, les deux films français de référence sur la banlieue ne propose pas de vision originale et audacieuse sur un thème que l'on (que j'ai en tout cas) beaucoup vu au cinéma tant on déjà vu ce type de portrait d’une jeune banlieusarde qui n'arrive pas à s'affranchir du déterminisme social qui la façonne.
Le film préfère se foclaiser à des moments creux de déambulation dans la cité ou dans le métro, et oublie de creuser une véritable intrigue et de véritables personnages. A part l'héroine, à qui la débutante Karidja Touré lui offre son incroyable de douceur et de détermination, le reste des personnages qui l'entoure n'existe pas vraiment et reste de simples marionnettes au service d'une intrigue qui fait du surplace.
Bref, malgré ses indéniables qualités, "Bande de filles" ne restera pas dans mes films préférés de l'année et déçoit même un brin, car on aurait vraiment espéré que le parti pris de réalisation de Céline Sciamma nous amène sur des chemins de récit moins balisés et plus étonnants.
Il n'y a pas vraiment de scénario et on ne peut même pas dire que le film soit structuré comme un documentaire.
Tout un tas de sujets sont abordés mais comme ils sont tous jetés pêle-mêle on ne sait pas où a voulu nous emmener la réalisatrice.
C'est un film sur la pauvreté intellectuelle des enfants issus de l'immigration africaine, des enfants non éduqués livrés à eux-mêmes, sur le machisme culturel récurrent au sein de ces cités, sur l'oppression des filles et jeune femmes, sur la délinquance, la violence, la haine, le refoulement, le désoeuvrement, le fatalisme ???
Le film est fade et sans saveur comme la vie de ces jeunes filles et de leur entourage.