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Miltiade
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3,0
Publiée le 21 octobre 2014
L’adolescence, l’environnement morne des cités, le choix d’une identité : le cinéma de Sciamma a déjà trouvé des thèmes de travail. La mise en scène de Céline Sciamma est toujours aussi distinguée et réfléchie : une volonté de réalisme et d’immersion qui n’est pas portée par des plans prise caméra à l’épaule mais par des plans fixes, composés, électrisés par la superbe musique de Para One. Mais la vision de « Bande de filles » provoque un léger malaise. Quelque chose cloche dans ce film, qui sonne parfois faux. Il y a un problème de distance entre Céline Sciamma et l’objet de sa mise en scène. Une ambigüité dans la démarche de l’auteur qui n’est pas dépassée par la puissance de son sujet : la faute peut-être à cette histoire volontairement classique, dont la construction trop étudiée fait parfois voler en éclats l’impression de réalisme pourtant recherchée.
J'avais beaucoup aimé Tomboy et j'attendais beaucoup de ce nouveau film de Céline Sciamma. Je n'ai pas été déçue : le film qui sort des sentiers battus m'a vraiment bousculée, me faisant passer du rire aux larmes, du stress à un sentiment de révolte. On n'y découvre la banlieue, ses codes, son langage sous un nouveau jour, ou tout du moins un nouveau regard, celui d'une jeune fille à la fois perdue, rêveuse, douce, forte, agaçante; touchante.Le film ne tombe jamais dans la caricature et n'est en rien consensuel avec cette bande de filles"attachiantes", pas si libres que ça. Les interprètes sont très bien dirigés, la jeune Karidja Touré en tête, véritable révélation du film. A voir, vraiment.
Après Naissance des pieuvres et Tomboy, l’exploration du passage de l’état de fille à celui de femme entrepris par Céline Sciamma trouve un nouveau terrain d’observation : Les files de banlieues, et en particulier celles issues de l’immigration africaine. Un terrain si peu traité par le cinéma français que, pour interpréter ses jeunes héroïnes noires, la réalisatrice a dû faire appel à des actrices non-professionnelles. Le résultat en a été si fructueux que Bandes de filles sera surtout retenu comme ayant révélé quelques jeunes comédiennes prometteuses, dont la succulente Karidja Touré. Le récit de son intégration à un groupe de filles, lui servant de ressort à son émancipation vis-à-vis aussi de son frère brutal, d’un système scolaire réducteur, mais surtout de l’influence étouffante des garçons et leur machisme agressif, s’inscrit dans une volonté de réalisme social captivant. LA façon qu’ont ses filles de s’enfermer dans des stéréotypes pour tenter d’échapper à ceux imposé par le mode de vie phallocrate du monde extérieur est tout simplement une réflexion sociologique passionnante. Grâce à l’énergie qui est dégagé par l’éclat de sa mise en scène et la vitalité de ses interprètes, cette histoire d’affranchissement par le biais de la solidarité et de l’amitié, est un grand moment de cinéma, assimilable à une version féminine d’un croisement entre Kechiche et Spike Lee. Mais, au bout d’une heure, la jeune Vic en a fini de son apprentissage de la liberté, s’est montré être une des figures fortes de la cité et a même découvert les joies de la sexualité. Dès lors, le scénario semble n’avoir plus grand-chose à raconter pour combler les 45 dernières minutes. Se met alors en place toute une histoire qui ira jusqu’à contrecarrer ce qui a précédé puisque l’héroïne va s’éloigner de ses copines pour devenir amie avec un caïd du quartier. Sans doute la réalisateur a-t-elle voulu nous démontrer qu’à trop vouloir s’émanciper on finit par se couper de tout ce qui nous est cher, mais ce pan de l’histoire aurait pu mériter un autre film car le ton lourd et l’accumulation de clichés plombent complétement les bons souvenirs de joie de vivre et d’originalité qu’avaient laissés la première moitié du film.
Un immense coup de cœur ! J'ai découvert Céline Sciamma par tout hasard avec Naissances des pieuvres son premier long métrage, je n'avais pas adhéré à cent pour cent mais il avait malgré tout réussit à capter mon attention, d'ailleurs un nouveau visionnage s'impose dans les jours à venir. Comme avec son prédécesseur, sa réalisatrice abat un travail d'orfèvre. Chaque plan est travaillé, rien n'est laisser de coté et on assiste réellement à une mise en scène de haute teneur. La manière dont est raconté cette histoire est certes assez déroutantes, parfois maladroites notamment dans sa dernière demi-heure ou le virage n'est pas forcement négocié de la meilleure des façons, mais au-delà de cet accroc l'ensemble est vivant et vivifiant. On ne tombe pas dans la caricature même si il est vrai que l'on joue des codes, rien d’obsolète dans son contenu. Les filles sont incroyables, Karidja Touré en tête, elles délivrent des prestations monumentales. On est en feu avec elles, on vit ce qu'elles vivent avec une passion et un attachement qui dans certaines séquences atteignent des sommets. La scène ou elles chantent et dansent à l'unisson sur Diamonds de Rihanna fait partie des moments les plus forts de ce long métrage qui en comptent pourtant pléthores ! Bande de Filles est un coup de force énorme !
un très beau film organique sans jugement ni psychologie, des êtres brut, des corps agressifs, une force et une énergie folle. La réalisatrice ne dénonce pas mais nous montre, elle dépasse les clichés pour donner une vision apaisée d'une bande de fille. Un film emplie de liberté et d'amertume, de solidarité et de violence. Tout est travaillé rien n'est laissé au hasard. ce film est l'image d'une lutte, une marche vers l'extérieur, sans jamais en voir la fin sans jamais en comprendre le sens.