Indéniablement, la tâche s'avère difficile quand vous vous lancez dans l'écriture de la critique d'un film qui vous a profondément ennuyé alors que tous vos voisins, manifestement, se régalaient, alors que ce film a obtenu le Prix du Jury lors du Festival de Cannes 2013, alors que vous savez pertinemment que ce film va être couvert de louanges dans tous les médias. Face à cette situation, il y a au moins 2 façons d'être malhonnête. La première consiste à essayer de se montrer le plus neutre possible, de ne pas parler de l'ennui que vous avez ressenti et des raisons objectives qui ont généré cet ennui : en résumé, s'évertuer à se nier ! La seconde consiste à écrire ce que vous pensez du film, en laissant sous silence le fait que ce film que vous n'avez pas aimé a été apprécié par la grande majorité de ceux qui l'ont vu à ce jour. En fait, la seule façon d'être honnête consiste à interpeller comme suit le lecteur : cher lecteur, le texte que vous allez lire n'engage que son auteur et il y a de fortes chances que vous ne partagiez pas son jugement si vous allez voir "Tel père, tel fils" ! Utilisez le lien pour lire le résultat ! En résumé : il y a des réalisateurs qui font de véritables pépites avec des sujets a priori sans grand intérêt, Koreeda persiste à nous proposer des monuments d'ennui à partir de sujets intéressants et forts ! Il se trouve que Koreeda, comme Yasujirō Ozu, a fait de la famille son sujet de prédilection et certains en profitent pour comparer ces 2 réalisateurs japonais. Faut-il rire de cette comparaison ou faut-il en pleurer ?
Un chef d oeuvre, le film le plus émouvant de l'année!!! Bouleversant et intelligent il aurait mérité la palme d'or. Mes enfants ont adoré aussi, le sujet est universel et kore eda est surement le plus grand cinéaste asiatique de ce siècle
Très déçue par rapport aux critiques dithyrambiques et surtout au souvenir des précédents films de Kore-Eda que j'ai presque tous vus. S'il est un magistral cinéaste de l'enfance, les enfants sont bien les seuls ici à exister. Hélas, ils sont rares à l'écran, et ce sont les parents qui sont à l'honneur, tout comme les poncifs. Les quatre parents sont incroyablement stéréotypés en tant que personnages, et plutôt mauvais acteurs cette fois-ci. Aucun rythme, aucune émotion, aucun humour n'éveille l'intérêt. Les dialogues sont d'une grande platitude. De surcroît, les péripéties du scénario sont parfaitement improbables, ce qui ne m'aurait pas dérangé si l'intérêt s'était déporté sur la forme. Un ennui profond !
Un film jamais lent subtil et sensible. Un portrait quasi universel de la paternité. Je recommande cette histoire tournée comme une fable sur amour paternel.
Beau film académique. Tout est juste, fin, intelligent et sensible. Aucune faute de goût d'où un ennui certain... et une musique au piano très convenue.
Et si, six ans après la naissance de votre enfant, vous vous rendiez compte qu’il n’est pas vraiment le vôtre ? Ryota et Midori Nonomiya découvrent un jour la terrible vérité. Leur bébé a été échangé avec un autre enfant à l’hôpital. Les deux familles vont se rencontrer, apprendre à se connaître et décider ensemble du destin qu’elles vont choisir pour leurs enfants. La première famille est une famille japonaise banale. Élevant leur enfant dans la modernité, les parents, le père surtout, sont obsédés par la réussite. La seconde est plus traditionnelle. Tout aussi aimante, mais plus dans l’accompagnement par le jeu. Le petit garçon a même un frère et une sœur. Dans les deux cas, c’est surtout le père qui définit l’éducation de l’enfant. La confrontation des deux familles a un air de l’éternel choc des classes. De la même façon que dans « Le promeneur d’oiseau » de Philippe Muyl, les propos convergent vers le fait que finalement, un enfant sera plus heureux élevé à la campagne, dans un milieu plus pauvre que dans un bel appartement en plein centre-ville. C’est un point de vue un peu simpliste, mais il reste facilement parlant à tous. Il paraît ainsi insensé de préférer la famille Nonomiya à la famille Saiki. Pourtant, c’est à travers les yeux des Nonomiya que l’on avance. Ce n’est pas qu’ils soient antipathique, c’est simplement que personne n’aimerait avoir Ryota comme père. Il est trop sévère et exigeant, trop distant avec son fils qui l’admire pourtant. La mère de Keita, elle, est bien plus nuancée. Il lui arrive d’être exigeante comme son mari, mais elle déborde constamment d’amour pour son garçon. Elle est le personnage le mieux écrit de l’histoire. « Tel père, tel fils » pose surtout la question sur la définition du lien paternel. Le père est-il celui qui partage le sang ou celui qui élève l’enfant ? C’est cette question qui soulèvera le débat. Un débat qui ne laisse pas insensible. Il n’empêche que si comme moi vous avez un avis déjà tranché sur la question, les interrogations des parents risquent fort de vous exaspérer de temps en temps. Il faudra passer par les phases d’interrogations, de week-end "d’échange d’enfant", pour arriver à un échange qui se veut permanent, ou peut-être pas d’ailleurs. Heureusement, les évènements se déroulent intelligemment et avec un bon paquet d’émotion. Le dénouement proposé par Hirokazu Kore-eda est pleinement satisfaisant. Les acteurs interprètent correctement leurs personnages, mais il est difficile d’évaluer pertinemment leur performance lorsqu’elle est accompagnée d’un doublage français exécrable. Le jeune acteur qui prête ses traits à Keita est adorable, un vrai enfant star qui pourrait aller loin. « Tel père, tel fils », Prix du jury à Cannes en 2013, est une œuvre sensible réussie. Sa force étant surtout l’écriture des personnages. Hirokazu Kore-eda excelle dans l’étude de l’enfance et des rapports familiaux, sujet déjà abordé (apparemment avec succès) dans ses films « Nobody Knows », « I wish » et d’une certaine façon, « Air Doll ».
Un film intelligent et maîtrisé mais le choix des familles me semblait tellement incompréhensible et violent que j'ai été un long moment un spectateur hostile.
"Tel père, tel fils" ne m'a pas vraiment bouleversé, principalement pour 2 raisons : le manque de rythme du film, ainsi qu'une trop grande retenue de la part des acteurs. La culture asiatique rejaillit et ce n'est pas forcément dans l'intérêt du film : échanger son enfant devrait être beaucoup plus douloureux que ce que l'on voit à l'écran ... En revanche, le rôle de père joué par Fukuyama est un très bon point, car le personnage (carriériste, froid et calculateur) est la clé du malaise, et par l’analogie inexistante entre les 2 familles, dénonce clairement un vice de la société japonaise.
Ce n'est pas le premier film sur un échange d'enfants à la naissance, mais certainement le plus abouti en terme de réflexion sur l'importance (ou pas ?) des liens du sang par rapport aux liens affectifs. Un dilemme s'offre aux deux familles : conserver l'enfant qu'ils ont élevés jusque là, ou récupérer l'enfant qu'ils ont mis au monde 6 ans auparavant ? Non seulement on s'aperçoit que la réaction des parents nippons n'est pas celle qu'aurait eu une famille européenne, mais en plus les 2 familles ont des dynamiques internes si éloignées l'une de l'autre que le contraste est frappant et nous pose question. Les acteurs sont émouvants de sincérité et la réalisation est très subtile. Heureusement le film ne donne pas de réponse évidente à la question de l'échange en retour si problématique...
Hirokazu Kore-Eda signe un film d'une grande beauté, esthétique et poétique "Tel père, tel fils" participe à un parcours du réalisateur qui continue à explorer les mécanismes sociaux que notre société élabore, à quel prix...nous avons vu le film durant le festival du cinéma à Marrakech, notre critique est sur le site !!!