A Touch of Sin
Note moyenne
3,7
1864 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

232 critiques spectateurs

5
18 critiques
4
75 critiques
3
57 critiques
2
45 critiques
1
33 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Patrick Braganti
Patrick Braganti

101 abonnés 425 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 décembre 2013
Le chinois Jia Zhang-Ke avait réalisé en 2004 The World qui fut présenté et récompensé à Venise. Cette notion de monde et d’universalité imprègne d’évidence le dernier film du réalisateur talentueux de 24 City. Les quatre histoires qu’il met en scène ici, si elles témoignent de l’état de déliquescence dans lequel se débat et se délite la société chinoise, pourraient être déployées à travers la planète entière. Aussi bien dans les pays émergents qui rattrapent à grande vitesse les nations occidentales que ces dernières qui, confrontées à des crises sans précédent, jettent par-dessus bord leurs fondements démocratiques et sociaux. Cinéaste contemplatif jusqu’alors, mais nullement mièvre ou angélique, Jia Zhang-Ke a bien saisi que pour continuer à dresser le portrait le plus juste de son pays, jusqu’à provoquer l’ire de ses dirigeants et compromettre du coup la sortie du film autrement que dans la clandestinité, il devait aborder de front la violence qui irrigue de plus en plus les rapports humains. Ce débordement soudain et inattendu de violence, qu’elle soit tournée vers les autres ou, en signe de désespoir ultime, dirigée vers soi-même, constitue donc le trait commun de ces quatre destins inspirés de faits divers authentiques.
Ouvrier bafoué en quête de justice, travailleur migrant dont l’arme devient l’instrument de pouvoir, hôtesse d’accueil dans un sauna harcelée par un client entreprenant, jeune employé acceptant des postes de plus en plus dégradants et humiliants : voici les quatre figures d’un monde dont la seule échappatoire passe par la violence (le crime ou le suicide) alors que même l’amour n’apparait plus comme une solution et que l’argent régit et pourrit absolument toutes les relations. Dans A Touch of Sin, que son auteur dépeint comme un film d’arts martiaux, on va se déplacer de la campagne aux villes gigantesques et polluées, du monde paysan à l’univers citadin. Le déplacement permanent transforme en profondeur la société chinoise car, en obligeant ses habitants à se déplacer au gré des besoins en main d’œuvre, elle provoque du coup leur déracinement et les plonge dans une solitude profonde et mortifère. Lorsque trois frères se retrouvent, c’est pour se livrer à de basses opérations arithmétiques de partage. Lorsqu’un fils appelle sa mère, il s’entend reprocher de ne pas avoir envoyé d’argent. Le yuan est ainsi devenu le dieu unique et révéré et ses adorateurs sombrent dans la folie et l’irrémédiable.
Empruntant aux codes du western, du film de sabre et entremêlant une fois encore les codes du documentaire et de la fiction, Jia Zhang-Ke signe un film coup de poing, une œuvre dense et politique et livre un constat implacable qui anéantit et dévaste complètement. Il réussit à renouveler brillamment son cinéma tout en conservant sa ligne directrice, soit continuer à donner des nouvelles alarmantes de son pays. Et, du coup, l’amène à des hauteurs vertigineuses qui justifient le qualificatif tellement galvaudé de chef d’œuvre. 2013 s’achève ainsi en apothéose.
Alizée R.
Alizée R.

9 abonnés 39 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2013
A TOUCH OF SIN est un film saisissant qui ne peut laisser aucun spectateur de marbre. On est embarqué dans le quotidien de ces 4 personnages et on est à la fois interrogé, stupéfait et touché par leurs choix.
La violence est glaciale, belle… mais jamais trash.
La mise en scène est magnifique, les acteurs remarquables. Vraiment bravo..!

Á ne surtout pas rater !
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 janvier 2025
A l'instar de "People mountain, People sea", sorti cette année en France, le réalisateur chinois Jiale Zhang-Ke nous montre l'envers du décor de la Chine d'aujourd'hui. Pas sûr que cette accumulation de sordide, de crimes, de grisaille et de brouillard ne finisse pas par faire cliché.Trop, c'est trop. L'ennui ( c'est le cas de le dire...),
c'est que la tristesse du sujet et des personnages dégouline peu à peu sur l'image jamais nette, sur le ciel, toujours gris et sale, et finalement sur le spectateur qui a du mal à rester éveillé entre deux coups de feu. Ce qui fait d'autant plus regretter que la science cinématographique du réalisateur (magnifiques plans, déplacements de caméra super-maîtrisés, etc..) soit mise au service d'un sujet (film à sketchs) aussi vain.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 décembre 2013
"A touch of Sin", ce sont quatre histoires différentes, celles de travailleurs dans la Chine d'aujourd'hui confrontés à la difficulté de certaines conditions de travail. En effet, à travers ces quatre personnages, Jia Zhangke nous brosse un portrait sans complaisance des conditions de travail en Chine, certaines dures physiquement, d'autres psychologiquement. Pour les personnages, la seule échappatoire à cette vie dure est la violence ou le suicide. Le réalisateur est efficace dans son propos et n'hésite pas à l'étayer avec certaines scènes d'une violence surprenante sans pour autant perdre le fil de son sujet. Ce qui gêne dans l'ensemble c'est que les quatre histoires ne sont pas liées, donnant à l'ensemble un aspect de film à sketchs un peu déséquilibré. Si la première et la troisième histoire sont les plus réussies, le reste est quand même très bon, mis en scène avec talent. Et si l'on déplorera quelques longueurs et quelques déséquilibres, on ne peut pas rester de marbre devant le film et son aspect un peu documentaire.
wesleybodin

1 255 abonnés 3 864 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mai 2013
(...) Seule digression avec A Touch of Sin, Jia Zhang Ke fait habituellement de la violence une conclusion, la seule échappatoire possible. Ici c’est le contraire, la violence est le point de démarrage. Beau changement de cap qui rend encore plus puissante cette dénonciation de la violence. Combattre le mal par le mal ? C’est ce que semble penser le réalisateur souvent pointé du doigt pour être un fervent défenseur de la peine de mort. Polémique mise à part, A Touch of Sin est une œuvre outrancièrement charismatique à laquelle il sera bien difficile de ne pas succomber. L’une des révélations de ce Festival de Cannes.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 8 mars 2016
A Touch of Sin, est en quelque sorte un film d'auteur à la "sauce" chinoise. Avec son lot plus ou moins habituel de drame, de misère et de pathos... Moralité: très peu pour moi.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 janvier 2015
En 1998, "Xiao Wu artisan pickpocket", le premier long métrage de Jia Zhang Ke, avait été sélectionné au Festival de Berlin. Depuis, tous les films de ce réalisateur chinois ont été sélectionnés dans les plus grands festivals et, en 2006, "Still Life" a obtenu le Lion d'Or du 63ème Festival de Venise. Concernant le Festival de Cannes, Jia Zhang Ke avait déjà eu deux films présentés en compétition et un film dans la sélection Un Certain Regard. Cette année, "A Touch of Sin" était en compétition au Festival de Cannes 2013 et le jury présidé par Steven Spielberg lui a décerné le prix du scéario. Ce film se compose de 4 volets filmés dans 4 régions différentes de la Chine continentale et il dresse de ce pays un portrait particulièrement accablant et déprimant. Dommage que le réalisateur se soit cru obligé de coller les éléments d’hyper violence qui sont un peu la marque de fabrique de Kitano et de Tarantino sur un film qui aurait pu se rapproche du cinéma de Ken Loach. La mayonnaise ne prend pratiquement jamais ! Face à un film comme "A Touch of Sin", dont le synopsis est très prometteur, on ne peut qu'être déçu par le résultat final. Ce qui aurait pu être un film très fort sur les maux qui rongent la société chinoise contemporaine s'avère au final relever davantage de l'exercice de style mal maîtrise, brouillon et à l'intérêt limité.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2013
Un scénario puissant et subtil, apparemment décousu mais dont la cohérence se déroule sous les yeux du spectateur lentement. Ce film désespéré montre une Chine proche du chaos, totalement déshumanisée. Un grand film courageux.
CeeSnipes

327 abonnés 1 708 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2014
Quand on parle de cinéma chinois, le commun des mortels parlera de film de kung-fu et de sabres, bien plus connu sous le nom de wu xia pian. Et pourtant, ils sont capables de faire autre chose, comme de réfléchir sur leur société.

C’est bien évidemment plus compliqué en Chine qu’en Europe, avec leur système de censure qui empêche certains films de sortir, comme ce Touch of Sin de Jia Zhangke, pourtant sélectionné et récompensé à Cannes du meilleur scénario. C’est d’ailleurs le réel problème de Touch of Sin, le scénario. Non pas qu’il soit mauvais, loin de là. Le vrai problème est qu’il est construit comme un film à sketches et que comme tout film à sketches, certains sont bons, d’autres moins. Il s’agit ensuite de les disposer de manière logique et de manière à ce que les meilleurs soient en fin de métrage afin de faire quitter le spectateur sur une bonne note. Et évidemment, le meilleur est en premier, celui qui suit est très bon aussi et le film s’écroule un peu en suite. On ne peut pas en vouloir réellement à Jia Zhangke, qui s’est attaqué au genre le plus compliqué du cinéma. Il n’empêche qu’il aurait totalement pu faire un film entier avec la première histoire, portée par l’interprétation sensationnelle de Wu Jiang, dont le charisme et la présence hantent le segment, dur et passionnant. Quelques autres scènes marquantes sont à signaler dans les autres segments, comme cette sauvagerie au couteau de Zhao Tao, mais c’est clairement en deçà de l’ouverture.

A Touch of Sin bénéficie d’un sens de l’urgence impressionnant, d’une maîtrise technique remarquable et de scènes d’action époustouflantes de sauvagerie et de réalisme. C’est donc un bien bon film, malgré ses défauts de rythme.
brunetol
brunetol

208 abonnés 179 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 mars 2014
Raté en salles lors de sa sortie et je le regrette. Jia Zhang-Ke est d'abord un styliste, un artiste du cadre, de la lumière et du montage, son film est une déambulation somnambulique envoutante, d'une beauté plastique exceptionnelle. On y voit la Chine que j'ai pu apercevoir en 2010 lors d'un séjour à Shanghaï, entre gigantisme et désolation, travaillée par de puissants courants contradictoires, entre moyen-âge et futur oppressant de science-fiction. Film noir, encre de Chine, écrasant - peut-être trop, ça frise la complaisance parfois, mais le savoir-faire cinématographique du réalisateur emporte l'adhésion. On est pas obligé de croire à ce qu'il nous montre, le film vire un peu au catalogue exhaustif des problèmes de la société chinoise dans son dernier tiers, mais on s'attache à chacun des 4 personnages, on reste fasciné par la façon dont Jia Zhang-Ke distribue les partitions entre eux, la beauté des transitions d'une histoire à l'autre (qui m'a rappelé "71 fragments d'une chronologie du hasard" d'Haneke).
Guillaume182
Guillaume182

148 abonnés 1 194 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 décembre 2013
Voilà, un film Chinois qui parle vraiment de la Chine.

C'est un petit miracle qu'il ait réussi à ne pas se faire censurer.

"A touch of sin" Raconte plusieurs histoires ou plutôt plusieurs faits divers.

Le premier est au sujet d'un ouvrier qui n'accepte pas les injustices et le plus dur c'est qu'il a essayé de se faire entendre en tentant d'envoyer un courrier, mais il n'arrive à rien, impuissant il va donc utiliser la violence, mais cela ont le sait déjà puisqu'on le devine en regardant l'affiche (pas de spoiler, donc).

Ce chapitre nous montre à quel point les ouvriers, les miniers et même les autres d'ailleurs sont terriblement mal traités.

Ensuite, il y a un tueur fou qui sème la terreur partout sur son passage, un personnage qui fait froid dans le dos, mais qui semble être un monstre qui a été crée par la société qu'on nous montre.

Puis une femme et sa liaison avec un patron.

Et il y a le chapitre de la jeunesse qui est la partie que j'ai trouvée la plus intéressante et de loin.

On y voit des gamins travaillés à la chaine pour peu d'argent et ils n'ont rien et il est très dur de trouver de l'espoir dans un monde aussi fermé que celui qui est montré dans le film.

C'est filmé d'une manière très réaliste, très peu de musique et des acteurs talentueux.

On en ressort triste et bouleverser, mais avec une conscience.
guifed
guifed

75 abonnés 286 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 janvier 2014
J'ai donc toujours du mal avec le cinéma asiatique. Trop enlevé? Trop suggestif? Manque d'émotions? Je ne sais pas. En tout cas, ce A touch of Sin manque de progressivité. On reste constamment au même niveau de tension, comme si on s'interdisait l'emballement. Le tableau a de la gueule, j'en conviens. 4 histoires, 4 personnages, 4 intrigues pas forcément complètement distinctes l'une de l'autre, pour 4 mêmes issues: une insurrection contre sa condition, l'échappatoire trouvé dans une violence gratuite tutoyant le fantasme, voire l'extatique. Un scénario béton, qui mérite sa distinction au Festival de Cannes, tant il sait brouiller les pistes sans perdre une once de cohérence d'ensemble ni un soupçon de tension en chemin. Une réalisation d'une grande virtuosité, avec plusieurs plans sublimes laissant le spectateur dans un délicieux questionnement. Mais voilà, dès le deuxième volet de l'histoire, je ne peux m'empêcher de m'ennuyer, irrité et agacé par une intrigue que je devine déjà totalement statique. Je ne sais pas, ça ne colle décidément pas, entre moi et l'Asie cinématographique.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

256 abonnés 2 058 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 décembre 2013
Une radiographie puissante de l'enfer du capitalisme chinois. Les images sont magnifiques, les comédiens impeccable et le film compte quelques scènes de bravoure, comme l'accueil du dirigeant ripoux à l'aérodrome et le défilé des prostituées déguisées en soldates de l'armée rouge. On pourra évidemment déplorer que ces quatre personnages se tournent vers une révolte individuelle, nihiliste, et non vers l'action collective, alors que de nombreuses luttes sociales se déroulent en Chine. Mais le constat sur l'injustice de la société chinoise est accablant et passionnant. Un seul regret : un scénario plus habile, du genre de celui de Babel, aurait permis de mieux relier les différents personnages.
Flore A.
Flore A.

36 abonnés 518 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 décembre 2013
"A Touch of Sin" est un témoignage corrosif et sombre des problèmes sociaux et de la violence de la Chine actuelle. Une mise en scène parfaitement maitrisée et des acteurs irréprochables permettent de tirer le meilleur du scénario pour cette dénonciation émouvante et puissante d'une société en crise.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juin 2014
Prix du meilleur scénario au festival de Cannes 2013, "A touch of Sin" aurait aussi largement mérité celui de la mise en scène, tant le style de Jia Zhang-ke révèle avec une force unique une Chine au bord du gouffre. Quatre histoires, quatre destins aussi terribles les uns que les autres pour une seule issue: la violence. Qu'elle soit physique ou morale, portée contre soi ou contre les autres, elle témoigne d'une perte de repères effrayante. Jia Zhang-Ke nous montre des chinois partagés entre la conservation des traditions et une évolution sociale et économique aussi brutale qu'incomprise, mais aussi trahis et découragés par la corruption et un marché du travail impitoyable. Tous les personnages finissent seuls, le sang collé au visage, et livrés à eux-mêmes dans une jungle où la relation homme-animal s'inverse. On peut simplement regretter que l'histoire la plus forte soit racontée en premier. Les trois autres histoires sont également passionnantes, mais possèdent quelques imperfections en terme d'intensité. Le résultat est tout de même très impressionnant, avec une réalisation à la hauteur de l'importance du discours.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse