A Touch of Sin
Note moyenne
3,7
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232 critiques spectateurs

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ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 décembre 2013
Même quand on n'a de la Chine qu'une vision superficielle, la vision du passager occasionnel, on est frappé par la dureté de cette société. Moi, ce qui m'avait étonnée, c'était le nombre d'écrabouillés sur les routes dans l'indifférence générale. Voyez: un pauvre type est allongé par terre à côté de son vélo renversé. Deux passants arrivent "tu le connais, ce mec là?" "Non". Ils passent alors leur chemin...... Pour ne rien dire, mais ça c'est anecdotique, de la façon dont les autochtones vous bousculent -ils vous piétineraient aussi bien- devant l'entrée de la Cité Interdite.....

Jai Zhang-Ke est le chantre de cette société impitoyable que la "modernité" n'a pas changé -ou, peut être, a empiré. Violence, corruption, exploitation de la femme.... Dans un film presque choral -la liaison entre les quatre histoires, les quatre héros est très ténue- il nous emmène du Nord au Sud, des montagnes arides et glaciales aux grands villes. Il s'est inspiré de faits divers réels, aussi sanglants que sordides, pour tisser son œuvre.

Ce qui a sûrement le plus empiré dans la vie chinoise, c'est l'existence des mingongs, ces travailleurs migrants qui quittent leur campagne pour trouver un emploi industriel; n'ayant généralement qu'un hukou (droit au déplacement) limité à leur région, ils se retrouvent assimilables à des travailleurs sans papier; ils sont donc infiniment exploitables....

Comme toujours, l'image de Zhang-Ke est somptueuse. Des paysages lunaires des hauts plateaux à la masse d'usines crachant leur fumée, l'image est composée, cadrée comme si on était en face d'un panoramique.

La première histoire est sans doute la plus réussie, la plus concise, la plus forte. Dahai (Wu Jiang) travaille dans une mine; lui n'est pas un migrant, il est du village et il sait que le chef de village a vendu la mine autrefois étatisée au privé, une partie des dividendes devant revenir aux villageois.... Depuis, le chef de village, lui, s'est acheté une Audi; les autres villageois n'ont rien vu. Le propriétaire de la mine possède une Maserati..... et un avion privé. Les mineurs sont invités, moyennant un petit cadeau, à aller applaudir le jeune et sémillant propriétaire à sa descente d'avion. Dahai essaye désespérément de secouer ses collègues résignés. Il ose parler au propriétaire, un camarade d'enfance, menaçant de les dénoncer tous en haut lieu. Il se fait tabasser. Alors, il pète les plombs.....

Le même jour, on a retrouvé les corps de trois jeunes assassinés par balle au col qui surplombe le village. Le spectateur, lui, sait que le meurtrier est le migrant San'er (Wang Baoqiang); les jeunes ont voulu le racketter: ils y ont laissé leur peau. San'er qui est en route vers la fête des soixante dix ans de sa mère est une brute qui traverse le pays sur sa moto en semant les cadavres derrière lui.

Xiao Yu (Zhao Tao) a un amoureux qui travaille à Canton. Elle comprend qu'il ne quittera jamais sa femme pour elle. Elle est réceptionniste dans un sauna -en fait, une maison de passe; un jour, un client l'importune, refusant de comprendre qu'elle n'est pas une pute. Elle aussi pète les plombs...;

Enfin, le jeune Xiao Hui (Luo Lanshan) est, lui, typique de la nouvelle génération. Presque un occidental! Il voudrait bien gagner sa vie, sans trop se fatiguer. Jugé responsable de l'accident d'un collègue, il est condamné par le patron.... à prendre sa place et travailler sans salaire tout le temps de l'indisponibilité du collègue, qui recevra le salaire.... Ouais, il y a encore un long chemin avant l'institutionnalisation de la Sécu..... Alors, il s'en va lui aussi sur les routes, un temps serveur dans une de ces maisons de passe luxueuses (voir l'épisode ou ces demoiselles se déguisent pour charmer le client en petites soldates de l'armée rouge, avec mini-boléro sur bustier pigeonnant....) Xiao Hui tombera de plus en plus bas.

Oui, c'est un constat terrible sur ce pays où une très petite minorité profite, seule, de l'enrichissement national. Ou les pauvres sont de plus en plus pauvres, de plus en plus abandonnés. Et où la violence devient le mode banal d'expression de la révolte....

Magnifique. A voir absolument. Absolument.
kevinsolstice
kevinsolstice

83 abonnés 1 932 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 décembre 2014
C'est un film qui vient de quatre vraies histoires en Chine, impressionnant ou "choqué" par certains scènes, les sujets restent toujours très intéressants
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 19 décembre 2013
Dernière livraison d'un Festival de Cannes 2013 décidemment exceptionnel, A Touch of Sin se permet même une sortie dans quelques multiplexes, poussé par une critique absolument dithyrambique. Et il y a de quoi...

Rarement un film n'aura pénétré aussi clairement un pays, ses mutations, son évolution. Rarement sur un trame aussi anodine de fait divers, un long métrage ne nous aura temps fait voyager dans le temps et dans l'espace pour capter un phénomène universel : la révolte des opprimés.

Les quatre faits divers qui façonnent le film sont inspirées d'histories vraies. Issues du petit peuple chinois qui fait face à l'emballement capitaliste d'un état qui n'a pas encore (et de loin) digéré sa révolution accélérée et le croisement entre la bureaucratie le plus lourde et le libéralisme le plus débridé.

Des "actes isolés" ' (dénomination officielle), actions désespérées de fourmis qui n'acceptent plus le joug et l'humiliation, et qui se retournent contre leurs bourreaux. Des actes parfois très planifiés, longs, progressifs. Mais aussi soudains, brutaux, dans une explosion de rancœur et de violence. Le film capte alors avec une précision d'orfèvres ces moments où la tension monte, où l'irréparable va se produire...C'est une porte qui n'arrête pas de s'ouvrir, un casse qui se prépare, une discussion qui tourne mal. Et toujours l'argent, omniprésent, écrasant, omnipotent. L'argent qui donne le pouvoir, efface toutes les règles, ouvre toutes les portes...L'ragent au centre de chaque discussion, de chaque relation, obsession vitale et perpétuelle...

Malgré son sujet de faits divers et sa narration hyper linéaire la construction du film est pourtant extrêmement travaillée, avec un voyage du bas vers le haut. De la misère des usines campagnardes vers les néons de Canton en passant par les petites métropoles régionales. Un tour de Chine dans lequel Jia Zhang Ke confirme qu'il est un immense filmeur, proposant régulièrement des plans incroyables avec pas grand chose.

Dès la première scène, tout est incroyable : les couleurs de ce camion de tomates renversé, les visages de ces motards fatigués, ces campagnes chinoises en arrière plan. Quand ce ne sont pas ces animaux qui traversent régulièrement le champ, comme autant d'apparitions fantastiques...Même les montées de violence, qui sortent instantanément du film sociétal pour nous ramener vers les polars de Tarantino, voire les films de sabre de Tsui Hark.

Une chronique terrible de la Chine d'aujourd'hui, qui se veut probablement universaliste. D'une noirceur impitoyable et pourtant tellement humaine dans sa peinture des petits et des opprimés...
Le film n'est toujours pas sorti en Chine. Il y a des miroirs dans lesquels on se voit décidément trop laids
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 8 avril 2015
Jia Zhangke nous décrit un grand pays qui perd son âme, et c'est bouleversant. Bouleversant, mais assez éprouvant...C'est une Chine fort triste que nous présente ici Jia Zhangke. Corruption, élites maffieuses, violence des rapports sociaux, structures familiales qui volent en éclat, prostitution, machisme exacerbé, incommunicabilité...Noir c'est noir. On est loin des gratte-ciel rutilants de Shanghai et des histoires de réussites dont les éditorialistes français béats aiment régulièrement nous abreuver. La Chine est en pleine expansion, mais pour ce qui est de la joie de vivre, le compte n'y est pas vraiment d'après le réalisateur-scénariste. Vision partiale, évidemment, mais d'une certaine justesse - donc en partie juste pour résumer. Cinématographiquement, on tape très haut. Cadrages de maître et acteurs excellents (loin, très loin des kung-fu grimaçant ou des mélos larmoyant miévro-nationaliste tournés à la chaîne par l'industrie chinoise).
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 13 décembre 2013
Le titre original aurait sans doute mieux convenu tant le message est aujourd'hui universel. Jia nous donne des nouvelles de la Chine et sans doute un peu du Monde.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 décembre 2013
Le ton est donné dès le début: un homme circulant à motocyclette tombe dans une embuscade, il sort une arme et abat froidement les individus qui avaient entrepris de le dépouiller. C'est une Chine sans concession que filme Jia Zhang-Ke, une Chine où la violence sourd de partout et où elle finit par éclater au grand jour. La violence, ce sont d'abord les rapports humains: dans la Chine d'aujourd'hui, livrée au capitalisme le plus brutal, les uns s'enrichissent éhontément sur le dos des autres, se payant des avions pendant que les autres vivotent. La condescendance, le mépris, le rejet, les injustices sont partout. Et pas moyen de se faire entendre, pas moyen d'obtenir justice par des moyens légaux.
Broyés par ce système inique, des travailleurs bafoués en arrivent au pire: à la violence qu'ils ont subi, ils vont répondre par d'autres formes de violence, plus radicales, plus définitives, le meurtre, les tueries ou le suicide! Jia Zhang-Ke, le réalisateur, s'est inspiré de faits réels survenus récemment dans son pays pour brosser le portrait de quatre individus qui, épuisés, à bout, n'en pouvant plus, en sont arrivés au pire. Quatre itinéraires: quatre humiliés, quatre offensés qui ne supportent plus ce qu'ils ont à subir.
Filmées avec force, avec passion, mais non sans un certain lyrisme, ces quatre histoires ne peuvent laisser indifférent. Elles interrogent non seulement la Chine et ses inquiétantes dérives, mais tous ceux qui, de par le monde, gagnés par l'ivresse du pouvoir et de l'argent facile, n'éprouvent plus que mépris pour leurs semblables moins favorisés. Les laissés-pour-compte peuvent avoir la fâcheuse idée de se révolter... 8/10
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 582 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 décembre 2013
Un très grand film ! La presse ne se trompe pas tant que ça ! Le premier récit peut dérouter par son évocation trop directe des problèmes du capitalisme en Chine. Mais les trois histoires suivantes sont si puissantes qu'elles hissent le film très haut (et entraînent avec elles les trente premières minutes). Bien des spectateurs pourront être perturbés par l'irrationalité qui envahit régulièrement un récit qui semble si réaliste. Le cinéaste nous immerge dans l'univers que l'on avait découvert avec "Still life" : des paysages dévoilant l'évolution de la Chine actuelle, des êtres égarés dans une société de plus en plus individualiste et injuste, des destins touchant à l'universel, des comédiens totalement inconnus mais en totale maîtrise. Et pour couronner le tout : la fin est superbe... Il y aura des déçus, mais pour certains, ce sera un sommet de l'année 2013.
reggie miller
reggie miller

183 abonnés 69 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2013
Meilleur scénario au Festival de Cannes, ce nouveau film de Jia Zhang-Ke est surtout une belle claque cinématographique.
Le film ne méritait certainement pas le prix du scénario car à la limite c'est là qu'on peut lui trouver un petit défaut (pas de récit exceptionnel) mais par contre il méritait bien plus que le dernier Coen le prix de la mise en scène.
Le film est fascinant à ce niveau là à plusieurs moments. Des images, des plans, des mouvements de caméra assez scotchant accompagnent une vision très sombre de la Chine moderne.
Un beau film chiant diront certain.
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

185 abonnés 2 644 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 octobre 2018
Un film en demi-teinte qui fascine par sa première histoire mais qui finit par ennuyer malgré ses belles qualités.
Napoléon
Napoléon

182 abonnés 1 629 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 novembre 2014
L'idée de s'attaquer à la Chine moderne était bonne mais très mal exploitée. Car le fait de couper le film en plusieurs histoires est à la fois trop simpliste et casse tout, comme l'évolution d'un personnage ou encore l'attachement du spectateur aux personnages. Avec en plus un rythme soporifique facilement aidé par des acteurs inintéressants et un doublage catastrophique.
pfloyd1
pfloyd1

177 abonnés 2 316 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mars 2014
Affuté d'une excellente réalisation et de trés bons acteurs (bien meilleurs que certains Européens et américains !!) , ce film possede 4 histoires differentes basées sur le desespoir et la folie dont peut etre victime chaque etre humain au bord du gouffre. Sur le coup , je n'ai pas saisi le rapprochement de ces personnages qui "petent les plombs" , quelle est l'histoire de ce film en fait ?
Ensuite on réalise que la transition entre l'histoire de ces personnes est si parfaite qu'on ne perd absolument pas la trame . Moi qui adore le cinéma asiatique, je peut dire qu'il n'est pas parmi les meilleurs que j'ai vu mais la qualité de l'histoire vaut la peine de s'y interesser
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 787 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2014
Ce film social très ancré dans la réalité de la Chine d’aujourd’hui s’appuie sur quatre personnages, quatre trajets de vie et quatre histoires différentes. C’est donc un film à sketchs où chaque personnage, son histoire terminant, semble passer le témoin à un autre pour trente minutes d’un trajet de vie aboutissant toujours à un paroxysme de violence. Et cette déclinaison nous semble pouvoir se décliner à l’infini. Tous ces personnages sont chacun dans son histoire une dénonciation de la Chine nouvellement convertie au libéralisme sauvage, aux inégalités ; tous, citoyens ordinaires, victimes d’exploitation et de misère se retournent brutalement contre leurs bourreaux voire eux-mêmes… et toujours dans une violence extrême et subite. C’est là que le parallèle fait entre Jia Zhangke et Tarantino a tout son sens ; dans ces longues scènes d’exposition précédant un déferlement de violence absolue. Chaque histoire de 30’ a donc son lot d’hémoglobine. Ce réalisateur chinois qui voit ses films interdits dans son propre pays montre au combien l’éveil éclair de ce grand pays à l’ultra libéralisme en une poignée d’année à concentrer sur une courte période toutes les horreurs que notre monde à mis des siècles à digérer. La violence du changement de société est venue percuter les individus la composant. Ce film n’est pourtant pas militant, l’intelligence de Zhangke est bien de nous montrer en filigrane tous les dysfonctionnements de cette Chine, s’interdisant toute démonstration trop pédagogique. Le film n’est en rien didactique. En fait, il évite aussi bien l’écueil du film à sketchs : l’aspect décousu. L’homogénéité de ces 2 heures 10 existe par le sujet qui traverse ces 4 histoires ; les protagonistes sont broyés par le système, déstabilisés, exploités jusqu’à ce que la corde casse.
Honoré du prix du scénario à Cannes comme pour mettre en sécurité un metteur en scène banni dans son pays, ce pamphlet subversif est utile. Et puis les plans sont tous d’une beauté incroyable, une constante du cinéma asiatique. Et puis il amène à voir plus loin que la Chine elle-même, comme un hommage à tous les humiliés de l’ultra libéralisme.
Le seul bémol à retenir de ce film est son côté redondant, peut être trois histoires auraient suffit au thème développé ici.
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 janvier 2014
Une plongée dans cette partie de la Chine qui souffre plus que ne bénéficie de son développement économique et de son ouverture au monde. N'étant clairement pas assez calé sur le sujet, je ne m'étendrai que sur le film en lui même. La première chose qui frappe, c'est cette ambiance, glauque, mais à l'asiatique, c'est à dire avec des touches d'humour placées ça et là pour ne pas rendre le tout trop lourd. C'est une première chose qu'il faut souligner, le film dénonce tout en gardant du recul avec son sujet. A la différence d'un traitement occidental, le réalisateur ne tombe pas dans la facilité des bons sentiments, du pathos larmoyant et de la musique mélancolique. C'est une oeuvre extrêmement sobre, qui peut déstabiliser par la difficile empathie que l'on peut avoir pour les personnages. Je classerai ce film comme un hybride entre un documentaire et une fiction.

En effet, j'avais par moment l'impression de me retrouver devant un documentaire Arte (ce n'est pas un reproche, ils sont pour la plupart passionnants) du fait des longs plans fixes (la photographie est parfaite) et du réalisme du scénario. Pas d'héroïsme, d'action, de retournement de situation ou quoi que ce soit. C'est la synthèse de quatre tranches de vie sensées poser un regard sur la Chine contemporaine. Inutile donc de préciser que l'on est à dix mille lieux du divertissement. Les acteurs sont tous convaincants, la mise en scène est discrète, s'efface presque derrière son sujet. Pas d'artifices de caméra, pas de musiques entraînantes, le récit est roi.

Bref, un film que je conseille pour l'expérience qu'il peut apporter, seulement il faut savoir à quoi s'attendre avant de rentrer dans la salle pour profiter pleinement de cette dénonciation d'une Chine mondialisée.
SuperMadara
SuperMadara

106 abonnés 935 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2014
Un polar choral au propos social glauque et réaliste, une exhibition de la violence comme derniers recours d'hommes et femmes poussés a bout par la société. En 4 chapitres, le scénario raconte un passage de la vie de quatre personnes qui n'ont rien a voir entre elles et qui vont finir par commettre l'irréparable du a de multiples raisons, une intrigue qui commence par la monstruosité d'un homme normal puis se termine par l'abandon sordide d'un homme face aux galères de la vie, un voyage sordide, ultra-brutal dans la Chine social et qui semble insister sur la faute de l'état chinois et de la société sur ces gens qui peuvent être n'importe lequel d'entre nous (parfaitement rappelé par le plan final). Drôle et fou a la fois, Wu Jiang incarne le premier personnage central du film, et le plus marquant : un homme consterné par la corruption dans son village et qui termine son parcours par une croisade sanglante contre les pourris qui contaminent la vie de son village, une performance assez folle et burlesque a la fois, supplanté par Zhao Tao, la femme au centre du 3eme chapitre simple, normale et qui arrive a retranscrire la transformation de son personnage a travers des scènes marquantes. Cinéaste remarqué a Cannes cette année, Jia Zhang Ke montre la monstruosité du quotidien et la transformation de ces héros lambda avec une froideur radical qui glace le sang, une mise en scène qui met en exergue la violence verbale, psychologique et physique du quotidien avec une brutalité et une froideur qui laisse au spectateur un réel sentiment d'injustice.
Une chronique social froide, radical, brutal et réaliste, un voyage a travers la violence du quotidien et la violence qui conclut chaque acte.
The Claw
The Claw

73 abonnés 727 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2016
Un film assez hermétique au grand public je pense : il faut avoir une assez grande ouverture d'esprit pour être réceptif à ces histoires racontées sans concessions. C'est vraiment assez brut de décoffrage, et on peut passer en l'espace d'un instant, d'un moment de tendresse à une situation de désespoir profond, ou d'extrême violence. Ca ne plaira pas à tout le monde, ça c'est sûr, mais ça aura au moins le mérite de nous montrer une Chine qu'on ne soupçonnait pas.
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