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Un visiteur
3,0
Publiée le 12 mai 2014
Les titres rigolos, ça le fait pas. Je sais pas pourquoi. Max Pecas, peut-être… Il a en tellement abusé que dès qu'on en entend un, on pense à lui. Bravo cochon. Arrête ou je continue est mieux que son titre. Et que son affiche. La promo? pas vu. C'est un peu un problème au cinéma, le marketing. Il faudrait interdire les titres, les affiches et les promos. Trop de bons films se tirent une balle dans le pied. Retrouver le beau couple de Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle), Rois & reine et Un conte de Noël, c'est savoureux. Et un peu agaçant… Emmanuelle Devos et Mathieu Amalric occupent le terrain, beaucoup. Attention! J'ai pas dit trop, j'ai dit beaucoup… Tout ça pour dire que je suis ouvert à des nouveaux visages dans le cinéma d'auteur français. Le film parle d'un couple fragile. Difficile de faire moins original. Mais l'originalité, on s'en fout. Cette histoire peut donner des films émouvants (5X2), des films ennuyeux (Nous ne vieillirons pas ensemble), des films spirituels (Annie Hall)… Tout est possible. La première partie d'Arrête ou je continue est réjouissante. L'écriture de Sophie Fillières est précise, cinglante, barrée. Elle aime faire basculer un moment banal dans une dimension bizarre grâce à une rupture brillante. Une réplique drôle inattendue le plus souvent. J'étais heureux. Dans la deuxième partie, Pomme (Devos) décide de bouder plusieurs jours dans la forêt après une randonnée pénible. Son mari est devenu trop odieux. Elle ne peut plus voir sa gueule. Cette décision donne un moment fort entre Devos et Amalric. C'est la bonne idée absurde parfaite sur le papier... Kamikaze à l'écran. Le défi est trop balèze. Pomme s'emmerde et nous aussi... On commence à regarder notre montre (ou notre portable... Qui porte encore une montre?). Le cinéma a souvent du mal avec l'errance d'un personnage dans un espace limité. La scène métaphorique avec ralenti + musique classique de la biche n'est pas des plus légères... J'aime la fin, elle sonne juste, même si j'aurais aimé une tension plus émouvante.