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0,5
Publiée le 18 avril 2020
J'ai entendu et lu tellement de bonnes critiques pour Blue Ruin que j'avais hâte de le voir. J'attendais un chef-d'œuvre, je m'attendais à l'ajouter à ma collection de DVD, je m'attendais à aimer ce film. Après avoir regardé Blue Ruin la principale chose que j'ai ressentie a été la déception. Quand j'ai commencé à regarder, au milieu j'étais ennuyé et à la fin du film, je me demandais: mais qu'est-ce que je viens de regarder ?! Où était le film dont j'ai lu tant de bonnes choses. Je suis si heureux d'avoir pu regarder ce film gratuitement. Si je devais payer pour regarder Blue Ruin (en particulier dans un cinéma) j'aurais voulu récupérer mon argent. Des films comme Blue Ruin sont la raison pour laquelle je ne vais presque jamais voir un film au cinéma de nos jours. Quant au dialogue, affligeant : 20 minutes de film et tout ce que le personnage principal a dit c'est "vendez-vous des timbres". Je continue, le personnage principal meurt parce qu'il ne peut pas utiliser un pistolet correctement (????). Je re-continue, nous ne savions même pas vraiment ce qu'il vengeait. Quelle déception...
Cela aurait pu être un "revenge movie" classique mais Jerome Saulnier évite soigneusement la trame habituel du genre qui veut que le héros devient subitement un "bad ass" ou un dur à cuire sans émotions. C'est ce qui rend ce héros aussi attachant finalement. L'histoire n'a vraiment rien de révolutionnaire mais on apprécie, ou plutôt on s'attache, à ce vagabond, cet homme simple qui n'a rien d'un héros, pathétique et maladroit qu'on sent brisé par son passé. Il va être très vite dépassé par ses actes et se dirige tout droit vers un dénouement qu'on sent inéluctable. Le rythme est très lent et les paroles très rares, le grand public détestera donc mais pour les cinéphiles c'est un très bon divertissement.
Il y a du talent des deux côtés de la caméra dans ce thriller absurde, poisseux et contemplatif. Le réalisateur manie joliment sa caméra et crée une ambiance pesante et mortifère. L'interprète, lui, incarne parfaitement ce vagabond désabusé et maladroit en quête de vengeance. Mais finalement, le film peine à sortir du carcan du film de genre et reste un revenge movie non dénué de longueurs.
Film qui se laisse regarder. Il est assez court ce qui permet de ne pas avoir de longueurs. Maintenant le propos du film est un peu bête et méchant. Certains personnage sont assez mal écrit, surtout celui de l'ex militaire qui n'est pas crédible pour un sous. Sympa à oir une fois mais ne mérite pas spécialement un second visionnage.
Un film à voir !!!! Nr lisez pas les mauvaises critiques !!! Il est juste génial !!! On suit le parcours de cet homme ... jusqu’à la dernière minute !!!
Un très grand film, superbe dans sa photographie et bâti sur une structure et un rythme qui tiennent en haleine avec un naturel parfois surprenant, passant du contemplatif à l'action brève et directe. Saulnier laisse toujours le temps au spectateur de se placer aux côtés de son personnage, on ne rate rien de ses trépidations, on les vit à défaut d'y participer, un sentiment d'implication parfois délicieusement inconfortable. Et cela fonctionne dans le très bon jeu sobre des acteurs, et jusque dans les dialogues, rares mais utiles et bien écrits, qui dévoilent l'intrigue du film finement sans jamais trop en faire, conduisant le spectateur vers un dénouement bien anticipé mais sans concession. Le film reste dur, la violence y est traitée de manière réaliste et détachée, pleine de ses causes et conséquences, comme naturelle et inéluctable, mais aussi inéluctablement vaine, serpent qui se mord la queue. Les thèmes abordés le sont tout en finesse et naturel, certains d'une simple réplique. Une histoire simple à laquelle les acteurs et la réalisation donnent un impact fort et une texture riche, sans grands effets mais avec un beau savoir-faire. La longue scène d'introduction quasiment muette montre d'entrée la sensibilité et la profondeur de réalisation de ce film qui mérite amplement ses bonnes critiques.
Un thriller ennuyant dès le départ et qui ne décolle jamais, ça ressemble plus à un téléfilm qu'à un film, de plus il y a trop d'incohérences pour nous sentir investis.
L'histoire a du bon. Je reproche un déroulé trop lent. On comprend vite l'essentiel et ce que cherchent à faire les personnages, qui ils sont. Mais on peut accélérer la plupart des scènes qui ont un vrai réalisme mais peu d'intérêt pour un spectateur. Le gars qui rentre dans une maison et vérifie qu'il n'y a personne... Sans réelle prudence ni méthode, on s'en fou, tout le monde sait faire, surtout quand y a personne... Peu distrayant, pour moi. Le bon côté, c'est que les acteurs principaux sont méconnus. Il n'y a que "Ben" qui joue "Buzz" dans "Maman, j'ai raté l'avion".
Qu'est-ce qui séduit dans cette vendetta burlesque? Sans doute l'originalité d'une ambiance qui colle comme une seconde peau à un anti-héros émouvant. Ce dernier, d'abord SDF, devient justicier parce que l'assassin de ses parents vient d'être libéré de prison. Sa figure de poète et sa gestuelle d'homme hésitant s'ajustent curieusement au fait qu'il devienne le bras vengeur de sa famille morte et le défenseur de sa famille vivante menacée. En suivant ses motivations nobles de "bon fils", il entame un trajet de non-retour, celui d'un assassin... La caméra est précise, la tension palpable et le thriller efficace, avec ce côté décalé qui donne au récit une vraie patte. C'est violent, parfois drôle, jamais vain.
Alors ça c'est ce qui s'appelle une belle surprise. Si l'on prend sa trame Blue Ruin est un film de vengeance ultra classique sauf qu'ici le personnage principal n'est pas un héros invincible qui va décimer ceux qui lui ont fait du mal en ponctuant sa vengeance de punchlines. Non le personnage principal de Blue Ruin n'a rien d'un héros. C'est un paumé pour qui la vengeance est le seul moyen qu'il a trouvé pour faire son deuil. Pourtant il a totalement conscience qu'elle ne lui apportera rien, même pas ce deuil qui est de toute façon impossible à faire suite à la mort violente et donc injuste de ses parents. Il a conscience aussi de s'être engagé sur une voie sans issue alors que d'autres chemins pourraient être empruntés. Cette vengeance le marquera aussi dans sa chair, il poursuit une quête pénible qui laissera des traces sur son corps comme le deuil sur son esprit. Bien mis en scène solidement interprété Blue Ruin est un excellent film que j'ai adoré découvrir.
Entre drame intimiste et thriller gore, un film à la croisée des genres, atypique, construit autour de personnages simples, qui rappelle beaucoup l'univers des frères Coen. Jeremy Saulnier est un réalisateur à suivre.
Apprenant que l'assassin de ses parents va sortir de prison, un SDF se lance dans une vendetta qui va enclencher tout une série de conséquences. Tourné pour une bouchée de pain (moins de 500 000 dollars !), "Blue Ruin" est pourtant un film très soigné. Le scénario pointe l'absurdité de la vengeance, tout en taclant le culte des armes dans les classes populaires aux USA. Le tout emballé dans une intrigue très prenante. Macon Blair incarne quant à lui tout en retenue et en justesse un homme isolé et amorphe, que la violence va secouer. Enfin, on souligne la mise en scène très soignée de Jeremy Saulnier : cadrages très bien découpés, plans judicieux, et jeux sur les couleurs (notamment le bleu qui accompagne en quasi permanence le protagoniste). Sans compter que le réalisateur sait alterner entre les scènes dramatiques, et les séquences plus viscérales. Un thriller de très bonne qualité.
Malgré ce que laisse entendre son pitch, Blue Ruin va bien au-delà du simple film de vengeance en reposant essentiellement sur les épaules d'un homme chargé d'une vaste palette d'émotions, qui le rendent tellement proche de ce qu'on peut imaginer de la réalité dans pareille situation. Cet homme, - incarné par un acteur de grand talent, d'ailleurs -, dont on devine qu'il s'est vu ravagé par un terrible évènement familial quelques années plus tôt change peu à peu de visage pour incarner tour à tour différents rôles toujours renforcés, voire carrément définis par résonance, par les personnages secondaires. On ne peut donc que se prendre de compassion pour le personnage principal, qui sort de sa bulle soit disant protectrice pour doucement donner libre cours à son désir le plus ardent. Mais, là n'est finalement pas le coeur de l'histoire puisque cet acte pivot ne se situe non pas au terme du film comme une sanglante apothéose, une finalité en elle-même, mais vers le début, comme pour signifier la renaissance d'un homme, qui quitte son repli pour s'insérer en société de nouveau. C'est à partir de là que le film prend tout son intérêt, lorsque cet homme doit réapprendre à échanger, expliquer, justifier et défendre ses choix, bref, à redevenir un homme, dans le sens d'un être doué de pensée et de la capacité à opérer des choix en conséquence et non plus un simple réceptacle à émotions, aussi vives soient-elles. Les deux points forts de ce film sont d'abord le scénario, qui réinterprète le genre pour l'enrichir d'une dimension rationnelle à travers tout ce qu'incarne la sœur du personnage principal et, par là, sociale, puis le jeu de rôle de Macon Blair dont les multiples facettes font toute la richesse. Ces deux dimensions se rejoignent dans leur sobriété commune, qui est à mon sens la clef de voute de ce film et le meilleur ton que Jeremy Saulnier pouvait lui donner.