Loin d'être une "merveille" comme annoncé, "Blue Ruin" est un thriller tout à fait honnête et assez atypique pour attiser votre curiosité et vous emmener tout bringuebalant jusqu'à son terme. Le rythme est très décousu mais pour le coup l'originalité de la situation pallie parfaitement à cet aspect, en effet la vendetta vengeresse ici présente met en scène un personnage sans envergure, au trente sixième dessous et qui représente aisément "Monsieur-tout-le-monde". Et pour accentuer cette situation qui pourrait être issue du quotidien, le réalisme des scènes d'action et des fusillades ainsi que des blessures en rajoute une couche. Ce n'est peut être pas palpitant mais on y croit et on s'identifie assez facilement au personnage central et à sa quête improbable. L'humour noir, parfois présent, vient adoucir quelque peu un propos plutôt brutal au final et un climat emprunt d'un pessimisme forcené. Pas un chef d'oeuvre mais une belle surprise tout de même.
Ambiance réussie pour un scénario ultra basique de vengeance. C'est servi par de bons acteurs, .. Un film qui aurait mérité une meilleure promotion. Un réalisateur à suivre...
Bon thriller bien joué mais qui manque un peu de convictions... On s'ennuie à plusieurs reprises et on comprend rapidement où l'intrigue veut en venir. Le jeu d'acteur est bon comme les choix sonores et visuels, pour le scénario on repassera
La photographie est belle, certains plans sont somptueux,ça c'est sur, mais ça ne suffit pas à faire un bon film. Le scénario est d'un classique, c'est du vu et revu. Une course poursuite banale, qui ne tombe pas dans la violence outrancière, mais plutôt dans se que l'on presque considérait comme une forme de contemplation ennuyante. Un des graves problèmes du film et que la violence semble presque gratuite, parce que on dirait que le héros veut tuer tout le monde. En plus il ne cesse de surjouer le mec déprimé, au fond du trou, qui est très timide. Bref un film totalement surestimé, parce que banal.
Certains disent que le film ne décolle pas. C'est vrai, mais...
Certes on peut deviner le dénouement de l'intrigue après le premier quart d'heure, et il n'y a pas vraiment de "moment fort": on avance simplement vers l'inéluctable.
N'empêche, ce film est une dissertation vraiment originale et intéressante autour du thème du "passage à l'acte" (une vengeance en l'occurrence). Dès le début, le récit semble complètement déraper, et le suspense (très présent) se situe finalement là où on ne l'attend pas: on craint moins la mort du héros que l'absurdité de sa démarche.
Finalement, le cadre (la trame, les scènes) compte assez peu par rapport à l'état d'esprit de ce personnage qui, sans que cela soit vraiment montré, subit les pires tortures intérieures pour tenter d'agir "fidèlement" à sa pulsion vengeresse, malgré sa moralité, son rejet physiologique de la violence, sa conscience de la proximité entre le suicide et le meurtre, etc.
Bref, on est à 1000 lieues de Tarantino et ça fait du bien!
Mise en scène irréprochable, acteurs géniaux... mais là-dessus tout le monde semble d'accord! :-)
Pas mal du tout tres bon film d'auteur, l'image est tres leche la qualité et l'ambiance font pensé a Tyrannosaur. Par contre c'est assez violent parfois c'est un peu dur de regarder les deux yeux grand ouvert. Le film manque un peu de dialogue et l'acteur une fois rasé perd son coté obscur et sauvage et je trouve qu'il manque de charme, meme si c'est un tres bonne acteur A découvrir
Une histoire de vengeance poussive et sans véritable enjeu. L'effroi qu'elle voudrait provoquer ne se lit que sur le visage du personnage principal, ce qui est loin de suffire. Le spectateur, lui, reste totalement froid à ces querelles de famille qui voudraient rappeler les tragédies grecque,s, mais finissent pas sombrer dans le ridicule. Quand je pense que certains ont comparé ce film aux frères Coen... Pourquoi pas à Shakespeare, tant qu'ils y sont ?
Je ne comprends pas vraiment l'engouement pour ce film. Oui, l'acteur principal est bon, mais l'histoire tirée par les cheveux m'a beaucoup agacé. De plus la violence omniprésente gâche tout.
Cette vendetta sanglante, par sa violence et son humour noir, pourrait rappeler les premiers films de Tarantino. Pourtant, cet étalage d'hémoglobine n'est pas gratuit : c'est une charge sans complaisance contre le goût des Américains pour les armes à feu. Une banale histoire d'adultère va entrainer un massacre, comme il s'en produit régulièrement aux Etats unis, paradis des serial killers et des mass murders. On peut toutefois regretter que certains passages soient un peu longuets, d'autres assez conventionnels et surtout que le scénario ne ménage aucune surprise, sauf à la fin. Par moments, on se désintéresse un peu du sort de cet anti héros ordinaire.
Situé quelque part entre "Shotgun stories" de Jeff Nichols et "Cold in July" avec Sam Shepard, un polar rural à l'atmosphère étouffante absolument brillant ou comment la violence fait irruption dans la vie de citoyens ordinaires. Un film loin des standards habituels, étrangement magnétique, remarquable malgré son apparente simplicité. Macon Blair est excellent, une très bonne découverte.
Film noir, épopée d un homme qui va venger la mort de ses parents le jour où il apprend que le tueur sort de prison. Filmé de manière réaliste et quotidienne, sans concession ni effet théâtral hollywoodien, on assiste aux trébuchements d un type débilisé par 10 ans de clochardise, qui reprend doucement et maladroitement la main pour mener à bien sa quête. Son évolution nous force à réaliser qu il est techniquement si facile d assassiner quelqu un sans avoir besoin de beaucoup d atouts en Amérique, avec aussi peu de moyens que de sentiments ou d état d âmes. Et en plus, on y apprendra progressivement, jusqu au massacre final, les éléments successifs et dérisoires de la pathétique vérité du drame passé.
Un excellent thriller captivant de bout en bout. Un drame violent et subtil. Un pur moment de violence et d'émotion à l'état brut. Une merveille comme dirait les Inrockuptibles , mon magazine préféré. Un bon sujet de polar qui a eu un prix au festival de Cannes en 2013.
"Blue Ruin" est un vrai film noir : il raconte patiemment le mécanisme fatal d'un engrenage de vengeance qui exterminera une famille entière, prenant sa source dans une sorte "d'idiotie" mutique (le Sud des Etats Unis, vu ici comme une région particulièrement arriérée où seules les armes parlent) et s'accélérant par le jeu combiné du hasard (ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas dans le programme de vengeance de Dwight) et de la "nécessité" (survivre en marge de la société, sauver sa famille menacée). Un très beau scénario simple, linéaire et "taiseux", qui rappelle d'ailleurs plus le meilleur Manchette pour son implacabilité que Jim Thompson, magnifiquement mis en scène par le jeune Jeremy Saulnier… Car "Blue Ruin" est aussi un film bleu : cette couleur si antithétique avec les codes du thriller est partout à l'écran, depuis la fameuse Pontiac déglinguée qui donne son titre au film, jusqu'à une douce invasion de l'atmosphère toute entière, comme pour relativiser la laideur du monde et des humains. Un vrai geste d'auteur (Saulnier a écrit, financé, réalisé et photographié son film), une belle attention aux objets - pas gratuite pour autant, comme l'indique le dernier plan - et surtout au rythme, parfaitement juste tout au long de la brève heure et demie de "Blue Ruin". On est très près ici du chef d'œuvre, tant on se sent emporté par cette vision hypnotique, mais régulièrement traversée d'éclairs de folie maladroite, d'un monde absurde. Un peu à la manière des Coen, si l'on veut, mais sans une trace d'humour, ce qui est (peut-être) encore mieux.