Jodorowsky's Dune
Note moyenne
4,2
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70 critiques spectateurs

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Alscyom
Alscyom

29 abonnés 87 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juillet 2020
Le docu est extrêmement bien ficelé, avec tout ce qu'il faut de niveau de détail pour parler au fan de l'univers que je suis. Au fil des années et de ce que j'en savais jusque là, pour moi le film voulu par Jodorowski aurait été un énorme nanar, typique des années 70 et largement pire que le film de 84. Oui, j'insiste et signe.
Une fin complétement détournée, un trip permament façon LSD, des acteurs délirants juste là pour montrer leurs tronches : je reste de cet avis mais ces 87 minutes m'ont montré qu'il y aurait pu certes en effet avoir plusieurs plans cultes, de grandes innovations et peut-être ainsi échapper au statut différent de "navet". Mais ce en supposant que le financement et la technique auraient suivi ; ce qui, comme on le sait, n'était vraiment pas assuré.
La motivation et l'entrain d'Alejandro font en tout cas très plaisir à voir et sont communicatives, ce même 40 ans après.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2016
C’est l’histoire d’un film qui n’a pas pu se faire. Jodorowsky voulait adapter la bible de la SF « Dune » et a travaillé pendant un an à réunir l’équipe nécessaire à sa réalisation. Un véritable story-board a même été conçu à travers les 3.000 dessins de Moebius. C’est tout ce travail préparatoire que nous révèle ce documentaire extraordinaire, par la complexité de l’œuvre envisagée et les moyens mis en forme par un réalisateur qui avec son grain de folie revendiqué a fait peur aux producteurs hollywoodiens. Qu’on aime ou pas le cinéaste, qu’importe, c’est une leçon de vie et de chose que nous montre cet excellent documentaire, où le principal intéressé n’est pas avare de sentiments, d’émotions et de doux délires. Si vous voulez savoir ce qu’il a pensé du film que Lynch a réalisé sur le même sujet, il suffit de lui demander…
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Bulles de Culture
Bulles de Culture

147 abonnés 634 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 mars 2016
Le travail acharné d’Alejandro Jodorowsky et de son équipe de guerriers pour adapter le roman de Frank Herbert n’aboutira jamais, les studios américains ayant peur de la personnalité du cinéaste chilien.

Reste aujourd’hui de cette histoire ce Jodorowsky’s Dune dont le sujet ainsi que la personnalité fascinante du chilien en font un documentaire vraiment passionnant.
Antoine D.
Antoine D.

47 abonnés 343 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 février 2019
Jodorowsky’s Dune, documentaire sur une comète cinématographique qui n’a jamais pu entrer en collision avec la Terre, mais dont les effets se sont fait ressentir dans tout le septième art.

Ce film sur ce qu’aurait été LE film, qui avait la prétention d’être un nouveau 2001 l’odyssée de l’espace, a de quoi nous faire saliver grâce aux principaux initiateurs du projet : Alejandro Jodorowsky et Michel Seydoux. Difficile d’en dire plus, il faut le voir pour le croire.
Nathalie R
Nathalie R

27 abonnés 144 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 mars 2016
Très bon documentaire sur le film le plus culte de la SF qui n'a jamais existé.
Le témoignage de Jodorowsky, toujours aussi passionné et extravagant, nous plonge dans l'univers du film Dune qui a, même s'il n'a pas vu le jour sur grand écran, marqué le cinéma de science fiction à tout jamais et continue à vivre d'une certaine manière.
Le travail réalisé par les artistes Moebius, Giger, O'Bannon et Foss est remarquable, et encore plus mis en valeur grace à la BO composée par Kurt Stenzel, plongeant le spectateur dans cet univers métaphysique unique.
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kiki stardust
kiki stardust

1 critique Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 mai 2020
Si le sujet vous intéresse je vous conseille ce film / documentaire. Rien que pour les images des travaux de Moebius ou Giger le film mérite d'être vu par tout fan de SF.

Le Dune de Jodorowsky est avant tout une utopie, un projet beaucoup trop ambitieux pour son époque mais surtout pour son réalisateur. Un film avorté fantasmé par beaucoup de fans de SF, souvent en opposition avec le Dune de David Lynch.

Jodorowsky est avant tout un escroc génial, dont la force est d'avoir su fédérer autour de son projet des talents comme Moebius, O'Bannon ou Giger. Mais il a beau marteler qu'il est un génie pendant à peu près toute la durée du film, c'est lui et personne d'autre qui a plombé son projet. Touche-à-tout pas si talentueux, illusionniste, charmeur, rêveur, un peu escroc, mégalo, déraisonnable... il n'était tout simplement pas le chef d'orchestre à la hauteur d'un tel projet.

Pour le reste après un bon démarrage le documentaire finit presque par agacer, entendre Jodorowsky et Seydoux s'envoyer des fleurs à longueur de film, il y avait mieux à faire. J'aurai aimé une remise en question des acteurs de l'époque, que le documentaire creuse les raisons de l'échec autre que "c'est la faute d'Hollywood".

Je ressors de ce documentaire avec quelques belles images dans la tête et surtout une certitude : heureusement que le film n'a jamais été tourné.
Caverneux Boutonneux
Caverneux Boutonneux

8 abonnés 55 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 août 2022
Du rêve, c'est ce que vend ce documentaire.

Voir autant de personnes passionnées parler du plus grand projet cinématographique jamais organisé, ça fait rêver.

Voir Alejandro Jodorowsy nous raconter avec tellement d'entrain et de bonne humeur son histoire complètement dingue, ça fait encore plus rêver.

Ah, ça ! Il n'y a pas à dire : Jodorowsky's Dune s'adresse à tous les amoureux du cinéma, de près ou de loin, mais surtout à ceux qui ont cette germe artistique qui sommeille au fond d'eux et qui ne demande qu'à se réveiller.

Moi, personnellement, je me suis senti comme un gamin quand j'ai regardé ce documentaire. Pas péjorativement - ça non ! - mais je vois à travers ce cher Alejandro une passion et une imagination sans limite, et ça m'a rappelé une époque antérieure où le jeune Aphelion s'amusait avec ses jouets pour faire des histoires incroyables dans sa tête dont il était le seul à pouvoir comprendre.

Car nous nous sommes tous vus fantasmer sur nos années innocentes où notre insouciance faisait notre magie, où on se sentait capable de croire en tout, et surtout en nos rêves les plus fous.

Et Jodo (j'utilise le petit nom que ses collègues lui donnent), quand on l'entend parler de cinéma, de ses projets, et donc de son adaptation avortée de Dune.

Il n'en parle jamais avec regret, avec déception, non. Il en parle comme si c'était la plus belle chose de sa vie. Là où chez ses anciens guerriers spirituels comme Michel Seydoux l'aventure est narrée avec amertume telle une histoire tragique, le Jodo lui il se lève de sa chaise et il nous raconte le film comme s'il avait réellement existé, avec des yeux emplis de passion, d'énergie (à 84 ans tout de même, le bougre se conserve bien !), comme nous quand on faisait nos histoires avec 3 pauvres pièces de Lego. Jodo est un rêveur qui avait des ambitions plein la tête et dont il a essayé du mieux qu'il peut, en donnant tout de lui-même pour y aboutir.

Ça ne m'étonne même pas que Jodo se soit tourné dès ses débuts dans le cinéma expérimental. Quand une personnalité aussi exubérante prend une caméra elle doit s'exprimer à sa manière. C'est ce qui aura valu l'échec de Dune, mais c'est surtout ce qui aura donné la légende autour de cet échec, et la légende autour de ce réalisateur. C'est beau de voir quelqu'un autant croire en soi, quelqu'un avec autant de conviction et de passion, quelqu'un qui a choppé une caméra car il adore les films et qu'il voulait y apporter quelque chose de nouveau, et cette nouveauté il l'a apportée ! El Topo, La Montagne Sacrée, ils ont marqué le cinéma ces films, et quelque part c'est bien son projet Dune jamais abouti qui a le plus changé la face du Septième Art, et pour Jodo c'est ce qui en fait malgré tout sa réussite. Si on veut faire quelque chose on peut se donner les moyens de le faire. Si on veut faire une œuvre qui va complètement changer son art, on n'a qu'à la faire. Et si ça rate, qu'importe. Oui, on ressort frustrés de Jodorowsky's Dune car on ne verra jamais ce chef-d'œuvre sur nos écrans. Mais on en ressort plus comblés que jamais, et plus que jamais dorénavant j'ai envie de prendre une caméra et faire des trucs que je veux faire, comme un gosse qui s'amuse avec son jouet, je veux être honnête et mettre en forme ce qui sommeille en moi depuis toujours, je le sens, et cette flamme brille dans mon for intérieur.

Je me sentirais presque coupable de mettre "seulement" 4 étoiles à ce documentaire vu qu'il m'a fait vibrer comme jamais. Parce que osons se l'avouer, si le propos est passionnant et d'une justesse folle, la forme est quant à elle beaucoup moins travaillée et beaucoup trop classique pour un documentaire. Bien sûr on a ces extraits de storyboard animés qui nous font presque vivre le film, mais les cadres sont la plupart du temps vides d'originalité, et on aurait gagné à avoir à mon goût plus d'extravagances (enfin zut quoi, on parle d'Alejandro Jodorowsky !). C'est dommage d'avoir si peu d'inventivité quand on raconte une histoire aussi passionnante.

Mais dans la finalité l'expérience reste la même. Je ne suis pas vraiment frustré de ne pas pouvoir regarder l'adaptation de Jodorowsky de l'œuvre de Frank Herbert, vu que je l'ai presque vécu, et le réalisateur en parle avec tellement de plaisir que je ne peux être qu'heureux pour lui.

Je suis un rêveur. J'aime rêver d'ambition, j'aime écrire des idées par ci par là, j'ai été le public cible de ce documentaire. Il a tellement fait appel à la fibre artistique de chacun que j'en suis ressorti profondément apaisé, parce que je me suis senti enfin compris.

Je n'ai jamais vu de films de Jodorowsky. J'en verrai, c'est certain, je ne sais même pas si je vais accrocher ou non. Mais pour partager sa vision de l'art, ce monsieur a gagné tout mon respect et toute mon admiration. Merci, vraiment, merci Jodo d'avoir tant apporté. Merci d'avoir pris les plus gros risques et d'avoir prouvé à tout le monde qu'on a le droit d'échouer, et qu'on a le devoir d'essayer. Merci d'avoir essayé. Que dis-je : merci d'avoir rêvé !
Alexis C.
Alexis C.

11 abonnés 444 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mars 2018
Un documentaire bien construit sur le film jamais réalisé le plus connu. On a une belle vue d'ensemble de ce qu'aurait pu être le film, des raisons de son échec et de ce qui est né de cet échec.
L'implication des protagonistes est importante et sans langue de bois, c'est appréciable. Cependant ils tendance à s'envoyer des roses en insistant sur le fait qu'il aurait été le plus grand film de science-fiction et qu'il a inspiré une partie conséquente du cinéma de genre de la fin des années 70 à aujourd'hui. Il y a un manque de remise en question et de modestie qui me dérange un peu. Parce que si sur le papier ce Dune fait baver, qu'en aurait-il été à l'écran? Jodo avait clairement la folie des grandeurs et il est évident que ce soit aussi bien humainement que techniquement sa vision de Dune était très difficilement réalisable. Mais il a cru en son rêve et il peu se consoler en se disant, ce qui est souligné dans le documentaire, qu'est né de cet échec les sagas BD L'Incal, les Métabarons (et dérivés) et bien entendu la célèbre saga cinématographique Alien. D'ailleurs j'ai apprécié que le film se termine sur cette note positif en parlant des "enfants" de Dune.
Yaes
Yaes

5 abonnés 43 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mai 2020
Comment un film qui n’a jamais été tourné a-t-il pu influencer 40 ans de cinéma ? C’est la question essentielle posée par ce documentaire passionné et passionnant.
En 1975, Michel SEYDOUX veut absolument travailler avec Alejandro JODOROWSKY, cinéaste ésotérique s’il en est. En effet, qui a vu les films mexicains « La montagne sacrée » et « El topo » ? Pas grand-monde, c’est certain, mais sûrement plus que ceux qui les ont compris. Mais le producteur français est sous le charme et donne carte blanche au cinéaste chilien. Celui-ci veut absolument adapter « Dune », l’ouvrage titanesque de Franck HERBERT, sorte de « Guerre et paix » dans l’espace. Le projet est coopté et le financement validé.
S’ensuit alors la mise en place d’une vision plus que d’un film ou d’une œuvre de cinéma. « Jodo », comme l’appellent ses fans, s’identifie soudain à Paul ATREIDES, le héros du roman, et constitue autour de lui une armée de fidèles soldats, prêts à défendre jusqu’au bout ce projet fou. Ces « guerriers » deviendront tous des spécialistes reconnus dans leurs domaines respectifs.
Le projet avortera au bout d’un an de pré-production, faute de financements suffisants et tous ces artistes, à l’exception de Jodorowsky se retrouveront un an plus tard sur un autre projet qui révolutionnera la science-fiction : « Alien » de Ridley SCOTT. Il s’agit là d’un scénario de Dan O’BANNON (décorateur sur Dune), d’une créature imaginée et dessinée par H.R GIGER (décorateur sur Dune). Même Chris FOSS, le célèbre illustrateur a été sollicité pour le film anglais alors qu’il avait dessiné les vaisseaux pour Jodorowsky. Jean GIRAUD, alias MOEBIUS qui devait dessiner les différentes planètes pour le chilien concevra les costumes des astronautes d’ « Alien », avant de s’en retourner à la bande dessinée, notamment avec « Jodo » au scénario pour la série l’ « Incal », qui recycle nombre d’idées de Dune.
Comme dans un bon polar, les péripéties s’enchaînent et les personnages s’accumulent (avec un casting impensable (Pink Floyd, Salvador DALI, Brontë JODOROWSKY, Orson WELLES et Mick JAGGER) jusqu’à l’issue inéluctable de l’échec. Malgré tout, Jodorowsky avait fait faire un story board complet de son film à Moëbius pour le présenter aux financiers américains, afin d’obtenir les cinq millions de dollars nécessaires à la poursuite du projet. Ils l’ont tous vu et ont refusé, effrayés par l’ampleur du film envisagé. Mais c’est à ce prix que des films majeurs comme « Total recall », « Star wars », « Blade runner » ou même « Matrix » et bien sûr « Alien » et ses suites ont subi l’influence de ce film qui n’a jamais existé.
Une enquête haletante ponctuée d’entretiens avec les principaux intéressés (notamment le producteur et le cinéaste dont les personnalités sont aussi contrastées que l’affection qui les unit) et de documents d’archives incroyables, comme des extraits du fameux story board, permettent de cerner un phantasme de film pharaonique et pose en creux la question du sens et de l’utilité de l’art. Tout vrai cinéphile se doit d’avoir vu « Dune » selon la version de Jodorowsky !
Kincaid
Kincaid

6 abonnés 544 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mars 2024
« Le cinéma n’est pas une industrie, c’est un art », avec cette citation liminaire de Jodorowsky, on a tout de suite compris les deux faces paradoxales que va nous apporter ce documentaire. Pile : c’est vraiment du pain béni pour tous les apprentis scénaristes, réalisateurs, metteurs en scène, car le documentaire nous montre exactement TOUT ce qu’il ne faut pas faire quand on veut vraiment faire un film. À la fin, sans spoiler, puisque tout le monde le sait, Jodorowsky ne fera jamais « Dune ». Il a présenté à Hollywood un storyboard remarquable, pour un film de douze heures ! Bon, ça aurait pu faire une petite franchise à la Star Wars, en quatre épisodes, mais si Hollywood a dit « niet », c’est pour le second point développé par ce documentaire. Face : c’est le Jodorowsky visionnaire, créateur, « gourou », qui décroche des talents comme toi tu vas cueillir des fleurs dans ton jardin. Une énergie mentale incroyable et qui embarque un tas de grands artistes (Giger, Moebius, Foss, Corben, O’Bannon …) vers un naufrage assuré. Il contacte les plus grands de la musique des années 70 (Pink Floyd, Tangerine Dream, Magma, Mike Oldfield…) et les acteurs les plus célèbres seront au casting (David Carradine, Orson Welles, Mick Jagger, Alain Delon, Charlotte Rampling, Amanda Lear ! Dali !). Voilà tout ce que peut faire un génie. Et tout rater à la fin. J’ai adoré les tendances « interprétatives » : il va dans un restau où se trouve un grand acteur et, coïncidence, il tombe nez à nez avec ce grand acteur. Incroyable ! Moi aussi, ça m’est arrivé l’autre jour : je prends un rendez-vous chez mon dentiste, j’y vais, et paf ! Coïncidence, je tombe sur mon dentiste ! C’est cosmique ! Non, j’ai pas dit comique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 mars 2015
Ce film raconte toute la pre production de Dune de Jodorowsky qui ne c'est jamais fait. C'est assez horrible de voir tout ce qui a été fait sans jamais que ce soit utilisé mais le film a un message d'espoir et Jodo nous dit "c'est pas grave"
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 27 juillet 2014
C’est passionnant : Jodorowsky, sa vie, son oeuvre et lui en interview… on ressent vraiment que ce projet aurait pu donner l’un des meilleurs films du monde, voir même, le premier pas vers une révolution des consciences. Un film qui allait tellement dépasser sa propre condition de film, que même non réalisé, il continue encore maintenant d’influencer les esprits. Donc au final, on perçoit la même excitation pour ce Dune que Jodorowsky lui-même, mais on en ressort avec l’immense frustration de savoir qu’on ne le verra jamais…
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 2 juillet 2022
Du rêve, c'est ce que vend ce documentaire.

Voir autant de personnes passionnées parler du plus grand projet cinématographique jamais organisé, ça fait rêver.

Voir Alejandro Jodorowsy nous raconter avec tellement d'entrain et de bonne humeur son histoire complètement dingue, ça fait encore plus rêver.

Ah, ça ! Il n'y a pas à dire : Jodorowsky's Dune s'adresse à tous les amoureux du cinéma, de près ou de loin, mais surtout à ceux qui ont cette germe artistique qui sommeille au fond d'eux et qui ne demande qu'à se réveiller.

Moi, personnellement, je me suis senti comme un gamin quand j'ai regardé ce documentaire. Pas péjorativement - ça non ! - mais je vois à travers ce cher Alejandro une passion et une imagination sans limite, et ça m'a rappelé une époque antérieure où le jeune Aphelion s'amusait avec ses jouets pour faire des histoires incroyables dans sa tête dont il était le seul à pouvoir comprendre.

Car nous nous sommes tous vus fantasmer sur nos années innocentes où notre insouciance faisait notre magie, où on se sentait capable de croire en tout, et surtout en nos rêves les plus fous.

Et Jodo (j'utilise le petit nom que ses collègues lui donnent), quand on l'entend parler de cinéma, de ses projets, et donc de son adaptation avortée de Dune.

Il n'en parle jamais avec regret, avec déception, non. Il en parle comme si c'était la plus belle chose de sa vie. Là où chez ses anciens guerriers spirituels comme Michel Seydoux l'aventure est narrée avec amertume telle une histoire tragique, le Jodo lui il se lève de sa chaise et il nous raconte le film comme s'il avait réellement existé, avec des yeux emplis de passion, d'énergie (à 84 ans tout de même, le bougre se conserve bien !), comme nous quand on faisait nos histoires avec 3 pauvres pièces de Lego. Jodo est un rêveur qui avait des ambitions plein la tête et dont il a essayé du mieux qu'il peut, en donnant tout de lui-même pour y aboutir.

Ça ne m'étonne même pas que Jodo se soit tourné dès ses débuts dans le cinéma expérimental. Quand une personnalité aussi exubérante prend une caméra elle doit s'exprimer à sa manière. C'est ce qui aura valu l'échec de Dune, mais c'est surtout ce qui aura donné la légende autour de cet échec, et la légende autour de ce réalisateur. C'est beau de voir quelqu'un autant croire en soi, quelqu'un avec autant de conviction et de passion, quelqu'un qui a choppé une caméra car il adore les films et qu'il voulait y apporter quelque chose de nouveau, et cette nouveauté il l'a apportée ! El Topo, La Montagne Sacrée, ils ont marqué le cinéma ces films, et quelque part c'est bien son projet Dune jamais abouti qui a le plus changé la face du Septième Art, et pour Jodo c'est ce qui en fait malgré tout sa réussite. Si on veut faire quelque chose on peut se donner les moyens de le faire. Si on veut faire une œuvre qui va complètement changer son art, on n'a qu'à la faire. Et si ça rate, qu'importe. Oui, on ressort frustrés de Jodorowsky's Dune car on ne verra jamais ce chef-d'œuvre sur nos écrans. Mais on en ressort plus comblés que jamais, et plus que jamais dorénavant j'ai envie de prendre une caméra et faire des trucs que je veux faire, comme un gosse qui s'amuse avec son jouet, je veux être honnête et mettre en forme ce qui sommeille en moi depuis toujours, je le sens, et cette flamme brille dans mon for intérieur.

Je me sentirais presque coupable de mettre "seulement" 8/10 à ce documentaire vu qu'il m'a fait vibrer comme jamais. Parce que osons se l'avouer, si le propos est passionnant et d'une justesse folle, la forme est quant à elle beaucoup moins travaillée et beaucoup trop classique pour un documentaire. Bien sûr on a ces extraits de storyboard animés qui nous font presque vivre le film, mais les cadres sont la plupart du temps vides d'originalité, et on aurait gagné à avoir à mon goût plus d'extravagances (enfin zut quoi, on parle d'Alejandro Jodorowsky !). C'est dommage d'avoir si peu d'inventivité quand on raconte une histoire aussi passionnante.

Mais dans la finalité l'expérience reste la même. Je ne suis pas vraiment frustré de ne pas pouvoir regarder l'adaptation de Jodorowsky de l'œuvre de Frank Herbert, vu que je l'ai presque vécu, et le réalisateur en parle avec tellement de plaisir que je ne peux être qu'heureux pour lui.

Je suis un rêveur. J'aime rêver d'ambition, j'aime écrire des idées par ci par là, j'ai été le public cible de ce documentaire. Il a tellement fait appel à la fibre artistique de chacun que j'en suis ressorti profondément apaisé, parce que je me suis senti enfin compris.

Je n'ai jamais vu de films de Jodorowsky. J'en verrai, c'est certain, je ne sais même pas si je vais accrocher ou non. Mais pour partager sa vision de l'art, ce monsieur a gagné tout mon respect et toute mon admiration. Merci, vraiment, merci Jodo d'avoir tant apporté. Merci d'avoir pris les plus gros risques et d'avoir prouvé à tout le monde qu'on a le droit d'échouer, et qu'on a le devoir d'essayer. Merci d'avoir essayé. Que dis-je : merci d'avoir rêvé !
Camilleri J
Camilleri J

1 abonné 64 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mars 2016
Pour un amateur de Dune, c'est très plaisant de replonger dans cette univers. Celui proposé par Jodo est vraiment délirant avec des personnages très haut en couleurs. C'est sur que s'attaquer à la transcription de ce livre en film est très délicat tellement le livre est écrit pour que chacun imagine son univers. C'est vrai aussi que le film de Lynch m'avait très moyennement plu, je pense que celui de Jodo m'aurait plus accroché tout en me laissant sur ma faim quand même. Peut-être maintenant avec les effets spéciaux modernes mais je crois vraiment qu'il y a des livres qu'il vaut mieux laissé en livre. Par contre, les travaux avec Moebius et l'Incal ou les meta-barons alors là c'est vraiment du très bon résultats. Et je crois que c'est ce qui pouvait arriver de mieux car Dune est un roman fantastique celui qui a marqué mon adolescence bien plus que n'importe quel film !
Puda
Puda

1 abonné 273 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 août 2025
Je suis contente que cette version de Dune ne soit jamais sortie. Quelle catastrophe ça aurait été ! Est-ce que les gens connaissent la filmo de Jodorowsky ? Non parce que si une version de Dune avait bidé de manière hallucinante, ça aurait bien été cette celle-ci ! Et pourtant j'aime plutôt bien celle de Lynch.

Jodorowsky c'est avant tout un visionnaire barré qui fait surtout des films d'auteur qui ont fonctionné parce que dans les années 70, on recherchait justement des trucs bien psychédéliques ! Alors certes, Lynch était aussi un visionnaire barré mais il a fait Muholland Drive... énorme succès critique (à défaut d'être commercial parce que Lynch n'aura jamais été un réal de films à succès au box office). Jodorowsky par contre, à part aimer le cinéma de genre, peu de chances que vous le connaissiez ! Donc imaginer qu'on ait pu lui proposer un projet comme Dune est assez hallucinant pour être souligné.

Jodorowsky a aussi très clairement le syndrome du mégalo et passe son temps à s'envoyer des fleurs avec Seydoux dans ce documentaire ma foi quand même bien vide puisque le film ne fut jamais qu'un projet avec des storyboards conçus par Moebius. (J'espère qu'il fut grassement payé vu le nombre fourni !)

A part être un fan ultime de Dune, je ne vois pas bien l'intérêt de ce doc. Il s'agit litéralement d'interviews mises les unes derrière les autres avec quelques storyboards ici et là ou d'images venant de films de Jodorowsky.
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