Pour son dernier film, Woody Allen régale avec l’atmosphère des années 20’ qu’il sait si bien retranscrire. Dans une lumière tamisée superbe, Woody recrée ces grandes soirées, ces airs superbes, ces voitures étonnantes qui firent le grandiose des « Roaring Twenties » Et dans ce contexte si oniriques, si nostalgique, on assiste justement à une histoire de magie. Magie, vraiment ou illusion ? Magie ou machination ? On ne sait pas vraiment. Un prestigieux magicien anglais arrive sur la Côte d’Azur pour démasquer celle qui est selon lui une fausse médium. Au lieu de ça, il en tombe secrètement amoureux. L’amour est-il une illusion, une vraie force invisible ? Evidemment, en bon héros « Allenien », Colin Firth incarne un personnage pessimiste, désabusé et profondément terre à terre. Pas du genre à se laisser aller à la passion ou quelque autre inclinations inférieures. Malgré ça, tout au long du film, il est comme un funambule sur le fil du rationnel, ne sachant jamais comment cela va se terminer. Et il faut toute la magie de la vie pour le faire (peut-être) changer d'avis,revenir sur son esprit cartésien. D'une ballade nocturne à l'observatoire aux grands bals dorés, en passant par des ballades en voiture enivrés par des musiques sublimes. Et évidemment la magie d'un sourire, celui de la femme aimée, comme quoi tout homme, aussi maîtrisé soit-il, ne peut résister à l'amour, et c'est tant mieux.
Pour la fin de sa longue vie, Woody Allen introduit (enfin) plus d'espoir que jadis. Lui, le névrosé éternel entrevoit enfin une lueur d'espoir comprenant le besoin de la passion et du rêve chez l'humain. Comme le toit de l'observatoire s'ouvre doucement sur le ciel au clair de Lune, il commence peut-être un long chemin vers l'optimisme. Qui sait ?