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Un visiteur
1,5
Publiée le 6 octobre 2013
Partant d'une idée osée (réaliser un film au coeur d'un évènement suivi par un pays entier), sur un thème d'actualité (garde des enfants chez un jeune couple séparé pas très mature l'un comme l'autre), on aurait pu assister à un film intéressant avec une vraie force dans les images, tournée au coeur d'une foule pleine d'énergie. Hélas, dès la première image un bébé hurle pendant 15 minutes, puis les adultes prennent le relais pendant le reste du film. Fatiguant, énervant, déprimant. Réaliste peut-être, mais expérience cinématographique insupportable. Une meilleure écriture et réalisation auraient sans doute pu rendre ce film plus fort sans pour autant dégouter le spectateur.
La petite pleure, la mère est encore en pyjama, l'amant ne fait que parler pour ne rien dire, le père est en bas de l'immeuble et veut voir ses enfants, le baby-sitter débarque dans cet appartement qui ressemble plus à un enfer (les flammes en moins) qu'à une famille. C'est le jour des élections, Hollande va être président, et la France va changer. Le spectateur débarque en plein milieu de cette bataille qui fera beaucoup de dégâts. Mais vous savez ce qu'il y vraiment de génial ? C'est qu'après avoir vu le film, on en redemanderait presque !
Filmer la rue de Solférino le jour des élections donne lieu à une mise en scène difficile à installer (autorisations, placement des caméras, figurants). Cela demande également beaucoup d'improvisation dans les mouvements et dialogues des personnages. C'est pourquoi ces derniers sont si remarquables et apportent un vent frais au cinéma français, à commencer par Vincent Macaigne, aussi déjanté qu'émouvant. C'est ici le manque de communication qui est la source de tous les problèmes. Que cela soit ce couple qui se détruit à petit feu, ou ces milliers de gens défilant dans les rues pour une cause qu'ils croient juste.
Le choix de placer son récit le 7 mai 2012 n'est pas anodin. Alors que Triet avait déjà réalisé un documentaire sur les élections présidentielles, elle va plus loin en montrant qu'au-delà de ne plus croire à la politique, on ne peut plus avoir foi en la cellule familiale non plus. Habituée à faire des documentaires, la réalisatrice manie le réel avec efficacité et dynamisme. Les plans longs et la caméra mobile donnent à son dispositif filmique un ton original et décalé. Ni figé ni trop sérieux, La Bataille de Solférino fait du bien car il ne suit aucune convention établie. Il est brouillon et donc, émancipateur. C'est l'immédiateté de la situation qui lui donne tout son charme, en plus d'interprètes qui vivent pleinement leurs rôles dans ce processus créatif libérateur.
Le plan-séquence finale représente à lui-seul les motivations de l'auteur. Donner carte blanche à ses comédiens, utiliser l'humour pour mieux dénoncer l'incommunicabilité, laisser la réalité s'emparer de la pellicule, doucement mais sûrement. Et sortir de la salle en ayant la voix grave et sensuelle de Ryan Gosling n'est pas désagréable, bien au contraire.
Jamais vu une salle de cinéma s'emmerder aussi ferme devant un film. A la fin les gens causaient entre eux, sans se demander si cette chose pouvait intéresser qui que ce soit autour d'eux ! Et personnellement, à la vue du film, j'étais mort d'inquiétude à l'idée de ce qui allait arriver à Walter White dans le dernier épisode de Breaking Bad, mais pas vraiment de comment ces deux couillons allaient régler leur problème de garde alternée... Aussi inintéressant qu'un dimanche pluvieux en novembre. Et encore, la pluie au moins c'est joli.
Faire un film sous le regard d’un sociologue qui retrace le jour de la victoire aux présidentielles de François Hollande, cela nous paraît fort intéressant. Le problème consiste à l’art qui pourrait concilier un événement de la vie privée d’un personnage avec ce grand événement de la vie de notre pays. Cette tentative nous paraît difficile car il s’agit de deux thèmes presque opposés et, malheureusement le film La Bataille de Solférino est loi d’avoir associé ces thématiques. En effet, la cinéaste Justine Triet ne parvient pas à créer un film palpitant qui saurait intéresser le spectateur. On a du mal à trouver le lien qui existe entre un fait de la vie privée d’une journaliste et la victoire de François Hollande. En examinant les deux pôles de sa thématique nous constatons que l’événement de la vie politique de la France est présenté d’une façon insignifiante, avec quelques extraits qui n’ont aucun sens et aucun rapport avec la vie privée de la protagoniste. De même on peut considérer que les enregistrements de la télévision qui doivent être dans les archives sont plus intéressants que les extraits de la cinéaste. En ce qui concerne la vie privée de la journaliste : Quel est l’intérêt de cette histoire ? S’il y a le drame d’un père qui se voit privé de voir ses enfants cela est très mal développé et les scènes d’hystérie sans une valeur esthétique particulière nous fait regretter d’être allé au cinéma. Un grand nombre de critiques a une tendance de critiquer sévèrement les films américains, mais ce n’est pas un film comme celui qui peut donner un avantage au cinéma Européen
A la fois original et réaliste, ce film met en scène des parents "bohèmes" séparés, qui se déchirent au sujet de la garde de leurs filles. Au-delà des nombreuses touches d'humour disséminées dans chaque plan et/ou séquence, il offre, grâce à l'arrière-plan omniprésent des "hollandais" et des "sarkozystes" en pleine ébullition le 7 mai 2012, une réflexion sur la solitude malgré la foule alentour, mais aussi sur la persistance (ou non...) des valeurs humanistes au moment du triomphe de la gauche. Sans aller jusqu'à dire que les personnages sont allégoriques de l'affrontement idéologique de la bataille électorale, on peut penser à ce père auquel on nie le droit de voir ses enfants spoiler: sans vraie raison , ou à ce baby-sitter rémunéré 45 euros pour une journée de travail de 13h à 2h du matin — une ironie grinçante à peine voilée. Plus personne n'est capable de communiquer, de s'entendre, tout le monde s'affronte pour des raisons aussi vagues que stupides, voilà une vraie vision de la société française actuelle. C'est rare au cinéma.
Film insipide !! Des gens qui se crient dessus deux heures durant sur un fond politique quasi inexistant me font regretter d'être aller au ciné aujourd'hui. Je ne comprend pas toutes ces merveilleuses critiques et je vous déconseille fortement d'y aller !
Un film globalement pénible et sans intérêt excepté, pour certains dont je fais partie, celui de faire revivre des moments forts du 6 mai 2012... En somme, une journaliste totalement hystérique et son ex-compagnon (finalement un peu plus sensé qu'elle) passent leur temps à crier, les gosses braillent, le baby-sitter est aussi inconséquent que le jeu du comédien supposé l'incarner... bref c'est aussi long qu'un dimanche de second tour, l'espoir d'un dénouement heureux en moins... Pourtant, vers la fin, une ou deux scènes drôles et touchantes rattrapent un peu l'affaire.
...je suis tombé par hasard sur cette Bataille de Solférino. Cette comédie, tour à tour dramatique et loufoque, sort à mon goût de l'ordinaire. Dans un premier temps, j'étais un peu mal à l'aise et j'ai trouvé les personnages plus que détestables. Les enfants qui hurlent en permanence, la mère débordée, le baby-sitter complètement idiot, le père limite psychopathe, etc...Mais dès que l'action sort du huis-clos de l’appartement et que...
Un film qui tout en évitant pas la possible empathie avec personnages et situations, porte un regard d'une rare force sur notre époque contemporaine, sans oublier d'avoir de l'humour, beaucoup d'humour.
Mise en scène excellente, direction et jeu d'acteur hors normes, réalisation qui ne perd jamais de vue ses enjeux et ne se noie jamais dans des effets qu'il aurait pourtant été facile de surexploiter.
De passage en France je découvre avec grand plaisir que le cinéma français n'est pas mort et enterré dans ces productions un peu niaises dans lesquelles on a l'habitude de le voir à l'étranger....Voilà un film inspiré et inspirant. Merci!
Deux étoiles pour la performance d'avoir tourné ce film en pleine immersion de la soirée de l'élection de F Hollande le 6 mai 2013 . Pour autant le parallélisme passé (entre le divorce de la nation et du couple ); on s'ennuie rapidement et même (comme piégé) un certain malaise s'installe !
Ce film est d'une force incroyable! Il y a très très très longtemps qu'un film français, un premier film qui plus est, ne m'avait frappé à ce point! Quelque chose de la force de Cassavetes, de Pialat, quelque chose de l'énergie de Valérie Donzelli mais en beaucoup plus juste, sincère, complexe, intelligent, fin, vivant!!! Courez voir cette bouffée d'air frais, de justesse, on n'a plus vu des acteurs aussi vrais depuis des lustres... Le mélange d'instinct et d'intelligence, qu'il s'agisse des acteurs ou de l'écriture, de la mise en scène, est remarquable. C'est tout simplement bouleversant, le meilleurs film français de l'année! L'impression que quelque chose se passe, se libère, s'invente, avec une audace folle... Tellement loin des films lisses, polissés, timorés qui nous entourent... Filmer la France, le présent comme ça, c'est impressionnant...
Portée par des acteurs hallucinants et une mise en scène millimétrée, la Bataille de Solférino retrace la journée d'un couple en guerre qui s'affronte au coeur des élections présidentielles de 2012. La justesse de ton, l'absence de complaisance, et le parfum de modernité sauvage qui en ressort font de ce film un véritable chef d'ouvre dont on va longtemps entendre parler. À voir absolument !!