La Nina de Fuego
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ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 septembre 2015
Hip hip hourra! Bunuel et Almodovar peuvent dormir tranquilles dans leurs tombes. Je sais, Almodovar n'est pas mort.... sauf pour le cinéma depuis qu'il s'est recyclé dans le commercial. On pourrait citer aussi Alejandro Amenabar.... Y a pas à dire, il y a dans l"âme" hispanique une relation spéciale avec le fantastique, ce baroque qui joue entre morbidité et érotisme. Dans cette veine, Carlos Vermut est très très fort!

Par quelle ruse diabolique du destin les vies de Barbara et de Luis ont -elles pu s'entrecroiser? Luis (Luis Bermejo) est un professeur au chômage, et la petite fille dont il s'occupe seul, une petite porcelaine de Saxe de douze ans férue de mangas, est en train de mourir de leucémie. Lui faire un dernier plaisir, ce serait lui offrir la robe qu'un grand couturier nippon a conçue pour un film, un modèle unique..

Barbara est une très jolie jeune femme (et Barbara Lennie est incroyablement jolie!), légèrement chtarbée, qui vit plus ou moins recluse et sous camisole chimique (à vrai dire elle arrive à recracher le plus souvent la médecine qu'Alfredo lui a fait prendre) chez son mari psychiatre; elle semble en être très amoureuse, en tous cas elle lui est entièrement soumise.

Pourtant, cette femme douce et passive doit avoir une face dangereuse puisque Damian (José Sacristan), qui fût son professeur, préfèrerait rester en prison plutôt que d'avoir à la croiser à nouveau! Pourquoi Damian a t-il fait dix ans de prison? On l'ignorera, mais Barbara doit y être pour quelque chose. Et, lorsqu'elle a des ennuis, c'est vers lui qu'elle se retourne....

Voilà, entre ces trois là le film va progresser à petits pas, lentement, doucement, d'une façon presque onctueuse. On a peur, mais on ne sait pas pourquoi. On attend quelque chose, mais on ne sait pas d'où la chose viendra. On est souvent dans de grands appartements un peu sombres et plutôt tristes. Il y a un soupçon de fantastique, mais aucune invraisemblance, au contraire l'action avance avec la rigueur de l'inéluctable. Le climat feutré qui s'instaure est exceptionnel.....

La Niña de Fuego? C'est un chant flamenco. Et le film est à voir absolument pour tous ceux qui aiment le cinéma espagnol et ces thrillers d'autant plus violents qu'il n'y a aucune violence apparente.... A voir, à voir, à voir.
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 3 novembre 2016
"La niña de fuego" nous arrive d'outre-Pyrénées précédé d'une réputation flatteuse. Pour Almodovar c'est la "révélation du siècle". pas moins !
Et il est vrai que cette Niña-là rappelle les derniers films du maître.
Même ambiance glacée que dans "La Piel que habito" ; même scenario compliqué que dans "Etreintes brisées".
mais la comparaison s'arrêt là hélas.
Car ce qui marche si bien chez Almodovar ne fonctionne jamais chez Vermut. La froideur des personnages et des situations nous réfrigère sans nous glacer. La complexité du scenario - pour ne pas dire ses invraisemblances - nous égare sans nous stimuler.
Merci au bon Samaritain qui m'expliquera le dénouement auquel je n'ai rien compris !
Isabelle D.
Isabelle D.

2 abonnés 15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 septembre 2015
On sort KO de ce film. . Et pourtant il fonctionne parfaitement en thriller. Mais il est beaucoup plus. Tous les personnages ont faim, mais aucun ne sera rassasié. Le désir en est le moteur, mais l'insatisfaction règne, à l'image de nos sociétés. Personne ne comprend personne. mais tous se jouent, ou cherchent à se jouer, les uns des autres. Le désir d'être aimé ou de faire plaisir à l'autre se mue en exploitation ou utilisation de l'autre. En fait c'est un film sur le désir. Désir charnel, voire même passionnel, et désir marchand, propre à notre société. Désir de vivre aussi. Contrairement à ce que j'ai pu voir des critiques, je trouve que le personnage principal est celui de l'enfant, la "Magical girl",elle-même, déjà, sous emprise , au point de changer son nom en héroïne de manga.Le titre initial du film aurait peut être aidé à mieux faire comprendre ce film. D'une Intelligence folle. Le troisième désir de la "Magical girl" c'est ... de vivre. Y parviendra t elle ???
Il semble en effet, à la sortie de ce film, que le simple désir de "vivre en humain" ne soit pas le désir primordial de nos sociétés !!
ferdinand75

723 abonnés 4 463 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 septembre 2015
Un film qui aurait pu être intérèssant , mais qui malheureusement est mené sur un rythme tellement lent que l'on décroche constamment. Des plans fixes interminables, des scènes où il ne se passe rien. On attend , on espère le décollage du film, mais rien ne vient. Le scénario est construit comme un puzzle ou un film à tiroirs . Mais Vermunt dirige dans le non dit , dans le non montré, hors écran. Et du coup même l'intrigue policière n'est pas cohérente. Pourquoi le père de la petite fille vouée à disparaitre à cause d'une maladie terrible et incurable, va risquer sa sécurité, son futur et devenir un malfaiteur ( tout cela pour satisfaire l'amour des mangas de sa fille !!!) . Qui est vraiment Barbara , ? on ne saura jamis si elle était consentante à son passé troublé. Pourquoi toutes ces blessures corporelles .? Quel rôle joue le mari psychiatre ? Rien n'est expliqué. , . Le voisin finira par la venger ( qui est-il par rapport à Barbara, son ancien Prof, abuseur ?! ). Mais c'est encore plus absurde. Beaucoup de questions sans réponse . On m'a aussi parlé d'une allégorie entre la corrida et l' Espagne décadente, qui se dégrade ?? ( on vend les livres au poids du papier pour se faire quelques sous). Rien vu de cela . Il faut aussi noter une image blanche , constamment sous-exposée, sans couleurs , clinique et triste . Les acteurs jouent bien mais n'arrivent pas à sauver cette mise en scène laborieuse.
rogerwaters
rogerwaters

168 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2015
Quel film étrange que cette Nina de fuego ! Déconcertant par sa structure narrative, mais aussi par sa volonté d’étouffer tous les sons périphériques pour se concentrer sur un silence pesant qui règne sur les personnages, le film ne peut laisser indifférent. Il sollicite par contre une participation active de la part du spectateur qui doit combler les vides laissés par une narration très elliptique. Le constat effectué sur la société espagnole ruinée par la crise économique est accablant. Chaque personnage finit par détruire l’autre alors que tous les actes sont d’abord initiés par le sentiment amoureux. Le tout finit par prendre des allures de film noir, mais dont le style et toutes les règles seraient déconstruits. Finalement, c’est en en faisant le moins possible que le réalisateur touche juste, décrivant une société au bord du gouffre, où les seuls rapports sont liés inexorablement à l’argent et à la satisfaction irrationnelle des besoins et autres désirs personnels. Pour peu que le spectateur accepte un rythme très lent, et un style épuré à l’extrême, La Nina de Fuego est une véritable révélation.
alain-92

350 abonnés 1 078 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 septembre 2015
Magical girl, le titre original, de ce deuxième long-métrage de Carlos Vermut sort sur les écrans sous le titre La Niña de fuego, chanson éponyme d'un ancien chanteur de flamenco, Manolo Caracol. Pour le réalisateur l'idée est venue avec "Une découverte d'une version moderne de Pony Bravo". Le titre original faisait référence aux personnages de mangas et correspondait parfaitement au thème du film. Tout au long ce long métrage le réalisateur ne cache pas son attrait pour le cinéma japonais.

Si la construction du scénario reste très inventive, sans être toutefois d'une extrême complexité, elle n'en demande pas moins une attention particulière pour tenter de trouver, ou pas, les liens qui unissent les principaux protagonistes. Jusqu'à la dernière pièce manquante d'un puzzle géant.

Il est question de la crise en Espagne, avec entre autres, la vente de livres dont le poids fait la valeur au détriment du contenu. L'anéantissement de tout un système éducatif.

La photographie blafarde et les décors minimalistes accentuent une impression de froideur implacable. La caméra s'attarde à peine sur des lieux de vie impersonnels. La réalisation de Carlos Vermut, récompensée aux derniers Goya, ne manque pas d'effets, avec entre autres de nombreuses ellipses particulièrement réussies. "Un sens hors du commun" selon Pedro Almodóvar.

Dans l'une des dernières scènes, l'un des principaux protagonistes enfilera chemise, cravate, et costume de ville avec la méticulosité d'un toréador. "L’Espagne est un pays où le conflit entre le rationnel et l’émotif n’est pas encore complètement résolu, d’où la fascination pour le portrait de la lutte entre l’instinct et la raison qui a lieu dans les arènes" a déclaré le réalisateur.

Dans un casting restreint, Luis Bermejo, Israel Elejalde et José Sacristán sont tous trois excellents. La très belle et convaincante Bárbara Lennie a, quant à elle, reçu le Goya de la meilleure actrice. Une autre récompense et non des moindres pour ce film, le prix du Jury Jeune au Festival du Cinéma Espagnol de Nantes.

La première sensation ressentie à la sortie de la salle est d'avoir vu un film d'un genre tout nouveau, à nul autre pareil. Je reste à la fois fasciné, asphyxié et tout a fait convaincu. Un film qu'il est difficile de conseiller, mais un très grand moment de cinéma en ce qui me concerne.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 septembre 2015
Que l'on apprécie ou non, une chose est sûre, "La Nina de Fuego" marque.
Son unicité surprend le spectateur et ne le laisse pas indifférent à la sortie de la séance.

En effet, le film nous happe dès le départ : des personnages loufoques dans des décors froids et épurés, plusieurs histoires sans liens apparents, une bande-son des plus variée... Tous ces éléments intriguent et nous questionnent.

Alors que les liens se tissent au fur et à mesure, on découvre l'histoire de trois individus complexes et très construits : le premier, Luis, désire à tout prix offrir un cadeau à sa fille, atteinte de leucémie, avant ses derniers jours. La somme étant faramineuse, il fait alors chanter Barbara, femme espiègle mais psychologiquement instable, afin que cette dernière lui procure cet argent. Damian, ancien professeur de mathématiques de Barbara, sortant de 10 ans de prison pour l'avoir justement aidée, va tenter de la venger au péril de sa vie.

Les trois personnages, voire la mise en scène complète de tous les autres, apparaît alors comme un jeu de marionnettes que le réalisateur disposerait ça et là. Et il ne s'agit pas non plus que des personnages, puisque Carlos Vermut prend un malin plaisir à ponctuer l'histoire par des indices, agissant comme des fils rouges (exemple : les espagnols et leur rapport à l'arène), qui poussent le spectateur à compléter un puzzle dont il manquerait une pièce.

Le tout prend alors une apparence glaciale, glauque mais surtout cynique, qui nous tient en halène durant les deux heures.

A voir absolument !
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 août 2015
Froid et désincarné, le deuxième film du jeune réalisateur Carlos Vermut est un divertissement intellectuel un peu vain.

Le scénario, prétendument complexe, est en fait assez simple : un banal chantage entre deux personnes qui se rencontrent par hasard. Assez classiquement, le maître chanteur, issu d'une classe sociale moins favorisée que sa sa victime, passe à l'acte pour des raisons sentimentales.

Le pseudo-mystère du film se construit autour de deux fausses bonnes raisons : un agencement temporel présentant les trois principaux personnages de façon séquentielle, et un énorme trou noir au milieu du film, par ailleurs limpide, autour de la personnalité de Barbara.

La jeune femme, personnage principal du film, cumule donc les mystères. On ne saura rien (attention, spoilers) de son passé sulfureux, de ses pratiques sexuelles, se son traitement médical, des liens qu'elle entretient avec son mari, de son état psychologique, de ses cicatrices, de ces relations avec l'organisatrice des orgies, de ce qu'elle a vécu par le passé avec le personnage de Damian (et pourquoi celui-ci a fait de la prison)...

Les acteurs semblent passer dans ce schéma mental sur pellicule un peu par hasard, n'incarnant qu'à contre coeur leur personnage. Les péripéties sont par ailleurs souvent à la limite du crédible (l'enregistrement nocturne sur le téléphone portable par exemple).

La niña de fuego est intellectuellement stimulant, mais manque cruellement de chair.
desiles ben
desiles ben

32 abonnés 204 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 août 2015
Ce film se contente de suggérer des abîmes de violence et de perversité qu'il ne montre jamais mais à force de cultiver l'ellipse, les relations entre les personnages deviennent insaisissables et le dénouement incompréhensible. Pourtant l'histoire n'est pas inintéressante mais on aimerait en comprendre le fin mot.
Fritz L
Fritz L

219 abonnés 767 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 août 2015
Le plus gros des reproches à faire à « La Nina de fuego » est son incroyable similitude avec un film d’Almodovar, le côté sarcastique et par conséquent l’originalité en moins.

Et si l’on peut reconnaître sa force visuelle (cadres, décors et lumières soignés), cette subtilité d’ambiance glauque où tout se joue hors champs (au point quand même d’altérer la puissance du film), la construction narrative intelligente sous forme de film chorale, l’ennui s’invite parfois. Vermut confond la retenue avec le côté glaçant (sublimement travaillé l’année passé dans « Amours cannibales » de Cuenca, autre film espagnol) au point que son film en devient anodin.

Toutefois, le trio d’acteurs Luis Bermejo, Barbara Lennie et José Sacristan, est irréprochable. Il arrive à maintenir un suspens et donne quitus à cette intrigue purement psychologique et troublante.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 août 2015
Décidément le cinéma espagnol est très en verve : après La Isla Minima il nous offre un autre chef d'oeuvre, La Nina de Fuego. Ce bijiou visuel et scénaristique brille par la vista du réalisateur Carlos Vermut qui nous gratifie de plans d'une beauté contemplative rare. Les acteurs sont au diapason de cette partition riche et subtile, dirigés sans fausse note par un metteur en scène novice dont le nom sonnera bientôt dans les esprits cinéphiles... La Nina de Fuego est une oeuvre néo-noire qui vous captivera de son commencement polynarratif jusqu'à sa fin dramatiquement unique. C'est une triste fable moderne à la trâme pyramidale. Un jeu de domino dont personne ne sort gagnant si ce n'est le spectateur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 août 2015
je viens de le voir aujourd'hui et c'était vraiment indescriptible ...

Mon Dieu c'que c'était beau et horrible .. (aucun spoilers :

ça faisait longtemps que je n'avais pas vu une oeuvre espagnole aussi puissante ! aussi forte qu’émotionnellement parlante !

la dernière fois qu'un film espagnole m'a autant bouleversé ... c'était il y a au moins 6,7 ans ...

devant Lucía y el sexo...

cette mise en scène délicate et envoutante qui vous porte comme un nouveau né .. impossible de regarder ailleurs j'étais complètement hypnotisée ... l'immersion est juste dantesque ! Totale !

ce scénario troublant, ensorcelant, m'a captivé durant les 2h ! chaque plan sont de véritables moments présents de délices où les sensations s'intensifient de plus en plus ! chaque secondes est posées avec tant de minutie... avec tant de douceur... c'est tellement soigné, tellement propre ... bref un véritable travail de chirurgien !

une histoire complètement folle ! imprévisible ! impossible ... j'ai bien dit IMPOSSIBLE de deviner le moindre mots, le moindre faits et gestes des protagonistes ... et on reste bouche bée devant la maestria ...........

la force de cette oeuvre se vautre dans la complexité très fluide des scènes "multi-couches" ou scènes interconnectées.... c'est juste brillant !

Carlos Vermut est un véritable génie qui capte la moindre parcelle d'émotions ! il jongle avec comme une simplicité innée ! je vais suivre son travail de très près dorénavant ! j'adore la façon dont il moindre une violence violente... sans pour autant que ce soit graphique !
lionelb30

535 abonnés 2 905 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 25 août 2015
Une bande annonce intrigante mais un film d'une lenteur incroyable , on attends impatiemment qu'il se passe quelque chose. Au bout d'une heure et demi , sortie de la seance avant la fin. En esperant pour les courageux que la fin amene un peu d'action...
jaja77
jaja77

73 abonnés 1 326 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 août 2015
un bon film avec son mélange de drame psychologique et du thriller.en effet, il est à la fois très sombre, effrayant, étrange, surprenant, lent et long parfois mais avec tous ses éléments cela donne une histoire et des acteurs très intéressants et jouant remarquablement bien qui mets du suspense du début à la fin avec une phase finale étonnante et inattendu mais bien conçu.voilà un bon film que j'aurait voulu amélioré avec un 4 étoile, j'ai donc décidé de lui attribué un 3,5 étoile du à certaines longueurs.
virg2312
virg2312

19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 août 2015
Très intéressant. Un thriller ou l'on retrouve l'influence d'Almodovar et Lars Von Trier ( Nymphomaniac). Si vous aimez ces 2 univers vous apprécierez le film. Les personnages sont troublants (un mélange de feu et de glace) et l'ambiance pesante notamment au travers des choix musicaux, des plans et de l'imaginaire que suscite les "trous" dans l'histoire personnelle de chacun. Un bémol... Quelques longueurs.
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