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1,0
Publiée le 24 septembre 2021
Un mot pour résumer ce film est troublant. Faire un film c'est raconter une histoire au public et de préférence une histoire complète cependant le réalisateur Carlos Vermut n'a pas réussi à le faire. De nombreux indices apparaissent comme le puzzle manquant ramassé accidentellement par Luis comme la lettre inachevée comme la pièce dans la maison d'Olive et le tour au début et à la fin du film. Le réalisateur n'a pas su relier ses points et rendre l'histoire plus intéressante même si je suis d'accord avec sa façon de garder la partie mystérieuse du film et de la rendre suspensive. Quant à l'intrigue de cette histoire je la trouve très illogique. Par exemple un père au chômage ne pouvait que recourir à cette mesure extrême pour réaliser le dernier souhait de sa fille. Il aurait pu simplement engager un couturier pour faire une robe similaire. Que le père aille jusqu'au bout pour réaliser la dernière volonté de sa fille malade peut être compréhensible car c'est ce que font tous les parents. Mais ce que nous voyons ici est certainement exagéré. Il n'essaie même pas de vérifier si son souhait existe toujours car il pourrait s'agir d'un rêve éphémère datant de plusieurs années. Enfin je suis prêt à fermer les yeux sur la très grande coïncidence de la rencontre de nos trois protagonistes. C'est alambiqué mais ça aurait pu se passer comme ça je ferme les yeux y compris sur les pièces détachées du puzzle. D'un autre côté le temps consacré à tous ces chemins de traverse aurait été mieux employé à fournir des informations supplémentaires aux public sur les trois protagonistes. Nous sommes empêchés de nous laisser entraîner par l'histoire et de nous identifier à l'un ou l'autre des personnages principaux pas même au père qui serait le candidat évident à notre sympathie...
Un très bon thriller espagnol orchestré par un trio d'acteurs déroutant, surtout Barbara Lennie qui joue la "Nina de fuego" et n'hésite pas à user de son pouvoir sur son ancien professeur (dont on comprend qu'il sort justement de prison à "cause" d'elle, son ancienne élève, qu'il semble redouter) pour arriver à ses fins, toute victime soit elle elle aussi. Le 3ème personnage (luis Bermejo) fait les frais de cette relation ambiguë dans un final complètement dramatique qui m'a laissé stupéfait devant mon écran. Un scénario redoutable et machiavélique filmé avec froideur et minutie, rendant ces 2 heures de cinéma particulièrement savoureuses.
La niña de fuego (2014) est le deuxième long-métrage de Carlos Vermut qui avait réalisé en 2011 Diamond flash non distribué de ce côté-ci des Pyrénées. Ce thriller espagnol est sorti en salle en 2015 après avoir remporté quelques prix dans les festivals, notamment le Coquillage d’or du meilleur film et celui d’argent du meilleur réalisateur lors de l’édition 2014 du festival de San Sebastian. Il avait aussi été récompensé du Goya (Oscar espagnol) 2015 de la meilleure actrice pour Bárbara Lennie. Chacun de ces prix vient surligner les qualités du film. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Le jeune réalisateur ibère Carlos Vermut a reçu l'adoubement de Pedro Almodovar, qualifié par le père de la Movida comme "la révélation espagnole de ce siècle". Pas très étonnant, son deuxième film, "La nina de fuego" empruntant résolument le style visuel et narratif du très clinique "La piel que habito" 2011), remake des "yeux sans visage" (1959) de Georges Franju. Le compliment vaut un sacré sésame auprès de la critique européenne toujours énamourée du réalisateur de tant de films magnifiques sur la place des femmes dans la société espagnole. Cette tentative de renouveler le thriller en empruntant les recettes narratives alambiquées du mexicain Alejandro Gonzalès Inarritu, si elle revêt des aspects austères en raison de la volonté explicite du réalisateur et scénariste de laisser en blanc toutes les explications possibles aux agissements des trois personnages principaux par rétention d'information, reste intéressante voir captivante par certains côtés. On frise malgré tout quelquefois le désintérêt, tellement les personnages sont désincarnés par manque de consistance hormis peut-être la démonstration qui s'impose en filigrane que chacun d'entre eux est alternativement coupable ou victime. Cet écueil qui en a rebuté plus d'un peut être franchi si l'on se laisse prendre par la belle mécanique qui amène ces trois destins à priori disjoints à se fondre dans un finale dramatique assez saisissant mais aussi peu signifiant que le reste du récit. Comme parfois chez Hitchcock les acteurs chez Vermut semblent n'être que les instruments d'une géométrie narrative parfaite qui exigent que leur jeu n'exprime rien d'autre que ce qui sert la démonstration du réalisateur. Hitchcock y réussissait à merveille tout comme Melville dans "Le samouraï" ou "Le cercle rouge". Carlos Vermut s'y essaye lui aussi avec une certaine adresse même si paradoxalement les nombreuses ellipses érigées en système finissent par laisser trop transparaître le procédé . Il serait malgré tout très injuste de décourager par trop d'exigence une volonté louable de la part d'un jeune réalisateur d'innover dans un genre aux codifications parfois pesantes.
Dans ce film on ne voit rien, mais on ressent tout. Tout nous est suggéré et cela est bien pire. Une atmosphère froide, glaçante à souhait. Les personnages semble ne pas avoir de lien, j'ai même cru qu'au début que c'était un film à sketchs, puis tout s'éclaire et le lien apparaît. tspoiler: [spoiler]tout s’emboite comme dans un puzzle sauf qu'il nous manque une dernière pièce pour finir ce puzzle comme dans le film, pour nous dire que nous se saurons jamais la vérité, les raisons, ce qui est arrivé à Barbara dans cette fameuse pièce, le lien avec son ancien professeur, les raisons de l'incarcération de son ancien professeur.[/spoiler] Un film lent mais avec une certaine attraction sur le spectateur . Un film espagnol qui enfermera tous les secrets des personnages à jamais. Une grande frustration peut être est cela le sentiment que le réalisateur a voulu nous laisser et nous procurer.
Un film déroutant, envoûtant, glaçant (et un peu déprimant aussi, il faut le reconnaître). La narration intrigue et captive, le rythme lent et le parti pris de ne pas montrer l'horreur créent le mystère. La réalisation et l'interprétation sont formidables. Une oeuvre à part, mais un peu difficile d'accès.
Original, dérangeant et particulièrement bien construit, voici un film qui sort de l'ordinaire. Carlos Vermut a évité le piège du voyeurisme et ce qu'il ne nous montre pas, mais nous laisse imaginer, est encore plus inquiétant. L'histoire met un certain temps à se mettre en place et on se demande où veut en venir le réalisateur, mais peu à peu toutes les pièces du puzzle s'imbriquent habilement. La superbe bande son flamenca contribue à la réussite de cette oeuvre hors du commun, à mi chemin entre le mélo social et le thriller psychologique mâtiné d'une perversité que n'aurait pas renié Bunuel.
Le film durant 2h07, j’étais inquiet aux premières images : un père célibataire au chômage (car viré pour raisons économiques) et sa fille leucémique au pronostic réservé ; ça démarre comme un mélodrame bourré de pathos. Pas du tout ! Le film bascule dans la tragédie spoiler: quand l’enseignant (en littérature et qui vend ses livres au poids) croise le chemin de Barbara (personnage de l’affiche), femme souffrant de graves troubles psychologiques et que son mari confine à la maison. Ayant besoin de 7 000 € pour acheter un costume « vintage » d’une héroïne de manga (Magical girl) pour sa fille, le professeur qui a couché avec Barbara (lors d’un moment de solitude réciproque), l’a fait chanter. Un 3e personnage, un voisin, professeur à la retraite, rentrera dans le cercle fatal qui vient de s’enclencher. Un film d’une noirceur absolue, dénué de personnages pour qui on pourrait avoir de l’empathie. Bisounours s’abstenir ! .
Et ben là, je suis scotché! Je veux le revoir!!!! Un grand film qui pourtant ne plaira pas au grand public puisque lent et vraiment pas facile à encaisser! Mais si vous avez la chance de bien rentrer dans cette histoire, attention à la claque! Les scénarios aussi zinzins et mis en scène de si belle manière marquent les esprits en général! Comment ne pas penser à Lynch ici! J ai eu la même sensation à savoir complètement baladé par cette mise en scène qui s'amuse à mélanger les périodes, les personnages .... Mais bizarrement, au final: Ben c'est jouissif! Je n'avais ressenti ça qu'avec Lynch jusqu ici.. Il faudra donc compter sur ce Carlos Vermut désormais! Sans parler de l interprétation qui est excellente, particulièrement envoûtante Bárbara Lennie qui elle aussi fera parler d'elle ces prochaines années.... Bref, une actrice et un metteur en scène prometteur, ça devrait suffire pour attirer les cinéphiles qui ont forcément dû entendre parler de ce film à l'excellente réputation.... Saloperie de puzzle!!!
Un très bon suspens tout au long du film car c'est seulement à la toute dernière scène qu'est dévoilée la vérité sur les rapports entre les personnages. On apprécie particulièrement les similitudes avec l'univers d'ALMODOVAR,