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nestor13
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3,0
Publiée le 21 mars 2016
Etre ou ne pas être : telle est la question. Que ne se pose pas le héros ici puisque nous sommes dans "Macbeth", film assez sombre et très brumeux. Il faut dire que nous sommes dans une tragédie shakespearienne qui se déroule en Ecosse, ce qui n'incite pas à rire aux éclats. A défaut d'être emballé dans un moment de bravoure, cette adaptation cinématographique permet pour le béotien que je suis de désormais connaître cette histoire et ce personnage dont le nom est connu de tous. Allez, mon royaume pour un cheval !
Un film beaucoup trop théâtral, avec des monologues à n'en plus finir, et pratiquement aucune émotion, les jeux sont vraiment à l'économie et comme toujours, un film qui met sur sa pochette des critiques élogieuses ne vaut que rarement la peine d'être regardé, mais quand en plus il est sélectionné par le festival de Cannes, alors là... On s'ennuie, mais alors d'un bout à l'autre, même les scènes de combat sont molles et sans saveur, sauf peut-être la dernière, mais le reste est grotesque et plat. Je comprends que les dialogues essaient d'avoir une certaine hauteur, mais faire deux paragraphes pour dire que le Roi est mort, c'est quand même vachement pompeux et inutile. Enfin bref, encore un film qui s'adresse à une "élite" cinématographique, comme ces tableaux affreux qu'on expose comme chefs d'œuvres alors qu'il ne plaisent qu'à une poignée de gens partiaux.
Images ultra-stylisées comme des tableaux vivants et jeu d'acteur grandiose nonobstant la difficulté du texte make in Shakespeare ; néanmoins, l'agencement de ces séquences empreintes de lyrisme crée un univers trop ésotérique, hermétique, où nous spectateurs sommes condamnés à la contemplation.
J'aurais essayé...Malgré les critiques sur ce site je me suis dis que j'allais tenter de regarder le film quand même. Mais non je tombe sous le même constat que la majorité ici. Une réalisation originale soignée mais avec laquelle j'ai beaucoup de mal de par les filtres utilisés les ralentis à outrance et le fait de faire un focus sur le personnage en plein monologue.... Les deux acteurs sont bons mais presque pliés sous le poids de l'oeuvre de sheakspear la monotonie est continue et les scènes s'étirent de manière ennuyeuse. non rien à faire je n'ai pas aimé ce film pourtant intrasequement pas mauvais
Le deuxième film de Justin Kurzel est une adaptation de Shakespeare à la modernité revendiquée, dont l'esthétisation outrancière rejoint de façon idoine les différences que son propos creuse avec la pièce. Celles-ci tiennent pour les résumer dans une aura morbide constante qui plane sur cette version et un scénario à la folie continuelle qui s'éloigne un peu de l'oeuvre du dramaturge anglais, qui regardait son personnage avec un recul moral que n'a pas le film de Kurzel, qui semble avoir cédé au désespoir. Si je disais que sa modernité rejoignait cette relecture novatrice, c'est que tous ses excès aux antipodes d'un classicisme qu'on juge souvent de rigueur pour adapter Shakespeare (avec un peu trop de déférence, à mon goût) semble converger avec la force d'une implosion vers une emphase qui donne corps au désespoir ultime et définitif qui cimente le film. Dans cette lande fantomatique, Macbeth semble guidé par la mort avant même de s'y être lié par le pacte que l'on connait. Les hommes, séparés mêmes les uns à côté des autres par une brume oppressante, font l'effet de cadavres guidés seulement par la peur et par l'ordre des choses, qu'ils ne peuvent renverser. Tous les choix formels appuyés à l'extrême (les filtres, les ralentis, l'austérité de la photo et la rigidité dans la composition des plans) dépassent donc de très loin l'aspect poseur qu'on pouvait craindre à l'origine pour trouver corps dans une réalité unique, comme un bloc, qui capte et emprisonne le récit qu'il déroule de façon mortifère, sans échappatoire. Cette vision hantée, hallucinante par moments, est malheureusement à mes yeux un chouïa desservie par le scrupuleux respect des vers de Shakespeare. Globalement retranscris tels quels bien qu'amoindris par certaines ellipses, les vers de la pièce sont utilisés pour renforcer le sentiment de désincarnation que Kurzel peaufine : l'australien cherche sans doute à dépasser la pièce originelle en la segmentant pour la déséquilibrer et en rendre une copie à première vue légèrement imparfaite qui ne cache en fait qu'une belle réappropriation : à laisser dans l'oubli certains passages, il laisse s'immiscer de son oeuvre vers la pièce le sentiment de mort et de perte ubiquitaires qui sont la clé de voûte de tout l'ensemble. Aidée par les siècles écoulés, cette version fidèle mais amoindrie donne à sentir que même le recul de l'auteur s'est évaporé ; que la tragédie n'est pas amorcée par un meurtre que l'on réprouve et dont on décrit les conséquences mortifères, mais qu'elle est antérieure, plus ancienne, à tel point qu'on a oublié sa raison et que devant le marasme de peur qu'est la vie humaine, la folie est dès le départ la seule option qui s'offre à l'homme. L'oppression globale s'en trouve insidieusement renforcée, mais pourtant, comme je l'ai déjà dit plus haut, je trouve que la fidélité dessert le film quant à l'impression immédiate, même si elle le renforce sur la durée. Même si il le dévoie à des fins neuves et percutantes qu'il a assez de talent pour rendre justifiables, Justin Kurzel n'effacera en effet pas Shakespeare, et l'ombre de son écriture plane sur le film, me faisant parfois l'effet d'un élément pas tout à fait intégré. La faute en incombe à l'image, qui, devant la force et le sens évocateur évident des répliques (Shakespeare, quoi) est parfois réduite à paraphraser le texte, où à l'encadrer platement sans arriver à lui donner de la vie par peur de trop en faire. L'origine théâtrale de ces lignes refait alors parfois surface, et Macbeth flirte avec la grandiloquence pompeuse qu'il sait autrement si bien tourner en grandeur. Puis tout, dans ces répliques, est amené un peu trop frontalement, quant le cinéma demande plus de non-dit et de retenue pour trouver sa respiration. Kurzel l'a d'ailleurs bien compris, puisqu'il ménage de longues plages de silence absolu entre ces tirades d'une densité rare. L'oeuvre est alors quelque peu bancale, et manque de développer l'aura avec laquelle elle flirte. Fassbender et Cotillard, en revanche, sont époustouflants d'épaisseur, surtout en ce qui concerne l'irlando-allemand qui n'a peut-être jamais été aussi bon, à part chez Steve McQueen. Bref, Macbeth est une oeuvre ambitieuse qui flirte avec la grandeur, et l'atteint au moins par séquences. Je trouve quand même qu'elle n'arrive pas tout à fait à trouver sa voie.
Que dire du film le plus sous-estimé de cette année 2015 ? Splendide. Je découvre un Michel Fassbender superbe qui est accompagné d'une Marion Cotillard aussi poignante que dans Inception. La photographie du film est l'une des plus belle qui m'a été donnée de voir et l'ensemble du film est un chef d'oeuvre. Le seul petit bémol est la lourdeur des discours de Shakespeare pour un citoyen de 2015. Bien entendu, je ne me permettrai jamais de critiquer un telle oeuvre, mais il faut tout de même s'accrocher pour suivre cette pièce de théâtre du début à la fin et en comprendre le sens. La lecture du résumé de l'oeuvre avant le visionnage du film n'est pas forcement inutile pour bien apprécier cette oeuvre.
Porte par Michael Fassbender exceptionnelle le film patine par môment mais offre de grands moments de folie grâce à son acteur principal... Pas marquant mais prenant quelquefois. A voir
La photographie, les décors et les costumes de cette adaptation de l'oeuvre de Shakespeare sont superbes et le duo Fassbender / Cotillard est excellent, mais le récit est ennuyeux et les répliques difficiles à cerner semblent tout droit sorties d'une autre époque, une époque révolue. La délivrance arrive quand vient le générique.
Un film pas forcément facile d'accès par ses dialogues très lyriques, littérale retranscription de la pièce originale de Shakespeare mais totalement envoûtant pour sa photographie absolument magnifique, d'une richesse assez hallucinante. Dans un casting impressionnant avec les excellents Paddy Considine et Sean Harris, Michael Fassbender, dans sa plongée dans la psychose paranoïaque du pouvoir, et Marion Cotillard en épouse avide de pouvoir et de vengeance livrent tous deux des prestations de haut vol. Quelques plans somptueux comme la bataille dans la scène d'ouverture. Une oeuvre à classer quelque part entre "Braveheart" pour sa fresque épique et "Le guerrier silencieux" de Nicolas Winding Refn pour son atmosphère brumeuse. Probablement la claque cinématographique de ce début d'année.
Pour moi l'un des plus beaux films de 2015. Les acteurs, l'image, la mise en scène, les décors, les costumes et, bien sûr, le texte de Shakespeare, j'ai tout aimé. spoiler: La scène de la mort de Lady Macbeth est sublime.
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1,5
Publiée le 30 janvier 2016
J'aurais pu le deviner, mais si j'avais su qu'il s'agissait d'une adaptation "fidèle" avec les vrais dialogues, je me serai abstenu, car je n'accroche pas du tout à cet exercice-là comme ça avait été le cas pour "Roméo Juliette" et "Coriolanus" qui étaient déjà des adaptations d'une oeuvre de Shakespeare. Au-delà des dialogues qui sont un vrai frein pour moi, le film a quelque chose d'assez fascinant avec la réalisation et la mise en scène qui sont très soignées, mais entre le fascinant et le soporifique, il n'y a ici qu'un pas et malheureusement le film est vraiment ennuyeux la faute à un rythme lent et une histoire trop poussive qui semble interminable. Décidément, ces adaptations ne sont pas faites pour moi.
Flamboyant ! un qualificatif approprié pour décrire ce film au souffle puissant. Il y a d'abord la langue de Shakespeare, unique, foisonnante, magnifiant chaque chose:
Macbeth: – Où en est la nuit? Lady Macbeth: – Elle commence à lutter avec le matin. »
Il y a le couple Fassbender/Cotillard qui porte sur leurs épaules ces personnages sombres et sanglants, machiavéliques et pétris de culpabilité. Et puis il a les paysages des Highlands, désolés, démesurés, livrés au vent et à la fureur. Il y a enfin la photo, la lumière, le détail... Le film de Justin Kurzel est passionnant de bout en bout sur la forme comme sur le fond, une tragédie qui se jour devant nos yeux et laisse longtemps après la fin du générique un goût corsé. Un véritable coup de cœur !
Les images sont sublimes, les acteurs assez convainquants, mais les dialogues, trop poetiques et Shakespeariens rendent l'ensemble bien difficile a suivre et a comprendre, c'est dommage et gache un peu trop le tout ...
Certes adapter Shakespeare à l’écran reste ambitieux, encore faut il lui donner du relief en terme de mise en scène, Kurzel semble avoir choisit de lui imputer dans sa forme, graphiquement somptueux (la dernière séquence avec ces nuances de rouge est une tuerie absolue) avec des paysages hors du temps, des cadres très étudiés, ça m’a beaucoup rappelé "Valhalla Rising" de Refn. Mais à l’inverse de ce dernier qui avait une approche spirituelle et avant tout contemplative cette version de Macbeth a pour obligation de nous donner une véritable dramaturgie, que les personnages en soient le moteur, Fassbender m’a convaincu bien que l’inversion du rôle parait abrupte, et je ne parle pas de celui de Cotillard qui dépeint trop de fragilité par rapport au machiavélisme de la figure shakespearienne, le modernisme du traitement fait un peu tomber le récit et la mécanique dramatique dans une certaine futilité "impure". Il y a un distinguo évident entre le fond et la forme, parfois alourdi par la prose avec une caméra qui ne peut s’empêcher de bouger inutilement (quelquefois l’impression de voir du Malick), le tout peine à trouver son rythme de croisière, au final le film agit par fulgurances, fort heureusement de très bonnes fulgurances, je pense notamment à l’apparition des trois sorcières dans la brume de la lande ou la séquence du diner avec celle du spectre de Banquo. Il y a de l’audace dans la façon de filmer les combats avec les slowmotions mais on dirait davantage un outil pour volontairement apporter du spectaculaire, et vu qu’on sait que Kurzel va porter à l’écran "Assassin’s Creed" ce "Macbeth" s’avère possiblement être un film-test concept, ce qui fait un peu m’as-tu-vu et sur-ostentatoire. En conclusion je dirais que cette adaptation reste plutôt maladroite mais tellement belle et assez intense avec un Fassbender qui porte passionnément son personnage qu’elle en est tout de même plaisante.
Étrange OVNI que ce MacBeth version XXIème siècle. Adapter le classique de Shakespeare s'avère une tâche bien difficile, d'autant plus quand on a en tête le chef-d'œuvre de Welles. Justin Kurzel, réalisateur australien quasi inconnu se distingue de son illustre prédécesseur par une photographie exceptionnelle, qu'il s'agisse de paysages ou de champs de bataille et par un ton théâtral proche du monologue. Ce choix en déroutera plus d'un a n'en pas douter: la première demi-heure est une succession de sauts intertemporels du récit et si vous ne connaissez pas l'œuvre, vous pouvez décrocher par moments. Étrange également que cette illustration de la folie par une teinte claire donnant l'impression diabolique quelque peu kitsch. Mais alors, quelle direction d'acteurs: Fassbender dans le rôle-titre dégage la soif de pouvoir de son personnage (la comparaison avec Steve Jobs n'en sera que plus intéressante) et Marion Cotillard est assez bluffante en Lady diabolique avec un accent shakespearien remarquable. Niveau écriture, rien a redire si ce n'est, peut-être une séquence finale a rallonge quelque peu exagérée et dont l'interprétation proche d'un comic est quelque peu malvenue compte tenu du contexte. Expérience a tenter pour public quelque peu averti...