La Chambre Bleue
Note moyenne
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182 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 21 mai 2014
Pour dire l'impression assez désagréable que m'a laissée La Chambre bleue, il me faut décrire l'un des premiers plans du film: un grand lit défait, des draps blancs froissés après une étreinte. Dans ce plan fixe et silencieux, tout semble être déjà gelé dans le souvenir, tout a déjà eu lieu, nous arrivons trop tard, comme une femme de chambre après le passage des amants. Pour mémoire, nous aurons droit ensuite à une étreinte assez brève, puis à un plan où Amalric filme le sexe de sa femme (Stéphanie Cléau), sur lequel perle un filet de sperme. Le roman s'ouvrait sur cette description et Simenon écrivait: "Non seulement tout était vrai, mais tout était réel." Dans cette adaptation de Mathieu Amalric, tout, au contraire, sonne faux et le réel est loin. Figées dans la mémoire du personnage masculin, émiettées en motifs, les scènes d'étreinte et tout ce qui les accompagne (paroles échangées, regards dans le miroir) creusent déjà le tombeau des amants: cela aurait pu être une très belle idée si le film s'était ouvert un instant à la nostalgie, avait été du côté de la vie au lieu de regarder tout de suite ce qui la ronge. C'est ce que fait Simenon dans l'une des dernières pages du roman: lors de son procès, Tony (Julien dans le film) est transpercé brutalement par le beau souvenir de cette "chambre bleue grésillante de soleil" où il "se dressait, nu et satisfait de lui, devant le miroir". Mais non, la nostalgie du plaisir et la plénitude qu'on peut y trouver sont sans doute trop vulgaires pour Mathieu Amalric, qui préfère filmer l'angoisse. De ce point de vue, La Chambre bleue ne révèle rien sur Mathieu Amalric, comédien vieillissant qui, comme certains acteurs américains aussi vieillissants que lui (voir Nicolas Cage dans Joe par exemple) livre aujourd'hui une sorte de best-off de sa carrière: son personnage semble regarder tous les êtres humains (qu'il s'agisse de sa femme, d'un gendarme ou d'un juge) d'un air méfiant et inquiet, comme si le Unheimlich était partout. La manière dont il filme le sexe de sa femme est très révélatrice de l'endroit sombre vers lequel il veut emmener le roman de Simenon: chez Simenon, les cuisses ouvertes d'Andrée, son corps "un peu lourd", ses cheveux "bruns, presque noirs" étaient la promesse d'"un plaisir total, animal, sans arrière-pensée, auquel ne succédait ni dégoût, ni gêne, ni lassitude". Chez Amalric au contraire, le sexe d'Esther est filmé comme une Origine du monde déjà souillée, un trou d'angoisse que tout le film essaie de contourner parce qu'il ne veut pas non plus s'enfoncer trop radicalement dans le dégoût de la chair. D'où la déception que pourront éprouver les spectateurs qui s'attendaient à une répétition de scènes érotiques sur le modèle de celle que l'on aperçoit dans la bande-annonce: on y voit le couple faire l'amour debout, fenêtre ouverte, en plein orage. Cette scène est tellement dissonante par rapport au reste du film qu'elle paraît grotesque. En même temps, elle représente tout ce qu'Amalric a su concéder au "plaisir total, animal, sans arrière-pensée" décrit par Simenon: il est clair que la faim sexuelle des personnages de la chambre bleue ne l'intéresse pas du tout, ce qu'il veut surtout filmer, c'est le malaise, c'est là qu'en tant qu'acteur, il se sent pleinement dans son élément. Alors que les frères Larrieu avaient su, dans leur dernier film, le pousser à la limite de l'autoparodie en jouant de son phrasé si particulier (notamment dans toutes les scènes où son personnage de prof faisait cours), on le retrouve ici dans un registre trop connu, qui paralyse tellement le film qu'il est difficile de croire que son personnage ait pu commettre un jour un crime passionnel. Mais le problème principal du film vient surtout des prétentions d'Amalric en tant que réalisateur: il a beau faire passer La Chambre bleue pour un "petit film" réalisé en marge d'un projet beaucoup plus ambitieux (en l'occurrence, une adaptation du Rouge et le Noir) et le film a beau jouer la carte du "petit" jusque dans sa durée (75 minutes), il est loin d'être modeste. Les films modestes des grands cinéastes sont tout simplement de grands films, Restless de Gus Van Sant est de ceux-là. Il y a aussi la modestie de ceux qui adaptent de grands romans sans aucune prétention, en s'en tenant simplement au texte: c'était la démarche de Chabrol quand il réalisait Madame Bovary, film extrêmement subtil, où l'intelligence de Chabrol ne fait que servir celle du roman de Flaubert, respectant son découpage, déjà cinématographique. Amalric n'a évidemment pas cette modestie: il se sent plus intelligent que Simenon et son film, qui ne travaille qu'à déconstruire les motifs du roman, voire à en fabriquer d'autres (la mouche sur la tapisserie de la salle d'audience à la fin) veut faire voir l'intelligence de sa construction, veut que l'on remarque l'intelligence des associations ou des analogies qui s'établissent entre ses "parties": mouche sur le ventre d'Esther/motif de tapisserie, lèvre mordue/sexe ouvert, lumière bleue de la chambre/tapisserie bleue de la salle d'audience. Voilà un film qui a déjà procédé à sa propre analyse, tellement sûr de son intelligence qu'il a déjà fait tout le travail à notre place. On peut alors s'interroger sur le sens cette réplique prononcée lors du procès, dans le dernier quart du film: c'est la femme de chambre qui parle, elle explique au juge et aux jurés que les amants, après leur passage dans la chambre bleue, lui laissaient "beaucoup de travail". Mais quel travail? Qu'y a-t-il à ranger dans un tombeau? Le lit a-t-il été, dans le film, "dévasté" comme il l'était dans le roman de Simenon? Non. La femme de chambre aurait dû dire que la chambre bleue était impeccable, que les draps étaient un peu froissés mais propres, qu'on y sentait jamais l'odeur du sexe. La femme de chambre aurait dû dire que la chambre bleue était simplement une chambre froide.
vidalger

378 abonnés 1 314 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 juin 2014
Honnête adaptation d'un roman de Simenon sur le thème archi-classique de la passion adultère qui mène au crime. Quatre séquences successives, l'amour volé, le crime, l'enquête et le procès. La façon réaliste du réalisateur, les images proprement cadrées, le cadre rural d'une bourgade de province ne dépayseront pas le téléspectateur habitué des séries policières de notre bonne télévision. Ne vous laissez pas abuser par l'affiche, superbe, ou les premières images des corps nus amoureux, magnifiquement filmés.
Le reste manque singulièrement de souffle et l'on peut s'étonner que ce film ait été sélectionné à Cannes...
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 20 mai 2014
Vraiment un film assez étrange, qui pose question(s) et sur lequel j’ai du mal à me faire un vrai avis. Il y a évidemment beaucoup de qualités dans la mise en scène et le montage mais l’histoire m’a laissé plus que froid
Skipper Mike
Skipper Mike

111 abonnés 650 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mai 2014
Mathieu Amalric démontre une passionnante maîtrise de la mise en scène et du cadrage dans "La Chambre bleue", petit film d'apparence assez mineure mais réussi de par bien des aspects. Le format choisi permet ainsi d'être au plus près des personnages, avec lesquels on partage les inquiétudes et la confusion. Prisonniers de ce cadre étroit, ils semblent contraints de se laisser porter par une histoire fatidique se déroulant indépendamment de leurs actes – bien que leurs actes soient en vérité au centre de toute l'intrigue. La construction en flashbacks n'est bien sûr pas pour rien dans ce sentiment : les événements, déjà produits, sont disséqués jusqu'à l'usure sans que la vérité factuelle ne soit pour autant clairement définie. Le film est ainsi intéressant à suivre, car regorgeant de surprises narratives et faisant emprunter au genre policier des voies auxquelles il est peu coutumier, alors même que son minimalisme efface toute tentative de sensationnalisme. Cet aspect fait bien sûr la singularité de "La Chambre bleue", mais il constitue aussi un défaut, puisque, associé à des dialogues très littéraires, il a tendance à rendre l’œuvre un peu froide, inhibant l'empathie ressentie.
ffred

1 994 abonnés 4 290 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 mai 2014
Retour à Cannes pour Mathieu Amalric (Un certain regard) où il obtint un prix de la mise en scène pour Tournée en 2010 suivi du succès critique et public que l'on sait. Pour ce nouveau film, il adapte un roman de Simenon et nous offre ici un pur exercice de style qui revisite l'univers de la bourgeoisie de province si chère à Claude Chabrol, à qui l'on pense immanquablement (et qui ce serait d'ailleurs intéressé au projet). Car voilà un film français qui sort un peu des sentiers battus. Visuellement, c'est une vraie...
Thierry M
Thierry M

192 abonnés 2 435 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 mai 2014
Amalric , je l'adore. Mais dans cette adaption , je trouve tout cela tres decousue , personnellement , je trouve mon compte que sur la fin. Bref sur un film tres cour c' est rien.
Pauline_R
Pauline_R

195 abonnés 398 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2014
Un film à la mise en scène très originale et esthétique, j'ai beaucoup aimé. Almaric arrive à combiner thriller psychologique avec drame passionnel (sensuel) avec talent. Les comédiens sont tous très bons, malgré des dialogues qui peuvent parfois faire un peu théâtraux mais ne sont pas gênants, au contraire cela semble participer à l'ambiance de ce film vraiment à voir.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 mai 2014
Très bon polar, à la pression distillée par vagues successives, à la Simenon. Très bonne adaptation du climat des romans de ce génie du polar.
QuelquesFilms.fr

359 abonnés 1 765 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2014
Mathieu Amalric adapte le roman éponyme de Georges Simenon avec un vrai sens de l'épure, en 1 h 15, sans effet superflu, ni dramatique ni stylistique, au risque de paraître un peu sec et froid. Mais le résultat est efficace. Narration remarquable, fondée sur un va-et-vient entre passé (l'adultère à l'hôtel, la vie de famille...) et présent (celui de l'enquête, du procès...). Belle succession de flash-back et d'ellipses, très habilement montée pour nous faire reconstituer l'histoire à la façon d'un puzzle. Puzzle mystérieux, qui offre de multiples combinaisons possibles, grâce à une ambiguïté cultivée d'un bout à l'autre du film. A-t-on affaire à une nouvelle variation sur le thème des amants diaboliques ? À une manipulation de l'un des amants par l'autre ? À un cruel concours de circonstances ? Ou à un peu tout cela à la fois, arrangé in fine par l'intervention d'une tierce personne ? On se laisse facilement prendre au jeu. Un jeu très maîtrisé, bien interprété. Mais qui demeure classique sur le fond et dans son esthétique. Le précédent film de Mathieu Amalric en tant que réalisateur, Tournée, avait ouvert la voie d'une belle originalité. On est un peu surpris qu'elle se referme ici, qu'elle ne donne pas matière à un renouvellement du genre (le polar). Amalric est resté tout près de son Simenon, trop, probablement, et trop raisonnablement. D'où le petit côté "déjà vu" de cette honnête série B qui, malgré toutes ses qualités, laisse un soupçon de regret, celui de n'avoir pas été transcendée.
À noter le rôle à l'écran du dessinateur Blutch, en psy de prison. Il a aussi conçu l'affiche du film, comme celles des trois derniers films de Resnais.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 mai 2014
Attention, navet! Voilà une chambre où vous n'aurez guère envie de vous attarder (sauf pour piquer un roupillon). Amateurs de Simenon, passez votre chemin, il est aux abonnés absents. Amateurs de policiers, passez votre chemin, il n'y a là qu'une déambulation molle-du-genou autour d'une affaire criminelle.

Elle est pharmacienne dans une petite ville de province, il est négociant en matériel agricole, il a bien réussi. Ils se connaissent depuis le lycée, séparés par leurs différences sociales. Ils se sont mariés, chacun de leur côté, puis ils sont devenus amants. Ils se retrouvent dans un hôtel, passant par la porte de derrière, mais toute la ville est au courant (sauf les conjoints?). Tout Simenon est là..... sauf que, non, la petite ville n'existe pas, sa grande place est bien trop riante, et la chambre (bleue) d'hôtel bien trop design et cosy pour que l'on retrouve une seconde l'univers triste du grand Georges... Quant à cette différence sociale qui est, chez lui, obsessionnelle, on ne la sent pas.

Julien est inculpé, on ne sait pas de quoi (ah ah ah! le spectateur a tout de suite compris qu'il s'agissait du meurtre des conjoints). Le temps s'écoule mollement entre des flash back sur la vie de famille heureuse de Julien, et l'interrogatoire du juge d'instruction. Mathieu Amalric fait une drôle de tête. Sa (défunte) épouse c'est Léa Drucker, aussi vive et convaincante qu'une escalope de veau froide. La maitresse (Stéphanie Cléau, pas mal, la seule en fait qui ressemble à quelque chose) est toujours aussi passionnée et arrogante. La presse les appelle les amants diaboliques.... Lui a t-elle écrit des lettres? Les a t-il reçu? Voulait -il vraiment se séparer d'une maitresse trop envahissante? Vous n'en saurez pas plus. Assises, condamnations. L'avocat commis d'office le plus niais aurait pu démontrer que les charges retenues contre Julien sont quand même des plus insuffisantes....

Toute la presse s'était enthousiasmée pour "Tournée", je ne sais pas trop pourquoi, si ce n'est qu'Amalric fait parti de ce petit milieu intello-parisiano-parisien, où la collusion avec les journalistes est patente. Ce qui est bizarre, c'est qu'il peut être excellent.....quand il tourne pour les autres (Jimmy P, la Vénus à la fourrure...) Retournez faire l'acteur, Mathieu, et ne vous mêlez plus de réalisation, ça vaudra mieux pour tout le monde.....
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 18 septembre 2015
Le film se construit autour de trois révélations - spoiler: deux morts et un soupçon
- qu'il égrène toutes les 25 minutes. Hélas, le suspense est noyé dans d'innombrables inserts décoratifs et plans de coupe sur des personnages figés au regard fixe. Que raconte vraiment "La Chambre bleue", qui a tout l'air de vouloir pervertir son scénario par le Style (sans lequel point d'Auteur) ? Hélas, rien de plus que son pitch, et ni le format 4/3 ni "l'ambiance" (atmosphérisme chichiteux made in USA) ne comblent le vide. La fin du film (la Chaconne de Bach pour injecter in extremis de l'émotion) vire au pompiérisme, et ce malgré toute la modestie soigneusement affichée. Seule bizarrerie dans cette petite chose superficielle : son réalisateur ressemble à s'y méprendre à Régis Laspalès.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 19 mai 2014
Mauvais, et très mal joué

spoiler: Mauvais, et très mal joué Mauvais, et très mal joué
Myene
Myene

20 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2014
Ce film m'a déçu, non par la mise en scène mais par la transposition invraisemblable à notre époque Tout y parait faux, en particulier l'enquête ( déroulement comme déductions ) les caractères des protagonistes du trio collent à la réalité sociologique et au poids d'un qu'en dira t on qui ferait maintenant plus sourire qu'angoisser...Cela s'effiloche aussi entre les amants, non dans l'attraction érotique assez bien rendue mais dans les figures de dépendance qu'ils sont censés incarner et qui sonnent faux , le personnage de la maitresse est d'une misogynie bien machiste, quasi aussi outrageusement risible que dans "Liaison fatale"...
tupper
tupper

193 abonnés 1 587 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mai 2014
J'ai beaucoup aimé ce film. Les acteurs sobres et justes, la réalisation soignée qui prend son temps sans être ennuyeuse, la beauté de certains plans comme des photos illustrant le roman dont le film est tiré. Je n'ai pas lu le livre de Georges Simmenon mais le film donne une impression de fidélité et dégage une atmosphère très littéraire. Et puis cette fin qui nous laisse en suspend mais sans sentiment de frustration de ne pas vraiment savoir. Bravo à Mathieu Amalric qui nous livre un film très abouti visuellement en exploitant à merveille un récit d'une grande qualité.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 18 mai 2014
Quelques beaux plans, amis tout comme Amalric, ce film laisse froid. Aucune empathie avec les personnages.
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