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Laurent C.
296 abonnés
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3,5
Publiée le 5 juillet 2014
Si le point de vue est peut être trop politiquement tranché, ce film fait réfléchir à l'heure des radicalismes en tout genre. On n'est pas dans le meilleur de Ken Loach mais assurément le réalisateur est immense.
Avec “Jimmy’s hall”, Ken Loach effectue un double retour : d’abord un retour à Cannes où il y présente pour la 17ème fois un nouveau film et un retour en Irlande après le palmarisé “Le vent se lève” qui traitait de la guerre pour l’indépendance de l’Irlande. Ce film propose une continuité historique avec “Le vent se lève” puisque se déroule 10 ans après le premier dans une Irlande où les plaies ne sont pas encore cicatrisées entre les partisans d’une indépendance totale de l’Irlande et ceux partisans d’un traité qui a abouti au statu quo actuel. Il décrit également la situation d’une Irlande loin de Dublin où comme partout ailleurs la Grande Dépression fait rage et où les grands propriétaires terriens et l'Église sont les vrais maîtres du pays. Loach montre donc, avec beaucoup d’équilibre, les tensions qui règnent dans une micro-société entre la jeunesse qui rêve d’émancipation, les gens du peuple qui sont sensibles aux idées communistes et de l’autre côté les gens au pouvoir et l'Église qui refusent de changer un état de la société qu’ils considèrent comme l’identité même de l’Irlande. Entre ces deux camps, symbole de cette volonté de changement, se dresse Jimmy Gralton, qui après un exil de 10 ans aux U.S.A., revient dans son pays et va raviver, à son corps défendant, les vieilles rancunes. Portrait singulier d’une Irlande peu connue (tant pas sa géographie que par son histoire), le film de Loach n’est pas un réquisitoire contre les conservatismes, mais plutôt un appel à l’écoute de l’autre et ce à travers l'affrontement entre Jimmy et le Père Sheridan, qui bien qu’opposés dans leurs visions des choses ne se respectent pas moins et s’écoutent quand même. Pas le Loach le plus prenant ou poignant, mais un film plus nuancé où le cinéaste valorise les valeurs de consensus et d’écoute de l’autre. À voir absolument.
Voilà presque 50 ans que Ken Loach domine le cinéma britannique, dénonçant les traumatismes des sociétés occidentales, d’un point de vue historique ou très contemporain. L’un de ses sujets de prédilection étant les troubles que subit depuis des années l’Irlande (on se souvient entre autre du très académique « Le vent se lève). De sa touche personnelle, il donne à la fiction, un réalisme crédible et chacune de ses « histoires », authentiques ou anecdotiques laissent poindre réflexion et émotion. On pourrait lui reprocher d’avoir abandonné la force et la dureté qui le motivait dans les années 80 (« Look and smiles », « Fatherland »…) au profit de récits plus conventionnels et légers (« It’s a free word », « La part des Anges »…). La constante toutefois dans l’œuvre de Loach est l’authenticité et la générosité. « Jimmy’s Hall » ne faillit pas à la règle. De cette authentique histoire, le duo Loach/Laverty (11ème collaboration scénaristique) nous sert un film plaisant, au rythme un peu pépère, attachant qui souffre d’un manque de souffle. Toutefois, la belle reconstitution de cette période charnière en Irlande, la fraicheur des acteurs et cette lumière si délicate qui enveloppe ce film nous font passer un beau moment. Rien de bien fondamental, un poil trop sentimental « Jimmy’s hall » se laisse voir.
Ce n'est pas la première fois que je regarde un film de Ken Loach et alors que d'habitude j'étais assez séduit par ses films, je dois avouer que celui-ci me laisse sur ma faim. Les images que j'en avais vu m'avais donné envie, promettaient de bonnes choses cependant le film ne reflète pas cela. Ce film est un Footloose irlandais en moins dynamique, en moins passionnant et qui manque d'originalité de bout en bout. À chaque fois qu'il se passe un rebondissement, un événement, tout retombe aussitôt, pas le temps de s'impliquer, de s'émouvoir. Un triste film !!
Le classicisme assumé, tant au niveau de la mise en scène que du scénario, de "Jimmy's Hall" se révèle parfaitement adapté pour aborder cette page (complexe) de l'histoire de l'Irlande (où se mêle nationalisme, désaccords religieux, lutte des classes...). Comme toujours chez Loach, l'humain et les personnages sont au centre du récit. Le traitement est peut-être un peu manichéen, mais le film, plaisant et toujours plein de vie, émeut également par sa très belle histoire d'amour en filigrane.
L'ultime Ken Loach ne dépaysera personne. Nous sommes en terre irlandaise dans les années 30, région toujours sous tension, se remettant mal d'une dernière guerre civile. On retrouve d'un côté les membres obtus et fermés du clergé alliés à la bourgeoisie et aux propriétaires terriens et de l'autre, un agitateur plutôt soft mais aux idées progressistes fermes et déterminées, qui crée dans un hangar une sorte de MJC avant l'heure, dans laquelle la population locale et travailleuse trouvera des moments de détente et de convivialité. Mais dès que le peuple se divertit et se cultive un brin, l'église catholique et la classe dominante voit cela d'un très mauvais oeil. L'instruction fait peur à ceux dont le souci de son prochain consiste uniquement à ce qu'il trime la tête basse et l'esprit embrumé de dogmes fumeux. Ce lieu deviendra à leurs yeux un nid de communistes et un suppôt de Satan. Le film raconte au travers du portrait du créateur de ce "Jimmy's hall" , Jimmy Gralton, la lutte qui éclatera sur ces terres grasses mais bien inhospitalières pour qui souhaite le bonheur de ses pairs. Ken Loach a toujours été un cinéaste engagé, concerné et qui a creusé inlassablement le même sillon pour montrer qu'il est toujours possible de s'unir pour lutter contre un monde moins pourri. En retraçant cette histoire somme toute anecdotique dans l'histoire irlandaise, il démontre encore une fois son humanisme. Classique dans sa mise en scène, ne loupant aucune des scènes d'affrontement entre Jimmy Gralton et ses ennemis, Ken Loach peine toutefois un peu à rendre son film vraiment passionnant. Les idées généreuses sont là, les scènes presque comiques aussi (la mère servant le thé aux policiers). Cependant, je l'ai trouvé moins à l'aise à nous faire partager l'amour non consommé du héros avec la jolie Oonagh. Et malgré quelques scènes de danses enjouées, le film perd un peu en nervosité lorsqu'il s'aventure sur le terrain sentimental. La fin sur le blog
Le film met intelligemment en avant le mariage de raison entre l'Eglise et le gouvernement, avec un ennemi commun et qui veulent éradiquer cette "maison de la culture" sacrilège pour les uns et nid de communistes pour les autres. Ken Loach montre Jimmy Gralton comme un activiste certes têtu et passionné, mais avant tout généreux, intègre et courageux (...)
Un beau film , mi historique , mi politique ,très engagé qui reproduit parfaitement cette époque de crise mondiale d'avant-guerre . De tres bons acteurs , inconnus , mais d'une vérité criante . Un peu longuet tout de même .
Les exactions commises par l'Eglise Catholique en Irlande sont légions... un puits sans fond qui donne régulièrement des films révoltants (comme Magdaleine Sisters). Il est une fois de plus question ici de la bêtise crasse, au travers le portrait d'un petit prêtre de campagne orgueilleux qui ne supporte pas de voir disparaître son autorité au profit d'un leader d'opinion habité par le diable : pensez donc, il veut divertir et éduquer les gens de son villages... Si ce n'était des faits réels on pourrait en rire... malheureusement la religion à fait et continue de faire là bas des ravages (comme partout dans le monde), et si le film est divertissant par certains aspects, il est surtout révoltant sur le fond.
Ce n'est certes pas le meilleur film de Ken Loach, mais qu'importe... On reste scotché avec ce moment d'histoire qui monte -ô combien- politique et religion peuvent être liées et, hélas, combien cette alliance peut entraîner de dérives nationalistes. Finalement, on n'est pas loin de notre monde actuel!
Basé sur des faits réels, il est dommage que ce film manque totalement d'informations sur le contexte historique de l'histoire qui nous est ici racontée. Peut-être les Irlandais ou plus largement les Anglo-Saxons sont-il davantage au fait de cette période, mais le Français moyen que je suis ne l'est pas... Un mauvais point donc. Pour le reste, c'est un film honnête sur la lutte entre le pot de fer et le pot de terre, les riches propriétaires terriens abusant de leur position dominante pour humilier ceux qui n'ont rien ou pas grand chose, aidés en cela par ceux que j'appellerais les "talibans catholiques" (l'Eglise) qui stigmatise tout ce qui lui semble diabolique ou impie, la danse, l'amusement en général et, bien sûr, le communisme... Il est facile de deviner qui l'emportera. C'est un film assez lent, mais prenant et touchant, un "Ken Loach" de bonne facture, malheureusement quand même un peu lassant.
Si le film n'insiste pas assez sur le profond militantisme du Jimmy historique , il se pose ici en amoureux des Irlandais , dans leurs courages , leurs luttes et leurs paradoxes . Jim Norton livre une composition remarquable du prêtre Sheridan . Et la reconstitution est remarquable . Au delà du contexte des années 30 , c'est évidemment une réflexion sur le politiquement correct actuel ; les gesticulations unitaires sur fond de terrorisme destinées à masquer la réalité socio-économique ; les médias aux ordres qui étouffent peu à peu le débat d'idée et même la culture tout court , la seule qui vaille , l'autodidacte . Un film loachien, pas formellement le meilleur ; mais toujours bienfaisant et bienvenue .
le début est un peu difficile à accrocher mais ça n'enlève rien à la qualité du film. quand on pense que ça ce passe en 1932 on ses croirait au 18eme. c'est sublime l'étude des mœurs est traitée admirablement. les scènes sont tellement bien filmées qu'on croirait les vivre. bravo un très très bon film à voir.
Assez classique, un peu long. Des personnages un peu caricaturaux. Ce n'est pas qu'on s'ennuie, mais on n'est pas pris dans l'histoire comme dans un bon vieux "la part des anges" ou "looking for Eric". Trop classique en fait. Dommage