Après l’avoir dirigé dans les épisodes de la mini-série Fais pas çi, fais pas ça qu’il a réalisé, Gabriel Julien-Laferrière retrouve, à l’occasion de l’adaptation d’un roman de Laurent Bénégui, Guillaume De Tonquédec en lui donnant le rôle d’un Monsieur-tout-le-monde embringué dans une série d’évènements qui font s’effondre sa vie tel un vulgaire château de cartes. Cette figure classique du personnage en pleine aux enfers réussit, entre la peau de l’acteur, à créer une empathie et donc un certain apitoiement de la part du spectateur. Ce n’est donc pas, comme souvent, le rapport entre les réactions ou la maladresse du héros et les situations qui est la base de l’humour de cette comédie mais bel et bien certains personnages (pas forcement les mieux exploités, puisque ce sont les répliques de Naidra Ayadi, présente dans à peine trois scènes, qui sont les plus drôles) mais aussi et surtout la rythmique foldingue du montage qui, en ne laissant aucun temps mort, rendent ces mésaventures divertissantes. Mais, comme son nom est supposer l’indiquer, SMS est un film qui doit traiter, voir dénoncer, l’influence de la téléphonie sur notre quotidien, et là, hormis des plans sur des antennes-relais dans les plans d’ouverture et de clôture, la place que prend le portable dans l’escalade des ennuis du héros, c’est surtout le discours du personnage incarné par Franck Dubosc (que Julien-Laferrière, après Incognico, semble être le seul à ne pas le rendre insupportable) qui distille ce message. Au-delà de ses invraisemblances et de sa moralité un peu bancale, il s’agit là d’un divertissement agréable.