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avenezia
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5,0
Publiée le 2 décembre 2024
Il y a beaucoup de tendresse et d'érotisme dans ce film. Malgré quelques lenteurs, on se laisse porter par la beauté des images et la candeur des acteurices, dont la simplicité ajoute au charme du film.
Le véritable coup de génie du réalisateur est d’avoir situé cette fable mythologique dans une banlieue du sud de la France, créant ainsi un contraste saisissant entre l’ordinaire des décors urbains et la splendeur atemporelle des mythes. Europe, une jeune fille en quête d’expérience qui veut "vivre une histoire", quitte sa réalité urbaine pour se plonger dans une nature dense et mystérieuse. Christophe Honoré transforme ce cadre en un espace de métamorphoses, où le réel s’efface au profit du rêve. Sa quête est magnifiée par une mise en scène qui évoque plus qu’elle ne désigne : chaque plan semble chargé d’une force symbolique. Les dieux, les hommes et les animaux sont filmés à égalité, rappelant l'esprit holistique de l'Antiquité. La lumière naturelle, les cadrages simples mais évocateurs, les gros plans sensuels sur les protagonistes, et le jeu d’acteur tout en fraîcheur et en fragilité créent cette sensation de basculer dans un autre monde.
"Voir pour croire n'est pas la meilleure manière de croire" : cette idée clé traverse un film qui nous invite à dépasser le visible pour embrasser une dimension onirique et mythologique. Métamorphoses n’est pas seulement une adaptation des récits d’Ovide : c’est une initiation poétique au cœur de la nature et du cinéma contemporain.
Le nom d’Ovide renvoie généralement à des souvenirs scolaires, plus ou moins agréables : contes et légendes racontées en classe, laborieuses versions latines, études de tableaux illustrant telle ou telle histoire… Dépoussiérer l’œuvre, lui donner un tour plus moderne, constitue un fameux défi. Christophe Honoré l’a relevé, choisissant de transposer les Métamorphoses aujourd’hui, tout en restant fidèle au texte. Le résultat est surprenant, et, pour tout dire, réussi. Conducteur de poids-lourds, Jupiter enlève Europe à la sortie du lycée, quand Narcisse se perd dans la contemplation de lui-même jusqu’à tomber du haut d’un HLM. Chasseur malchanceux, Actéon est abattu par un camarade après avoir été changé en cerf, puni d’avoir surpris un transsexuel pendant sa toilette, figure décalée, moderne, de Diane au bain.
Les récits s’enchaînent harmonieusement, formant une sorte de suite colorée, tantôt violente, tantôt comique, tantôt tendre, au gré des récits. Mélangeant tons et humeurs, l’ensemble n’est pas sans rappeler la manière de Demy, ou celle de Pasolini dans La Trilogie de la vie. Christophe Honoré garde en effet le souvenir de ces époques nues dont parle Baudelaire, et sait fixer les corps avec une troublante intensité, un érotisme subtil. Situés dans un Languedoc hellénistique, les ébats des dieux et des mortels reflètent ainsi parfaitement la grivoiserie du livre, la liberté de ton propre à la Rome ancienne, dont elle offre une vision neuve. Métamorphoses est ainsi à la fois sensuel et profond, incarné par de jeunes et talentueux acteurs.
Revisiter l’Antiquité n’implique pas, cependant, de négliger l’actualité. Plusieurs maux propres à la société sont discrètement représentés, notamment quand Orphée et ses disciples sont violemment pris à partie dans une banlieue sensible, où la police intervient. Pour autant la légèreté et l’hédonisme dominent, et tranchent avec une rentrée cinématographique un peu sombre, dans un pays en crise. Six ans après une audacieuse adaptation de La Princesse de Clèves, Christophe Honoré, cinéaste et romancier, en revient aux classiques, et leur redonne vie.
(Article d'Etienne Ruhaud, paru sur le site "Saisons de culture").
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18 103 critiques
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1,0
Publiée le 26 septembre 2020
À ce stade de mes critiques je dois fournir généralement un résumé objectif de l'intrigue initiale avant de me lancer dans ma critique du film. Mais c'est impossible avec Métamorphoses car il n'y a pas d'intrigue discernable donc c'est impossible de le faire. Apparemment, le film parle de dieux marchant sur terre et gambadant en jouant avec les humains. Cela correspond à ce que j'ai vu mais cela fournit au mieux que le contexte de l'intrigue. Au-delà de ça il n'y a rien dans l'histoire. C'est un film aléatoire et absurde ou une scène ne semble pas suivre une autre scène. Si chaque scène est une mini-histoire ce sont des histoires assez ennuyeuses inutiles et peu concluantes. Comme l'art pour l'art ne m'intéresse pas car c'est trop prétentieux. Je résumerais le film comme ennuyeux, inutile et pas concluant...
L'idée d'adapter 'Les Métamorphoses' d'Ovide et de les transposer dans la France péri-urbaine du 21e siècle est courageuse et plaisante, mais 'Métamorphoses' a bien du mal à dépasser son statut de film à saynètes déliées. Plus embêtant encore, dialogues et acteurs peinent à convaincre, et restent donc bien loin du modèle rohmérien auxquels ils prétendent.
Inspiré d'une partie des Métamorphoses d'Ovide, long poème latin du 1er siècle narrant des histoires tirées de la mythologie grecque et romaine, ce film risqué de Christophe Honoré est une réussite absolue. Ode aux corps, à la jeunesse, au tragique de l'amour et de la vie autant qu'acte de foi poétique, ce long-métrage qui bénéficie d'une image sublime transpose dans le monde contemporain des mythes et légendes multiséculaires, sans jamais être ennuyeux, et nous déroule en toute simplicité son univers lyrique et fantastique. Une petite merveille des sens, du cœur et de l'intellect.
Transposer Les métamorphoses de Ovide à notre époque contemporaine est original. Je n'ai jamais lu Les métamorphoses mais cela semble tout à fait cohérent. C'est donc dans un décor d'autoroutes et HLM, mais aussi de scènes champêtres, que Christophe Honoré nous raconte les histoires de ces dieux grecs et romains, Europe en étant le fil conducteurspoiler: (elle rencontre Jupiter, puis Bacchus et enfin Orphée) . Les dieux, déesses et bacchantes se baladent à poil mais baskets aux pieds, histoire de nous rappeler qu'on est à notre époque? Ou pour plus de confort pour les comédiens? Une chose est sûre, Honoré filme la nudité frontalement, comme une chose naturelle, sans chercher nullement à la magnifier. De même, aucun effet spécial lors des métamorphoses. Le film était donc une bonne idée de départ mais on s'ennuie vite de ces saynètes qui s'enchaînent et qui ont de moins en moins de logique (dans la première partie, au moins, ce sont des histoires racontées par Jupiter). Le jeu des acteurs est approximatif, très récité (comme dans les films de Rohmer, sauf que chez lui au moins les dialogues sont intéressants, limite philosophiques, ou humoristiques, ce qui n'est pas le cas ici). En bref, on s'ennuie.
Un très bon film rempli de poésie inspiré des métamorphoses d'Ovide. Christophe Honoré signe un petit bijou et nous montre son grand talent de réalisateur . Les acteurs sont peu connus mais ils jouent bien. Un OVNI dans le cinéma français.
L'immersion des Dieux dans le monde des Mortels. On se croirait tout à fait dans le registre d'Eugène Green sans la subtilité poétique. Le résultat est effectivement assez étonnant dans la forme. Pour le fond, par exemple les dialogues crus et les incursions dans le monde d'aujourd'hui, c'est parfois dérangeant et hormis le fait que ce soit confus quand on ne saisit pas les subtilités de la mythologie, on se sent parfois submergé par les images interprétatives et tenu à distance.
Avec Métamorphoses, Christophe Honoré a choisit d’effleurer la peau d’acteurs non-professionnels avec sa caméra. Ces derniers transparaissent à l’image comme s’ils étaient devant nous à nous séduire. Car Métamorphoses est un beau poème avec ses lumières, ses décors naturels et ses mots bien pesés. Malheureusement la multitude des personnages nous trompe souvent et on se perd dans un langage déjà trop soutenu. On s’étonne, car la légèreté de la mise en scène nous berce et on oubli que le récit à un début et une fin. Peut-être est-ce là toute la beauté de ce long-métrage. Soulignons également une séquence sublime de ce vieux couple qui souhaite mourir ensemble et qui s’éternise à jamais en arbres. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Diantre, mélanger Ovide avec des barres HLM et espaces urbanisés moches fallait oser... C'est un peu comme si on demandait à Van Dongen ou Nolde de peindre du Rembrandt. Voilà encore un film qui prêtera le flanc à la critique facile de la populace. Raison de plus pour le défendre, malgré ses défauts (pourquoi, mais pourquoi le cinéma intello français se croit obligé de demander à ses acteurs de débiter le texte d'une façon la plus monocorde possible ? On retrouve le même tic chez Godard, Rohmer et Eugene Green, entre autres). Sinon, louons les audaces de ce petit ovni : nudité somptueusement filmée, sans voyeurisme, sans érotisme excessif, mais d'un point de vue "naturiste" si j'ose dire assez fascinant. Choix musicaux imparables. Enchâssement des récits plus que bienvenu et qui donne une vraie cohérence et un rythme intéressant à l'ensemble. Une photo travaillée, jouant habilement entre la luminosité antique et la grisaille contemporaine. Et enfin, on relèvera quelques coups de griffes contre les deux plus grandes religions monothéistes (grandes par leur nombre de fidèles), discrets mais réels, au profit du panthéisme antique et des religions orientales indiennes... Faut faire attention avec ça d'ailleurs, y en a d'autres qui ont fait joujou avec des thématiques similaires dans l'Allemagne des années 30...
Film après film, Christophe Honoré continue de se réinventer. Fan de Nouveau Roman (il a monté « Nouveau Roman », un spectacle mettant en scène ses écrivains préférés : Robbe-Grillet, Sarraute ou Duras pour ne citer qu’eux), écrivain érudit lui-même, dramaturge chevronné, il fait du cinéma une corde de plus à son arc. Malgré une liste de films qui s’allonge sérieusement, le cinéma n’est qu’un de ses moyens d’expression. Cette particularité lui permet d’aller très loin dans l’exploration du champ des possibles, de mixer les univers, et de tenter comme ici de traduire un monument de la littérature, Les Métamorphoses d’Ovide, douze mille vers et pas un de moins, en un film élégant et inventif.
Le fil d’Ariane de ce mythe moderne est Europe, jeune collégienne/lycéenne au regard sombre, incarnée par la toute jeune Amira Akili, sombre telle l’Europe des mythologies, qui rappelons-le, est la fille d’un roi phénicien qui arrive vers l’Ouest, le Couchant (« Ereb » en langue sémitique) après avoir été enlevée par Jupiter transformé pour l’occasion en taureau.
Il s’agit d’un film exigeant. D’habitude, les spectateurs peuvent être exigeants devant un film mais ici, c’est ce dernier qui en attend beaucoup du spectateur. Dès le début, on est plongé dans la nature et en silence. Dix longues minutes sans un seul dialogue. Il faut de l’audace pour proposer ce genre de chose et j’y adhère totalement. Ce début totalement silencieux peut rappeler des films comme 2001 de Kubrick ou encore Melancholia de Van Trier, je serai même capable de tenir encore plus longtemps sans dialogue.
Ensuite, très rapidement, on arrive au moment de la rencontre ente Jupiter et Europe. Dans le mythe, Jupiter se métamorphose en taureau pour séduire Europe, ici, il prend la forme d’un camion… Dépaysant ! Et c’est ici que le film fonctionne à merveille. Il transpose des récits immémoriaux dans notre époque contemporaine. Mais cela fait sens, beaucoup plus sens que de mettre l’action dans une époque ancienne inconnue. Ici, le décalage entre les Dieux et les mortels et encore plus frappant, on a le choix de croire ou de ne pas croire. Hermaphrodite devient une sorte de nymphomane, Junon est une femme jalouse, qui a peu confiance en elle et traque les incartades de son mari, Jupiter est un séducteur qui n’en a jamais assez, Orphée est un philosophe, Bacchus est un homme frustré qui n’aspire qu’à être reconnu dans son caractère divin, et enfin, Europe est une jeune adolescente d’origine maghrébine qui s’ennuie dans son existence et aspire à autre chose dans notre France d’aujourd’hui.
Rien de tel qu’un tel contexte pour être frappé en plein cœur par ces personnages. De plus, on sent à l’image tout le soin mis dans la photographie, tout le travail technique derrière.
L’irruption de ces Dieux mythologiques dans l’époque contemporaine permet également de confronter les religions polythéistes et monothéistes, ainsi ce que l’on connait chez Ovide dans le mythe d’Hippomène comme étant le temple d’une divinité devient ici une mosquée. Jupiter fait la manche à la sortie d’une église, Oprhée prêche et j’en passe.
Ainsi, les Métamorphoses d’Ovide qui se déroulent de nos jours, c’est une idée formidable, quand on fait le choix de croire aux mythes, de croire en ce film, en ces acteurs, lorsqu’on a envie de se sentir comme un enfant devant ces récits de la mythologie, ce film devient lui-même mythologie. Ce film est beau, touchant, poétique, sensuel. Il y a toutefois quelques faiblesses dans la narration, il est possible de décrocher, mais l’ensemble en vaut vraiment le coup et il serait vraiment très dommage de s’en priver.
Un vrai carnage, je n'ai absolument rien capté à ce film ni réussi à lui trouver le moindre intérêt ni même le moindre charme! Ce n'est tout simplement pas ma came voilà tout. Je ne supporte pas ce genre de dialogues récités qui n'ont pour moi aucun sens à moins d'avoir l'âme d'un poète! J'exagère mais pas tant que ça en fait. J'ai trouvé ça très intello et prétentieux. Cependant; il faut avouer que le film sort de l'ordinaire et je peux comprendre que cela puisse plaire à certain s aventuriers du ciné, ceux qui n'ont pas peur d'essayer des films qui sortent des rails ( dans ce style, je pense à "mes séance de lutte" que j'ai vu récemment ou "Roméo doit mourir"...). Si vous faîtes partis de ces intrépides, ce film ne pourra que vous plaire!