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Rainfall_Shadow
47 abonnés
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3,5
Publiée le 23 mars 2016
étrangement envoûtant on se laisse prendre au jeu de ce road movie version sf qui nous livre une interessante réflexion sur la vie et l évolution, notre capacité a nous projeter. super film quand même meme si on reste un peu sur notre faim
Notre époque est à l'ironie. Il ne faut rien prendre au sérieux, sauf à passer pour un barbon sentencieux. Il ne faut rien présenter sans l'agrémenter d'un trait d'humour, sauf à passer pour un pisse-vinaigre.
Le cinéma est à l'image de notre temps. Et je ne parle pas là de la comédie qui a toujours été - et qui reste - un genre cinématographique à part entière. Je parle de la présence obligée dans la quasi-totalité des films hollywoodiens d'une ironie plus ou moins appuyée. Prenez l'exemple des films de super héros. Pas le moindre humour chez Superman (sauf son justaucorps moulant.... mais je ne suis pas sûr que cet humour-là était volontaire). Alors qu'aujourd'hui, les films de super-héros deviennent de franches déconnades : Les gardiens de la Galaxie, Kick-Ass, Deadpool...
Pourquoi cette longue introduction ? Pour souligner le culot de Jeff Nichols de signer un film totalement dépourvu d'humour. On a beaucoup dit que Midnight Special ressemblait aux films des années 80, aux grands succès spielbergiens : Rencontres du troisième type, E.T.... Par les thèmes qu'il brasse : la force des liens familiaux, l'extra-terrestre bienveillant. Par le recours à des effets spéciaux bricolés, fait-main. Mais, ce qui m'a le plus frappé, c'est le sérieux du film.
Un sérieux qui pourrait presque.... prêter à rire. Car le scénario de Midnight Special n'est pas piqué des hannetons. Un père fuit avec son fils. Ils sont poursuivis par la police et par les adeptes d'une secte millénariste. Les premiers voient dans l'enfant, doté de pouvoirs surnaturels, une arme terrifiante ; les seconds leur sauveur.
On imagine avec horreur de quelle new agerie boursouflée un réalisateur moins doué que Jeff Nichols aurait pu accoucher à partir d'un scénario aussi grandiloquent. Or, le réalisateur de Mud et de Take Shelter parvient à nous faire croire à cette histoire délirante. Les premières minutes du film sont un modèle du genre, qui nous plongent instantanément dans l'intrigue. Et l'épilogue, la rencontre avec des êtres venus d'ailleurs, passage casse-gueule au possible depuis Rencontres du troisième type, 2001 et Contact (cherchez l'intrus), réussit à nous étonner et à nous émouvoir.
Un coup de cœur - le second de la semaine après No Land's Song.
De la science-fiction comme on aime : un bon scénario avec un questionnement perpétuel qui nous tient en haleine jusqu'à bout , une ambiance lourde et pesante , des effets spéciaux minimaliste , voila une belle surprise .
Dans la nuit, un père fuit à la fois les autorités et une secte religieuse, qui cherchent à capturer son fils doté de pouvoirs surnaturels. Si le scénario du film fait penser à des classiques de la SF des 80's comme "Starman" ou "Close Encounters of the Third Kind", le traitement en est totalement différent. Loin de la magie ou de l'optimisme, Jeff Nichols nous livre un récit dramatique et sombre, aux personnages nuancés, et à la mise en scène forte. Par ailleurs, l'intrigue joue habilement avec les non-dits et le suggéré, pour ne révéler les informations essentielles qu'au compte-goutte, évitant ainsi à la lenteur de s'installer. On appréciera également Michael Shannon en père n'hésitant pas à tuer pour protéger son fils, ou Joel Edgerton en ami dévoué. On pourra regretter que le fond de la composante SF de l'histoire ne soit pas davantage développé, toutefois "Midnight Special" demeure une œuvre intéressante, à découvrir.
Après les excellents take shelter et mud, Jeff. Nichols poursuit son exploration de l'Amérique profonde en proposant un récit de science-fiction étonnement épuré et faisant la part belle au mystère et aux interrogations. On.pense beaucoup au Spielberg de rencontre du troisième type mais aussi au cinéma de Malick et à son goût pour les grands espaces et la contemplation. Fascinant et poétique, midnight spécial est un film assez froid et distancé mais passionnant dans son refus d'apporter de véritables réponses. Le spectateur est libre de ses interprétations, ce qui rend ce midnight spécial d'autant plus intéressant que n'importe quel blockbuster lambda. Entre traque à l'homme, enquête gouvernementale et SF métaphysique, le dernier Jeff Nichols est encore une belle réussite.
Les deux précédents films de Jeff Nichols: Mud et Take Shelter, avaient directement propulsé au premier plan le jeune réalisateur par leur originalité et leur force. Au début de Midnight Special, devant ce road movie: la fuite d'une famille traquée, tentant de protéger Alton, petit garçon doté de pouvoirs.... carrément puissants, tout à la fois de la CIA et autres services secrets qui aimeraient récupérer cette arme de destruction massive, et de la secte dans laquelle le père s'était retranché, on se demande si Nichols ne loucherait pas, horreur! du côté du très surfait Night Shyamalan dont les histoires finissent toujours en eau de boudin
Mais non: on est rassurés. Par son humanisme et sa foi gentillette en l'existence d'autres mondes.... qui ne seraient pas hostiles, c'est bien du côté de Spielberg et des ses Rencontres du troisième type que regarde Nichols, et c'est une référence.... carrément plus intéressante.
Le père, Roy c'est l'acteur fétiche de Nichols, celui qui interprétait si brillamment le héros de Take Shelter, Michael Shannon, et la mère c'est Kirsten Dunst, très sobre. Joel Edgerton interprète Lucas, l'ami de Roy qui l'assiste dans sa cavale. Une mention spéciale au jeune Jaeden Lieberher: pas facile d'échapper au syndrome du singe savant quand on incarne un petit garçon pas comme les autres. Enfin, on retrouve avec délice Sam Shepard, le dangereux pasteur du Ranch, cette communauté d'illuminés façon Amishs, où s'étaient réfugiés Roy et Alton, qui comptait bien utiliser le petit garçon pour on ne sait trop quelle cérémonie apocalyptique.... et qui naturellement veut le récupérer.
On roule la nuit, car les yeux d'Alton ne supportent pas la lumière solaire, de station service en station service, sur des routes plates dans des paysages désolés. Mais on n'échappe pas à une impression de déjà vu -et on pense que ce film est un peu en retrait par rapport à ceux qui l'ont précédé. Enfin, on a quand même passé un très agréable moment!
C'est pas mal, Jeff Nichols a le mérite de mêler sciences fictions et réflexions, en évitant de tout miser sur les effets spéciaux. Même si l'intrigue est un peu lente, elle soulève toutefois un intérêt.
Drôle d'expérience que ce Midnight Special, qui prend tout son temps (parfois un peu trop) pour installer une ambiance si particulière, grâce notamment à une photo et une bande son impeccables. C'est un film qui se ressent plus qu'il ne démontre, c'est déroutant et au final assez fascinant.
Un film aride et poétique, qui m'a plus rappelé l'ambiance surréaliste de Take shelter que le romantisme de Mud du même réal... On pense forcément à Rencontres du 3ème type ; mais là où Spielberg (à l'époque) faisait dans le tape-à-l'oeil, Jeff Daniels privilégie un cinéma à petite touche, mettant en exergue quelques scènes époustouflantes de concision et/ou de beauté. Daniels m'a globalement embaqué, même si la chute de son film est plus convenue que le reste de son propos.
Brillantissime héraut du cinéma indépendant américain, Jeff Nichols, sans se renier, amorce tout de même un évident tournant vers un cinéma "mainstream" avec Midnight Special. Passe encore que le sujet ne soit pas d'une originalité folle -un père en cavale avec son fils "surnaturel"- car le cinéaste entretient encore la magie par sa mise en scène, souvent inspirée, au service d'un scénario qui n'emprunte pas systématiquement la ligne droite et comporte quelques lignes de fuite intéressantes. Pas suffisantes cependant pour ne pas céder à la tentation de scènes d'action plus traditionnelles et surtout à une vision fantastique trop reminiscente de l'imaginaire cher à Spielberg. Le dénouement est particulièrement explicite, ce qui étonne de la part d'un auteur qui aimait à laisser planer le mystère comme dans Take Shelter. Virage définitif vers une oeuvre plus conventionnelle et moins personnelle ? L'avenir nus le dira.
S'attaquer à la SF n'est pas chose simple. Jeff Nichols le fait pour son quatrième film mais à la manière d'un film d'auteur intimiste et stylisé. Et ça marche. Le scénario original (oui oui, il y a encore des scénarios originaux à Hollywood) est bien ficelé. On s'attache rapidement à ce père qui fait tout pour sauver son fils sans vraiment comprendre ce qu'il est. L'intrigue est palpitante, les personnages sont bien écrits et l'ambiance est attirante. La réalisation est très soignée et sophistiquée sans s'apparenter à un blockbuster mais à un film d'auteur. Et ça fonctionne très bien. Michael Shannon et Kristen Dunst sont poignants et touchants. Par contre, Joel Edgerton prouve, une fois de plus, qu'il n'est pas fait pour ce métier. Un bon thriller de science-fiction.
Un père soustraie son fils des griffes d’une secte où il était considéré comme le messie. Poursuivi par des membres de la secte mais aussi par le FBI ; il va conduire son fils aux pouvoirs troublants vers son destin. Jeff Nichols fait partie de la jeune garde du cinéma américain dont on attend beaucoup… moi le premier. Pour ce 4ème opus, il va flirter du côté de la SF. Sa SF, teinté 80’s, a bon goût de jouer le décalage avec son époque avec surtout une sobriété bienvenue des effets spéciaux. Nommé par beaucoup comme héritier de Spielberg, en voyant « Midnight Special », des références comme « E.T. » ou « Rencontres du 3ème type » viennent très vite à l’esprit. L’enfant, Alton, est un « E.T. » de chair et d’os ; c’est troublant. Nichols aussi à l’art de l’ellipse narrative comme personne. Il étire à souhait, voire parfois en longueur, son suspense… aboutissant sur un final digne des deux références Spielberguienne précédentes. Mais on peut aussi appeler en renfort Eastwood et « Un monde parfait ». Et pourquoi ? Pour la magnifique cavale d’un père et d’un fils dont on sent la séparation imminente. Jeff Nichols, tout en explorant un genre nouveau, tourne autour des questions qui lui tiennent à cœur : la famille, la différence, la croyance,… et toujours par la fable. Si ce n’est qu’ici, malgré l’intelligence du propos, la psychologie est moins présente qu’à l’accoutumée. Et surtout il ne parvient à atteindre l’émotion narrative d’un « E.T. ». Et pourquoi ? Il retient trop son suspense et étire trop son film ; après une heure, le rythme n’y est plus. Là où dans « Take Shelter » il y avait une angoisse grandissante progressivement autour de la famille ; ici, c’est un peu une répétition de faits. Trop de retenue. Dommage que derrière une mise en scène virtuose dont Nichols est amateur, il y ait des faiblesses au niveau du script et/ou du montage final. Cà reste du bon cinéma… mais les fans de Nichols resteront sur leur faim… peut être trop exigeant avec un jeune cinéaste de 37 seulement et pétri de talent
Super mystique, peut être même un peu trop pour moi. On retrouve des ingrédients de certains Spielberg. L'interprétation et la mise en scène vont être récompensées aux Oscars 2017.
Etrange ce film. Il aurait pu être génial sans quelques invraisemblances du scénario (je n'ai toujours pas compris le pourquoi de la chute du satellite...). Les acteurs sont par ailleurs tous impeccables pour exprimer les craintes, les doutes... et les certitudes envers et contre tous. A n'en pas douter on est pris par l'ambiance et on veut croire en ce gamin par ailleurs fort bien interprété. Mention spéciale aux graphistes et architectes "virtuels" qui ont créés le monde futuriste qui apparaît à la fin du film. Tout simplement splendide, aérien, homogène, crédible et profondément désirable.
Un film anti-blockbuster qui refuse de (trop) céder aux artifices au spectaculaire et à l'action. Le réalisateur reste donc fidèle à son style épuré, un rythme posé et calme, et un minimum de dialogues afin que tout passe par le regard des interprètes. Un film hommage à Spielberg mais qui porte clairement la patte de Jeff nichols. Malgré ses qualités uniques, il nous transporte pas autant qu'un rencontre du troisième type ou ET. Une plongée dans les années 80 en regardant le futur et une autre vision d'un thème chère au cinéma fantastique.