254 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
42 critiques spectateurs
5
3 critiques
4
17 critiques
3
11 critiques
2
7 critiques
1
2 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Felipe Dla Serna
32 abonnés
246 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 11 décembre 2014
Ce petit bijoux qu'avec très peu de moyens techniques et tourné en mode presque de huis-clos, arrive à transmettre plein d'émotions sur un sujet très actuel: le retour au pays -Cuba- des émigrés politico-économiques et les acteurs y sont pour quelque chose, notamment Isabel Santos qui dans le rôle de Tania est simplement magnifique. Une bande de copains se retrouvent sur le lieux de sa jeunesse (une terrasse de La Havane) et se racontent les raisons de leurs départs ou les raisons de rester. Entre rires, reproches mutuelles et autres intimités, la soirée se passe jusqu'au bout de la nuit et une révélation surprise, avant de se conclure avec la levée du soleil. Une pure merveille... Comme quoi quand un film est bien dirigé, avec des bons acteurs et surtout avec une belle histoire, les moyens mis en place peuvent être anecdotiques.
Ithaque c’est Cuba…Un soir à la Havane, quatre amis se sont réunis pour fêter le retour d'Amadeo, qui revient d'un exil de 16 ans en Espagne. Il y a Tania, seule femme du groupe, ophtalmologiste qui a du mal à vivre de son métier et doit accepter des cadeaux de ses patients, Rafa, le peintre qui a cru pouvoir connaître la célébrité en exposant à Paris et que le régime a bloqué à Cuba , Aldo, ancien ingénieur qui survit en bricolant des batteries dans un atelier clandestin et Eddy qui a remisé des rêves d’écriture pour devenir un petit apparatchik un peu combinard qui ravitaille ses amis en produits achetés à l’étranger. Amadeo a profité il y a 16 ans d’une tournée de sa troupe de théâtre en Espagne pour y demander l’asile politique par peur de se voir embrigader dans une entreprise de délation. Tous sont des intellectuels ou des artistes ayant dépassé la cinquantaine, ils ont vécu, étudiants les folles campagnes de récolte de la canne à sucre pendant la « période spéciale » des années 90...ils ont tous plus ou moins cru à la révolution…Aldo veut encore y croire, « laisse moi croire que j’y crois encore » .Leurs enfants ont pour la plupart fui Cuba ou ne pense qu’à fuir… Sur une terrasse qui domine la ville, ils vont passer la nuit à boire et à parler, à évoquer des souvenirs traversés par les regrets, leurs illusions perdues, les non-dits et la chape de plomb qui pèse sur l’île...Cette unité de lieu et de temps donnent au film une dimension théâtrale qui n’est aucunement fastidieuse mais très prenante ...Les dialogues clairs et précis nous apportent beaucoup sur le passé et le présent de Cuba …et si comme moi , on peut avoir cru à cette révolution, on ne peut être que touché par ce film merveilleusement interprété par ces cinq acteurs cubains si vrais que l’on pourrait penser qu’ils interprètent leur propre histoire.
De retour à Cuba, comme Ulysse à Ithaque en son temps, après son odyssée, Amadeo retrouve ses amis après 16 ans d'absence. Tout le film se passe une nuit sur une terrasse surplombant la Havane. Toute une nuit à parler de leur vies et de leur jeunesse commune pendant la "période spéciale" cubaine qui a débuté en 1990. Le groupe d'amis, cultivés et bon vivants, nous fait partager son attachement à Cuba, mais aussi ses idéaux, ses regrets, ses remords, ses drames et la difficulté de vivre sous un régime autoritaire gangrené par la corruption et la délation. Quelque touches sur le contexte actuel et la jeunesse cubaine viennent parachever cette fresque où se mêlent humour et gravité poignante. Un peu long, mais complet et vivant.
Vu en avant première lors du Festival du Film d'Histoire International à Pessac, nous assistons ici à une soirée entre amis pour fêter le retour à Cuba d'Amadeo après 16 ans passé en Espagne. Un film en "huis clos", se passant quasi exclusivement sur une terrasse surplombant La Havane. Les souvenirs du bon temps et les plaisanteries vont petit à petit se ternir en sujet plus difficile et règlements de compte, tout cela sur fond de critique sociaux-politique de Cuba. Le film est agréable et les émotions sont bien rendues même si l'on a l'impression d'assister à du théâtre filmé.
Lorsque je suis allé à la Havane, ma première grande émotion s'est passée sur une terrasse. J'étais en voyage de noces et nous sommes allés dans l'immeuble où avait vécu ma femme lorsqu'elle était toute petite. Nous sommes retournés sur la terrasse, dont j'avais vu une photo d'elle enfant. "Retour à Ithaque", c'est aussi l'histoire d'un retour. Un homme revient et retrouve ses amis, qu'il n'a plus vus depuis de longues années. A la manière de "L'inconnu du lac", nous nous trouvons dans ce film dans un huis clos en extérieur. Les Cubains sur leur île sont, d'une certaine manière, confrontés à une telle situation. La liberté de circulation ne va pas de soi pour tout le monde selon où il naît et vit. Les amis se disent leur affection, expriment leurs récriminations, se demandent des comptes les uns aux autres. Leurs échanges sont remplis de densité, d'intensité, d'authenticité, parfois de mauvaise foi temporaire. Chacun rendra compte des compromis ou compromissions apparentes par lesquels il a dû passer, les renoncements coûteux seront aussi exprimés. Voilà une belle aventure cinématographique, que nous livre Laurent Cantet.
Une terrasse sur les toits de La Havane au dessus du « Malecon ». Cinq amis, dont Amadéo, de retour à Cuba après 16 années d’exil, se retrouvent et discutent toute la nuit.
Ses amis ne comprennent pas pourquoi Amadéo est resté en Espagne, laissant sa femme malade à Cuba. Chaque protagoniste va dévoiler l’histoire de sa vie et les blessures qui l’affectent encore. Vies personnelles marquées et profondément empreintes par un régime politique semant la peur et la suspicion au fond de chacun …et pourtant illuminées par un attachement émouvant à leur pays.
En une seule nuit de discussion, empruntant une forme intimiste et théâtrale, le cinéaste parvient à faire ressentir le trouble que le régime politique Cubain a semé dans ces différentes vies, brisant les destins individuels, mais peut-être pas l’amitié. La thématique est riche et approfondie (l’amitié, l’exil, l’amour du pays, le rapport entre le politique et l’individu, les rêves de jeunesse brisés, les difficultés de la création artistique..) et les dialogues subtils.
Laurent Cantet parvient à faire partager cet amour pour Cuba, complexe et passionné.
Unité de lieu, mais multiplicité de thèmes pour ces retrouvailles amicales et cubaines. Outre la force de l'amitié, on retrouve dans ce retour à Ithaque (car c'est bien cet Ulysse qui est au centre du groupe et du film) l'idéalisme, la trahison, l'amour (filial, mais pas seulement), les blessures cachées, le combat de l'art et de la pensée contre la dictature... Ces amis en terrasse nous font vraiment participer à leurs doutes, leurs colères, leur tristesse, leurs joies, sans que jamais l'ennui nous gagne, bien au contraire. Et puis, comme la Caraïbe a su faire chanter l'espagnol! Un vrai délice que cette disparition des "s"!
Du vrai cinéma, sans décor superflu, des acteurs qui jouent avec leurs tripes...on sent le vécu, celui de destins (brises?) ayant pour fil conducteur le rythme de la propagande de Castro. L'amitié est le ciment de ce film. J'ai bien aimé cet avant goût de nos prochaines vacances.
Cuba et La Havane… leur évocation suffise à charmer, et ce peut importe la part de réalité. C’est l’indéniable avantage de certaines destinations lustrées par une imagerie enjolivée. Un constat qui a très certainement amené Laurent Cantet à installer sa terrasse et ses protagonistes dans la capitale de l’île. Des retrouvailles dans une ambiance théâtrale ont pour mission d’emmener le spectateur pour un voyage cubain, entre passé et présent. Mais le départ a du mal s’organiser, si bien qu’on est tenté d’écourter la soirée et demander à chacun de rentrer chez soi.
Super film, sur l'évolution des jeunes de cuba en 90. spoiler: Et on ce rend compte que celle qui ait des études (docteur), celui qui réussis en affaire (riche), les artistes (écrivains et peintres), et celui qui rate. Les 5 ne s'en sont pas vraiment sortie chacun dans leurs problèmes. Ainsi, que la génération futur. Très intéressant. Déçu, de l'unité de lieu et du film théâtrale (chacun, parle chacun son tours). Sinon, le fond était bon.
le film aborde la vie d'intellectuels aujourd'hui à Cuba, il est en cela très intéressant, sans jamais parler directement politique le système cubain est au centre des conversations. De la difficulté de création pour les cubains, dans leur pays ou en exil.spoiler: Amadéo décide de rentrer définitivement au pays , Malgré tout le film n'échappe pas à la monotonie. Les discussions interminables toujours au même endroit font plutôt penser à du théâtre filmé et j'avoue que je me suis un peu ennuyée.
Un film sur l'entre-soi. D'un ennui mortel. Comme une fête où tout le monde se connaît et où personne ne vous parle. C'est d'un ennui terrible. Il fait dire aussi que parler de la politique a Cuba.... il faut en vouloir........
Un huit-clos amical sincère et touchant mais trop bavard dont on se sent souvent exclu, qui dresse, à l’occasion du retour d’un exilé contraint, un constat désabusé sur la génération sacrifiée des années Castro.
Le titre qui fait référence à Ulysse et le fait que ce soit Laurent Cantet m'avais donné envie de voir ce film. Mais dès le premier quart d'heure du film, on comprend qu'on va avoir droit à un long somnifère. Le film n'est qu'une longue conversation de 1 heure 30, en plus avec une mise en scène le moins travaillé possible. Voilà tout ce que je peux détester dans le cinéma français. Aucun dynamisme, aucun travail de réalisation. Et en plus les dialogues sont nuls. En effet, entendre des "vieux", parlé pendant 10 plombes ça ne me passionne pas. Oui j'utilise le mot de vieux, pas dans son sens d’âge avancé, mais bien dans son sens péjoratif qui sous entend qu'on s'ennuie. Parce que oui notre cher personnage principal qui revient n'a rien d'Ulysse, c'est un monsieur tout le monde. Et va y que je te raconte ma culpabilité et va y que je te raconte ma tristesse mon malheur, mes regrets. Et ça c'est pareil avec tout les personnages. Donc oui j'utilise le terme de vieux, parce que on a rien a faire des complaintes de ces personnages. Oui ceux sont des vieux, il ne font que gindre, et dire que la vie est nulle et se ressassent leur passé pendant tout le film, j'appel ça une attitude de vieux. Cela aurait été des jeunes qui auraient agis comme ça j'aurais aussi dit ça. Mais en général avec les jeunes on a du dynamisme, là rien. En plus les sujets on les a déjà entendus 100 fois. Cela sert à quoi de nous servir un film totalement minimaliste si cela là évoque déjà des sujets qui ne sont pas passionnant dans la vie réelle. Cela aurait été des dialogues qui poussent à la réflexion j’aurais adoré, mais là rien que du train train quotidien. Alors peut être que certains adorerons, parce que justement ce film reflète l'image de la vrai vie. Oui et ils auront raison, mais la vie dans ce qu'elle a de plus ennuyant. Heureusement que les acteurs sont souriants par moment et prennent du plaisir, si non j'aurais arrêté avant la fin. Au final ce que j'aimais de "entre les murs" je ne le retrouve pas ici. Pourtant ça semblait fonctionner sur le même schéma. Mais ici le film est monocorde sans émotions, alors que pour "entre les murs" il y avait de l'émotion, des débats, un semblant de réflexion et on s'attachait aux personnages.
Ce huis-clos en extérieur, en l’occurrence une terrasse de La Havane donnant tout aussi sur le Malecon que sur des habitations populaires est une co-écriture de Laurent Cantet et de Léonardo Padura. Il doit beaucoup à ce dernier, dans sa description, sa compréhension et son empathie pour les Cubains. Il met en scène cinq personnages principaux dont nous apprendrons peu à peu le passé et les blessures, sur fond de quarante ans d’histoire Cubaine, ceci par la seule parole des protagonistes, sans flash-back ou image illustrative. Pour réussir cette entreprise, il fallait d’excellents dialogues, ce qui est le cas, des acteurs impliqués et respirant l’authenticité, ce qui l’est aussi, mais aussi une mise en scène précise, qui sache ménager des silences lourds de sens et des moments de respiration. Un film à la fois politique et humain, sur l’amitié, les regrets et les désillusions.