Gilles Lellouche nous livre ici une très belle histoire, portée par une mise en scène soignée et un récit captivant.
Si la durée du film peut en effrayer certains, elle s’avère finalement essentielle. D’ailleurs, une fois plongé dedans, le temps passe sans que l’on s’en rende compte, tant chaque élément est minutieusement choisi et parfaitement écrit.
Bien que l’on connaisse les grandes lignes du récit, tout est fait pour maintenir l’intérêt et attiser la curiosité. Le casting, d’une grande qualité, y joue un rôle clé. En première ligne, une jeune génération prometteuse, avec Mallory Wanecque et Malik Frikah, qui brille aux côtés d’acteurs confirmés tels que les talentueux Benoît Poelvoorde et Alain Chabat. À cela s’ajoutent les figures montantes du cinéma actuel, comme Adèle Exarchopoulos, François Civil et Raphaël Quenard. En arrière-plan, Jean-Pascal Zadi apporte une touche d’humour et d’amitié tandis que Vincent Lacoste incarne une relation "pansement" dans l’histoire. Chaque acteur, chaque rôle, chaque temporalité est traité avec justesse.
Le découpage du film en deux parties quasi égales est particulièrement pertinent. La première nous plonge dans l’adolescence des personnages, là où tout se construit. La seconde nous emmène dans leur vie adulte, là où tout se confirme.
Tout oppose Jackie et Clotaire, que ce soit sur le plan personnel ou scolaire. Jackie grandit dans un environnement familial stable et bienveillant, ce qui lui assure une scolarité sans encombre. À l’inverse, Clotaire est marqué par des relations paternelles conflictuelles, une déscolarisation brutale et une dérive vers la délinquance. Le feu est alors associé à la glace. Ces différences les rapprochent d’abord, forgeant une complicité profonde et un amour fusionnel, avant de finir par les éloigner.
Le destin de Clotaire, dix ans plus tard, évoque même un écho au Comte de Monte-Cristo. Jackie se construit une vie qui correspond davantage aux attentes de son entourage qu’à ses propres désirs, tout en continuant d’attendre celui qu’elle a toujours aimé.
En somme, ce film m’a captivé du début à la fin. Une œuvre puissante, portée par des interprétations magistrales. Je recommande vivement !