Nouvelle incursion dans le cinéma de Guédiguian avec Au fil d’Ariane, petit film léger et estival qui ne retiendra pas l’attention mais qui n’est pas non plus insupportable.
Parmi les bons points, comme d’hab une excellente Ariane Ascaride. C’est l’une des rares actrices de Guédiguian à jouer de manière juste et naturelle. Un peu Meylan aussi, mais Ascaride est très loin devant. Elle est la fraicheur de ce métrage plutôt vieillot, et malgré ses presque 60 ans est d’une réelle beauté. Mêlant la vivacité du sud et une certaine fragilité, elle est touchante. Autour d’elle des personnages truculents comme d’habitude chez Guédiguian, interprétés par ses acteurs fétiches. Parfois c’est pas mal (le duo Jolivet-Naymark par exemple), parfois c’est lourd (Darroussin est rarement supportable chez Guédiguian et Djaoro surjoue à mort). Bon, le réalisateur ne change pas d’un iota sa proposition habituelle avec quelques surprises qui sont peu convaincantes (j’ai pas compris l’intérêt de Boudet dans ce film).
Le scénario est planplan. Le final décevra bien sûr par sa facilité, mais le manque de vrais enjeux lassera aussi. Le film tourne assez vite à vide, Guédiguian utilisant son métrage pour distribuer au compte-goutte ses réflexions faciles sur le monde d’aujourd’hui. Prostitution, capitalisme, immigration… tout y passe à coup de séquences caricaturales et vite oubliés à la scène suivante. On retiendra quand même quelques répliques sympas et un rythme plus allègre que dans d’autres films du réalisateur. Il le doit à sa durée plus courte que de coutume et à des passages amusants quoique pas transcendants non plus. Pour ma part la première partie m’a paru nettement au-dessus de la seconde en grande partie car après Guédiguian se perd et ne sait plus trop quoi faire jusqu’à la fameuse dernière partie affligeante (malgré la jolie Anaïs).
Visuellement on est plutôt bien dans l’ambiance marseillaise et c’est bien filmé. Guédiguian se force même pour rendre à l’écran la beauté nue de Lola Naymark qui est vraiment très jolie. Il y a de vrais moments visuels (la tempête) et c’est déjà un bon point. Les décors restent honorables, la photographie colorée et je conclurai sur l’excellente bande son empruntée aux classique de Jean Ferrat. Bien employée, elle sauve plus d’une séquence d’un ennui poli.
Guédiguian n’est pas au top de sa forme, c’est certain, et son film reste un moment à résumer en trois mot : planplan, ensoleillé et quelconque. L’auteur filme la vie, certes, mais même sous le soleil de Marseille la vie c’est souvent ennuyeux, et les quelques petits grains de folie (la tortue) où la beauté triomphante des actrices ne sauvent pas tout. 2.5 car ça se laisse voir, mais on en ressort sans grand entrain.