Suffocant...voir étouffant par moment, troublant, intéressant, palpitant... Etc. bref toutes les rimes en "ant" pour ce film quelque peu bouleversant... On dit toujours qu'il ne faut pas lire le livre avant de voir le film, et là étonnement on sent que la réalisatrice a été plus que touché par le livre qu'elle a découvert a 17 ans, comme la jeune héroïne du film, puisqu'on a l'impression d'en tourner les pages à chaque séquence... Tant elle a suis tirer la substantifique moelle de ce que je prenais au début pour un simple roman d'ados... Voir un peu péjorativement, pour un livre de "minette", qui n'est pas dans la "bonne bande de potes" dont elle regarde évoluer la "chef" avec envie ! Alors que pas du tout, dés le début on est troublé par le côté "caméra a l'épaule" et les soubresauts que cela entraîne a l'image, juste limite entre docu-fiction/réalité et l'immersion totale que provoque le focus devenu l'œil de l'héroïne... Pas une image de trop, juste celles nécessaires, même le plan filmant la démarche titubante de Charlie de dos rentrant costumée d'une fête qui ne l'était pas, juste de quoi esquisser un sourire.... Comme une bouffée libératrice de Ventoline pendant une crise d'asthme dont on ne se voit pas réchapper ! La montée est progressive mais quand même soutenue dans la 1ère partie ou l'on voit Charlie succomber à une amitié puissante et exclusive, avant d'esquisser les 1ères douleurs que provoque les coups d'un bâton que l'on a inconsciemment sois même taillé pour ce faire battre. Puis c'est la descente, le rappel ses propres douleurs adolescentes, on revoit ses envies de révoltes rageuses devant une injustice ou des actes contre lesquels on ne peux rien... Puis cela se précipite de plus en plus, d'actes ignobles, en passant par une passivité a la limite du soutenable de LA vraie héroïne... Jusqu'à cette scène finale ou le souffle est retenu et presque manquant pour arriver a cette libération ultime. Libération que je ne peux évidemment décrire pour préserver un dénouement choquant que l'on s'en veux de partager... Et... Respire... C'est ce que j'ai entendu dans le noir de la salle provoqué par ce couperet final, des spectateurs reprenant leur souffle ou le relâchant... Vu la progression impressionnante de Mélanie Laurent réalisatrice, j'attends avec impatience son prochain opus... Et merci car il y'avait un moment qu'un film ne m'avait autant donné envie de...respirer... Comme l'envie que l'on imaginerai avoir lorsque la main qui vous maintiendrait sous l'eau vous en arracherait en vous tirant par les cheveux la tête en arrière !!! Et bien sur, on l'oublierai presque, bravo a I. Carré qui nous prouve une fois de plus que le cinéma français doit compter avec elle !!!
C'est un saut dans un bac d'acide sous forme de réveil des consciences. Joséphine Japy est la muse (pour un film?) de Mélanie Laurent; Lou de Laâge le balancier émotionnel qui la libère ou lui fait hérisser le poil. Elles définissent à elles-seules la sublimité mémorielle de ces courts instants d'affrontement, entre joie et peur de l'être tant aimé, et puis tant détesté, qu'il soit retrouvé ou de nouveau perdu. C'est du cinéma caractériel, à fleur de peau et avec ses défauts, mais qui possède un bouclier de protection qu'on nommera "interprètes". L'humour noir et incisif qui transperce peaux et coeurs de Laurent aide aussi. C'est un beau film qui a le don de perdurer jusqu'à nos limites mentales, qu'elles soient d'acier trempé ou en sucre Candia, on ressort à bout de souffle. L'air frais nous ravitaille, c'est parti pour un autre film... Allez, Respire.
Ah Mélanie Laurent ! Elle me touche en tant qu’actrice mais encore plus en tant que réalisatrice. Elle a cette façon particulière de filmer ses acteurs qui nous touche au plus profond de notre être. « Les adoptés » m’avait déjà laissé sans voix et en larmes. Elle a cette fibre de cinéaste dans le sang, a l’art de savoir raconter des histoires touchantes et de les mettre en scène avec intelligence. Que dire de « Respire » : Le jeu des 2 actrices est incroyable d’authenticité je pense notamment à Lou de Laâge qui m’a clairement rappelé une fille qui était au lycée avec moi et avait exactement le même genre. La montée en puissance de l’enfermement psychologique de Charlie est bien menée. En clair je ne lui trouve pas de défaut particulier hormis peut être une fin prévisible mais ce qui est sûr c’est que Mélanie Laurent fait désormais partie de ma short list des réalisateurs à suivre…
Pas mal ce "respire". Bien oppressant dans sa mise en scène et le jeu de ses actrices ! L'idée principale du film, la manipulation d'une douce et gentille jeune ado par une perverse narcissique ayant rapidement pris lieu et place de meilleure amie nous entrainent dans une spirale de violence psychologique très forte dans laquelle personne ne ressort indemne.
Présenté à la Semaine Internationale de la Critique au Festival de Cannes cette année où il a été acclamé, Respire le nouveau film de Mélanie Laurent n'arrive qu'en cette fin d'année sur tous les écrans. Peut être une stratégie pour être bien placé dans la course aux César où le film semble avoir toutes ses chances ?
Pour son second long métrage en tant que réalisatrice, l'actrice Mélanie Laurent choisi d'adapter le roman Respire de Anne-Sophie Brasme qui l'avait profondément marqué lorsqu'elle l'a découvert à 17 ans. Une histoire qu'elle a cependant légérement modifiée pour s’intéresser avant tout à son thème mais dont elle a transformée les héroïnes de collégiennes en lycéennes de 17 ans.
Respire traite d'un sujet à la vogue ces derniers temps, celui des pervers narcissiques. Des personnes manipulatrices qui simulent une amitié sincère pour mieux écraser leurs victimes. Un coup meilleur ami, il peut subitement devenir froid et cassant, se servant des autres pour briller en société en rabaissant les autres. Avec Respire, Mélanie Laurent pose la question de ce qu'est réellement l'amitié.
Cette histoire d'amitié fusionnelle flirtant presque avec de l'amour racontée par Mélanie Laurent rappelle par moment La Vie d'Adèle. Le personnage de Charlie développe une attirance quasi magnétique pour Sarah au point même de tourner le dos à ses anciennes amies, un peu comme Adèle Exarchopoulos avec Léa Seydoux. La réalisatrice va même rajouter une scène avec le même genre de percussions que dans le film de Kechiche (clin d'oeil ?). Son film est cependant bien mieux réalisé avec de belles images et des dialogues moins banaux.
Découverte avec son petit rôle dans Le Moine où elle affolait Vincent Cassel, la jeune Joséphine Japy joue Charlie, personnage principal de cette intrigue qui confirme tout le bien que l'on pensait déjà d'elle. Toute mignonne et sensible, il est impossible de ne pas vouloir prendre sa défense. Le personnage de Sarah est joué par Lou de Laâge vu récemment dans Jappeloup et qui curieusement semble être la porte parole de Mélanie Laurent comme si la réalisatrice s'était imaginée dans le rôle. Des intonations aux mots du personnage on a vraiment l'impression de l'entendre, cela n'enlève cependant rien au talent de la belle Lou De Laâge qui maîtrise à la perfection le caractère de ce personnage.
En jeune mère de famille de Charlie, Isabelle Carré est totalement métamorphosée. Bien souvent sans maquillage, elle joue avec brio une femme désemparée trop soucieuse de ses propres problèmes de couple pour comprendre la détresse de sa fille. De manière générale, Mélanie Laurent ne ménage pas trop les adultes du film comme si elle avait des comptes à régler. A noter aussi dans les rôles des copains Thomas Soliveres découvert dans Intouchables. ainsi que Louise Grinberg vu comme lui dans A Toute Epreuve.
L'expression "mieux vaut être seul que mal accompagné" prend tout son sens avec Respire. Cette histoire d'amitié toxique n'inspire pas à se faire des amis. L'hypocrisie domine en effet bien souvent toute relation et lorsque cela va aussi loin que dans ce récit, on en sort définitivement pas indemme. Très émouvant, Respire est un film choc qui vaut particulièrement le détour pour ces deux jeunes actrices dont il s'agit du plus grand rôle à ce jour, deux véritables révélations dont on entendra parler longtemps.
C'est simple : j'ai adoré ce film. je ne doutais pas de l'intelligence ni du talent de Mélanie Laurent comme réalisatrice et ce "Respire" n'a fait que confirmer ce que je pensais déjà !
Cette histoire d'une fille manipulée est subtilement dosée grâce à une trame parfaitement maîtrisée, qui rappelle cette forme de suspens moral propre à Truffaut. Il ne s'agit pas d'un suspens de thriller mais vous savez, cette forme de tension psychique qui tient en haleine. On sent bien que nous sommes face à un opus qui va crescendo, que nous ne sommes pas loin d'un drame qui se construit, de manière latente mais bien réelle. Mais au travers de ces filles perdues et fragiles, ce sont aussi des histoires de femmes meurtries, blessées, dans une folle désespérance. Isabelle Carré, sans fard et qui sombre est magnifiquement triste et tristement bouleversante. Toutefois, tandis qu'elle commence à renaître douloureusement et très doucement, sa fille, exceptionnellement campée par Joséphine Japy (si elle n'a pas le prix du jeune espoir féminin aux César, j'amène une banderole de protestation au théâtre du Châtelet) n'en finit plus de ne plus respirer et de chuter dans un état irrépressible qui glace, touche et finit par nous prendre aux tripes ! Je pense réellement que ce film est très féminin dans sa manière de voir les choses et parce qu'il nous parle d'adolescentes auxquelles nous ne préférons pas nous référer. Pourtant en chacune de nous il y a forcément un tout petit peu de l'une ou de l'autre de ces filles quand nous avions leur âge...
alors peut-être qu'on peut reprocher à cette histoire de ne pas nous en dire plus sur les autres personnages et en même temps, la force de la réalisation est d'installer très vite le spectateur dans ce drame. En outre, j'aime beaucoup ce parti pris d'avoir entièrement centré le film sur les deux protagonistes, par des plans italiens et rapprochés, renforçant ce quasi huis clos psychologique qui se déroule sous nos yeux et sous les yeux de tous les seconds rôles ! Et quand la réalisatrice prend de la distance avec les personnages ce n'est que pour mieux nous montrer la solitude horrible, asthmatique et oppressante qui hante l'esprit de Sarah et Charlène.
Quand on ressort de Respire", le bol d'air" très frais fait du bien et si l'on reste un peu sur sa fin (mais aurait été trop et inutile) je suis restée "scotchée" par cette asphyxie mentale !!!!
Pas grand chose à sauver dans ce film, si ce n'est quelques plans. Le reste n'est que du sous-cinéma. Une histoire déjà-vu mais en moins bien. La mise en place de l'histoire est ratée, à part partager une cigarette (50 % des plans du film), on ne comprend pas comment l'héroïne se rapproche de sa nouvelle amie. Les relations entre l'héroïne, sa mère et son père sont ridicules, tout est raccourci. Après, tout sent le réchauffé et aucune émotion n'est transmise à l'écran. La fin était inévitable, pas le film heureusement.
Mélanie Laurent confirme avec ce deuxième film un talent et une marque de fabrique. Charlie, jeune fille sage et tranquille, va voir débarquer dans sa vie la pétillante Sarah. Avec un culot pas possible et un charme désarmant Sarah va littéralement engloutir Charlie et faire d’elle ce qu’elle veut. C’est la mécanique bien huilée de l’emprise d’une personne sur une autre qui va se mettre en place, lentement mais sûrement. Les deux actrices sont formidables et c’est extrêmement bien filmé. Du coup on voit exactement à quel moment où tout dérape, il aura suffit d’un mot, d’une malheureuse phrase, et, là ou une autre personne n’y aurait même pas fait attention, Sarah elle y voit une trahison terrible. Commence alors la lente descente aux enfer pour la pauvre Charlie qui, quoiqu’elle fasse, quoiqu’elle dise, se laissera engloutir par Sarah. Charlie ne vit plus à présent que par Sarah, Sarah l’intelligente, Sarah qui sait tout, Sarah la belle, Sarah que tout le monde regarde et qui va jusqu’à nous faire croire à l’inversion des rôles. Un piège mortel. 4 étoiles.
Après Les Adoptés, très beau premier film plein de tendresse et d’élégance, Mélanie Laurent repasse derrière la caméra et nous livre un drame sur une rencontre toxique.
Librement inspiré du roman d’Anne-Sophie Brasme, Respire met en scène une amitié fusionnelle qui bascule sournoisement vers des rapports tyranniques.
Avec finesse et habileté, Mélanie Laurent filme l’évolution de la relation exclusive qu’entretiennent Charlie (Joséphine Japy), adolescente discrète et réservée, et Sarah (Lou de Laâge), un caractère volcanique qui aime être le centre d’attention. Mais une fois la complicité établie, le piège de la fascination se referme sur Charlie. Sarah, perverse narcissique, peut alors faire tomber le masque.
Des plans larges aux plans resserrés, de la mise en scène lumineuse au flou grandissant, de la légèreté à la suffocation, la caméra virevolte et capte les instants de sensualité et d’incompréhension, de manipulation et de soumission, de violence et de trahison de façon saisissante...