Après "Amer" (que je n'ai d'ailleurs pas vu), le couple Hélène Cattet et Bruno Forzani revient en 2014 avec un nouvel hommage au giallo, où absolument tous les codes qui ont fait le succès du genre y seront repris. Et, ce n'est pas forcément une bonne idée ! Effectivement, faire un hommage à un genre pratiquement - pour ne pas dire complètement - mort depuis la fin des années 80 est une très bonne idée, surtout pour les amateurs du giallo, comme moi-même. Mais ici, nous avons tellement de références au genre s'enchainant les unes après les autres que nous avons finalement plus l'impression d'assister à un énorme mashup regroupant les effets les plus stylés du giallo. Ainsi, on retrouve, en vrac, les couleurs vives évidemment mais également l'érotisme, ici très marqué, des lames de rasoir qui brillent à la lumière, du sang presque à outrance, des gros plans sur des gants en cuir etc. Même le thème principal est carrément repris de "Toutes les couleurs du vice", autre giallo réalisé par Sergio Martino ; c'est-à-dire que ce n'est pas juste une simple référence (comme avait pu le faire Quentin Tarantino par exemple en reprenant le thème de "L'Emmurée vivante" pour le caser dans "Kill Bill"), ici, la musique occupe carrément le thème principal, difficile d'aller plus loin en termes de référence. Et, à force d'aller trop loin dans ces références, on en oublie le scénario ! Il a pourtant tout l'air d'un giallo : pour rapidement le résumer (car c'est en réalité quasiment impossible tellement l'intrigue s'éparpille dans tous les sens), c'est l'histoire d'un allemand qui, de retour de voyage, s’aperçoit que sa femme a disparue. Il va alors tout faire pour la retrouver, à commencer par enquêter sur ses voisins et son immeuble au passé trouble. On se dit alors que l'on va passer un bon moment. Mais mauvaise surprise ! Effectivement, même si tous les giallos ont une intrigue un peu bordélique, ce qui participe énormément à leur charme, ici, c'est tellement bordélique et lunaire que l'on n'y comprend finalement pas grand-chose. On cherche alors désespéramment de trouver un sens à tout cela, sans qu'il n'y en ait finalement un. On se retrouve alors dans un délire complètement mégalo et intello devant lequel on s'extasie, certes, devant une mise en scène magnifique. Et c'est vrai, je suis resté scotché par cette réalisation regorgeant d'idées et aux excellentes trouvailles (et c'est d'ailleurs ce qui m'a fait tenir jusqu'au bout) mais on se retrouve finalement presque devant un film expérimental. Et, devant un film expérimental, il est impossible de rester objectif car on peut être tantôt sidéré par la qualité visuelle de ce dernier, ou tantôt agacé par le côté très pompeux de l'ensemble. "L'Étrange couleur des larmes de ton corps" n'est donc pas une expérience inintéressante mais que je ne retenterai en tout cas pas deux fois !
Hélène Cattet & Bruno Forzani nous livrent leur nouvelle expérience cinématographique ! "L'étrange couleur des larmes de ton corps" débarque avec ses effets très stylés, son genre expérimental (sous une forme d'art contemporain dérangée et psychédélique), mais sera pourtant toujours aussi ennuyeux que le précédent "Amer" de ce duo de cinéastes, et ce malgré une technique bien plus aboutie, arrivant presque à devenir hypnotique par moments. Cette sauce, savoureuse au premier abord, ne prendra pas sur la durée, malgré l'originalité de la réalisation et son goût très prononcé pour l'esthétisme et la folie visuelle. Le mystère viendra à s'effacer sous cette atmosphère extrêmement glauque mais surtout épuisante. Les metteurs en scène en font trop et pousse le vice à son paroxysme au point d'en devenir insoutenable pour le spectateur. Ils ont une patte, certes, mais si prononcée, et présente en permanence, qu'elle viendra à rendre le scénario secondaire, et même incompréhensible (au-delà de cette recherche de femme). Ce florilège de scènes barrées au non-sens total, nous laissera aucun moment de répit, et ces enchaînements de gros plans et de sons étranges nous laisseront dans le flou le plus total, ne faisant même pas germer la moindre interprétation chez le spectateur, ni même l'envie de faire le nécessaire pour s'en forger une. "L'étrange couleur des larmes de ton corps" sera clairement réservé à un public d'élites, mais aurait nettement été plus appréciable si son délire avait été manié avec parcimonie, à l'image d'un "Lost highway" ou encore "Requiem for a dream" par exemple, plutôt que de se coltiner cet espèce de délire too much semblable à un "Requiem for a lost highway" (certaines figures de style pourront nous faire penser à cette sorte de mélange). Ce pot-pourri stylistique est un délire qui paraît un peu trop personnel, et il en deviendra donc difficile pour le spectateur de s'investir réellement et de voir au-delà des images (chose pourtant primordiale dans ce type d'exercice). La réalisation, bien que complètement folle, et occupant ici trop d'espace, restera toutefois impressionnante avec d'excellentes propositions artistiques ; mais un format court-métrage aurait été plus judicieux, car sur 1h40, trop d'effets de style viendront à tuer le style. Une étrange couleur qui deviendra une étrange douleur !
Après le surprenant « Amer », le couple de cinéastes radicalisent encore leur geste : ici plus question de raconter une histoire, mais uniquement de soumettre le spectateur à une succession de stimuli visuels, comme autant de déclinaisons fétichistes autour des motifs du giallo (meurtre à l’arme blanche comme métaphore de l’acte sexuel, décor anxiogène, etc.). Les cinéastes atteignent une impressionnante maîtrise visuelle (et sonore), faisant se succéder les séquences oniriques comme autant de brillants court-métrages expérimentaux (la scène de la femme au chapeau est un vrai petit chef d’œuvre), au risque de lasser (le film est parfois épuisant dans cette logique de l’accumulation) ou de laisser le spectateur sur le bord de la route (on reste extérieur à tout affect, contrairement à « Amer » où peu à peu se dessinaient des enjeux humains). Au final, « L’Etrange couleur… » est une magnifique installation visuelle, froide et hermétique. Un trip aussi radical et brillant que limité dans son pouvoir d’évocation.
Grand fan d'Argento et de giallos j'ai aimé cet étrange couleur!Ca evoque Martino en plus d'Argento et les films de ce dernier comme suspiria et anti commercial comme je les aime,l"étrange couleur va en rebuter bcoup bcoup mais ceux qui rentreront dans le film et le trip vont se régaler.... Superbes décors et musiques de plus!
Amer n'a pas suffit . Ils ont remis le couvert pour une masturbation intellectuelle des plus inutiles.... Le cinéma de genre français avez vous dit???? pour cinéphiles frustrés se croyant supérieurs mais qui ont besoin d'hygiène mentale . Nullissime comme d'hab.
Ce film est un belle oeuvre en matiere de giallo, un cauchemard dans lequel il faut essayer de rentrer, sans specialement tenter de comprendre l'histoire qui peu être vu tres differement : ce film - pourrait-on dire - n atteri nul part, mais c est ce qui est interressant ici : on ne sait pas ou on va,mais l'important c est comment on y va! Il faut rentrer dans ce cauchemard, ce voyage, et peu importe la destination! L'etrange couleur des larmes de ton corps : une etrange couleur du cinéma, mais tres interessante a regarder!
C'est un film très très special ! La bande son est très agaçante et l'histoire tient difficilement debout, on ne rentre pas dedans.... Aïe aïe aïe ... que de temps perdu ...
Film visuellement intéressant. Hommage aux films psychédéliques des années 60-70. Difficile de voir le lien entre le délire lysergique et ce qui arrive aux personnages dans le film. Incursion dans un bâtiment art nouveau, est-ce que l'architecture du bâtiment est hallucinogène. L'art nouveau comme psychotrope, comme source de bad trip... Un film qui ne va pas assez loin. Très graphique. Violence visuelle rappelant "Un chien andalou" de Bunuel, mais sans le côté provocateur du premier. Pour moi, c'est un film d'étudiants en cinéma qui aurait eu trop de budget. Scénario mince. Si on compare à Lynch ou Cronenberg, il manque l'idée de l'univers dans l'univers, le point ou ça dérape pour devenir autre chose. Là on surfe sur l'angoisse sans jamais y plonger vraiment... Dommage.
Le pire film que j'ai jamais vu !!! Certains plans me donnaient le tournis... Les successions de scènes qui n'avaient rien à voir. La musique a littéralement fait couler du sang de mes oreilles ! [SPOIL] En plus, on attend de connaître le dénouement. Mais rien, on ne comprend rien du début à la fin... Juste perdu 2h de ma vie. À éviter à tout prix. Poubelle.
Moi qui m'attendait à un film intelligent et impressionnant , j'ai vite été déçue .. J'ai trouvé cela très ennuyeux , voir pénible , pour un film dit "d'épouvante " je n'ai ressenti aucun suspens , aucune peur , juste de l'incompréhension et du dégout devant certaines scènes de gore facile , la bande son du film donne un mal de crâne inévitable , le peu de dialogue est plat . Il ne m'étais jamais arrivé de voir un scénario aussi inexistant .. Bref , si vous avez le courage de finir ce film en entier vous pourrez toujours prétendre l'avoir aimé , histoire de vous faire passer pour un hipster tellement au dessus du commun des mortels ..
Etrange, esthétique, rétro, psychédélique, presque de mauvais goût tellement on force sur les correspondances quasi baudelairiennes entre son, images, couleurs. Pour poursuivre avec des analogies ou des équivalences, un film au parfum de musc, d'absinthe et de Poison de Dior. Un film kaléidoscope. C'est barré, c'est exagéré, c'est excellent. Les décors art nouveau, en particulier de la Villa Majorelle et de l'Immeuble Bergeret participent entièrement à l'étrangeté de la chose. Superbe film, mais résolument ailleurs.
Des yeux perçants qui vous fixent, un frisson sur une peau nue, une lame qui glisse sur un téton pointé... Un tourbillon de vermillon, de bleu saphir, de noir profond. Très noir même, et érotique, fanatique, obsessionnel, tourmenté, lanscinant, fascinant... À ne pas mettre entre toutes les mains, assurément il faut accepter ses failles pour se laisser emporter dans cette folie, accepter de perdre pied pour n'extraire que la pure beauté de cette œuvre plus que particulière. Moi elle m'a scotché. J'en retiendrai de très beaux plans; mystiques, orgasmiques. Inoubliable.