Fête du cinéma, canicule annoncée, voilà une bonne occasion de se détendre avec un film présenté comme comique. Paul Feig n’y va pas de main morte pour nous distraire avec une énorme parodie de film d’espionnage, mélange d’OSS117, avec Dujardin et James Bond. Le résultat fait penser à l’inoubliable "Les Barbouzes" du regretté Georges Lautner.
Pour être film d’espionnage, il faut des espions, bien sûr, mais aussi un thème porteur, actuel et qui donne la chair de poule. Traffic d’armes, vente aux terroristes, bombe nucléaire, implications internationales. Quoi de mieux ? Des gueules, si possible patibulaires, complètent la brochette d’acteurs qui officient avec délectation, des agents doubles, une taupe sournoise, une brochette de belles filles taille mannequin contrastant copieusement avec l’héroïne, sorte de Money Penny bis, et ses acolytes de la CIA, une multiplication de lieux de tournages, une accumulation de péripéties, un amoncellement d’événements, une succession d’incidents, un tas de retournements de situation doublés d’accidents improbables et d’aventures croquignolesques donnent ici tout le charme des films auquel le réalisateur fait sans ambages référence. Même le générique de début est là pour nous le rappeler.
La parodie découle de l’exagération et là aussi, nous aurons droit aux gadgets hypersophistiqués, le sifflet-sarbacane, les lingettes narcoleptiques, la lentille de contact-caméra et l’oreillette-GPS...
Sans grands temps morts, il y en a quelques-uns qui auraient pu disparaître au montage, le réalisateur déclinent à tout va ses scènes d’action parfaitement réglées. Les effets spéciaux font fureur, les cascadeurs n’épargnent pas leur peine et c’est à un festival de courses poursuites échevelées, de chutes, de sauts, de coups de feu et d’explosions que nous assistons. Pourtant, même si tout cela nous enchante, ce sont les bagarres qui vont emporter notre adhésion. Ces combats acrobatiques parfaitement enchainés sont époustouflants, délirants et par-là même irrésistiblement comiques. C’est sans doute le mano à mano entre Susan Cooper et Raina Boyanov (Rose Byrne), dans une cuisine de gargote, qui emporte la palme du cocasse. Certes, dans son film, le réalisateur use d’autres ingrédients pour nous tirer de notre estivale torpeur. Il amasse les jeux de mots faciles mais efficaces, les dialogues fleuris, on n’est pas chez Molière, il accumule les quiproquos, les situations ahurissantes, les éléments de surprise, il y a de l’inspecteur Clouseau chez Rick Ford, il donne dans l’outrance en usant d’accélérés vertigineux, en exagérant le nombre des adversaires, en utilisant tous les trucs qui continuent, pour notre plus grand plaisir, à faire recette.
Reposant tout autant sur la réalisation que sur le jeu de ses acteurs, Melissa McCarthy, désopilante, assume pleinement son comique physique, Jude Law et Jason Statham jouent du second degré, cette comédie loufoque au féminisme revendiqué, menée tambour battant, SPY nous offre une détente bien méritée, … pour peu qu’on ôte la sécurité.