23789 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
1 226 critiques spectateurs
5
506 critiques
4
425 critiques
3
118 critiques
2
80 critiques
1
52 critiques
0
45 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Kloden
149 abonnés
997 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 23 septembre 2015
C'est définitif, j'ai vraiment du mal avec les drames réalistes de Dolan. De cette catégorie, excluons d'emblée Les amours imaginaires, qui semblait consciemment viser une forme d'hystérie surréaliste, et Tom à la ferme, qui s'avérait être un essai d'écriture hybride entre hommage et pastiche du film de genre. Pour le reste, le mot "réaliste" pourra étonner ; oui, le melting-pot cinématographique qui fait le style Dolan est davantage tissé de lyrisme que de naturalisme, cependant sa visée finale est avant tout l'émotion sous sa forme immédiate, empathique, et s'éloigne de la simple vue d'artiste dont l'impact transite plus par la sensation et l'intellect. C'est justement avec ce style que j'ai du mal, le jugeant surfait et désespérément autoritaire. Chez Dolan, tout est si emphatique que son cinéma exclut d'emblée celui qui n'arrive pas à y souscrire, les sentiments affichés sont si brûlants que si vous ne les ressentez pas comme voudrait le matériau qui les porte, ils paraissent beaucoup trop à vif pour être tout à fait spontanés. Je préfère, et de loin, laisser s'exprimer des personnages en détaillant leur complexité petit à petit, pas en tentant de leur en prêter une par le jeu de contradictions auquel tient tant Dolan, dont les scénarios se nourrissent du conflit insoluble qui lie les personnages. C'est dans cette forme intraduisible d'amour masochiste que Dolan prétend à nouveau trouver la beauté. Si j'aimais l'idée de fond dans Laurence Anyways, puisqu'elle me semblait détourner le récit de la problématique du transgendérisme pour l'amener à se recentrer vers le cas précis des personnages et rappeler que la priorité va à l'âme de chacun avant même de prendre en compte son sexe ou son identité, mais ici, le procédé finit par prendre la forme d'une dangereuse redondance. D'un gimmick artificiel utilisé comme puits de névroses et de douleurs pour duper le spectateur, dont l'esprit appelle forcément, face à la souffrance, à une libération que le film vient alors lui apporter dans des scènes plus légères qui cueillent les fruits de ce que l'écheveau dramatique avait plus ou moins sournoisement laissé tomber. Tout le monde est prêt à plonger dans ces récits un brin surfaits, qui ne vont jamais clairement quelque part. Sans doute pour s'affranchir de contrainte narrative et paraître plus libres, plus vivants. Mais les films de Dolan me font en réalité l'effet inverse, celui d'une succession de scènes articulées les unes à la suite des autres par un enchaînement désiré d'émotions (une scène de rêve qui se confronte à la réalité des faits, un moment de drame dont le poids se décharge avec jubilation dans l'instant ensoleillé qui lui fait suite...). Comme si, habile faussaire, Dolan partait d'une émotion et cherchait le meilleur moyen de la mettre en place, au lieu de puiser dans un récit la beauté qui s'y trouvait déjà cachée. C'est d'autant plus regrettable que si je regarde le scénario avec du recul, je le trouve à nouveau bien écrit, assez subtil pour traduire le poids de la responsabilité d'une vie. Mais dans sa mise en place, Dolan veut à nouveau trop en faire, transformer chaque instant en scène forte, comme dans une course mercantile à l'émotion, cette arôme si subtil et si précieux qu'il s'évapore dès qu'on le décante et ne se savoure que dans un effluve subreptice et autonome qui fait justement sa beauté. Dolan se veut être un grand alchimiste, mais Mommy ne m'inspire, comme Laurence Anyways ou J'ai tué ma mère avant lui, qu'une regrettable fragrance d'artifice.
Voilà, c'était mon premier Dolan car il faut avouer que j'étais un peu réticent au début : trop de tapages autour de ce réalisateur à mon goût. Il faut toutefois avouer qu'il est doué le bougre. Que ce soit au niveau des cadrages, de la direction et du choix de ses acteurs ainsi que de la bande originale choisie, tout est parfait. Le film n'est finalement que la mise en images de la difficulté de la monoparentalité alors que le passé finit toujours par vous rattraper. Très beau, très bon mais dur. Seul bémol pour moi : que l'on parle de la façon dont les hôpitaux peuvent "hériter" légalement de certains malades au Canada dès le début du film, ce qui peut nous aiguiller quant à la fin de celui-ci. Mais c'est vraiment pour faire la fine bouche tellement j'ai été subjugué par cette divine "Mommy" !
extraordinaire par sa realisation, la maniere de jouer avec le format est grandiose, la part entiere de la BO dans le jeu d'acteurs et pour finaliser une performance des acteurs sur un sujet dur. super film.
Xavier Dolan raconte le quotidien d'une mère avec son fils à problèmes. Un quotidien dur, amère, difficile, compliqué, raconté avec beaucoup de réalisme et de hardiesse. Pourtant il se dégage de "Mommy" également beaucoup de poésie, de sérénité, de tranquillité. La magie du long métrage vient peut être de ce magnifique paradoxe.
Pour tout bon cinéphile, il est impossible de dire que Mommy est un mauvais film. Il est d'un esthétisme rare, et d'une qualité poignante. Cependant, au niveau du scénario, je pense qu'il y a pas mal de soucis. par exemple on nous balance au début du film, qu'il se passe dans un réel "fictif " et on nous parle d'une nouvelle loi qui est expliqué très rapidement. . Je trouve dommage qu'on nous balance ça à la geule, sans explications, et sans histoire justifiant cette loi. Et je ne comprends toujours pas pourquoi "Fictif " J'imagine que prendre un ton réel aurait donné plus de caractère au film. Quelques bon sourires et un peu d'émotion, mais il n'y à pas non plus de quoi en faire des caisses.. Pourquoi ce film à été encensé à ce point. .? Enfin. . pourquoi pas, le film manque de profondeur, mais n'est pas mal. à voir ! ☺
« Mommy » c’est déjà le format : 1:1. A lui seul, il a le premier rôle. Format qui se prête au récit, étouffant, oppressant, violent. Au début, je ne vois que lui sans pour autant être distrait de l’histoire qui m’est conté ; puis peu à peu, je l’oublie parce que phagocyté par l’hyper activité de Steeve. Personnage pour lequel je n’ai eu aucune sympathie. Je suis resté à distance de lui malgré cet écran dans lequel Dolan me confinait. Sa violence, je la recevais avec ou sans sa mère. Seule Kyla qui tentait de se reconstituer en tentant de structurer Steeve m’a touché. Toutefois, Xavier Dolan sait traduire les moments de grâce, de paix, il sait nous reposer avec cette idée géniale d’ouvrir une parenthèse, c’est-à-dire d’élargir le format 1:1 pour respirer, pour avaler un grand bol d’air de repos. Cet écran étriqué se rappelle à ma mémoire quand il s’ouvre, version panoramique, il est synonyme non seulement de paix, mais de rêve ou plus exactement d’illusion. Les rêves, les illusions ne durent que le temps d’un clignement d’oeil, et là encore, quand l’écran retrouve son format initial, j’avais oublié combien il illustre l’enfermement, spoiler: le sujet principal et final du récit . A noter, très bonne interprétation des trois protagonistes à commencer par Antoine-Olivier Pilon.
Il faut reconnaître que le type est un génie : il sait tenir une caméra et diriger des acteurs (au passage fabuleux !). Pour le reste, le scénario est plutôt bon, mais le film a les défauts de ses qualités. A force d'excès, il devient insupportable par moments. Et pourtant, c'est bien dans les envolées verbales en québécois que le film est à son sommet. Mais celles-ci finissent par user, tout comme la vision étriquée qui était pourtant une idée géniale. Enfin, il faut également admettre qu'il y a des longueurs et qu'on finit par décrocher. Une impression mitigée finalement : Dolan a un talent indéniable qu'il devrait un peu mieux canaliser.
La on est dans le balaise, le film ne fais pas de chichis et au vu du scénario c'est simple: acteurs moyens = film raté, réalisation moyenne = film pourri. La on est en présence d'un futur crack de la réalisation et d'acteurs supers crédibles ! conseil: si vous déconnectez les sous titre ça risque d'être compliqué pour les non-québécois !