Ce film d'animation est particulièrement original. On peut saluer le travail technique. Ensuite l'histoire est très réussie. Ce qu'elle raconte est à la fois triste et réaliste. On suit un monsieur, quinquagénaire, marié, un enfant, qui a écrit un livre et qui vient donner une conférence à Cincinnati. Il prend l'avion, une chambre d'hôtel en attendant le lendemain sa conférence. On sent qu'il ne va pas bien, qu'il est las, fatigué, un peu déprimé. Tout l'embête, l'ennuie, l'énerve. Il téléphone à sa femme qu'il est bien arrivé mais avec froideur. On sent qu'il a tout particulièrement besoin de réconfort, de chaleur, d'amour, de tendresse, de sexe. spoiler: Il va être amené à tromper sa femme pour une nuit et il va carrément s'enticher de la dame de passage jusqu'à vouloir quitter sa femme, mais il va se reprendre.
Il va donner sa conférence mais cela ne va pas très bien se passer puis il va rentrer tout aussi déprimé chez lui.
Comme je le disais c'est à la fois triste et réaliste. On ressent bien les émotions de ce monsieur, sa solitude, ses tourments, ses besoins. En tout cas j'ai passé un bon moment de cinéma.
Grand Prix du Jury au Festival de Venise 2015, en compétition pour l’Oscar du Meilleur film d’animation, Anomalisa de Charlie Kaufman et Duke Johnson fait mouche.
Et s'il est relativement exigeant pour le spectateur, il est également un film profond, sensible et créatif.
Tres immersif et très orignal ce film d animation réservé aux adultes. Anomalisa est une jolie réflexion sur l existence parfois drôle mais surtout tres émouvante.
Michael Stone est un père et un auteur à succès mais il se sent bien seul...au point de ne voir les autres que sous un unique et même masque ainsi que d'une même voix..jusqu’à ce qu'il rencontre Lisa... Une utilisation intelligente du film d'animation sur la morosité ambiante de notre société, la (non-)différence, le mal-être et la dépression tout en ayant pas mal de scènes drôles, une comédie dramatique originale, intéressante et qui amène à réflexion. Quelques longueurs perturbent un peu cette étrange mélancolie mais l'ensemble est réussi.
Le genre de film qui touche.. Ou pas. Personnellement, ça a fait mouche. Je ne m'attendais pas à ce style de film à la vue de la BA. C'est peut-être le seul reproche que je ferais. Sur la forme, rien à dire. Les décors sont riches, réalistes et donnent une ambiance au film. Les personnages, un peu grossiers, plastiques reflètent la vision creuse du monde qu'a le personnage principal. Sur le fond, ce n'est pas une romance, ni une belle histoire. C'est une tranche de vie d'un homme apathique qui rencontre son exact opposé et en tombe trop furtivement amoureux. Le tout est servi subtilement et appelle à la réflexion sur son rapport aux autres et au bonheur. Un film riche sous tous rapports, ce qui en fait une véritable anomalie des salles obscures.
Je m'attendais à une oeuvre aussi bouleversante que "Mary and Max" mais j'ai été horriblement déçu par la monotonie de cette histoire. La plus grande déception vient du fait que, par moments, on voit de petites réflexions intéressantes, un peu de poésie, mais ça s'écroule vite parce que l'auteur voulait mettre autant d'idées que possible dans un court métrage. Mis à part l'originalité esthétique, l'ensemble reste d'une banalité effrayante, un peu comme écouter son collègue de bureau insupportable raconter sa vie. Moralité de l'histoire: se méfier des critiques qui abusent du mot "chef-d'oeuvre".
Arf, j'avoue être embarrassé. Pourtant, il y a beaucoup de choses qui m'ont plu dans « Anomalisa ». Ce choix d'animation très personnel rappelant le merveilleux « Mary et Max. », des idées à foison parfois joliment exploitées spoiler: (la même voix et le même visage pour tous les personnages secondaires : il fallait y penser!!) , une angoisse sourde, une sensation de cauchemar virant volontiers à l'absurde, un portrait très cruel de l'homme contemporain et de « l'ultra-moderne solitude »... La liste est longue et rien que pour cela ou les nombreuses interprétations et interrogations que suscite l'œuvre, bravo M. Kaufman ! Hélas, même si le film sort incontestablement des sentiers battus, je reste dubitatif. Le problème avec ce genre d'entreprise, c'est qu'il y a presque trop d'idées, d'interrogations possibles. Au final, j'ai l'impression que les deux réalisateurs ne résolvaient pratiquement aucune des réflexions soulevées, ce qui peut se justifier aussi (chacun est libre d'y voir sa propre signification), mais en définitive trop abstrait pour laisser de véritables pistes de lecture, à l'image de cette romance qui, bien que sensible et elle aussi pleine de trouvailles, m'a ému nettement moins que je ne l'aurais espéré, du moins concernant sa tournure, à l'image de cette interminable et très dispensable scène de spoiler: jambes en l'air . Après, je comprends très bien aussi que l'on adore la démarche, loin des explications et du didactisme souvent ambiant, mais me concernant, avoir aussi peu d'éléments auxquels me raccrocher, et ce malgré toutes les qualités citées auparavant, je ne peux y adhérer totalement, aussi séduisant le projet soit-il, dont le dénouement est d'ailleurs la parfaite illustration. Déroutant.
Du travail de Charlie Kaufman, je ne connais que son travail de scénariste pour Dans la peau de John Malkovich. Mais rien que ça prépare à la bizarrerie dont il est capable. Et Anomalisa...est trop bizarre. C'est l'impression que j'ai eu.
Parlons du film en lui-même. La stop-motion est très bien réalisé, on a la sensation de mouvement qui sert le film. Le fait que les personnages ressemblent à des marionnettes est une bonne idée.
Ensuite, l'ambiance est bien là, à la fois mélancolique et chaleureuse. Et les choix artistiques de Kaufman sont compréhensibles et exploités.
D'abord, le fait que l'on entende uniquement monsieur Stone, Lisa et les autres gens est pas mauvais. En fait, dans sa tête tout le monde se ressemble. Il entend toujours la même voix autour de lui, il cherche le bonheur où il peut mais à chaque fois qu'il le cherche il tombe sur cette voix détestable. Alors dès qu'il tombe sur une voix nouvelle, il a envie de la connaître pour retrouver le bonheur et peut-être de vivre avec. Et il l'adore cette voix nouvelle au point de demander sans arrêt de l'entendre.
spoiler: Mais une fois qu'il connaît Lisa qui regagne en assurance, il réentend cette voix quelconque et se retrouve encore plus paumé qu'avant. Et cette fin où sa famille ne comprend pas sa peine montre qu'en fait, il n'est pas seul, pas détesté, sa famille l'aime. Le problème vient de lui.
C'est là que je me suis demandé si c'est pas un problème psychologique ou auditif qu'il a. Plus sérieusement, le film consiste à regarder cet homme perdu et désespéré à retrouver le sourire. Il cherche même sans remords à tromper sa femme. Pour lui, tout le monde se ressemblent, que ce soit sa femme, son fils, son ancienne maîtresse, tout le monde. Complètement blasé le gars. Lisa étant sa seule issue de salut, il l'a séduit. Mais on voit bien que c'est un véritable amour et pas un besoin égoïste. Quoique...la séquence du cauchemar peut montrer qu'en fait, c'est probablement fondamentalement et inconsciemment égoïste de sa part vu qu'il imagine les voix l'aimer. D'autant que cette fin où il voit que tous ses proches l'aiment montre aussi qu'il ne se rendait pas compte de sa chance. Et la pantin Japonaise qu'il trouve beau avec enfin une voix nouvelle à la fin quand elle chante montre probablement que son désir de nouveauté était très artificiel. Même si on voit Lisa à la fin dire que son nom a une consonance japonaise qui voudrait inutilement dire qu'elle est sa perle rare (je n'y crois pas trop, Kaufman a déjà fait ça pour ses titres de film).
Quand je dis que ce film est trop bizarre, je pense aussi que le film fait choquant pour faire bizarre.
spoiler: Quand je revois cette scène de sexe, je me dis "et alors ?". Si je me remémore la première scène du film, on a juste un écran noir avec la voix qui parle comme une foule pour montrer que Stone entend ça tout le temps, mais n'aurait-il pas été mieux de faire pareille avec la scène de sexe avec les orgasme de Lisa ? Je ne suis pas pour la censure mais c'est en particulier cette scène qui m'a rebuté, avec la fin qui ne semblait pas en être une. Surtout avec Lisa qui gagne en assurance et qui finit par devenir comme tout le monde aux oreilles de Stone.
C'est ce qui m'a dérangé dans ce film. Car au final, à la place d'une histoire touchante comme le vendait les bandes-annonces, on a une histoire d'un mec centré sur son nombril. Très compréhensible, logique et humain cela dit.
Anomalisa est une anomalie comme son nom l'indique. Ce n'est pas un grand film, ce n'est pas un mauvais film. C'est juste un film d'auteur qui exprime la pensée d'un réalisateur avec des choix artistiques évidents et son atmosphère personnelle.
Techniquement c'est (presque) parfait, mais on ne peut pas dire que l'histoire est d'une grande originalité. Quand on voit les "critiques" sur l'affiche on a le droit d'être un peu plus circonspect... C'est bien, ça se regarde avec plaisir. C'est déjà pas mal, non? A voir.
Je ne connais pas beaucoup Charlie Kaufman, j'ai vu et aimé Eternal Sunshine mais cela s'arrête là. Apparemment, il a l'art et la manière de retourner la tête du spectateur dans les réalisations de Spike Jonze, aussi je me suis dit qu'avec les possibilités quasi infinies de l'animation, ce scénariste pouvait créer quelque chose de franchement intéressant. En un sens c'est le cas, puisque Kaufman propose des choses qui ne se font pas habituellement dans le stop-motion, comme la scène de sexe ou celle du miroir. Certains choix sont d'ailleurs assez déroutants : on se rend compte que quelque chose ne va pas sans parvenir à mettre immédiatement le doigt dessus. Par exemple le fait que, en dehors des deux personnages principaux, toutes les marionnettes ont la même tête et la même voix (celle de Tom Noonan). Cela fait du sens par rapport aux sentiments du héros, mais l'effet est quand même assez grossier. Concernant l'animation, c'est mi-figue mi-raisin. Bien sûr, les mouvements des marionnettes et des objets sont suffisamment travaillés pour permettre aux personnages d'évoluer dans l'espace de manière fluide et naturelle. Le problème vient des visages, qui sont séparés en deux au niveau des yeux pour animer le front indépendamment du nez et de la mâchoire. Cette rupture nette (et voulue) casse complètement l'immersion que le film tente d'instaurer. De plus, cela amène un changement de grain de peau entre le haut et le bas du visage, particulièrement visible dans les gros plans. Quelque chose dans la réflexion de la lumière ne fonctionne pas, et c'est dommage car c'est certainement l'élément le plus travaillé. En effet, l’hôtel où se déroule l'action profite d'un éclairage chaleureux et doux très agréable, qui vient même sublimer quelques plans. Les décors sont également travaillés, bien organisés, bien composés, à tel point que c'en est trop. Tout est tellement propre que cela donne à l'ensemble un aspect un peu lisse franchement dérangeant. J'aurais aimé qu'une histoire prenante et farfelue vienne pallier ces défauts, mais ce n'est pas le cas. Ça ne raconte rien d'intéressant, d'autant plus qu'aucune action de cette journée n'a de conséquence sur quoi que ce soit. Quelque part, on peut voir le scénario comme une situation initiale et une péripétie, sans élément perturbateur ni conclusion. À ce stade là, l'intrigue n'est même plus linéaire, elle est statique. Et puis ces scènes s'étirent énormément, je me demande bien au service de quoi. La romance n'est pas non plus très bien amenée, mais elle a le mérite d'apporter quelques moments franchement beaux et vrais. Anomalisa vaut donc beaucoup plus le détour pour son animation (parfois imparfaite) que pour son histoire peu intéressante de crise de la cinquantaine. Le spectateur ne sombre jamais dans l'ennui, mais le film lui laisse la fâcheuse impression de tourner en rond en n’ayant rien à dire.
Nul ! Très lent... Dérangeant et incompréhensible pour les gens normaux (en vu des commentaires de dingue de la critique)... Vraiment 2 heures de perdues.
Si ce n'est la prouesse technique ( je parle de l'animation ), ce film est un terrible navet. Il y a une bonne idée qui tient en deux lignes, soit une bonne surprise au bout d'une heure et quart, sur une durée de 20 secondes, C'est bien simple : remplacez les marionnettes par des acteurs, et vous avez un film classé abominable par l'ensemble de la presse. Montons maintenant l'animation et cela devient une merveille? Non, vraiment l'ensemble est laid, déplaisant, vide. Dans le genre, il est à des années lumières de "le sens de la vis pour 9 dollars 75 ", ( pourtant déjà délicat à se coltiner). Nous étions trois amis aux gouts azimutés, et avons cordialement détesté cette œuvre. Je mets un chouilla d'étoile pour le travail fourni, mais je sens que je vais le regretter.
La platitude et l’ennui d’un voyage d’affaire … un hôtel de luxe aseptisé sert de décor. Le rôle principal est un conférencier dont on découvre petit à petit le mal-être qu’il tente de guérir avec son ex ,d’abord, puis avec plus de succès avec une voisine de chambre complexée. Ce monsieur souffre d’une pathologie étrange : tous les personnages qu’il côtoie, même dans ses rêves, ont la même voix, le même visage. Cette affliction handicapante est parfaitement servie par la technique d’animation employée au réalisme étonnant. Chimérique et irréel ce film sur l’ennui est corrompu par son sujet ! Le récit déprimant à souhait est trop frêle pour retenir l’attention toute la durée du film.
Un chef d'oeuvre, ça ? C'est vraiment se moquer des gens ...
Alors, voici en quelques lignes, ce que les critiques appellent un chef d'oeuvre, et qu'ils mettent donc à égalité avec des films tels que "Apocalypse Now", "Le Parrain", "Titanic", ou "Autant en emporte le vent", bref les vrais chefs d'oeuvre du 7ème art ...
Un homme d'affaire, antipathique au possible, doit passer une nuit à l’hôtel. Ça semble être son quotidien, et, à voir sa tête, il en est au bord du suicide... Il s'ennui, le pauvre homme ! Il décide d’appeler une de ses ex-, qu'il a plaqué il y a 10 ans, histoire de passer du bon temps avec elle. spoiler: Réticente, elle fini par le rejoindre à l’hôtel, mais refuse de coucher ... Et, oui, elle et le chauffeur de taxi sont sans doute les moins abrutis, et les plus sympathiques du film ! C'est pour dire, le niveau de névrose des personnages ! Qu'à cela ne tienne. Notre héro, ne se laisse pas démonter pour autant... spoiler: Il entends une voix féminine dans le couloir qui longe ça chambre. spoiler: C'est la fameuse Lisa qui a donné son titre au film. Elle est médicore, sotte, et c'est une caricature grotesque de l'américaine moyenne ! Tant pis. Notre homme tente sa chance. "Sur un malentendu, ça peut marcher" comme disait Jean-Claude Duss, dans un autre genre de chef d'oeuvre ... Et puis, il n'est pas Apollon non plus, quoiqu'en dise la copine de Lisa.spoiler: Et ça marche ... Il couche avec elle. Le but est atteint pour ce gros porc. C'est le grand amour ...
spoiler: Nos 2 tourtereaux d'une nuit se séparent au matin, en se disant que c'était une bien belle nuit d'amour, et retrouvent leur quotidien morose et glauque.
Alors bien sûr, pour faire "chef d'oeuvre", vous en faites un film d'animation (mauvaise animation bien sûr, ça fait "genre"). Vous mettez des masques aux personnages. Surtout pas de musique, il faut que ce soit le plus sordide et triste possible, et vous les faites tous parler avec une voix d'homme. Ça fait tout de suite intello. Et puis, vous faites croire que ce film pose des questions philosophiques et existentielles, ou qu'il porte une critique acerbe sur notre société capitaliste et individualiste : "nous sommes tous des robots !" "Quelle est notre place dans la société ?" "On subit notre vie", etc, etc ..."
Bref, un film qui ravira les pseudo intellos, et ceux qui se gargarisent de l'être... Si vous ètes suffisamment intelligents pour ne pas faire partis de ces gens là, fuyez !!!