The New Frontier s’attache à la naissance de l’ordre aux États-Unis par le biais du shérif, vocation que le film représente par le biais de deux métaphores : celle du guide connaissant parfaitement le terrain et capable d’éviter les troubles environnants – puisque le personnage interprété par John Wayne conduit les convois sur des territoires hétérogènes – et celle du rédempteur à même d’épargner la vie de ses semblables quelle que soit leur condition sociale sans céder à ses propres pulsions. La portée didactique du récit est prise en charge par une écriture stéréotypée des personnages et explicite des dialogues, qui se doivent d’éclairer toute zone d’ombre à la lumière de la justice – un plan d’ailleurs le souligne, jouant sur l’association de l’obscurité au camp ennemi et du rallumage de la lampe à celui du bien. En découle une interprétation volontiers caricaturale, quoique nous assistions ici à la fabrique du personnage de John Wayne après son premier grand rôle chez Raoul Walsh (The Big Trail, 1930) : démarche légèrement chaloupée, tranquillité et assurance dans les déplacements, sourire ravageur et droiture inébranlable. Une série B impersonnelle mais dynamique, dotée de quelques effets de mise en scène réussis tels les très gros plans sur les yeux rivaux ou les panoramiques filés sur les différents cavaliers réunis.