Eblouissement, ravissement, etc etc... les qualificatifs ne manquent pas sur l'affiche pour attirer le chaland. Le tout est vrai...en partie seulement. Sur le plan formel et esthétique, le film est une pure merveille. Le travail sur l'image (noir et blanc, d'ailleurs plutôt toutes les nuances du gris), le son, les décors, le montage, tout fait de Ida un délicat travail...
Un excellent film en 4/3, où les personnages sont filmés en 1/3 (ce que vous ne pourrez comprendre que si vous allez le voir, ce que je vous recommande vivement). Si vous êtes ici, vous connaissez surement déjà l'argument de ce film poignant, qui vous transportera dans un univers bien éloigné de nos habitudes cinématographiques actuelles. Ici, chaque plan trouverait sa place dans une exposition de photos, tant il est travaillé, tout en nous transportant aux grandes heures de Doisneau ou de Cartier-Bresson. Les deux femmes qui nous font voyager dans cette Pologne d'un autre temps sont de vraies personnages, loin des stéréotypes que l'une d'entre elles rappelle ("moi, je suis une pute et toi une petite sainte") avant de coisir définitivement sa voie... A voir quoi qu'il arrive, mais uniquement si votre dernière dépression date (au moins) de l'an dernier!
Extrêmement lent ! Les acteurs sont dans la contemplation, de vrais pantins inanimés. Aucune émotion, le film semble être sur "pause" pendant 1h20. L'histoire est assez sombre mais à la manière des acteurs, je n'ai rien ressenti. On a juste l'impression qu'ils font partis du décors sans y participer. Je décommande !
Chaque image, chaque plan, chaque scène de ce film est un hommage au Cinéma. La photo est exceptionnelle, la mise en scène et les dialogues parfaits. Les 2 actrices méritent d'être connues tellement leur talent est immense. Un vrai petit bijou en noir et blanc (heureusement qu'il n'est pas en couleur!).
Quelle déception! J'ai bien pris le temps avant d'écrire ces quelques mots car il est évident que la déception frappe quand on sort de ce film après lecture des critiques enthousiastes. C'est beau, intéressant, mais quelle lenteur d'exécution! La morale, s'il en existe vraiment une, est littéralement ensevelie par un faux rythme qui rend ce film, pourtant court, d'une longueur incroyable. Si vous êtes intéressés par l'histoire, allez-y, sinon, passez votre chemin.
Ce n’est pas supportable qu'un film d'une telle ambition soit aussi mal filmé. Sauf à de rares moment, la caméra est toujours mal placée avec en plus une mauvaise focale, les plans sont coupés bien trop haut et ce qu'il est donné à voir se situe soit trop en bas de l’écran soit trop sur les côtés. Je sais bien qu’aujourd'hui le contenu passe trop souvent, faute de temps, avant le contenant mais ce n’est pas aimer le beau cinémà que d’encenser ce film. Bien entendu, le scénario est magnifique, le façon de le raconter excellente, sans aucune musique, le simple respect des bruits de la vie,des dialogues minimalistes, deux actrice se complétant parfaitement même si Agata Kulesza crève l’écran par la justesse de son jeu et relègue Ida à un rôle de faire-valoir. Tout le gâchis provient du réalisateur et de son choix de travailler en format 4/3 sans aucune formation. je suis d’autant plus en colère qu'il y a dans Ida des idées, des éclairages, des photographies qui manipulées pat Haneke (et mieux encore par Dreyer) auraient touché au sublime. Même le dialogue si léger pourtant peut devenir lourd quand Pawlikowski trouble notre émotion lorsqu’on reconnait dans l’étable le vitrail exécuté par la maman de Ida (le plus beau plan du film par la lumière qui exacerbe notre émotion), pourquoi faut-il qu'il nous rappelle alors son origine ? Je comprends bien ce qu’a voulu faire Pawlikowski et il a en partie réussi le message difficile qu’il voulait faire passer sur les terribles évènements subis par son pays. En partie, car s‘il avait eu la sagesse d’arrêter son film au moment où Wanda la rouge augmente la puissance de son pick up c’eut été parfait. La naïvete d’Ida ne se serait pas transformée en un acte d’un égoïsme incroyable pour une future nonne censée penser aux autres avant elle-même ce qui est un tout autre sujet. Certainement un film à voir pour la force et l’intelligence de son contenu mais en aucun cas pour sa mise en scène qui est un modèle de ce qu'il ne faut pas faire.
Soit, les cadrages et les images sont magnifiques. Mais c'est d'une lenteur désespérante, certains plans sont interminables, c'est triste évidemment, mais sans réelle émotion. On s'ennuie ferme. L'ensemble de la critique est unanime, quel snobisme, c'en est presque énervant!....
La vie de 2 femmes dont on perçoit l'essentiel : ce qui fait vivre. Deux actrices extraordinaires qui s'expriment par leurs visages et leurs postures plus que par les mots. Des prises de vue qui sont souvent comme des tableaux de Cartier Bresson. C'est brillant d'exprimer autant avec une telle sobriété.
Soit, l'image est belle. Mais la complaisance dans la description des personnages, tous ternes, dans le récit, nécessairement lent "mais tellement subtil", et la sensation profonde qu'on a là à faire à un produit taillé pour un public "auteur", empêchent totalement de s'emparer du récit.
Le réalisateur a choisi le noir et blanc (somptueux) et un format carré dans lequel il enferme ses personnages, souvent au bord du cadre dans des plans fixes magistralement composés. Il raconte la Pologne de son enfance, faite de secrets, de culpabilité et d'amnésie volontaire. On pense au cinéma de Bela Tarr et de Tarkovski, mais dans une mise en scène resserrée (le film ne dure que 1h20). (...) Pawel Pawlikowski signe non seulement son plus beau film, mais une œuvre majeure que l'on n'est pas près d'oublier.
Pologne 1962, Ida, jeune novice, quitte le couvent, elle a peu de temps pour reconstruire son histoire familiale, dans quatre jours elle doit prononcer ses vœux. : Un pitch pareil ne vous donne peut-être pas envie de vous ruer dans une des-rare- salles de cinéma, qui le passe, surtout si on vous dit en plus que le film est en noir et blanc, et bien vous avez tort !
Attention chef d’œuvre, et le mot, tellement galvaudé, est choisi.
En effet, dans Ida, tout parait, simple clair et limpide. Le cinéaste nous raconte la Pologne d’après-guerre avec une force d’abstraction incroyable. Tout est dit, la difficile cohabitation des deux Pologne, la rouge et la catholique, l’importance de ses origines, le deuil impossible face à la barbarie nazie, le choix, le renoncement et le jazz, parfum de liberté.
Tout est dit, mais rien n’est asséné, la photo d’un noir et blanc soyeux est une merveille, la mise en scène fluide a une élégance rare, tous les plans sont soignés sans affèterie, les silences et les dialogues posés exactement où il faut. Les acteurs inconnus sont justes et émouvants. Film rare, en moins de 90 minutes Pawel Pawlinopwski, cinéaste de documentaire reconnu en Grande- Bretagne (et auteur du formidable "My summer of love" en 2004 et d'une curieuse adaptation d'un roman de Kennedy, la femme du Vème en 2011), devient dans ce troisième long l’égal de Bergman, celui des "Fraises sauvages" ou du "Septième sceau". Et figurez vous, pour vous donner une idée de l'audace du bonhomme, qu'il se paye même le luxe de choisir l’emplacement des sous-titres pour que ceux-ci ne bouleversent pas l’architecture et la composition de ces plans.
Bref, je serais court car rien ne sert de se perdre en conjonctures devant un si grand film : Osez l’expérience cinématographique et historique la plus étonnante de ce début d’année.
Un film comme on en voit peu souvent. Le noir et blanc est ici quasiment indispensable. Rendant le film plus profond que si il avait été colorisé. Basée sur une histoire vraie, on ne peut rester insensible à son vécu. Qui dés le début, nous interpelle par l'esthétisme visuel du film qui est remarquable. D'autant que l'actrice pourtant amateur, joue avec brio. LEs images sont donc superbes, soigneusement pensées. En lisant le synopsis, on pourrait penser à un simple film à facette. Mais on est bien au delà. Ce film fait très fort! Non seulement il fait le portrait d'une Pologne qui ne sait plus à quel saint se vouer. Mais confronte également deux approches de la vie et de l'amour. Amenant une certaine beauté à l'ensemble du film (même si le sujet lui même, n'est pas spécialement ça^^). Ida lors de son périple, nous fait voyage dans un "univers" ou peu de film ose s'y aventurer. Pour dans une dernière partie, être plus sensuelle, délicate... Un film qui ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais qui à tout pour devenir une œuvre culte. Même si pour ma part, je l'ai trouvé un peu lent et que bien étant informé de l'histoire. Espérer un peu autre chose. Pour ma part, je ne peux absolument pas dire que ce film est un navet, mais il reste un film que seul les vrais cinéphiles s'auront apprécier à sa juste valeur ou l'empathie nous gagne à chaque instant. Rare sont les films Polonais qui réussissent leurs réalisations et sur ce coup tout y ait. L'esthétisme, une actrice amateur qui a tout des grands acteurs. On pourra néanmoins regretter certains plans par moment, qui paraissent mal "cadré", mais grâce à l'utilisation du noir et blanc et du jeu de l'actrice et de son histoire. On passe facilement outre. Emouvant, d'une grande beauté et une histoire assez touchante. Je ne pense pas que beaucoup de monde, adhère à ce film qui le mérite pourtant. JE n'ais pas adoré, mais je dois reconnaitre que c'est un joli film, narrer par une histoire toute aussi touchante ; qu'émouvante. Et filmé visuellement ; magnifiquement. Amateur de blockbuster passez votre chemin... Les autres, ce film pourrait être considéré comme un bijou (même si personnellement, je n'ais pas complètement aimé. JE reconnais quand même le travail fait en amont et ce film mérite son public).
Un petit (par la durée) film personnel et émouvant du polonais Pawel Pawlikowski.
Dans les années 1960, Ida (Agata Trzebuchowska) -elle ne sait pas encore que c'est son prénom-, jeune orpheline élevée dans un couvent, s'apprête à prononcer ses vœux. Mais la mère supérieure insiste pour qu'avant cet engagement définitif dans la vie monastique, elle aille voir sa tante Wanda (Agata Kulesza), sa seule parente -qui n'est jamais venue la voir et a refusé de s'occuper d'elle.
Wanda, Wanda la rouge, combattante communiste, qui fut procureur et envoya à la mort des charrettes d'ennemis de la révolution, et qui maintenant, revenue de tout, boit beaucoup et baise avec n'importe qui.
A cette nièce, elle révèle la vérité: elle ne s'appelle pas Anna, elle s'appelle Ida. Elle n'est pas catholique, elle est juive. Ses parents ont été assassinés pas des voisins -les fermiers qui, tout d'abord, les avaient cachés. Et il y avait aussi le petit garçon de Wanda, celui qu'elle avait confié à sa sœur, trop prise, elle même, par ses actions dans la résistance. Les deux femmes, si différentes, vont partir ensemble à la recherche des fermiers, pour connaitre le lieu où reposent ces trois corps et ramener leurs restes dans une sépulture digne.
Voilà, c'est tout. C'est filmé dans un noir et blanc moche (rien à voir avec le noir et blanc somptueux d'Heimat), jaunâtre, comme les films que notre papa tournait à la même époque en 9 mm.... qui traduit mieux que tout l'atmosphère lugubre de cette Pologne rurale d'alors. C'est froid, c'est pauvre, c'est boueux.... Et on mesure la force de l'antisémitisme en Pologne dans ces tristes temps.
Voyage où se révèleront la terrible solitude intellectuelle et affective de Wanda; et la simplicité et la foi limpide d'Ida.
Pour ceux qui aiment le cinéma grave et sans fioritures.