My Sweet Pepper Land
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Éric De Larmor
Éric De Larmor

20 abonnés 96 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mars 2017
Govend, c'est cette magnifique femme libre et indépendante venue faire l'école aux jeunes têtes brunes de ce no man's land cerné par trop de frontières pour rester longtemps paisible. Au carrefour de l'Irak, de l'Iran et de la Turquie… Lieu de passage de tous les trafics, de tous les combattants et maquisardes (dans ce domaine-là non plus les femmes ne sont pas en reste). Dans ce village perdu où l'on s'empresse de marier et d'engrosser au plus vite tout ce qui est en âge de l'être, Govend intrigue, dérange. Son indépendance bouscule l'ordre moral établi, « naturel », des choses. On préférerait un enseignant plus classique : un mec, quoi ! Si le célibat est accepté pour les hommes, il est suspect, contre-nature et inadmissible pour une femme. On commence par vouloir la caser, on continue par jaser, puis on finit par l'ostraciser. Et puisque droite et fière elle reste, libre envers et contre tous, les pressions commencent et les menaces fusent. Il lui faut une sacrée trempe, du courage, une énorme passion d'enseigner pour tenir bon. Si les hommes menaçants, peu habitués à ce qu'une femelle leur résiste, lui donnent envie de fuir, les mômes, malins et malicieux, lui donnent envie de s'accrocher : « Combien font un et un ? — Un et un ça fait 10, maîtresse. — Un plus un ? Tu es sûr que ça fait dix ? — Oui, maîtresse ! En tout cas dans ma famille un père et une mère, ça fait dix gosses ! »
L'histoire ne commence pas avec Govend. L'histoire commence avec Baran, beau ténébreux, ancien combattant pour l'indépendance Kurde, qui claque la porte de l'armée devant l'absurdité de ce qu'elle est en train de devenir en temps de presque paix (je résiste avec peine à vous raconter la première scène, d'un burlesque cinglant). Revenu dans la vie civile, d'autres dangers le guettent qui lui semblent rapidement pires que n'importe quel autre : les prétendantes que veut lui imposer sa mère. Entre un mariage forcé et un poste périlleux dans la police, devinez ce que choisit notre homme ? Cela vous semblera sans doute étrange qu'un garçon intelligent en vienne à la même conclusion que le gorille de Brassens et pourtant ! Quand vous verrez la sélection maternelle, vous comprendrez aisément ! Voilà notre homme reparti vers de nouvelles aventures, nommé shérif d'un bled paumé dans les montagnes, un bled où sévit un terrible caïd local, Aziz Aga. Un bled où essaie de résister une belle institutrice… Et là, je ne vous fais pas un dessin : même un gorille aurait fait le bon choix !

N'ayez pas peur que ce soi mièvre, le film vous embarque au-delà des simples standards du genre, s'en joue, en déjoue les pièges. Il vous embarque bien au-delà pour vous raconter les hésitations d'un pays mutilé, qui doit retrouver ses marques, se reconstruire. Un petit régal d'énergie communicative et d’intelligence rieuse !
Gérard Delteil
Gérard Delteil

256 abonnés 2 058 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mars 2015
Un western kurde plutôt réussi si on s'en tient à l'aspect formel, avec des clins d'oeil à Sergio Leone et Ennio Morricone. L'aspect politico-social est beaucoup plus discutable. Certains y ont vu un film féministe parce que le machisme de cette civilisation patriarcale est dénoncé. Mais c'est plutôt une idéologie étatiste qui est développée ici : le flic et l'institutrice marquent l'autorité de l'Etat qu'il faut faire respecter, éventuellement à la kalashnikov, pour construire un pays moderne maintenant que les Kurdes disposent d'un petit bout de territoire. Jamais il ne vient à l'idée du réalisateur que c'est la population elle-même qui pourrait prendre ses affaires en main et mettre au pas le féodal local, que l'institutrice pourrait essayer de convaincre les autres femmes de changer leur sort. Cette population, on ne la voit d'ailleurs jamais. Certains aspects sont par ailleurs assez invraisemblables : comment deux flics oseraient-ils s'attaquer à une douzaine de contrebandiers ? D'autant que c'est la contrebande qui, le plus souvent, fait vivre ces villages frontaliers. On voit par ailleurs des femmes combattantes qui tiennent un maquis dans la montagne, mais ceux qui ne connaissent pas la situation du Kurdistan peuvent difficilement comprendre quel but elles poursuivent. Bref, l'hésitation entre le film politique et le pur western nuisent un peu à ce film assez sympathique et agréable à voir.
Tony L'Ambassadeur
Tony L'Ambassadeur

41 abonnés 566 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mai 2015
Je dois avouer que je m'attendais à un film un peu plus poignant. Or Hiner Saleem nous propose ici un drame pudique, hésitant maladroitement entre comédie et western. Je dois bien avouer que le mot "pastiche" m'est venue à l'esprit le temps d'une scène ou deux. Bien que la bande son du film soit superbe, le scénario manque clairement de contenu et les acteurs, à l'exception de la belle Golshifteh Farahani, n'étaient pas très convaincants non plus, il faut dire.
Cecile M
Cecile M

26 abonnés 86 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 avril 2014
film drôle et poignant, on est touché par la beauté des acteurs et des paysages. Un village paumé entre l'Iran, la Turquie et l'Irak qui tente de se relever des années de conflits intestinaux sert de toile de fond à ce tout premier western kurde! un petit manque sur le scénario particulièrement sur la fin du film, mais qui n’enlève rien au plaisir : Govend est belle et rebelle, sa musique est formidable et Baran est une sorte de prince charmant décalé et bourru, attachant!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 juin 2014
Dans les belles montagnes kurdes, la frontière est mince entre comédie grinçante, drame politique et western (ou devrais-je dire "Eastern" pour reprendre les mots du réalisateur). Le film s'ouvre sur une scène de condamnation à mort d'une absurde cruauté. Il y a d'ailleurs une phrase qui nous met dans l'ambiance "C'est la première condamnation à mort dans notre nouvelle démocratie et je veux que les choses soient bien faites".

Le héros, Baran, a tout du cowboy solitaire avec son chapeau, son revolver à la ceinture et son cheval. Pour lutter contre le crime, il a un second, Reber, sorte de shérif adjoint , et bien entendu la touche féminine en la personne de Govend, têtue et idéaliste comme lui. Un schéma à la fois rassurant et promettant l'aventure. Le réalisateur s'en écarte ensuite, mettant en scène un pays peu représenté au cinéma et parsemant le drame de touches d'humour et de grâce.

Dans un décor figé dans le temps, Baran et Govend se débattent pour vivre selon leurs choix. Le contraste est permanent entre tradition et modernité, usages anciens et lois nouvelles.

L'interprétation est fine et juste, Golshifteh Faharani en tête, lumineuse, magnétique, divine. Elle forme avec Korkmaz Arslan, un couple très attachant.

La fin,un peu convenue, montre tout l'espoir que le réalisateur a dans la jeunesse de son pays.

En Bref : un film qui parfois trébuche mais nous envoûte inévitablement. Dans la bande annonce, délectez-vous de la scène de la salle de classe, très touchante.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2017
Un très beau portrait de femme au sein d'un petit village d'Irak. Un très beau film d'auteur intimiste.
beautifulfreak
beautifulfreak

131 abonnés 343 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 avril 2014
Ce western kurde filmé en décors naturel permet de traiter du poids des traditions et de la conception si particulière (et hypocrite) de l'"honneur", de la place de la femme dans les sociétés patriarcales (la jeune institutrice qui veut apporter son savoir aux enfants délaissés et s'émanciper de sa famille est interprétée par la belle et rebelle Golshifteh Farahani) et de l'importance des petits chefs de clan dans le maintien des archaïsmes. Simple et classique - comme un bon vieux western traditionnel avec un shérif incorruptible - mais dépaysant, parfois amusant et finalement émouvant. Et il est rafraichissant de voir ce genre de thèmes traités par des regards non occidentaux.
tristan stelitano
tristan stelitano

72 abonnés 1 138 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2014
" My Sweet Pepper Land " est un film que j'ai vu le vendredi 21 Mars 2014 au Festival 2 Valenciennes , dans l'après - midi à la séance de 14 h 30 . Un très beau film qui plonge le spectateur dans ce récit d'aventure propre et qui utilise habillement les codes du Western . L' histoire est belle , mais un peu lente à se mettre en place . Les décors sont somptueux et les deux acteurs principaux , Golshifteh Farahani ( Govend ) et Korkmaz Arslan ( Baran ) sont parfaits . Quant à la mise en scène de Hiner Saleem , elle est impeccable . Amour , aventure et humours claquant sont au cœur de ce récit palpitant .
Timothé Poulain
Timothé Poulain

68 abonnés 507 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mai 2014
Un beau film aux accents de western sur une région moyen-orientale reculée où l'ancien et le nouveau monde s'affronte au milieu d'un no man's land. Une belle photo accompagne des dialogues bien écrits et des personnages campés par d'excellents acteurs. Parfois un peu léger, mais un film on ne peut plus efficace.
Skipper Mike
Skipper Mike

111 abonnés 650 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 avril 2014
Malgré son ancrage contemporain et le lieu de son action, "My Sweet Pepper Land" ressemble à un western à la Leone, avec des gros plans sur les visages, des plans larges sur des paysages désertiques, une histoire d'amour entre âmes esseulées, le saloon – ou en tout cas son équivalent – où se réunissent tous les villageois et le chef de bande local terrorisant la région. Tout ça est très classique, mais il n'y a pourtant rien à redire : la mise en scène est impeccable, le récit prenant et le couple charmant et crédible. La dénonciation de la misogynie est plutôt subtile, prenant par exemple les traits du conte social quand les frères de Govend se rendent au village tout en pouvant se révéler plus violente quand il s'agit de montrer les rebelles féministes. De même, l'intérêt ne faiblit jamais et la beauté surgit à de nombreux instants, l'isolement de l'endroit en faisant un microcosme à part, une sorte de paradis à construire pour les amoureux. Tout cela reste assez surprenant parce que le contexte politique autour de cette histoire est assez rude, mais malgré la violence, la légèreté prime toujours, d'où un charme constant. L'humour, omniprésent, apporte beaucoup à cette ambiance picaresque et fait, tout comme l'excellente Golshifteh Farahani, qu'on a envie de rester dans ce village bien après la fin du film.
Craoux
Craoux

38 abonnés 324 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 avril 2014
J'ai reçu ce film comme un conte par trop manichéen, voire à la limite du caricatural. Le réalisateur nous projette dans un coin paumé de l'Irak - au Kurdistan, en limite avec l'Iran et la Turquie - dans un monde microcosmique régi par un Islam incompatible avec la liberté de la femme (cette société d'hommes ne propose à la femme que de devenir au plus vite épouse et mère). Caricatural, oui, tant il y a les "bons" d'un côté (le héros, las de la guerre pour l'indépendance kurde, et l'institutrice revendiquant de pouvoir être libre dans ses choix) et les "méchants" (le petit "caïd" local, flanquée de sa clique de mecs machos dévoués, le toubib qui n'a pas de sens moral et fonctionne au bakchich). Entre le héros mâle, venu là pour échapper à sa mère marieuse (scènes assez drôles) avec la farouche détermination de faire régner l'ordre dans ce coin de pays désorganisé (période post Saddam) et la jeune institutrice en mission (l'accès à la connaissance pour les enfants) naîtra un "amour pur". Voulue ou non, l'ambiance western (les superbes paysages contribuent à ce ressenti) est, par moments, palpable. Nos 2 héros détonnent, certes, dans ce trombinoscope peu sympathique et reluisant. Mais bon, c'est quand même un poil mièvre !
Kikila
Kikila

4 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mai 2014
Un western qui se passe en Irak ! Le bon la belle (très belle) et la bande de vilains tout y est ! De plus la photographie est très belle et les paysages somptueux.
Cyril J.
Cyril J.

33 abonnés 625 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 octobre 2017
Après la chute Saddam Hussein en 2003 et la fin de la tenaille Irakienne sur le virtuel Kurdistan s’étalant sur 4 pays, celui-ci s’encourage à organiser un Etat discipliné et sécurisé, même si l’hégémonie Turque, soutenue par les chefs montagnards autochtones, prédomine sur la majorité du territoire.
La romance pénètre le journalisme avec l’arrivée dans un village rural, moyenâgeux, isolé, en bordure de la frontière irako-turque, du nouveau « shérif », avec son pouvoir légal, et de la nouvelle institutrice, représentant le lettrisme et l’ouverture au monde. Ancien résistant contre le régime irakien, il préfère ce sort à l’étouffement traditionaliste de sa famille, tandis qu’elle fuit le sexisme marital et le tribalisme carcéral de la sienne. Convertir corruption et obscurantisme ancestraux en une amorce d’évolution vers un monde de droit les amènent à soutenir la résistance, et contrer le puissant seigneur local. Diffamations, découragements face à un univers subordonné aux règles claniques, intimidations, puis violences et guerre ouverte mènent ce western franco-germano-kurde en un mélange d’aventures humaines clairement engagées et à une prise de conscience politico-sociale.
La finesse maitrisée de la culture par Hiner Saleem, le poids des dangers, enjeux et conséquences indigènes, se marient étonnamment avec la jubilation d’un traditionnel bon spectacle modèle far-West. L’analogie se confirme par ses drames et bouleversements constituant la construction embryonnaire, maladroite et brutale d’un pays qui n’existe pas encore, d’un village qui cherche son identité et même des psychologies des protagonistes.
Myene
Myene

20 abonnés 373 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2014
Une modeste petite perle baroque bien joué qui nous initie dans le nouvel état kurde d' Irak aux apprentissages de la démocratie et des droits de la femme ...plus que de l'homme . A recommander !
steely_dan_76
steely_dan_76

16 abonnés 343 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mars 2017
Au delà de la peinture sociale d'une culture et d'un pays, on est surpris par la beauté de la région.
L'histoire est prenante et les acteurs principaux très attachants. La fin est toutefois un peu bâclée.
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